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Pseudo City: Chapitre 2 - Dégats collatéraux
 
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«Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben]
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Harmony Sanglarowsky
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MessagePosté le: Mar 9 Sep 2014 - 14:31    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben] Répondre en citant

« Il était une fois. » Toutes les belles histoires commencent ainsi mais la réalité est bien différente. Elle est composée de sourires, de pleurs et de morosité. Elle n’offre parfois que souffrance et noirceur. Même les moments de joie se noient dans cet océan de malheur. Qui est encore capable de se souvenir de ce sentiment d’euphorie qui nous a remplis lorsque tout s’effrite autour de nous ? Personne. Pourtant on sait que l’on a été heureux au moins une fois, l’émotion est juste partie. Les gens en bonne santé physique ou mentale pensent souvent ainsi. Amy, elle, s’en souvenait bien car à chaque pas qu’elle faisait ce sentiment était là.

Il faisait beau, l’été était toujours là c’est pourquoi elle s’était décider à aller faire un tour. Même si après dix pas, elle venait à chuter car ces jambes ne l’a tenait plus, elle savait pertinemment qu’elle serait capable de se relever seule. Elle se disait à elle-même : « tomber est permis, se relever est ordonné ». Cette simple phrase lui donnait la force de se remettre sur ses jambes et de faire encore une dizaine de pas.

La maladie prenait de l’ampleur. Plus le temps avancer dans sa course folle, plus il lui était difficile de marcher et de se débrouiller seule. Mais, elle n’était pas encore en fauteuil roulant alors elle se sentait heureuse. Le traitement d’essai qu’elle avait suivi donnait des résultats malgré un arrêt brusque des injections. Pour les passants qui l’observaient, elle était totalement folle d’essayer de marcher encore et toujours mais elle se fichait pas mal de ce qu’ils pouvaient bien penser. Même les écorchures qu’elle avait sur les mains et les genoux, les trous présent sur son pantalon ne pouvait l’empêcher de tenter de marcher seule.

Elle s’était dirigé dans la ville à l’aveugle, ne se souvenant plus où était chaque chose, c’est pourquoi elle fut surprise de se retrouver près d’une plage dont elle n’avait aucune connaissance et aucun souvenir.

Elle observa les alentours avec attention : faire travailler sa mémoire pouvait peut être l’aider à se rappeler son passé. A ce jour, elle n’avait que des petits flashs mais elle était incapable de les mettre dans l’ordre ou d’affirmer qu’ils s’étaient vraiment passés. Sa quête de souvenir était en pause depuis quelques temps… En vrai, elle était en pause depuis que ces crises se faisaient de plus en plus présentes et violentes. Il valait mieux se fatiguer à sortir que de se fatiguer mentalement. Ce revirement de situation lui avait fait beaucoup de bien : elle n’était plus torturée par le passé même si elle voulait encore savoir.

Amy se dirigeait vers l’entrée de la plage et, encore une fois, ses jambes lâchèrent sous son poids. Ses genoux rencontrèrent, de façon très violente, le trottoir. La douleur remonta, en écho, tout le long de sa colonne vertébrale. Un petit gémissement sorti de sa bouche, puis un soupir. Elle savait que là, elle allait devoir attendre un petit moment avant de se relever. A la force des bras, elle se rapprocha du muret qui entourait la plage. Elle s’assit contre celui-ci, jambes tendues. Ses genoux s’étaient mis à saigner avec abondance, malheureusement, elle n’avait rien prévu pour faire des pansements. Malgré tout, elle sortit une bouteille d’eau de son sac et en versa sur ses blessures. Ce n’était pas de la grande désinfection mais c’était mieux que rien. Elle posa finalement la bouteille à côté d’elle et observa le sang couler et être absorber par son jean sans remarquer qu’une ancienne connaissance n’était pas loin à l’observer elle...

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MessagePosté le: Mar 9 Sep 2014 - 14:31    Sujet du message: Publicité

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Ben Mormax
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MessagePosté le: Mar 9 Sep 2014 - 21:44    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben] Répondre en citant

A défaut de ne pas être une machine, l'Homme ressent parfois la nécessité de faire une pause. Pour soulager ses circuits endommagés, les solutions ne manquent pas : faire la grasse matinée, partir en vacances, voir un psy, faire la fête, s'enivrer,... Il est d'ailleurs possible de s'offrir le package "tout inclus" pour obtenir de meilleurs résultats ! Qui n'est jamais parti en vacance avec son psy pour faire la fête, s'enivrer et se remettre de tout ça en faisant la grasse matinée ? Personne ? Ah...

Ben ne faisait rien de tout ça. Car ayant l'âme d'un perfectionniste, sans avoir la prétention d'être un véritable stakhanoviste, il ne se permettait pas le moindre répit. La moindre pause de cinq minutes pouvait le faire culpabiliser à un point tel qu'il mettait un terme immédiat à son break pour se remettre au travail. Avec un surplus d'énergie venu de nul part qui plus est ! Inutile donc de commenter l'état de ses circuits...

Cependant et fort heureusement, il faut croire que cela a été pondu par un esprit compatissant pour ensuite être attribué à monsieur Etat, le bon travailleur avait droit, que dis-je, le devoir de prendre plusieurs jours de congés par an. Cette obligation était bien entendu plus informelle que réelle et le patron de Ben usait de cet aspect pour argumenter ses propos quand les beaux mois de l'année pointaient le bout de leur nez :

*- "Mormax, si tu continues comme ça tu vas mourir sur le front, la serviette et le plateau à la main. Prends tes congés bon sang !" Lui sifflait-il de plus en plus fréquemment... Car oui, il existe des patrons attentionnés...

C'est donc à bout de force que Ben finissait par céder. Il prenait deux semaines de vacances par an et, bien qu'elles soient totalement méritées, il ne pouvait pas s'empêcher de s'en vouloir. Deux magnifiques semaines où l'objectif était de se détendre, de s'amuser... enfin, en tout cas il fallait essayer.

Pour varier les plaisirs, il séjournait systématiquement dans le même quartier, dans le même hôtel, dans la même chambre et tout ça pour aller s'allonger sur la même plage ! Heureusement, d'année en année, Ben prenait des dispositions différentes pour s'assurer le plus grand bien-être. Ainsi, il avait pris l'habitude de couper son téléphone portable (Le président des Etats Unis D'Amérique pouvait aller se faire f*****, il sauverait le monde à son retour de bronzette !) et de ne rien emporter qui pouvait le tenter de rester à l'intérieur. Il n'était par conséquent pas rare que le jeune homme passe la moitié de ses nuits dans les cafés, autour de cinq ou six bières qu'il allait boire jusqu'à la quasi déraison pour être bien sûr de dormir profondément jusqu'au lendemain matin. C'étaient ça les vacances de Ben.

Mais derrière toute ces dispositions, le brainstormer ne parvenait pas à atteindre son véritable objectif. Même s'il parvenait à s'amuser et à se détendre pour reprendre le travail avec une bonne mine, il n'arrivait jamais à se remonter le moral totalement. Car les vacances, les psy, les fêtes et l'enivrement sont tout sauf efficace pour soigner la solitude que rien ne console...

Il n'était pas de ceux à qui on prêtait attention. Il n'était pas de ceux à attirer l'attention. Il était de ceux qui sont seuls et qui envient ceux vers qui tous les regards se tournent.

" On est tous malheureux à notre manière " pensait-il souvent pour ne pas culpabiliser de culpabiliser. Cela ne suffisait pas pour le relancer alors il partait faire un tour sur la plage pour admirer et, parfois même, pour laisser couler une larme, seul, encore, face à la mer...
Et ce jour-là, il fit une rencontre surprenante. Assis sur un muret qui faisait face à la mer, il avait enfoui son visage dans ses mains puis avait fermé les yeux à s'en fendre les paupières avant de se lever pour regagner son hôtel. Lorsqu'il croisa le regard d'une jeune femme qui s'était cramponnée au muret pour s'y asseoir, il eut un frisson. C'était Harmony.
Il l'inspecta longuement, sans rien dire. Se rassit aussitôt, toujours muet, et savoura cet instant. Il était là, assis, aux cotés de quelqu'un qu'il connaissait. Elle ne l'avait sans doute pas vu puisqu'elle ne réagissait pas. Peu importe, sa compagnie lui suffisait. La tentation de lui adresser la parole ne vint. Surtout parce qu'il savait pertinemment qu'il était trop peu doué avec les mots et qu'il ne voulait en aucun cas lui faire affront en interrompant sa réflexion. Car elle semblait penser. Pour l'instant en tout cas... Quand elle partirait, il partirait lui aussi et tout sera comme avant : il serait seul.
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Harmony Sanglarowsky
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MessagePosté le: Jeu 11 Sep 2014 - 16:21    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben] Répondre en citant

Il n’existe plus vraiment de notion du temps lorsque la fin est proche. En fait, il n’existe presque rien. Presque rien, il ne reste plus que le besoin irrépressible d’être apprécié un tant soit peu, même si cela n’est que pure hypocrisie.

Harmony avait fini par deviner qu’elle n’avait pas été des plus courtoise par le passé, cela devait être sa carapace, sa façon à elle de ne pas s’attacher pour ne pas voir les larmes dans les yeux de ceux qu’elle aurait pût apprécier, voire aimer. L’ancienne Amy semblait tellement vide et tellement triste pour le celle qui, désormais, avait perdu la mémoire. Ne s’était-elle pas plus fait souffrir en ce coupant si violemment du monde extérieur et des gens qui l’entouraient ? Il était trop tard pour changer les choses maintenant : elle n’était plus vraiment la même alors ce qu’elle fera aujourd’hui ne changera pas l’ancienne « elle ». Ceux qui la savaient amnésique pourraient peut-être combler le temps perdu, pour les autres, cela ne valait plus la peine.

De toute façon, un jour, elle s’arrêtera de parler. Non pas parce qu’elle le veuille, mais parce que c’est ainsi ; parce que sa pathologie lui bloquera les cordes vocales… Il ne lui restera alors plus que l’écriture pour communiquer avec les autres et cette vision de l’avenir ne lui plaisait pas du tout et l’effrayait. Il était bien plus dur de faire passer ses sentiments par écrit que par la parole. Il y avait quelque chose de plus froid et distant lorsque le papier est notre outil. Le papier, lui, ne peut pas montrer la colère ou la peine et quand bien même cela est possible, il faut vouloir s’expliquer en écrivant. Il y a plus de chance qu’on laisse tomber avant même d’avoir essayé. Elle savait qu’elle sera de celles qui laisseront couler de l’eau sous les ponts plutôt que de s’évertuer à noter…

Perdue dans de telles idées, Amy ne se rendit pas tout de suite compte que ses plaies avaient finies par sécher. Les lambeaux de son jean avaient fusionnés avec le sang et provoquer un léger tiraillement. C’est cette sensation étrange qui la sortie, de façon temporaire, de ses pensées.

Elle décolla délicatement les parties son pantalon en contact avec les croûtes ; malheureusement pour elle, à faire ça, le saignement repris de plus belle à certains endroits. Déjà que cela lui avait fait mal, il fallait en plus que ça recommence. Cette fois-ci, Amy souleva le tissu pour qu’il ne soit plus en contact avec le sang frais. Il ne restait plus qu’à attendre encore une fois.

Assise à même le sol, on la regardait bizarrement et il n’y avait rien d’étonnant à tout ça. Il est vrai qu’elle aurait pût passer pour une sans abri : des vêtements déchiré, tâchés de sang et de terre, un corps frêle d’une pâleur terrifiante et surtout, un comportement en public bien loin des convenances habituelles. Amy se doutait que les passants pensaient qu’elle chutait de façon répétitive à cause de l’ivresse mais il ne pouvait se douter qu’elle avait arrêté l’alcool depuis plusieurs mois déjà. Elle se demandait d’ailleurs comment elle avait fait pour stopper sa consommation si brusquement. A voir les cadavres de bouteilles dans son appartement, elle devait, au minimum, boire une bouteille de vodka par jour, si ce n’est plus. Un sevrage si brusque aurait dû la rendre folle et provoquer un Delirium Tremens mais elle n’en avait aucun souvenir. Il n’était pas rare qu’elle se demande si elle n’était pas rentrée dans un délire de persécution avec hallucinations visuelles et auditives : cela aurait bien été son genre. Elle, qui voyait le mal partout, cela n’aurait pas été très surprenant. Elle sourit à cette pensée : voilà maintenant qu’elle faisait preuve d’autodérision.

Après plusieurs minutes à s’inventer divers scénario de Delirium, son estomac se rappela à elle et il avait de bonnes raisons : elle n’avait rien mangé depuis plus de quatre heures et les efforts qu’elle enchaîner lui avait pris toute son énergie. Elle se devait de refaire le plein. Harmony se reconnecta à la réalité, si on pouvait dire ça. Elle s’étira longuement pour faire disparaître les derniers points de tension encore présent au niveau de son dos. Sa bouteille retrouva sa place de départ : au fin fond de son petit sac à dos. Sac à dos qu’elle remit ensuite.

Doucement, elle plia les jambes pour pouvoir prendre appui sur celles-ci et se relever. C’était peine perdue. Elle tenta trois fois de se remettre sur ses jambes et trois fois, elle retomba mollement sur les fesses. Elle soupira d’abandon. Ne pouvant se relever pour l’instant, elle se mit en position fœtale pour se réchauffer et économiser ses dernières forces. Il y a bien un moment où elle pourra partir seule, non ?

Ainsi positionné, elle put voir du coin de l’œil deux jambes pendantes : quelqu’un était assis sur le muret à quelques pas de sa personne. Remontant les yeux vers le visage de cet inconnu et elle remarqua qu’il ne lui était pas si inconnu que ça. Sa respiration se coupa net : Ben. Elle ne dit rien, elle ne bougea pas mais elle ne pouvait détourner le regard de son visage. Elle espérait seulement que, cette fois-ci, s’ils venaient à se parler, la conversation serait plus calme. Elle n’avait que peu d’espoir par rapport à ça mais ne dit-on pas que l’espoir fait vivre ?

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Ben Mormax
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MessagePosté le: Sam 13 Sep 2014 - 20:21    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben] Répondre en citant

On connait tous une personne sensiblement révolutionnaire dans l'âme. Non pas qu'elle veuille changer le monde pour le rendre meilleur et plus joli mais que la simple idée de tout contre-dire lui plaît au plus haut point. Alors, lorsque vient le moment du dessert, cette connaissance plus assoiffée de savoirs et surtout de paraître que les autres vous parle, au cours d'une joute verbale face à la féministe du groupe, sans grandes difficultés des différentes parties du cerveaux de l'Homme. L'une d'entres-elles (sur laquelle il ne s'attardera pas, vous comprendrez pourquoi) est appelée "reptilien". Ce cerveau reptilien englobe, pour faire bref, tout ce qui concerne l'instinct primaire. Or, agir sans réfléchir, expression souvent associée aux mâles pour comparer leurs désirs sexuels à de vulgaires pulsions (parfois avec raison, certes), ne déplaît pas uniquement à la gente féminine... Fort heureusement, il existe des hommes qui sont tout autant répugnés par l'image de l'homme asservi par un prétendu instinct.

Loin d'être ce type de beau parleur, Ben connaissait pourtant lui aussi cette partie du cerveau. Et lui aussi était répugné à l'idée d'être guidé par un instinct bestial assez réducteur. Car au-delà du fait d'être un homme, Ben pensait surtout être humain. Sans doute devait-il tenir cela du fait qu'il était brainstormer... et non pas synewier. Bref, c'était donc tout à fait cohérent pour le jeune homme d'essayer d'apporter une réponse différente de celle de l'instinct pour expliquer certains de ses comportements.

Toujours assis sur le muret qui bordait la plage, Ben commençait à perdre le bien être qu'il éprouvait quelques minutes auparavant. Alors que la simple présence d'une connaissance qui n'était autre qu'Harmony lui suffisait tout à l'heure, il était dorénavant incapable d'échapper à la hantise d'aller lui parler. C'était peu compliqué pour lui d'expliquer pourquoi : ils s'étaient quittés violemment et il était hors de question pour lui d'en rester là avec quelqu'un à qui il accordait de l'importance.

Ce qui était plus difficile à expliquer, c'était ce qu'il s'apprêtait à faire. En effet, habitué à tout planifier dans le moindre détail, il arrivait pourtant que Ben perde le contrôle. Son corps, poussé par une force inconnu, se mettait à agir sans réfléchir... Et là, sans s'en rendre compte, il s'était retrouvé debout face à la jeune femme. Une première syllabe arrivait dans sa gorge et sa raison se battait pour reprendre le dessus et cesser cette folie passagère.

L'instinct dites-vous ? Non. Ben se refusait définitivement cette explication qui ramenait trop vite les notions de pulsions, d'insensibilité et d'animalité qui y étaient associées. La seule explication valable qu'il avait pu trouver en si peu de temps et qui l'avait séduit se résumait en un prénom : Harmony. A elle seule, la jeune femme avait la capacité de le faire agir sans qu'il prenne la peine de réfléchir autant qu'il le faisait habituellement. Ce qui n'empêchait pas le fait qu'il réfléchisse à ses actes. Ses motivations étaient juste... différentes. Il était inutile pour son être de calculer les conséquences de ce qu'il entreprenait car il était persuadé, et ça jusqu'au bout des ongles, que cela allait lui être bénéfique.

Inévitablement, beaucoup penseraient à l'amour. Car l'amour rend aveugle. Partiellement aveugle, si on veut être tout à fait correct.

Ben, lui, n'y pensait pas. Il avait même écarté cette idée. Pourquoi ? ... Il n'en savait rien, il ne savait. Et cela lui suffisait... Comme la simple présence d'Harmony lui suffisait tout à l'heure. Peut-être allait-il changer d'avis plus tard... Peu importait.

Il croisa soudainement le regard de la Haughter et comprit qu'elle n'était plus la même, qu'elle ne l'aimait plus. Ou en tout cas plus de la même manière. Et enfin, toujours dans cet élan qui lui portait tant de problèmes à lui et à sa petite raison qui voulait toujours tout programmer, il dit :

*- Salut

Il lui lança un mince sourire en coin, presque gêné d'oser percer sa solitude.

Puis, remarquant l'état de ses genoux et la position dans laquelle elle s'était recroquevillée, il hésita de nouveau à prendre la parole. Il voulu lui poser milles questions mais se contenta d'un regard amical qui, il l'espérait vraiment, allait lui donner du baume au cœur :

*- Belle journée, non ? Fit-il, en lui demandant d'un geste la permission de venir s'asseoir à ses côtés, à même le sol
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Harmony Sanglarowsky
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MessagePosté le: Dim 14 Sep 2014 - 14:19    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben] Répondre en citant

L’hypnose : science pour certains et fumisterie pour d’autres. Harmony n’y croyait pas malgré sa foi catholique. Elle ne saurait dire pourquoi. Il était vrai que les deux n’existaient que parce que les gens pensaient cela réel ; mais pour elle, l’hypnose ne pouvait exister que parce que les gens étaient assez faibles d’esprit pour se laisser embobiner. En soi, rien de bien différent de la foi mais qu’importe, ce n’était pas le sujet du jour.

Amy était hypnotisé par Ben, son regard ne voulait pas se décrocher, qu’elle en ai l’envie ou non. Elle suivait du regard le moindre de ses mouvements. La logique et la réflexion avait cessé dans son esprit. Ce n’est que lorsqu’il se retrouva devant elle que les choses se remirent en place.

A son arrivé, son corps se crispa dans un reflex de survie : le souvenir de leur dernière rencontre ne devait pas y être pour rien. Toujours dans cette quête de survie, elle le toisa du regard : rien dans son comportement ne démontrait une agressivité montante c’est pourquoi elle se permit de se détendre un peu. Pas totalement car elle se savait dans une position de faiblesse mais assez pour ne pas lui sauter au cou au moindre geste brusque.

Cette situation était étrange, comment pouvaient-ils encore être proche l’un de l’autre alors que tout les avaient éloignés la dernière fois ? On dit que les gens changent avec le temps mais le changement n’avait-il pas été trop rapide ? Ou n’y avait-il aucun changement et seul le contexte leur permettait d’être l’un à côté de l’autre sans élever le ton ? Tant de question sans réponse ; tant d’interrogations qu’elle laissa de côté lorsqu’elle vint à entendre sa voix.

Une simple salutation, rien qui sorte de l’ordinaire mais assez pour qu’elle soit étonné. On aurait pût croire que ses yeux allaient sortir de leurs orbites tant la surprise était grande. Sa bouche s’ouvrit mais aucun son n’en sortit. Etait-ce le choc ou la maladie qui l’avait empêché de répondre ? Elle ne saurait le dire.

Puis vint une seconde phrase. Une phrase qui n’était là que pour engager la conversation mais, placée avec tant de délicatesse, que cela la fit sourire. Il aurait pût dire tant d’autres choses, la questionné sur son état mais il ne le fit pas. Peut-être avait-il peur, peut-être ne voulait-il pas rentrer dans le vif du sujet tout de suite pour ne pas la froisser ou alors, il n’en avait rien à faire. Qu’importe, elle se décida enfin à lui répondre.


-Oui, plutôt agréable comme journée.

Sa voix était basse, cela faisait déjà plusieurs jours que ses cordes vocales n’avait pas émis le moindre son alors elle ne pouvait pas faire mieux pour le moment. Remarquant le geste de Ben pour la rejoindre au sol, elle ne lui donna pas vraiment de permission pour s’asseoir à côté d’elle : elle n’en avait pas vraiment besoin, s’il voulait le faire, il pouvait ; la rue ne lui appartenait pas. Bien que mal à l’aise, Amy tentait d’être le plus agréable possible, les nombreuses chutes qu’elle avait subies avaient déjà ternies sa journée, une dispute serait la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Elle tenta alors, elle aussi, de continuer cette conversation qui était encore civilisée :

-Que viens-tu faire ici ? Tu es bien loin de ton quartier et il n’y a plus grand-chose à faire ici vu que la belle saison est bientôt terminée.

En règle générale, cette question, posée par l’ancienne Harmony, aurait pût signifier : « Tu peux partir s’il te plait, ce n’est pas chez toi ici ». Mais le ton qu’elle avait employé aujourd’hui était bien différent. C’était par réelle curiosité car il était désormais rare de voir les membres des autres clans dans un quartier qui n’est pas le leur. Ben était le seul qu’elle avait croisé à deux reprises chez les Haughters. Il y avait eu Julian aussi, mais il avait été là car il l’accompagnait chez elle, ce qui est totalement différent : lui, il ne serait pas venu s’il avait été seul. La ville semblait avoir changé du tout au tout. Lorsqu’elle était partie, personne ne vivait dans les rues, le trafic de drogues était si petit qu’on n’en entendait presque pas parler. A ce jour, on en parle comme on peut parler de cigarettes, les gens ne rentrent plus chez eux et ne se baladent plus dans les quartiers. Cette ville était si triste qu’il fallait savoir profiter des moments de hasard.
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Ben Mormax
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MessagePosté le: Dim 14 Sep 2014 - 19:19    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben] Répondre en citant

Après un certain nombre d'années et peu importe les conditions dans lesquelles on a vécu, nous sommes amenés à nous poser les grandes questions existentielles. Elles conduisent bien souvent à une prise de conscience assez triste, comme celle de la mort par exemple, qui sont ressenties différemment d'un être à un autre. Et de toutes ces prises de consciences, la plus remarquable aux yeux de Ben était celle qui concernait le sens de la vie... De sa vie.

Pourtant, il mit longtemps à comprendre que jusqu'ici sa vie n'en avait pas. Car pendant toutes ces années passées à agir sans vraiment le vouloir, à faire des choix parce qu'on voulait qu'il les fasse, sans même qu'il ne sache ce qui se cachait derrière ce "on", le jeune homme vivait sans vivre. Ce n'était qu'un pantin dont les ficelles étaient tirées par des gens qui répétaient bêtement des règles (souvent sociales d'ailleurs) sans fondement. Et quand ce fut son tour de mâcher et remâcher encore ces règles, et qu'il se posa simplement la question du "pourquoi ?", Ben comprit. Il comprit que ces obligations n'existaient pas. Et que si elles existaient, c'était seulement parce qu'il les acceptait. C'est ce jour là qu'il commença à donner du sens à sa vie... C'est ce jour là qu'il fit SES choix.

A l'instant, le brainstormer agissait donc pour lui et lui seul. La convenance voudrait qu'il n'adresse plus la parole à la jeune femme après ce qu'il avait pu lui dire. La convenance voudrait qu'il rentre chez lui car il commençait à se faire tard et qu'il était temps de manger. Mais la convenance, Ben s'en foutait.

Ce n'était pas toujours le cas, certes. Car si on n'enfile pas son costume de mouton nous ouvrons la porte à l'anarchie sociale. Cependant, quand cela arrivait, quand il envoyait paître la convenance, c'était pour éviter qu'elle ne vienne l'empêcher de donner ou d'être avec ce qui a du sens dans sa vie.

Quand il s'assit enfin à coté d'Harmony, Ben eut l'occasion de voir les lieux sous un tout autre angle. A presque hauteur du sol, les immeubles et ruelles paraissaient encore plus grands. Le ciel et la mer, eux aussi, devenait encore plus immense que d'habitude. Ben, de nouveau silencieux, ne s'attendait pas à devoir reprendre la parole de si tôt, pensant que la jeune femme n'engagerait pas la conversation d'elle même. Il fut donc surpris quand il entendit sa voix...

Sa voix... Si basse mais si reconnaissable... Elle était de celles qui vous forcent à vous retourner pour en chercher l'origine parce qu'elle vous donnerait des ailes. Comme quand un gamin ouvre grand les yeux quand il entend celle de sa mère (comme pour mieux la chercher et l'attraper du regard) pour ensuite lui afficher le plus beau des sourires.

Ben ferma les yeux et esquissa spontanément un sourire en coin tout aussi discret que celui de tout à l'heure. Puis, elle le questionna avec un tact qu'il peinait à percevoir mais qu'il entendait dans sa voix :

*- C'est quand la saison est presque terminée que la mer est la plus belle...

Il s'agita doucement pour s'asseoir plus confortablement et ajouta avec un ton amusé :

*- Puis, il y a moins de monde et c'est moins cher !

Il aurait voulu en rester là, ne rien dire de plus. Il aurait voulu profiter de cet instant sans prendre le risque de le gâcher. Mais de nouveau, il ne s'écouta pas et finit par tourner la tête vers Harmony.

Il n'allait pas lui demander ce qu'elle faisait là. Il avait sa petite idée la dessus et se doutait qu'elle ne s'y attarderai pas. Alors, sans le vouloir d'ailleurs, il laissa échapper un regard qui transperce, qui parle de lui-même et dont on sait la valeur. D'un battement de paupière il lui dit :

*- Ça me manquait...

Incapable de terminer sa phrase Ben lâcha un faible soupire, conscient d'être énigmatique.
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Harmony Sanglarowsky
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MessagePosté le: Mar 16 Sep 2014 - 16:41    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben] Répondre en citant

Ce n’était pas désagréable d’être assis à même le sol. Tant qu’on se fiche du regard des autres et que l’on profite de ce qu’on nous offre, cela pouvait être très agréable. Malgré les graviers qui vous rappellent qu’ils ne sont pas fait pour ça, on pouvait passer de très bon moment au sol. L’immensité du monde vous saute aux yeux et voir tous ces gens courir après le temps vous fait sourire car vous êtes très loin de leur façon de penser.

Apprendre à se poser n’est pas chose simple, c’est même très compliqué car si on ne sait pas en profiter on a l’impression de perdre son temps et le stress vous prend. Il vous rappelle à l’ordre en vous disant de vous bouger car les choses ne se feront pas si vous ne bougez pas. Harmony avait appris à apprécier ces moments où elle ne pouvait se mouvoir : observer les environs était devenu quelque chose de génial, elle ne pouvait s’empêcher de sourire dans ces instants. De plus, elle essayait de s’imaginer ce que les passants pouvaient penser lorsqu’ils passaient devant elle. Certain devait se dire qu’ils étaient en retard, d’autres pensaient au repas du soir ou à leur amis. Qu’importe, cette palette de personne donnait un tableau qui n’était jamais lassant car toujours changeant.

Même si la saison était presque finie et qu’il y avait moins de monde, elle était capable de profiter de ce spectacle gratuit. Un peu perdu dans cette pièce de théâtre improvisé, elle répondit à Ben :


-Tu as raison, c’est moins cher mais pour moi, la mer est belle été comme hiver.

Elle adorait cette étendu d’eau qui se perdait au loin. Elle était libre, changeante, tout ce qu’Amy voulait être. Rien ne pouvait régir cette nature et c’est ce qui la rendait si magnifique. En dernier lieu, elle dirait que la mer nous donnait l’impression d’être insignifiant car elle avait le pouvait nous prendre dans ses bras froids et nous arracher à la vie sans que cela soit désagréable : à ce qu’il parait, c’est terrifiant au début puis, c’est comme s’endormir dans un lit douillet. Un lit de plusieurs mètres cube d’eau…

Amy espérait que sa mort soit pareille : poignante mais douce. Qui souhaite mourir dans la douleur ? Personne à moins d’être masochiste, mais ça, c’est une autre histoire. Une autre histoire qui semblait parfaitement convenir à la relation de ces deux acolytes assis l’un à côté de l’autre : ils devaient être, tous les deux, un peu maso pour se parler comme si de rien n’était…


-Je ne sais pas ce qui te manquais car je ne me souviens pas du passé, mais si je déduis bien : oui, c’est plaisant d’être là, tous les deux, sans se hurler dessus.

Harmony sourit à sa réplique. Et il y avait de quoi : il passait d’une dispute où chacun voulait étriper l’autre à une discussion des plus banales. Plus rien ne pouvait surprendre Harmony désormais, elle passait par tant d’était d’esprit en l’espace d’une journée que tout ça lui semblait naturel : elle ne devait pas être dans une bonne période lors de leur première rencontre. C’était une fille comme les autres : parfois, il ne vaut mieux pas chercher d’explication logique dans son comportement car il ne devait pas y en avoir. Tout comme il n’y avait pas de logique à cet échange :

-Je sèche, je ne sais pas quoi dire pour continuer. Je ne suis pas très doué pour dires des banalités et j’ai l’impression que, si je dis quelque chose qui sort des convenances, cela finisse comme la dernière fois sauf que là, je ne peux pas vraiment partir en courant.

Un rire léger s’échappa de sa bouche. Elle ne maîtrisait pas très bien l’humour, voire même pas du tout, mais cela ne l’empêchait pas de rire de ses propres bêtises. La seule chose qu’elle espérait c’est qu’il ne le prenne pas mal.

Au pire, elle pourra le rayer de sa liste de record personnelle : foutre en l’air une conversation en quatre répliques…

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MessagePosté le: Mer 17 Sep 2014 - 22:12    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben] Répondre en citant

Vous souvenez-vous ?

Vous souvenez-vous de ces brefs instants passés assis à une terrasse le visage caressé par les doux rayons du soleil, occupés à se remémorer le passé ? Rien de plus agréable qu'un bon souvenir... Que deviendrions-nous sans eux ? Car sans ces petits flashback chaleureux, nous n'aurions pas de quoi tenir. D'ailleurs, souvent, quand on repense à eux on regrette de ne pas avoir profité plus longtemps des moments agréables quand ils se sont présentés à nous. A contrario, un souvenir peut aussi blesser l'individu jusqu'au plus profond de son être. Mais ça, on s'en fiche pas mal. Un mauvais souvenir, ça n'existe pas puisque par définition, c'est fait pour être oublié.

En repensant à ses dernières venues sur la plage, Ben devint soudainement nostalgique. Ce qui lui manquait actuellement, c'était l'état d'esprit dans lequel il s'était trouvé quelques mois plus tôt. Il lui arrivait effectivement d'être parfaitement détendu psychologiquement. Alors certes, il ruminait toujours certains petits tracas mais aucun de ces soucis ne pesait suffisamment pour l'inquiéter. Il était tel l'étudiant qui est en vacance et qui n'a plus l'obligation de se lever tôt le lendemain... Quelle joie !

Dans cette fouille aux souvenirs, il y avait quelque chose d'étonnant : Ben ne regrettait nullement ce qu'il avait vécu en ces lieux avec Harmony. Il n'avait rien oublié. Ce n'était donc pas l'un de ces mauvais souvenirs dont nous parlions auparavant. Non, pour être tout à fait honnête, le brainstormer était juste passé à autre chose. Il était devenu conscient qu'il n'avait plus affaire à la même personne et que tout était ... différent.

D'ailleurs, la jeune haughter vint confirmer bien vite le fond de sa pensée. Progressivement, elle atteignit son objectif : briser le silence et évoquer ce qu'il ne faut pas évoquer. Tout ce que le jeune brainstormer craignait depuis qu'il lui avait adressé la parole. Il esquissa alors un sourire, cette fois-ci nettement différent des précédents. Ensuite, il se mordilla la lèvre inférieur du bout des incisives et, sans la regarder dans les yeux, prit enfin la parole après une grande inspiration :

*- Je suis désolé que cela se soit passé comme ça. Je ne voulais pas ça.

Il se passa la main droite sur le menton et tourna la tête vers sa direction pour essayer, cette fois-ci, d'accrocher son regard :

*- Je vais être honnête avec toi : je trouverai ridicule qu'on ne passe pas à autre chose. La vie est bien trop courte pour qu'on se prenne la tête, non ?

Une idée surgit et son corps tenta de la mettre à exécution. Sa main se souleva lentement et tenta d'attraper celle de la jeune femme. Seulement cette fois-ci la raison ne laissa pas le physique l'emporter et il poursuivit son mouvement en enfuyant sa main dans la poche intérieure de son blouson pour y attraper son téléphone portable. Il fit mine d'inspecter l'écran et le rangea délicatement dans son lieu d'origine :

*- Je suis très loin d'être l'homme ou même l'ami idéal. Je ne suis et serai même rien de tout ça pour toi j'imagine... Mais si tu voulais m'accorder un peu de ton temps et poser le bout de ton regard sur moi, j'en serai vraiment honoré.
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MessagePosté le: Mer 24 Sep 2014 - 14:36    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben] Répondre en citant

*- Je suis désolé que cela se soit passé comme ça. Je ne voulais pas ça.

Amy n’en pensait pas moins mais elle trouvait ça tellement simple de dire « désolée, on efface tout et on recommence ? » que cette idée n’avait pas aboutie. A croire que les choses les plus simples ne lui convenaient pas lorsqu’elle y pensait, pourtant, elles finissent toujours par être énoncé :

-C’est un peu ma faute aussi, je m’en excuse. Oublions ça et voyons ce que ça donne quand on ne s’égosille pas.

Comment était-il capable de faire ça ? Comment était-il capable de la mettre mal à l’aise en quelques secondes ? Elle l’était déjà assez d’avoir osé parler de leur dernière rencontre mais il était assez doué pour continuer de l’enfoncer dans son mal être. En conséquence, Harmony ne regardait pas Ben, elle restait figée sur un point imaginaire en face d’elle, histoire de ne pas se décomposer et de pouvoir continuer à discuter avec lui sans avoir l’envie de partir tant cette situation la gênait.

En fait, ce n’était pas la discussion en elle-même qui la gênait, mais le comportement de son interlocuteur… Amy avait entraperçu la main de Ben. Bien que rappelée à l’ordre, il ne fallait pas être très intelligent pour savoir ce qu’elle voulait faire. Et ce simple geste était devenu une source de stress et de malaise. Le contact humain la rebutait toujours autant et même si elle était plus calme, cette phrase, horrible bien que sincère, ne ferait pas de chichi pour traverser la barrière de ses lèvres. Ne pas être touché, c’était sa protection à elle, sa bulle, sa carapace… Appelez ça comme vous voulez mais si vous vous en approchez trop près attendez-vous à des réactions assez brusques… Et on sait comment ça s’est fini la dernière fois…

Puis, vient cette phrase. Cette phrase qui mettrait n’importe quelle fille mal à l’aise. Une phrase à double sens qui vous pousse dans les fins fonds de votre réflexion pour ne pas blesser lorsqu’on y répond. Il avait raison, il n’était ni l’homme ni l’ami idéal et jamais cela n’arrivera mais on ne peut pas répondre ça à quelqu’un qui vous accorde du temps. Enfin, si, on peut mais pour rattraper ça… Bon courage.

Mais c’est surtout la suite de sa réplique qui embarrassait Amy. Elle avait l’impression que Ben tentait, par cette phrase, de lui faire passer un message subliminal qu’elle ne comprenait pas. Cette phrase raisonnait en elle comme une déclaration qu’elle devait évincer par tous les moyens car, au grand jamais, elle ne pourrait y répondre de façon favorable. Encore moins depuis qu’elle se savait toujours amoureuse de son chevalier passé. Mais était-ce vraiment ça ? N’était-ce pas seulement son imagination qui lui jouait des tours ? Malgré ça, elle ne savait pas quoi répondre car, si c’était vrai, être « frienzoned » est désagréable pour les deux parties, et si c’est elle qui extrapole, elle passe pour une idiote avec une imagination débordante…

Finalement, elle se décida à arrêter de réfléchir, le regard perdu dans le vide, devant elle, et enfin une réponse pût sortir :


-Ne m’en demande pas trop… Je ne sais déjà pas combien de temps il me reste alors tenter de prévoir ou promettre des choses, c’est bien trop pour moi… Profitons déjà d’aujourd’hui tel que c’est, pour le reste, on verra plus tard. Et, ce n’est pas que je ne veux pas te répondre, c’est juste que tu as un don inouï pour mettre les pieds dans le plat et que ça m’incommode un peu…

Faire preuve de sincérité peut s’avérer payant dans certain cas et c’est la seule carte qu’Amy ait en main à ce jour. Peut-être que ça ne plairait pas, mais au moins, elle ne mentait pas et ne jouait pas avec Ben.
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MessagePosté le: Sam 11 Oct 2014 - 18:52    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben] Répondre en citant

Ben pensait sincèrement qu'il ne fallait pas être un génie pour être en mesure de le cerner. Pourtant, force était de constater que personne ne le comprenait. Il espérait donc, tous les jours un peu plus que la veille, échapper à la solitude que rien ne consolait.Des années durant, il essaya donc de se faire comprendre. Mais pour se faire comprendre, fallait-il seulement qu'il comprenne pourquoi il n'était pas compris.

Dans un premier temps, il rejeta naturellement la faute sur les autres. Puis, réalisant qu'il était vain de se battre pour que le monde entier s'adapte à lui, il s'adapta au monde. Il essaya d'adopter tout un tas de rôles, changeant d'attitude, d'apparence, de vocabulaire,... Mais rien n'y faisait. La manque de corrélation entre ses rôles et sa véritable identité le rendait même encore plus mal à l'aise qu'auparavant.

Aujourd'hui, le brainstormer avait "mûrit". Il acceptait donc le fait d'être aimé par certains et détesté par d'autres. Bref, il s'acceptait tel qu'il était. Mais cela ne suffisait pas pour évincer ce sentiment de mal être. Il se mettait toujours à l'abris des regards et, paradoxalement, continuait de tenter de croiser celui qu'il attendait.

Harmony aussi avait fait preuve d'une grande sincérité avec elle-même (bien que sa réponse consistait en une esquive subtile pour ne pas aborder totalement le fond de sa pensée). Ce qui fit sourire Ben un instant. Il comprit bien vite qu'elle était embarrassée par la situation. Bien sûr, Ben voulait les projeter dans l'avenir. Cependant, il était loin de les imaginer main dans la main.

Dans un élan de sagesse, il préféra ne pas insister et opina du chef :

*- C'est vrai...

Il prit ensuite une grande inspiration pour imprégner ses poumons de l'air iodé. L'envie de se taire à nouveau s'installa afin de profiter de l'instant présent, comme l'avait si bien suggérer la haughter. Toutefois, Ben savait pertinemment que s'il entretenait pas la conversation Harmony sauterait sur l'opportunité pour ressasser de vieilles histoires... Une perspective peu folichonne en soi qui força le jeune homme à trouver de quoi rebondir :

*- Au fait, j'ai quelques bières spéciales dans ma chambre d'hôtel. Je pensais les déguster avec Jul mais j'en décapsulerai bien une devant l'un des derniers couchers de soleil avant l'année prochaine... Mais avant j'vais aller grignoter.

Il se leva doucement et la convia du regard à le suivre :

*- Ça te dit ?
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MessagePosté le: Dim 12 Oct 2014 - 23:40    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben] Répondre en citant

Les choses ne semblaient pas vraiment s’arranger du point de vue d’Amy : voilà maintenant qu’il lui proposait d’aller manger un morceau. Premièrement, elle ne savait pas si elle était capable de se lever. Les trois tentatives précédentes avaient été des échecs et elle ne voulait surtout pas se retrouver à demander de l’aide à Ben. Elle qui l’avait refusé par le passé ne pouvait pas, à ce jour, le supplier pour qu’il la soutienne pour marcher.

Un sentiment d’impuissance la remplie : même si elle tentait de se convaincre du contraire, il lui était presque impossible de faire des choses seule. Ce sentiment lui broyait les entrailles et cette impression de mal-être la submergea plus que de raison. Elle n’en montra rien, cette situation allait certainement se répéter dans un futur proche et il fallait qu’elle apprenne à encaisser. Cela lui faisait mal au cœur, mais c’était comme ça que sa maladie évoluait et elle n’y pouvait rien. Même si le traitement ralentissait les choses, il ne faisait pas de miracle…

Amy n’avait plus vraiment de fierté mais il lui en restait assez pour garder la tête haute alors que sa situation était accablante. Ben était déjà debout à ses côtés alors elle se décida enfin à lever les yeux vers lui. Le contact visuel la rendait un peu plus nerveuse mais cela l’importait peu :


-Non pas que l’invitation me déplaise mais je crois que je ne suis pas encore capable de me lever pour t’accompagner dans cette quête de nourriture. En belle entêtée que je suis, je suis partie sans béquilles et tant que mes jambes ne me répondent plus, je ne pourrais pas marcher.

Amy gratifia Ben d’un sourire quelque peu crispé. Elle avait l’impression d’être une enfant qui fait un caprice pour qu’on l’aide à se relever alors qu’elle était très loin de cette situation. Mais elle ne pouvait se permettre de faire croire à Ben qu’elle ne voulait pas l’accompagner. Même si tout cela était très nouveau pour elle et que tout la gênait, elle aussi voulait que les choses se passent mieux entre eux. Il faudra faire de nombreux efforts mais elle savait cela possible.

Elle tenta alors d’offrir à Ben une alternative qui pourrait leur convenir à tous les deux :


-Après, ça ne me dérange pas que tu ailles te chercher quelque chose à manger et à boire en me laissant là. Je pense que je suis bloquée ici pour encore un bon moment, je n’aurais certainement pas bougé à ton retour. A moins de ramper, je ne peux pas fuir aujourd’hui.

Amy s’étira tranquillement : la position fœtale qu’elle avait adoptée ne lui était plus d’aucune utilité. Elle tendit les jambes : ses plaies s’étaient fermées et ne se remettait pas à saigner, ce qui était déjà un bon point. Elle aurait voulu cacher ses blessures mais l’état lamentable de son pantalon ne lui permettait pas. Ce n’est pas qu’elle en avait honte, c’est juste qu’elle se serait bien passé d’une telle aération : bien qu’il fasse encore bon, le moindre coup de vent la faisait frissonner alors, deux trous en plus n’arrangeait pas les choses.
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MessagePosté le: Dim 2 Nov 2014 - 20:40    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben] Répondre en citant

*- Ah...

Debout devant Harmony, les neurones du cerveau de Ben semblaient avoir littéralement perdu le contact entre eux.

Si la jeune femme s'était approchée de lui, pour une raison ou une autre, peut-être aurait-elle pu apercevoir "signal faible" ou encore "404 error" au fond de son regard. D'ailleurs, si le brainstormer avait eu les yeux bleus, cela aurait été la cerise sur le gâteau : le symbole du bug dans toute sa splendeur !

A rester là, stoïque, sans réagir, Ben avait sans doute l'air d'un imbécile. C'était en tout cas l'impression qu'il se donnait quand il y réfléchissait un temps soit peu. Car en plus d'être déconnecté cérébralement, tel une autoscotter dont la tige n'atteint pas la grille électrique, son corps commençait à montrer un certain nombre de faiblesses...

Pour commencer, Ben frissonnait. Il fallait dire qu'il allait bientôt faire nuit, que la température baissait et que le vent se levait. Ensuite, son estomac, fatigué de l'avertir à coups de spasmes et de bruits dérangeants, avait lancé l'opération "autodigestion". Il était grand temps pour le brainstormer d'agir.

Le choix aurait pu être vite fait... Aurait pu... En effet, Ben aurait très bien pu partir chercher de quoi apaiser sa faim, ramenant par la même occasion un petit quelque chose pour la jeune femme, histoire de passer pour le type bienveillant en toutes circonstances. Seulement, et c'est là la raison pour laquelle il restait debout comme un idiot, il était incapable de la laisser seule : c'était contraire à ses principes... N'importe qui aurait pu trouver cela ridicule. Pour Ben, cela ne l'était pas. Rester avec elle était pour lui une manière de manifester son respect.

Aussi, il resta debout encore quelques secondes et se mit à réfléchir... Venait-elle de décliner sa proposition pour la raison mentionnée ? Ne venait-elle pas d'avouer de manière polie qu'elle ne voulait tout simplement pas l'accompagner ?

Ben balaya cette idée de son esprit et esquissa un sourire gêné. Après quoi il dit :

*- Mon estomac peut attendre, c'est pas un problème. Puis, j'ai plus trop envie de repasser par chez moi, c'est trop loin... J'préfère aller boire un verre et manger un bout à l'intérieur d'un p'tit café sympa tout compte fait. Comme au bon vieux temps...

Il fit mine de se rasseoir à côté d'elle en espérant vainement que l'avoir à sa gauche et le muret derrière lui le réchaufferait un peu. Il réalisa alors que ses derniers mots n'étaient peut être pas tombés dans l'oreille d'un sourd... Ce qu'il pensait être une phrase "passe partout" renfermait peut-être plus de sens qu'il ne l'avait prévu. Se sentant forcé de rectifier le tire, il s'empressa d'ajouter, en balbutiant :

*- Enfin c'pas... J'voulais pas faire référence à l'époque où tu te souvenais de moi et que... non... C'pas que...

Il se racla la gorge discrètement. Cela raisonna comme s'il grognait contre lui-même. Et il ajouta cette fois avec plus d'assurance :

*- Comme tu as dû le remarquer, j'ai le chic pour dire ce qu'il ne faut pas dire... Je ne veux surtout pas que tu penses que c'est pour blesser gratuitement... Et quand je fais l'inverse, c'est à dire que je ne dis pas ce qu'il faudrait dire, c'est pas parce que je m'en fou éperdument...

Sa main vint s'enfuir dans ses cheveux et gratta ensuite sa tempe. Il se mit alors à illustrer ses propos par le geste, tachant de trouver une solution pour se faire comprendre :

*- Je ne sais pas comment expliquer ça. Je suis probablement un peu "gauche". Mais, a mon avis, et ça me plaît davantage de croire ça, ça doit être parce que je suis un sentimental, un utopiste. J'essaye de faire pour le mieux et résultat je fous tout en l'air...

Son sourire s'accentua de plus belle et il ne pu s'empêcher de lâcher un petit soupir sec (qui vint témoigner du fait que ce sourire, n'était que façade pour masquer sa gêne) en disant :

*- Tu vois ?
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MessagePosté le: Mer 5 Nov 2014 - 17:53    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben] Répondre en citant

Il était difficile pour Amy d’expliquer clairement ce qu’elle vivait. Du jour au lendemain, elle s’était retrouvé à ne plus pouvoir marcher normalement et faire comprendre ça aux autres sans rentrer dans les détails était un exploit qu’elle n’avait pas encore réussi à réaliser. De plus, ne sachant pas ce que Ben savait, elle ne voulait pas le mettre plus mal à l’aise qu’il ne semblait déjà l’être.

Par le passé, elle avait déjà vu pas mal de monde bugger mais jamais dans une telle intensité. Pendant de longues secondes, Ben avait perdu toute connexion avec la réalité de la situation et ce qu’elle avait dit ne devait pas être étranger à cet état de léthargie temporaire. Enfin, léthargie était un grand mot, car son corps était encore capable de frissonner et son estomac grognait assez fort pour briser le silence installait.

Harmony ne put s’empêcher de sourire à ce bruit : ne venait-il pas de dire que son estomac pouvait attendre ? A ce rythme-là, il finirait par avoir un ulcère et ce n’était pas ce qu’elle voulait.


-Tu sais, tu n’es pas obliger de changer tes plans pour moi. Je ne te demande rien. Le brin de conversation que nous avons eu était déjà bien plus que je n’espérais. Et ne prend pas ça pour un refus, c’est juste que je ne veux pas être un boulet que tu dois te traîner alors que ton estomac est au bord de l’agonie.

Elle ne releva pas la dernière phrase, elle savait pertinemment qu’elle allait l’entendre souvent. Qui ne souhaite pas parler du passé et le comparer au présent ? Mais, comme pour la punir de n’avoir rien dit, Ben continua dans cette direction. Cela devait être un moyen, bien bancal, de se rattraper. La nature humaine est telle qu’elle est mais parfois, Amy préférerait qu’elle change un peu.

Il ne s’en rendait peut-être pas compte mais plus il parlait, plus elle se refermait sur elle-même. Elle avait l’impression de redevenir cette enfant à qui on raconte toujours la même histoire : « tu te souviens, quand tu étais petite et que tu t’es pris les marches de la piscine parce que tu voulais faire comme la petite sirène ? ». Qui ne souvient pas de ce genre de situation ? Cela vous suit toute la vie et il faut toujours faire comme-ci c’était la première fois…

Pour Amy, là, c’était la même chose : oui, elle était amnésique mais que c’était énervant de voir tout le monde chercher à se racheter parce qu’on parlait du passé. C’était déjà assez dur comme ça, pas besoin d’en rajouter une couche…

Mais elle ne dirait rien, personne ne devait payer pour les mots des autres. Alors, elle se fermait, le temps que le monologue se finisse et qu’elle puisse parler librement.


-Non, je ne vois pas, j’écoute. Premièrement, ce n’est pas que je m’en fiche, mais tu peux parler du passé. Même si je ne me souviens que de peu de choses, ça m’est agréable de découvrir ce que j’étais et ce que je faisais avant. Deuxièmement, ce n’est pas que tu es gauche, c’est que tu parles trop. A force de chercher à te justifier, on perd le fil et on reste sur l’erreur et non pas sur l’explication. Troisièmement, oui, je parle trop aussi et non, je ne suis pas énervée.

Harmony se mit à rire. Cette situation si particulière avait de quoi être comique. Une fois calmé, elle tourna la tête vers Ben.

-Bon, on fait quoi sinon ? Car je ne sais vraiment pas pour combien de temps je suis bloquée au sol et tu vas finir par mourir de faim et de froid si tu restes là.

Cette phrase valait pour elle aussi mais il lui semblait plus simple de ne pas s’inclure dedans car elle avait l’intuition que Ben et son sentimentalisme prendraient l’apparence d’un chevalier servant et elle ne le voulait pas. Se faire servir était peut-être le rêve de nombreuses jeunes filles mais ce n’était absolument pas son cas.

Alors, en attendant une quelconque réponse de Ben, elle cherchait une solution à son problème. Mais qu’importe les possibilités, elle ne pouvait s’en sortir sans aide extérieur et faire appel à Julian ou à Ben ne lui convenait pas du tout.

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MessagePosté le: Jeu 6 Nov 2014 - 21:22    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben] Répondre en citant

C'est la tête légèrement inclinée sur le côté, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte que Ben buvait littéralement les paroles d'Harmony. Quelque part, ça le rassurait terriblement qu'elle ne réagisse pas aussi négativement qu'il aurait pu le penser. Car habitué à fâcher ou à blesser, Ben ne s'attendait nullement à ça : c'était sur une oreille attentive qu'il était tombé. Jamais auparavant, quelqu'un n'avait pris la peine d'essayer de le comprendre. Jamais auparavant, on ne lui avait procuré de conseils à ce sujet.

Il esquissa alors un sourire et éprouva de la peine à retenir une larme, ému qu'on lui prête un peu d'intérêt. Il se mit ensuite à rire quand Harmony se mit à parler tout autant que lui de manière involontaire.

Même si c'était discutable, Ben allait prendre en considération ces précieux conseils et tâcher de les mettre en application. Certes, ceux-c ne valaient peut-être pas ceux d'un spécialiste mais ils venaient d'une personne à qui le brainstormer accordait un certain crédit et ça suffisait. (Sa crédulité fatigue parfois le narrateur...). Et si jamais il s'avérait qu'ils étaient erronés, il allait falloir songer à consulter...

A ce propos, tout ne pouvait pas se résoudre par une simple consultation chez le psy... Parce qu'en dehors de ses "problèmes mentaux" (le mot est faible ? Ah bon ?), Ben avait un estomac des plus teigneux qui allait lui poser de sérieux problèmes s'il n'allait pas le nourrir rapidement. Le processus d’auto-digestion qui venait de s'amorcer était déjà assez inquiétant en soi (le mot est faible ? Ah bon ?) sans que ne vienne s'ajouter à cela son imagination débordante. Le lieutenant bleu, qui ne pouvait s'empêcher d'imaginer un monstre l'éventrer pour dévorer tout ce qui se trouvait aux alentours, dont Harmony, afin de se rassasier, prit enfin l'initiative de passer à l'acte. Il se leva pour la seconde fois, regarda attentivement la jeune femme et fronça les sourcils tout en prenant un air grave :

*- Tu as raison, je me dois de me débarrasser de ce boulet que tu es. Mais, autant cette étape risque de ne pas être compliquée, autant le fait de te retrouver morte de froid, de faim ou de déshydratation risque de l'être un peu plus...

Il brisa sa mine sérieuse et afficha un large sourire. Subitement taquin dans l'âme, il ajouta aussitôt :

*- Si j'étais toi, j'éviterai surtout la déshydratation. Pas que les deux autres soient inoffensifs hein... C'est plutôt que l'idée que ça ne sorte en poudre quand je vais aller me soulager ne me fais pas poiler plus que ça !

Cette fois, il salua sa propre bêtise d'un roulement des yeux, invitant poliment Harmony à ne pas l'accabler plus qu'il ne le faisait déjà lui-même.
Toujours debout, il commença à bouger sur place pour se réchauffer discrètement. Les mains enfouies dans les poches de son manteau, il se raidit tout en ajoutant :

*- Pour toutes ces raisons, je ne peux pas te laisser là. J'ai pas envie de voir ma tête à la télévision pour délit fuite et non assistance à personne en danger. Donc soit on attend là, soit on trouve une solution... Tu veux que je te porte ?

Il savait pertinemment que la situation n'allait pas plaire à Harmony. Aussi, il prononça ses derniers mots avec une intonation qui lui laissait le choix d'ignorer la proposition ou non.
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MessagePosté le: Mer 19 Nov 2014 - 09:25    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben] Répondre en citant

La façon de parler de Ben choqua Harmony. Elle s’était habituée à la vulgarité dans les tréfonds de la ville mais elle ne s’attendait pas vraiment à entendre le Brainstormer sortir de tels termes après la discussion qu’ils venaient d’avoir. Ce changement de vocabulaire si brusque avait eu don de la perturber sachant qu’il parlait, en plus, d’un sujet plutôt intime. Elle aurait aimé lui répondre que, même si elle venait à se déshydrater, cela ne « sortirait pas en poudre » mais elle se retint. Les sourcils fronçaient, Amy ne répondit rien : il n’y avait rien à ajouter sur ce sujet.

Puis, la suite de leur échange continua comme-ci de rien n’était mais la dernière question de Ben eu comme un effet de résonnance dans la tête de la Haughter. Elle savait pertinemment que c’était la seule solution qui s’offrait à eux mais elle se refusait d’y avoir recours. De un, c’était très gênant de se faire porter ; de deux, se faire toucher par un presque-inconnu ne le rappelait pas de très bon souvenir. Il faudrait, qu’un jour, ses aversions tombent mais lorsqu’on ne se souvient que des mois précédent et que ceux-ci ressemblent à l’enfer, il est difficile de faire totalement confiance aux gens. Pourtant, elle se décida à faire un effort même si cela signifiait avoir la peur au ventre pendant tout le trajet. Au pire, elle n’aura rien à vomir si la peur est trop grande…


-Me porter ? Non merci ou en tout cas, pas en princesse. Par contre, je veux bien que tu m’aides à me relever et que tu me serves de béquille. Et, je préfère te prévenir, comme mes jambes ne répondent pas très bien, je serais parfois un poids morts et, même si je ne suis pas épaisse, c’est dur d’avancer rapidement comme ça et c’est très fatigant. Donc, si on peut faire un petit trajet, ça sera bien pour toi et pour moi.

C’était le mieux qu’elle puisse faire. Si elle pouvait limiter au maximum le contact avec un autre être humain, elle le faisait. Rentrer dans la bulle d’un autre individu était une chose à laquelle elle n’était pas vraiment habituée. Au contraire, plus elle pouvait s’en éloigner, mieux elle se portait mais il n’était plus de question de choix maintenant, elle se devait d’accepter de rentrer dans le périmètre personnel des autres car elle ne pouvait plus tout faire seule. Il lui faudra un temps d’adaptation mais elle se devait de réussir sinon il ne lui restait plus aucun espoir pour vivre.

Amy récupéra son sac à dos, posé à ses côtés, et le plaça sur ses épaules. Elle replia les jambes pour que ses pieds soient bien à plat et ainsi pouvoir prendre appui dessus lorsqu’ils se décideraient à bouger. Elle savait que cette étape aller être difficile car, s’il la tirait trop fort, ils tombaient tous les deux et s’il ne la tirait pas assez, elle retomberait mollement au sol… Tout n’était qu’une question de dosage mais il fallait être précis sinon, c’était l’échec assuré.


-C’est quand tu veux. Un dernier petit conseil : une fois que je serais débout, j’aurai peut-être du mal à trouver l’équilibre, alors, s’il te plait, ne me laisse pas tomber… Ca risque de faire mal si ma tête rencontre le muret de manière brutal.

Harmony esquissa un sourire, elle cherchait à se rassurait comme elle pouvait : jamais elle n’avait eu d’aide partielle pour se relever et comme on le dit si bien « l’inconnu fait peur ». Il ne restait, désormais, plus qu’à attendre.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:16    Sujet du message: «Tomber est permis, se relever est ordonné.» [PV Ben]

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