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Pseudo City: Chapitre 2 - Dégats collatéraux
 
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Nouvelle Ère

 
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Abelle Ginger
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MessagePosté le: Ven 28 Mar 2014 - 13:11    Sujet du message: Nouvelle Ère Répondre en citant

Le bord de ma fenêtre donnait sur la ville en toute sa splendeur. Elle était ouverte et le vent jouait tendrement dans mes cheveux, comme une main tendre et douce. Le vent a toujours dansé dans mes cheveux. Depuis ma plus tendre enfance, cette sensation m’a toujours rappelé à moi-même, à ce que le monde peut faire de merveilleux et de doux. Alors que mes yeux s’ouvraient sur ce monde – un paysage noir d’encre, dentelé, blessé – je savais pourtant que les merveilles données par la nature, par ce vent, par ce ciel bleu, par toutes les beautés du monde étaient égales à celles qui avaient été mises en œuvre pour construire ces édifices et cette société. La liberté qui pousse au cœur de l’exil était ce qui avait un jour gonflé les cœurs et les esprits au point que ces murs se forment. Peut-être mes conclusions venaient-elles de nulle part selon certains, mais la ville avait appris à me connaître. Je m’y étais infiltrée, j’étais tombée sous le charme rude et cru de ce rythme de vie.


La Brainstormer était loin de l’image de l’enfant troublée qui avait déboulé dans les rues en cherchant frénétiquement les raisons de sa vie, ces gens qui avaient dicté alors tous ses comportements. Alors que ceux-ci c’étaient tournés vers ce qui importait véritablement pour eux, la laissant en plan, alors qu’elle-même trouvait aussi sa propre voie autour de ce peuple hurlant de frénésie et de vie. Son corps désormais halé et puissant, preste et pourtant toujours un peu plus féminin que la veille. Ses cheveux blonds, caressant sa mâchoire, ses yeux tendrement fatigué rivés sur les veines de la ville, ses mains nouées autour de ses genoux, tout représentait pourtant celle qu’elle avait toujours été. Son corps toujours un petit peu plus couvert d’encre, son attitude plus forte, pleine de prestance. Elle prit une grande respiration, terminant le tout par un soupir. Ses jambes fluides s’étendirent dans toute leur puissance et elle prit dans le creux de sa main la crosse froide et mordante de l’arme qu’elle s’était procurée alors que ses missions s’étaient étendues dans les parties les plus sombres de la ville. La nouvelle recrue bleue avait couru vers ses vieux… amis et tentait aujourd’hui de retrouver leur attention pour concentrer celle-ci vers la ville, vers cette drogue qui la rongeait. C’était pour cette raison qu’elle s’était tenue aux côtés d’Alexander dans certaines batailles, disparaissant presque toujours au bon moment pour qu’il ne remarque pas ses interventions. Et les moments où elle lui laissait transparaitre sa présence, elle l’acceptait. Elle le désirait. Pour sauver la ville, pour redonner vie à ce peuple que tous tendaient à oublier au profit de la prospérité personnelle.


Pourtant, au fond de son âme, une partie tendait à penser qu’elle se mentait à elle-même. Que tout ce tohu-bohu qu’elle mettait en marche n’était qu’une énorme mascarade, une danse déjà apprise, un chant qui tenait du par cœur. Peut-être que ce chemin n’était qu’un passage obligé vers ce qu’elle avait toujours voulu atteindre. La question finale qui l’attendait dans l’ombre, celle qui délimiterait son appartenance aux différents centres de sa vie. Peut-être était-elle semblable à ceux qu’elle apprenait à redouter. Peut-être ne voulait-elle seulement que leur ressembler. Peut-être ne voulait-elle que les atteindre, apprendre à s’opposer à elles. Mais désormais qu’elle marchait vers cette guerre, il fallait qu’elle s’y investisse complètement. Et elle travaillait d’arrache-pied pour que son nom soit sur toutes les lèvres.


Alors que je rangeais mon pistolet sur mes reins d’un coup vif, attachai mes cheveux excessivement courts et nouai ce foulard bleu qui, je le trouvais parfois, m’identifiai comme un ennemi général ou comme un ami bienvenu. Mes menottes – celles que je ne laissaient plus derrière moi maintenant, il faut dire que malgré les muscles que je développe, un adversaire est parfois beaucoup plus facile à survivre quand il a les pieds et poings liés – pendaient contre ma cuisses droite et mes pieds se glissèrent dans mes bottes de construction. J’étais prête pour ce qui m’attendait dehors. Enfin, je le croyais.
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MessagePosté le: Ven 28 Mar 2014 - 13:11    Sujet du message: Publicité

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Julian Hawksbury
Chef des Brainstormers [Admin]

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MessagePosté le: Mer 2 Avr 2014 - 19:37    Sujet du message: Nouvelle Ère Répondre en citant

Les paysages changeaient à nouveau, alors que les feuilles étaient tombées, que la neige les avait recouvertes, voilà qu'elle bourgeonnaient à nouveau sur de nombreux arbres précoces. Les températures printanières de ces derniers jours laissaient envisager un mois un peu moins rude que les précédents. Déjà, les petits animaux et les oiseaux pointaient le bout de leur nez (ou becs, c'est selon), signalant à cette espèce humaine ayant oublié ses instincts primaires que le grand froid était derrière eux maintenant. La belle saison allait commencer alors que le bal de la Nature enchaînait sur un nouveau refrain familier.

Et pourtant, la renaissance des arbres, plantes et autres animaux n'était pas un spectacle donné à tous. En ce jour pourtant ensoleillé, le QG des Brainstormers bourdonnait d'activité, telle une ruche en effervescence avant l'heure. Rien d'inhabituel ces derniers temps cela dit. La recherche de la source de la Xinose et d'un potentiel antidrogue battait son plein dans le bâtiment et aux alentours, sans pour autant que personne n'ait encore entendu parler d'avancée significative. Dans un bureau légèrement en retrait des autres, mais aussi un peu plus grand et totalement insonorisé, était assis un jeune homme à l'air visiblement très occupé. Il pianotait frénétiquement sur son ordinateur sans visiblement parvenir à faire ce qu'il voulait. Soudain, la porte s'ouvrit, laissant le bruit du couloir inonder la pièce comme si l'on avait soudainement allumé une radio à son plus haut volume.

Toujours assis à son bureau, Julian cligna des yeux puis se frotta le visage, visiblement tiré violemment d'une réflexion intense. Il leva les yeux vers la porte pour identifier la source de son dérangement et constata qu'un jeune homme à la chevelure blonde, arrivant à la hauteur de ses épaules, attendait à quelques mètres de lui avec un dossier papier.
- Oui, c'est pour quoi ?
- Monsieur, j'ai un rapport prioritaire pour vous.
- Bien, donnez-moi ça, je vous remercie.


Visiblement soulagé de n'avoir pas trop dérangé, le jeune homme blond quitta la pièce d'un pas pressant après avoir déposé le rapport. Julian le prit dans ses mains après quelques instants puis l'ouvrit. Les rapports prioritaires étaient un lot hebdomadaire qui tendait vers le quotidien, mais celui-ci était particulier et il s'en aperçut en l'ouvrant. Il s'agissait d'une fiche de Brainstormer: Abelle Ginger. Il fronça les sourcils. Ce genre de rapports n'étaient jamais très positifs. Après une lecture rapide, il conclut sur une analyse moins mauvaise que prévue: la Brainstormer avait disparu depuis un certain moment et le service des habitants du quartier Nord avait jugé important de la rechercher, indiquant un haut taux de probabilité pour que tout ceci soit lié à la drogue. Si ce genre d'affaire était généralement délégué, il devait admettre qu'après trois jours passés ici, il avait envie d'aller sur le terrain. Il contacta ses gardes du corps puis partit en direction de la dernière position connue de la jeune femme, espérant l'y trouver.

Quinze minutes plus tard, une petite équipe de quatre gardes, Julian à leur tête, faisaient irruption dans un bâtiment et gravissaient les marches. Ils arrivèrent devant la porte d'entrée lorsque celle-ci s'ouvrit, précisément sur la jeune femme qu'ils recherchaient. Si ce n'était pas du bol ! Une tablette tactile à la main, Julian lança un petit sourire ravi envers la jeune femme et s'exclama:
- Mademoiselle Ginger, quelle bonne surprise. Nous vous cherchions justement. J'espère que vous n'étiez pas trop pressée, dans tous les cas vous auriez quelques minutes de retard. Vous permettez ?

D'un air toujours charmant, il se tourna vers deux de ses gardes et leur fit un geste. Aussitôt, les deux gorilles poussèrent la porte de l'appartement d'où Abelle venait. Souhaitant anticiper une réaction négative de la part de la jeune femme, il s'empressa d'ajouter:
- Vous savez, chez les Brainstormers on est une sorte de grande famille, ou du moins on essaie. Quand l'un des nôtres disparaît soudainement et sans avertir, on se dit qu'il doit avoir des problèmes, alors on essaie de l'aider. Et dans votre cas, ça se passe droit au moment où la Xinose apparaît... vous comprendrez qu'on aimerait être sûr que vous n'avez rien à voir dans toute cette histoire et qu'on vous souhaite en bonne santé. Mes gardes vont vérifier que tout soit en ordre. Ne vous inquiétiez pas, c'est un simple contrôle et ils ne vont pas mettre à sac votre appartement. Ce serait vraiment déplacé, enfin, plus que de s'introduire pareillement chez quelqu'un je veux dire.

Julian n'aimait pas trop s'incruster comme ça chez les gens, et surtout pas contre leur gré et sans avoir de preuves à avancer. Mais voilà, la jeune femme avait fait un pas dans l'ombre et il souhaitait s'assurer que tout allait bien. Il avait déjà bien assez de potentiels traîtres chez lui sans encore prendre le risque d'en ajouter. Quelques secondes passèrent, relativement calmes, puis il demanda:
- Vous savez, j'aime être proche de mon clan et si quelqu'un a des problèmes, j'aime l'aider. Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous aider vous ? Sans vouloir vous offenser, vous avez l'air de ne pas avoir une vie très facile.

D'un geste vague, il désigna l'arme qu'elle portait à la ceinture ainsi que les menottes qui pendaient non loin. Il avait parfois aperçu cette jeune femme mais n'avait jamais vraiment eu la chance d'évaluer sa personnalité. Ainsi ne savait-il pas si elle représentait une potentielle menace ou non. En tous les cas, elle avait un genre bien à elle et pas franchement encourageant.
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Abelle Ginger
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MessagePosté le: Jeu 3 Avr 2014 - 16:16    Sujet du message: Nouvelle Ère Répondre en citant

Si je vous disais que la merde me colle non-littéralement au cul vous me diriez surement que les preuves sont faites. Mais même moi je ne pensais pas que c'était devenu aussi lourd. Mes pensées me trompent souvent et les méandres de mon esprit son encore plus surprenant pour moi que pour le commun qui me côtoie - je penses secrètement que j'ai l'air d'une simple d'esprit pour ceux qui gravitent autour de mon existence, d'une pauvre enfant qui a perdu son chemin... - mais s'il y a une chose qui ne cessera jamais de m'étonner et qui est aussi potentiellement la seule chose qui soit sure dans ma vie, c'est le fait que je suis d'une malchance à rendre malade n'importe qui. Assez pour tomber sur les seuls gorilles au gros cerveau de la citée toute entière. 

La jeune fille eu un  mouvement de recul évident quand la couleur bleue lui sauta aux yeux. C'était fortement étonnant de savoir que la couleur qu'elle voyait le moins était celle de son propre clan. Elle ne savait toujours pas pourquoi cette couleur - pourtant devant représenter sa fraternité - lui faisait battre le coeur de manière frénétique. Et à l'allure de celui qui ouvrit le bal de cette altercation, elle avait affaire à quelqu'un de haut gradé. Peut-être ce Julian Hawksbury dont Taylor lui avait parlé en riant un peu de son inconscience par rapport au chef de son propre clan. Une idée brûlante s'étampa dans son intellect. Des paroles données par Alexander avec beaucoup de sagesse - danger, ne pas fréquenter. Encore là, elle avait choisi le pire clan pour sa sécurité, elle qui croyait être à l'abris parmi des petits binoclard... Mais encore là, elle se fiait sur Taylor... Sa main se glissa dans sa ceinture, son pistolet froid contre sa peau brûlante de la fièvre qui l'activait et la gardait réveillée depuis quelques semaines.  

- Mademoiselle Ginger, quelle bonne surprise. Nous vous cherchions justement. J'espère que vous n'étiez pas trop pressée, dans tous les cas vous auriez quelques minutes de retard. Vous permettez ? 

Elle vit les deux hommes qui accompagnait le chef pousser la porte de cet appartement. Peut-être verraient-ils la trace d'Elizabeth, son odeur, les quelques vêtements noirs qu'elle lui avait laissée. Peut-être découvriraient-ils les mégots vieillissant de Taylor sur le lavabo de céramique blanc de sa salle de bain, ceux qu'elle se refusait à nettoyer par soucis de conserver les vagues souvenirs de leur présence dans sa vie. Elle les regarda d'un air à la fois frustre et inquiet.  

- Vous savez, chez les Brainstormers on est une sorte de grande famille, ou du moins on essaie. Quand l'un des nôtres disparaît soudainement et sans avertir, on se dit qu'il doit avoir des problèmes, alors on essaie de l'aider. Et dans votre cas, ça se passe droit au moment où la Xinose apparaît... vous comprendrez qu'on aimerait être sûr que vous n'avez rien à voir dans toute cette histoire et qu'on vous souhaite en bonne santé. 

Le commentaire me fait automatiquement l'effet d'un affront. Pourquoi? Je ne sais pas. Il ne comprend par véritablement les gens, c'est un air qu'il se donne. Ce petit sourire, il doit le servir à tout le monde. Et il croît quoi le beau cerveau, que je vais ignorer la petite lueur d'appréhension que je vois reluire au fond de ces petits yeux vicieux? Bon, peut-être que j'exagère un tout petit peu, mais on comprend totalement ce qui se passe dans mes boyaux quand je vois son air... argh. Il doit être du type qui aime paraphraser sur le printemps. Et s'il pense savoir ce qui se passe avec la Xinose, il n'a qu'à descendre dans les rues et tenter de la contrer... Non, c'est vache, je sais qu'ils font des efforts pour la contrer autrement... Justement, peut-être pourrais-je en apprendre plus? Vilaine, vilaine, on reste fidèle à son clan s'il vous-plait... 

 - Mes gardes vont vérifier que tout soit en ordre. Ne vous inquiétiez pas, c'est un simple contrôle et ils ne vont pas mettre à sac votre appartement. Ce serait vraiment déplacé, enfin, plus que de s'introduire pareillement chez quelqu'un je veux dire. 
 - Je dois dire que pour être déplacé, vous l'êtes déjà, comme vous l'avez si bien introduit. Si vous voulez, je pourrais vous proposer quelques nuances à appliquer à votre recherche fraternelle de membres. Vous pensez sérieusement que je suis en danger? Je ne sais pas si vous aviez trouvé ma piste en quartier vert... ou même jaune! Non?  

Mon dieu que je suis capable de faire tout passer avec la meilleure des subtilités. Félictation Abelle. Alors qu'ils arpentaient les couloirs de mon microbe d'appartement, je m'assurait des endroits qui cachaient les minces armes que je possédais. J'avais maigrement appris à me battre - je dirais plus à me défendre parce que  les quelques ecchymoses qui couvrent mon corps sont témoins des raclées que j'ai eues et aussi des meubles que j'ai rencontrés durant les derniers jours... Oui, la malchance, on s'en rappelle et on suit. Ah et maintenant le petit sourire de chaton avait l'air tourmenté. Comme si cette intrusion dans ma vie privée lui faisait mal. Pff. 

- Vous savez, j'aime être proche de mon clan et si quelqu'un a des problèmes, j'aime l'aider. Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous aider vous ? Sans vouloir vous offenser, vous avez l'air de ne pas avoir une vie très facile. 

Encore ce petit speech sur la fraternité. Je vais finir par être malade. Oui, monsieur, je suis une bonne Brainstormer. Ne me dites pas que je suis la seule qui sort des limites du terrain? Je ne suis pas un mouton, pardi. 

Quand l'homme désigna l'arme qu'Abelle portait, la seule petite défense qu'elle possédait, c'était trop. Il se mêlait de beaucoup trop proche.  

 - Maintenant que vous m'avez retrouvé, je crois que vous n'êtes pas obligé de fouiller tout mon appartement. Je suis une bonne fille, je me tiens loin de la drogue et je me brosse les dents chaque jour. D'autre question? J'aurais autre chose à faire que de contempler vos gorilles farfouiller.  Vous voulez me rapporter à la maison mère par la main, comme un petit groupe de nones autoritaires?  

Parfois je me dit que mes paroles ne m'aident pas à rester hors des problèmes 
La jeune fille haussa encore les sourcils et croisa les bras en lorgnant les hommes qui arpentaient les quelques peu nombreux recoins que formaient son maigre appartement. Elle ne s'était pas rendue compte à quel point ces petits rebus, ces restants de vie, étaient d'une certaine manière importants pour elle. Ils étaient en train de, en ne faisant que marcher autour de ce vieux futon décrépi et ces quelques bouteilles éparses, serrer le coeur d'Abelle entre leurs mains de géants. Elle se demandait fortement s'ils étaient dans les Brainstormers pour les bonnes raisons ou s'ils étaient des Sinewyers dans l'âme ayant trouvé l'appât du gain intéressant.  
 

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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Sam 5 Avr 2014 - 09:31    Sujet du message: Nouvelle Ère Répondre en citant

D'un coin de l'oeil, Julian observait les deux gardes du corps s'affairer dans le petit appartement de la jeune femme. Enfin, il en déduit qu'il devait être très petit car il voyait passer ses hommes à une grande fréquence. La fouille ne serait pas très longue, à l'évidence. Et s'il fallait revenir plus tard pour inspecter de fond en comble, cela n'était pas très problématique. Il ne leur faudrait même pas forcer l'appartement, leurs détecteurs portables sophistiqués permettraient de voir ce qu'il y avait à voir, tout comme dans les films ou dans les aéroports. Mais la concentration de Julian était focalisée sur la personne qu'il avait en face de lui. Amère, ironique et à ce qu'il pouvait en juger pour une première fois, elle avait plus en commun avec d'autres clans que les Brainstormers. Etrange qu'on l'ait accepté dans le clan sans lui en toucher un mot... enfin, il ne pouvait pas être partout à la fois et surtout accueillir tout le monde, malheureusement. Qu'à cela ne tienne, il espérait sincèrement que la jeune femme se soit levée du mauvais pied ou que la maladie dont elle semblait atteinte - à en juger par ses yeux brillants, elle devait avoir de la fièvre - et que ce soit ça qui cause son antipathie. Quoiqu'il en douta un petit peu au vu de où elle habitait et de son degré d'intégration et d'intérêt en son clan.

Abelle aborda, d'un angle toujours très peu aimable, le fait qu'elle doutait être en danger. Elle en venait même à se targuer d'avoir passé du temps à l'ouest et à l'est de la ville, dans des quartiers qui n'appartenaient pas aux Brainstormers. Le fait qu'elle soit allée dans le quartier de Shinji n'était pas problématique en soi - même si ce n'était pas l'amour fou, les deux chefs de clans conservaient une attitude relativement aimable l'un vers l'autre - en revanche, son incursion en territoire sinewyer était plus embêtante. Il tapota sur sa petite machine puis hocha de la tête.
- Vous savez mademoiselle, il faut faire preuve de prudence dans cette ville. On a vite fait d'y passer si on se retrouve au mauvais endroit, au mauvais moment. Et si j'en crois votre dossier, vous êtes souvent dans ce cas. Ais-je même besoin d'évoquer que Mighan vous souhaiterais plus morte que vivante avec les affaires que vous laissez derrière vous là-bas ? Avouez qu'il y a matière à être inquiet, tout de même. Je ne vous parle même pas du problème de votre exposition ici en centre-ville plutôt que dans le quartier Nord où vous seriez davantage en sécurité.

Julian releva le nez de sa tablette tactile et ajouta, cette fois ayant perdu son sourire au bénéfice d'un visage sérieux et neutre.
- Quant à vos incursions dans d'autres quartiers, ça ne me pose pas de problème en particulier, sauf si vous allez jouer avec votre vie ou celle des autres dans le quartier Sinewyer. Là, et malgré votre forme physique évidente, je ne pourrais que trop vous suggérer de l'éviter contre la peste. Et si vous ne le saviez pas encore, nous traçons systématiquement tout va-et-viens de nos membres dans cet endroit. Il y a peu de chance que vous évitiez les contrôles.

La Brainstormer commençait visiblement à perdre son calme, ce qui agita les deux gorilles restants derrière Julian. D'un seul regard vers eux, ils se stoppèrent et reprirent leur calme. Julian savait parfaitement ce qu'il faisait et même s'il devait se prendre un coup, il ne voulait pas être le premier à le donner. De plus, il y avait fort à parier qu'elle ne pourrait pas s'enfuir très loin si jamais elle tentait quoi que ce soit, ce qu'il espérait secrètement ne pas devoir affronter. Les deux autres gardes, ayant terminé leur fouille, revinrent dans le couloir et l'un des deux fit son rapport:
- Pas de drogue monsieur. En revanche, quelques armes dans la trampe de celle que la demoiselle porte en ce moment. Il y a également des traces d'autres visiteurs.

Julian apporta une attention particulière à ces propos puis se tourna à nouveau vers la jeune femme, l'air à nouveau souriant.
- C'est un très bon point, même si je n'approuve pas le port d'arme, il est évident que c'est nécessaire dans certaines situations. Excusez-nous pour la fouille, ce n'est jamais très agréable. Puis-je vous proposer un appartement dans le quartier Nord ? Ils sont bien plus accueillants que celui que vous occupez actuellement et il ne vous coûtera rien. J'aimerais beaucoup que l'on parte sur de meilleures bases que le premier contact que nous venons d'établir un peu brutalement, à mon grand regret. Au fait, quel impoli je fais, je suis Julian Hawksbury, le chef de votre clan.

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Abelle Ginger
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MessagePosté le: Mar 8 Avr 2014 - 17:53    Sujet du message: Nouvelle Ère Répondre en citant

Si je vous disais que la situation commence à tourner au positif. Presque.  
 
Ma tendance à me comporter comme une teigne bagarreuse est toute récente. Jamais je n’avais eu la tendance aussi marquée de répondre avec la violence d’un chat sauvage, surtout face à quelqu’un ayant l’intention d’entamer une conversation intelligente – ce qui me manque cruellement, soit dit en passant – et qui plus est, représente potentiellement le pouvoir de mon clan. Une certaine honte envahit mon ventre, prenant action tels des centaines de petites pinces insidieuses, me rappelant mon passé. Mes pensées sont souvent orientées contre moi, mais c’est rare que je remets en question toutes mes actions. Je ne suis pas du genre qui a des regrets.  
 
Et si Ginger te voyait ainsi, Abelle? Est-ce qu’il trouverait son enseignement a aussi bien survécu que ce que tu lui avais promis? Des questions qui me tourmentent, jouant de pair avec les petites pinces qui s’amusent à la harpe avec mes intestins. Bien beau que je sois née avec un mauvais alignement – jeune fille vierge et pure bloquée sur une plateforme de forage pétrolier à la signature hormonale authentiquement macho – je n’ai pas à me comporter comme une bouseuse. Je suis devenue sans la permission de personne la fille illégitime de Ginger et je compte bien honorer ce qu’il m’a permis d’acquérir presque autant de connaissances que Rebecca et de lui tenir tête dans les quelques rencontres familiales auxquelles tu as pu participer. Ressaisies-toi. Et franchement, tu as la capacité d’être un tout petit peu plus subtile, fait honneur à ta réputation… ou, à tout le moins, fait comme si tu en avais une à protéger, ça pourrait aider.   
 
Toutefois, ce n’est pas parce qu’il a la capacité de parler avec un tout petit peu de bon sens – d’après ce que j’ai pu en voir – que je trouve son attitude moins louche. Dans la citée décrépie que j’arpente depuis quelques semaines, il a nettement l’air d’être hors de sa zone. Son air de fonctionnaire ne cadre pas dans le mode de vie relativement difficile que tous expérimentent dans les basses rues de Pseudo City. Mais précipiter les choses n’est pas à mon avantage. Celui-ci réside certainement plus dans l’écoute de cet allier potentiel… qui semble très fortement être mon chef de clan, si on se penche sur les détails. Pourquoi couper l’herbe sous les pieds du destin? Pourquoi…   
 
- Vous savez mademoiselle, il faut faire preuve de prudence dans cette ville. On a vite fait d'y passer si on se retrouve au mauvais endroit, au mauvais moment. Et si j'en crois votre dossier, vous êtes souvent dans ce cas. Ais-je même besoin d'évoquer que Mighan vous souhaiterais plus morte que vivante avec les affaires que vous laissez derrière vous là-bas ? Avouez qu'il y a matière à être inquiet, tout de même. Je ne vous parle même pas du problème de votre exposition ici en centre-ville plutôt que dans le quartier Nord où vous seriez davantage en sécurité.  
 
Comment sait-il cela. Il est clair que c’est le chef de mon clan mais… ces problèmes n’ont pas sorti depuis que je suis entrée ici. J’ai pour politique que l’on ne sait jamais quand le frère de la copine d’un ex-victime peut être mon interlocuteur alors j’essaie d’éviter le discours sur les meurtres – excessivement accidentels, je le spécifie – qui ont entachés mon existence avant mon entrée dans les rues douteuses de Pseudo. Je crains pour ce qu’il sait, je crains pour ce qu’il ne sait pas. Me prend-il pour une espèce de fouteuse de trouble ou de gros bras dans le corps d’une Boucle d’or mal léchée? Au-delà de la désapprobation latente que je vois dans son regard, je vois aussi toute cette légèreté dégoutante d’huissier content d’entrer au bureau le matin. Pourquoi me suis-je engagée dans un clan en ne pensant qu’à Ginger. J’ai l’impression de m’être engagée dans un parti politique plus que dans un clan et ceci en ayant la surprise de celui qui allait me gouverner. Mais d’entrer dans le clan de Taylor aurait fait de moi une groupie et le but de l’histoire n’était pas nécessairement de coller aux basques d’Elizabeth comme je l’avais toujours fait. Les Dashingers ne m’appelant tout simplement pas… Je voudrais éteindre l’étincelle de doute dans ses yeux comme une chandelle avec mes doigts. Mais il me faut la combattre. Pour faire taire les soupçons.  
 
- Quant à vos incursions dans d'autres quartiers, ça ne me pose pas de problème en particulier, sauf si vous allez jouer avec votre vie ou celle des autres dans le quartier Sinewyer. Là, et malgré votre forme physique évidente, je ne pourrais que trop vous suggérer de l'éviter contre la peste. Et si vous ne le saviez pas encore, nous traçons systématiquement tout va-et-viens de nos membres dans cet endroit. Il y a peu de chance que vous évitiez les contrôles.  
 
Mes sourcils ont une vilaine tendance à s’arquer ironiquement quand j’entends quelque chose qui me touche dans le petit d’ego que j’ai. La répartie est environ la seule qualité sociale que je possède – je ne comprends pratiquement rien à personne – et c’est difficile de se taire quand ces poste-frontières ridicules, je les évite sans problèmes. Mais je vais me taire, mes allusions ont déjà porté fruit, moi qui pensait faire une petite blague…  
 
Son discours calme et posé, comme si la récupération d’un petit agneau était monnaie courante. Il est étonnement sur de ce qu’il avance. Je sais pertinemment que je vais rester ici et que je ne vais pas le suivre là où il voudrait que sois, inconscient de ce que j’essaie de faire dans les rues de la ville et dans les avenues des cœurs de mes anciens amis. Toute ma vie a été un jeu de pions et je ne crois pas que ce qu’il y a de mieux pour moi est de conserver ce statut de bon petit berger qui écoute les ordres. Mon grand regret est que ce serait beaucoup plus facile de suivre les ordres. Mais certainement pas aussi valorisant et sain. Mais ma quête… n’est pas terminée.   
 
- Pas de drogue monsieur. En revanche, quelques armes dans la trempe de celle que la demoiselle porte en ce moment. Il y a également des traces d'autres visiteurs.
 
Je savais bien qu’ils trouveraient. Ce serait pourtant étonnant de les voir – surtout avec leur dégaine de gorille – sortir des petites fioles et des sacs scellés pour analyse ADN. Le but était bien de voir si leur petite élève n’était pas devenue une Junkie, non? Pas de me relier à… qui que ce soit. Je baisse la tête, mais je vous jure que ce n’est que pour analyser le bout de mes bottes. Je sens pourtant ce bon vieux sentiment qui me crie que la désapprobation est ce que je crains le plus. Mais non. Je relève la tête et je souris.   
 
- C'est un très bon point, même si je n'approuve pas le port d'arme, il est évident que c'est nécessaire dans certaines situations. Excusez-nous pour la fouille, ce n'est jamais très agréable. Puis-je vous proposer un appartement dans le quartier Nord ? Ils sont bien plus accueillants que celui que vous occupez actuellement et il ne vous coûtera rien. J'aimerais beaucoup que l'on parte sur de meilleures bases que le premier contact que nous venons d'établir un peu brutalement, à mon grand regret. Au fait, quel impoli je fais, je suis Julian Hawksbury, le chef de votre clan.  
 
Et mon sourire qui fond un tout petit peu.   
 
- Le port d’arme, même s’il n’est pas dans mes valeurs est parfois une nécessité quand on n’a pas une armée de gorille à ses côtés.   
 
Je hausse les sourcils, je croise les bras. Je crains un tout petit peu pour les obligations, les règlements… Je ne connais pas encore totalement mon lieu de vie, mais je connais mon but.   
 
- J’espère garder mon appartement ici monsieur. Si possible, j’aimerais m’entretenir avec vous sur des aspects de la ville que vous ne connaissez peut-être pas ou que, tout simplement, vous ne pensez pas assez important pour passer sur votre jolie tablette graphique. Je crois que ce serait tout à votre intérêt de m’écouter et d’une certaine manière de me laisser dans la situation où je me trouve actuellement.  


 
J’eu un regard peu amène envers les gardes qui s’effaçaient lentement vers la sortie de l’immeuble qui m’abritait. Mes mains se posèrent sur mes hanches et je le regardai sans aucune animosité, contrairement à ce qui m’avait représenté depuis le tout début. Il tentait de jouer la carte du pouvoir, je jouerai celle de la jeune fugitive en plein contrôle de ses moyens.   
 
- Les enjeux de la ville en ce moment sont… excessivement dangereux et précaire pour la paix vacillante qui y survit et je sais pertinemment que je ne vous apprend rien en vous disant cela étant donné que vous êtes, comme vous l’avez si habilement rappelé, le chef d’un clan. Et qui plus est de mon clan, qui est sans aucun doute un clan pour lequel j’ai des liens mitigés.
 
Je relève les yeux, je crois son regard, je souris.  


 
- Accepterez-vous d’écouter la petite fille perdue que vous êtes venu redresser ou votre travaille se limite à celui d’un bon fonctionnaire qui trie sans regard ses fonctions.   
 
Je conserve mon sourire, je croise les bras. Mon appartement n’est surement pas de la plus grande classe, il n’est certainement pas le plus accueillant, même pour moi, mais je crois certainement que des choses s’y jouent. Sans ma participation, sans que ce que je fasse aie un impact… simplement parce que je veux que ça change.  
 
 
 
 
Et tout ça ne fait que commencer, croyez-moi.  
 
 

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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Dim 13 Avr 2014 - 10:33    Sujet du message: Nouvelle Ère Répondre en citant

Au fur et à mesure de la conversation, Julian s'apercevait à quelques occasions que ses mots touchaient la jeune femme. Elle tiquait parfois légèrement lorsqu'il abordait des sujets sous différents aspects. Clairement, elle essayait de jouer au même jeu que lui: celui du plus malin. Il observa sa surprise - bien que plutôt bien cachée - lorsqu'il évoqua le passé de la jeune femme. Espérait-elle seulement qu'il n'apprenne pas ce genre de choses ? A plus forte raison alors qu'elle appartenait à son clan ? Les Brainstormers n'étaient pas connus pour ignorer les informations cruciales, les moments clés des gens. Et cela valait aussi pour le passé d'Abelle.

Cela dit, il observa également que la jeune femme n'était pas surprise qu'ils n'aient trouvé que des armes dans son appartement. Il en déduisit qu'elle ne cachait effectivement pas grand-chose d'autre et qu'elle s'attendait à ce qu'il les découvre. A moins que cette jeune femme soit aussi douée qu'Elizabeth ou lui-même, elle aurait dû laisser transparaître une sorte de malaise si elle avait caché autre chose. S'il n'était pas encore bien au fait des capacités intellectuelles de son interlocutrice, il constatait qu'elle devait ne pas être très surprise de la découverte. Cela le conforta dans son idée alors qu'elle jeta un regard par-terre. Elle n'était visiblement pas fière de posséder un stock d'armes. C'était déjà un bon point, du moins l'interprétait-il ainsi. Avec une rapidité et un sens de la répartie étonnant, elle répondit qu'elle n'avait pas trop le choix et qu'elle n'avait pas d'armée pour la protéger. Cela le fit sourire un peu. Paf, dans ta tronche Hawksbury. Voilà qui devenait intéressant... elle n'avait pas peur d'utiliser les mots, même quand ce n'était pas à son avantage. Il lâcha un rire franc et commenta:
- Vous avez raison, c'est malheureusement nécessaire dans certains cas, surtout quand vous n'avez pas le privilège d'être gardé comme moi.

Abelle enchaina sur une autre tirade, cette fois plus insultante. Elle lui indiqua tout d'abord vouloir rester ici, même si Julian n'approuvait absolument pas ce choix. Enfin, avec le passé dont il avait connaissance, sa méfiance ne pouvait qu'entraîner sa méfiance vis-à-vis des autres, surtout lorsqu'ils représentent une autorité. Elle poursuivit carrément en le traitant d'ignare et en voulant lui apprendre des choses sur la ville. Bien que le commentaire qu'elle eut ait été extrêmement vexant pour lui, il ne broncha pas. La jeune femme ne le connaissait pas encore suffisamment pour savoir qui il était, ce qu'il faisait et du pouvoir qu'il possédait: l'information, justement. L'air pensif, le chef de clan opina de la tête et accepta:
- Je suis toujours ouvert lorsqu'il s'agit d'informations. J'aime connaître le point de vue des gens, c'est souvent très intéressant... et divertissant à la fois. Quant à votre appartement, j'aimerais qu'on en discute également... Bref, je vous accorde un moment pour m'expliquer tout ça si vous acceptez d'en parler derrière un verre. Il y a, sur la place non loin d'ici, un excellent petit bar. Je suis sûr qu'on y serait mieux que dans ce couloir. Enfin, si vous ne pensez pas être prise d'une envie de m'éclater la tête sur le comptoir.

Il lança un sourire à l'attention de la jeune femme puis tourna les talons, l'invitant à le suivre. Les gardes se dispersèrent pour couvrir une plus grande zone, ce qui laissait plus de liberté de mouvements aux deux personnes. Julian, en tous les cas, n'avait pas vraiment de craintes par rapport à la jeune femme qui l'accompagnait. Certes, elle aurait sans doute l'avantage physique si la situation devait mal tourner, mais il sentait qu'elle n'était pas dangereuse dans un avenir proche. Bien sûr, elle continuerait sans doute à l'insulter au-travers de l'humour, mais cela ne le touchait pour l'instant pas beaucoup plus que ça. Sur le chemin, il tourna soudain la tête dans la direction d'Abelle et expliqua:
- J'ai comme la nette impression que vous me sous-estimez Abelle. C'est triste, d'autant plus si vous me voyez davantage comme un fonctionnaire que d'un leader. Mais je suis persuadé qu'à la fin de notre entrevue, vous comprendrez un peu mieux qui je suis et ce que je fais. Cette ville regorge également de personnes qui savent qui je suis, autant positivement que négativement. Vous verrez, vous finirez par comprendre.

Les deux Brainstormers arrivèrent finalement au bar et se placèrent à une table pour deux. Bien vite, un jeune homme s'approcha d'eux pour prendre leur commande. Une fois celle-ci passée, le chef de clan joignit ses mains et plongea son regard dans celui de la jeune femme, attentif.
- Et bien nous y voilà. Surprenez-moi. C'est le moment de voir si vous avez des choses intéressantes à m'apprendre ou si votre humour et votre sens de la répartie sont vos seules qualités intellectuelles.
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MessagePosté le: Lun 12 Mai 2014 - 23:55    Sujet du message: Nouvelle Ère Répondre en citant

Si je peux vous apprendre une seule chose sur cette ville, c’est que les gens qu’on y rencontre sont beaucoup plus profonds qu’on s’y attend. Quand j’avais vu Julian Hawksbury, haute de mon ignorance de l’échelonnage de toute cette hiérarchie vicieuse, je n’avais pas su qui il était – et très personnellement, je crois que lui-même a une opinion excessivement haute de son statut – et ça avait été tout à mon avantage. L’une des choses qui m’avait frappé lors de mon arrivée avait été à quel point les préjugés, les… habitudes avaient pris le dessus. La deuxième chose avait été ce qui me pressait tant de crier au monde. Mais tout ceci est à venir.  
L’atmosphère de mon appartement me réconfortait autant qu’elle dérangeait mon déroulement. C’était comme une ancre, profondément enfouie dans le sol spongieux de ma personnalité, rassurante mais restreignante. D’un mouvement vif, mes doigts passèrent sur l’ancre tatouée sur mon épaule et je souris dans le vague, certaine que son attention royale et volatile s’était posée sur autre chose que ma misérable consistance.  
- Vous avez raison, c'est malheureusement nécessaire dans certains cas, surtout quand vous n'avez pas le privilège d'être gardé comme moi. 
J’eu un sourire en coin et un haussement d’épaule, mon regard dérivant vers la fenêtre. La rage eut un léger passage dans mon esprit. Si seulement tout le monde était aussi important que toi, personne ne serait en danger. Mais malgré tes principes, les moins que rien ont besoin de survivre aussi. D’où prenait-il ce privilège? D’où venait ce principe tout-puissant de maître du jeu?  
- Je suis toujours ouvert lorsqu'il s'agit d'informations. J'aime connaître le point de vue des gens, c'est souvent très intéressant... et divertissant à la fois. Quant à votre appartement, j'aimerais qu'on en discute également... Bref, je vous accorde un moment pour m'expliquer tout ça si vous acceptez d'en parler derrière un verre. Il y a, sur la place non loin d'ici, un excellent petit bar. Je suis sûr qu'on y serait mieux que dans ce couloir. Enfin, si vous ne pensez pas être prise d'une envie de m'éclater la tête sur le comptoir. 
Je ne revenais toujours pas de la petitesse avec laquelle il me traitait. Bien sûr, je doutais que mon discours s’annonçait penchant plus du côté du divertissement que de l’information relevant d’un quelconque intérêt. C’était évident que la timbrée du centre-ville, pauvre petite brebis perdue, devait se penser bien supérieure. Ma propension aux immixtions dans les affaires des autres saura toujours me faire passer pour une fouine qui n’a rien de mieux à faire que de régner sur l’existence des autres. Et pourtant, j’ai bien assez de régler ce qui a trait à ma propre vie. Je le suivais sans prendre rien de plus que mes menottes.  
La question se pose, mais je ne sais manier avec adresse aucune des armes que je possède. Je compte sur la chance… où la malchance que je semble apporter à mes interlocuteurs.  
-          On ne gaspille pas une tête comme ça, ton cerveau semble beaucoup trop précieux pour la science pour prendre la chance de le gaspiller dans une flaque.  
Il me fallait l’atteindre. Lui montrer que j’étais son égale. Pense à Ginger.  
Rendu sur place, je me commandait une pinte comme celle qu’Alexander m’avait payé une fois, lors de mon arrivée, toute dépeignée et crottée, pleine de l’adrénaline de ma course-poursuite avec le temps dans les dédales que je ne connaissais que de nom. En me délectant de l’amertume qui laissa libre cours à un faible frisson au-travers de mon corps, je me concentrai sur lui et sur son attention, qui ne semblait pas factice, comme toujours, mais tout de même désintéressée, comme si l’amusement susmentionné était la véritable motivation de sa venue dans mon entourage.  
Je fermai les yeux, savourant le goût de la bière et respirant un bon grand coup, un petit peu secouée par l’intrusion éclair de ce chef dans ma vie. En me levant ce matin, je croyais me rendre dans les rues, peinard, loin de mon but. Et voilà que je parlais à quelqu’un qui allait peut-être véritablement changer les choses.  
- Et bien nous y voilà. Surprenez-moi. C'est le moment de voir si vous avez des choses intéressantes à m'apprendre ou si votre humour et votre sens de la répartie sont vos seules qualités intellectuelles. 
Bien certainement, un sourire illumina mon visage malgré moi. Il ne semblait pas foncièrement méchant, juste désagréable au premier abord et un près de l’idée de me réduire à ce qu’il pensait véritablement que j’étais, une ignare pompeuse et narcissique.  
-          J’ai la certitude que vous savez tout, que chaque petite parcelle de la ville n’a plus de secret pour vous. Je ne serais pas étonnée que des plans plus que détaillés de tous les recoins raboutés de cette ville trainent dans vos bureaux. Vos technologies sont aussi impressionnantes que celles qui débutent à montrer le bout de leur nez à Mighan. Votre savoir s’étendu au-delà de celui de n’importe qui dans ce putain d’enfer.  
Ma main se serra sur mon verre de bière. Mes yeux se ferment et je ne peux qu’offrir un maigre sourire à mon interlocuteur. Ces paroles font mal. Elles ont de la difficulté à franchir mes lèvres.  
-          Mais d’où cet argent vient-il? Je ne peux pas comprendre ce qui se joue dans les sphères que vous occupez tout en haut de ces hiérarchies  qui régissent ce petit monde. Mais des tas de choses me sont inaccessible et c’est ce qui fait ma force, mais aussi ma faiblesse. Je sais que rien ne vous échappe, mais je sais aussi que des gens meurent de faim. Des gens meurent de maladies parce qu’ils ne sont même pas au courant qu’il y a quelque part une infirmerie. Selon mes informations, tout cela est pire depuis l’avènement de la drogue, de cette cochonnerie… mais il est temps que nous agissions…  
Je me mords la lèvre, je regarde la table. La honte et la peine m’envahit. La rage, surtout. Mes poings se serrent d’impuissance et je n’ose même pas lui adresser un coup d’œil.  
-          Je ne sais même pas pourquoi je suis ici à baragouiner des trucs qui n’intéressent personne. Je dois être la personne la plus stupide que tu n’aies jamais vue.  
Je me retire, m’accote sur ma chaise et le regarde droit dans les yeux, pleine de honte mais aussi d’une rage vengeresse qui, je le sais, sera probablement la seule chose qui me restera de cette rencontre.  
-          Je ne m’attends à rien d’autre que ce que j’ai eu. Tu m’as écouté. Tu peux me dire que je suis une parfaite idiote et retourner à ce que tu sais faire le mieux. Regarder de haut en tentant de tout régler sans que tes acolytes ne se salissent les mains.  
  
¸Je sais que ce n’est pas superbe, mais c’est ce que c’est… je ne sais même pas si tu vas être d’accord avec ce que j’avance, mais bon, c’est ce qui arrive quand on prend des risques.

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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Sam 24 Mai 2014 - 10:44    Sujet du message: Nouvelle Ère Répondre en citant

Tout en se rendant jusqu'à ce petit bar où ils prendraient un verre en discutant de ce qu'elle avait en tête, Julian réfléchissait à fond. Quelle information pouvait-elle détenir qui soit si importante et qui lui ait passé sous les yeux sans même qu'il ne s'en aperçoive ? Se pouvait-il qu'une information si cruciale l'ait effleuré sans l'atteindre ? Ou alors était-elle simplement en train de lui faire perdre son temps, tout simplement ? Il espérait profondément que ce ne soit pas cette dernière possibilité, laquelle serait suffisamment motivatrice d'un détour par les cachots des Brainstormers... au moins là, elle trouverait à qui se lamenter pitoyablement. Sur le chemin, elle ne cessait de lui être désagréable, mais il n'écoutait plus vraiment ces insultes pourtant révélatrices d'un certain QI... ou du moins d'un esprit à la recherche constante de failles.

Ils arrivèrent et commandèrent leurs boissons. Celles-ci ne firent pas très long à arriver. Tandis qu'ils étaient seuls et qu'ils pouvaient désormais se consacrer à la partie "intéressante" de cette rencontre, la jeune femme commença à lancer des bribes d'informations qu'il connaissait déjà. Certes, elles étaient critiques dans le sens où elle avait l'air de se préoccuper des personnes défavorisées de cette ville - ce qui était tout à son honneur - mais en oubliant totalement quelques variables importantes. Abelle ne devait d'ailleurs pas les connaître, sinon les omettre n'était tout simplement pas admissible. Julian écouta cependant attentivement, ne répondant à aucune insulte et captant uniquement les informations qu'elle lui envoyait. Lorsqu'elle fit mine d'avoir terminé et qu'elle se demandait si c'était réellement utile de parler avec lui, il ouvrit enfin la bouche:
- Vous êtes plutôt intéressante, en fin de compte. Vous manquez juste cruellement de confiance en vous et vous le reportez sur les autres, mais ça se corrige, je vous rassure. Vous semblez être aussi plutôt anarchiste sur les bords, cherchant à tout prix un coupable qui vous donnera l'énergie pour démonter tout un système. C'est bien beau, mais je crains que ce soit vain, et voilà pourquoi...

Julian attrapa la tasse de café qu'il avait commandée et en avala une gorgée brulante. Le liquide avalé, il poursuivit, toujours d'un air très calme:
- Au risque de vous décevoir, je ne suis pas un petit fils de bourge comme vous l'entendez... à votre contraire. Vous n'avez peut-être pas pris cet argent avec vous, mais votre héritage est tout de même parlant, si on suit le cours des actions.

Le chef de clan tourna la tablette tactile qu'il avait dans ses mains de manière à ce que la jeune femme puisse voir le cours des actions de l'entreprise de son père. S'il ignorait pourquoi elle s'évertuait à cacher cela à tout le monde et à le fuir, il savait qu'elle n'était pas la mieux placée ici pour parler de pauvreté. Il poursuivit:
- Je m'intéresse de très près à ce qui se passe dans les bas-fonds de Pseudo City et le clan du nord fait tout son possible pour trouver un antidote à cette drogue ainsi que son origine. Quant à la famine, la maladie et l'accès à la culture, nous oeuvrons également de manière active. Nous avons une clinique. Nous dispensons régulièrement des cours dans la seule école de la ville et nous faisons de notre mieux pour rapporter de la nourriture ici. Et pour finir, vos interrogations sur la science vont s'arrêter net ici: il n'y a pas d'argent dans notre science. Les petits génies scientifiques d'ici ne travaillent pas pour toucher de l'argent, mais pour être bénéfiques et peut-être obtenir aussi un peu de reconnaissance, c'est tout.

Julian reposa sa tasse de café et se calma un peu, s'étant légèrement emporté sur la fin de son discours. Voir quelqu'un dénigrer pareillement son clan lui était insupportable, surtout par quelqu'un comme cette jeune femme. Il soupira un coup puis replongea ses yeux dans ceux de son interlocutrice.
- Critiquer, c'est bien facile mademoiselle Ginger - pour ne pas aller plus loin et ébruiter votre véritable nom de famille. En revanche, agir en est une autre. Alors si je puis vous donner un conseil, c'est bien de formuler des critiques constructives et de vous impliquer, plutôt que de rester à l'écart de votre clan et de cracher sur tout ce qui ne va pas selon vous. Si vous êtes motivée, rien ne vous arrêtera dans ce clan. Si vous voulez vraiment aider les personnes qui sont dans le besoin, grand bien vous fasse, vous aurez le soutien des Brainstormers. Mais si vous restez dans votre bulle, comprenez bien que nous ne pourrons rien pour vous.

Le Brainstormer prit une nouvelle gorgée de café puis demanda:
- A vous de décider maintenant. Si vous avez d'autres questions, je serai ravi d'y répondre... mais évitez les sarcasmes déplacés, voulez-vous ?
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:39    Sujet du message: Nouvelle Ère

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