Pseudo City Index du Forum
Pseudo City: Chapitre 2 - Dégats collatéraux
 
Pseudo City Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion

Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian]
Aller à la page: 1, 2  >
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Pseudo City Index du Forum -> Centre-ville -> Centre scolaire -> Couloirs & Toilettes
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Harmony Sanglarowsky
Haughter

Hors ligne

Inscrit le: 02 Nov 2009
Messages: 395
Localisation: La Seyne sur mer
Féminin Balance (23sep-22oct) 羊 Chèvre
Point(s) de réputation: 196

MessagePosté le: Mar 23 Juil 2013 - 15:52    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian] Répondre en citant

Partir, oublier, se laisser aller à l’épreuve du temps et du hasard…
A 21 ans, Harmony Sanglarowsky sentait que la vie n’en avait pas encore finie avec elle. Pourtant elle se serait bien laissé aller dans un sommeil éternel. Tout en elle agonisait : sa tête, ses poumons, ses muscles… Le simple fait de marcher était un combat où elle n’était pas sûre de gagner.
Elle ne savait plus pourquoi elle était parti et depuis combien de temps mais elle se doutait que des changements s’étaient opérés. Les rues lui semblaient différentes, l’ambiance n’était plus la même, comme si une aura de Mort planait. Elle ne saurait dire si cela venait d’elle ou vraiment de la rue mais elle le sentait.

Tomber, s’asseoir, observer…
Sa mémoire lui jouait des tours, une partie de sa vie lui a été arrachée, été tombé dans les méandres de son être. Seules quelques brides subsistent encore : les lieux sont familiers mais les personnes qui lui parlent lui sont inconnues. Elle sait ce qu’elle a vécu mais ne sait plus qui est le responsable de quoi.
Ce bâtiment, elle le connaît mais les souvenirs qui s’y rattache sont flous… Elle semble pourtant se souvenir que quelque chose à commencer ici.
En regardant autour d’elle, elle sait qu’elle est dans un centre scolaire. Elle avance. Lentement, elle avance. Puis, plus un mouvement : ce casier, elle s'en souvient aussi, c’est le sien.

Glisser, s’étendre, abandonner…
Trop de douleur, trop de peur et d’angoisse. Glisser contre le casier, étendre les jambes et fermer les yeux pour ne plus penser à rien. Il n’y a plus rien à oublier, il y a tout à retrouver et à reconstruire. Mais c’est une lutte trop longue et perdue d’avance pour elle.

Pleurer, hurler, agoniser…
Se laisser aller aux larmes du désespoir, hurler son impuissance et agonisait du mal que cela procure. Plus de traitement, plus rien, juste la Mort qui s’approche à petit pas emportant dans son sillage funèbres les derniers moments heureux de sa vie. Dans une pensée, elle se dit que ce bâtiment sera peut-être son dernier souvenir…

Les gens ne comprennent pas ce que cela peut faire. Amy ne s’y attendait pas non plus. Elle luttait du mieux qu’elle pouvait, mais seule elle ne pouvait plus. Mais à qui demander de l’aide quand on semble ne plus connaître personne…

_________________
Il n'y a que ceux qui sont méprisables qui craignent d'être méprisés...
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Mar 23 Juil 2013 - 15:52    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Julian Hawksbury
Chef des Brainstormers [Admin]

Hors ligne

Inscrit le: 12 Sep 2009
Messages: 1 377
Masculin
Point(s) de réputation: 870

MessagePosté le: Ven 26 Juil 2013 - 11:42    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian] Répondre en citant

Le téléphone portable, cet instrument du diable. Voilà un luxe inattendu: ne pas en avoir ! Julian avait fait les frais de cette constatation ce matin même, alors qu'il tentait vainement d'échapper à cette sournoise sonnerie singulière. A croire que tout son clan cherchait à le joindre pour on ne savait trop quelle urgence. Un problème par-ci, un rendez-vous par-là. Vraiment, il se demandait parfois comment et pourquoi il tenait face à toutes ces tâches à effectuer au quotidien. Il en venait parfois à se demander si les autres chefs de clans vivaient le même enfer. A vrai dire, il doutait sérieusement que Shinji se préoccupe de la paperasserie, Alexander devait refiler ça à quelqu'un et Alessa... utilisait sans doute ses documents pour ramasser les défécations de son chien lors de promenades.

Julian soupira et coupa son portable. Après tout, un peu de silence lui ferait du bien. Il approchait du centre scolaire où il avait des cours à préparer pour le lendemain. En franchissant la porte, il se délecta d'un peu de fraîcheur qui émanait du bâtiment qui semblait être épargné par la chaleur du soleil. Un miracle architectural, tout simplement... comment des adolescents avaient-ils pu construire pareille chose en ces lieux ? Trêve de pensées épanouies, il devait aller préparer son cours et se remit en marche. Ce fut au détour d'un couloirs, après une série de marches d'escalier qu'il venait de gravir, qu'il tomba sur une silhouette affaissée devant un casier. Une silhouette féminine, élancée et pour le moins agréable à contempler. Mais après mûre réflexion, cette demoiselle lui disait vaguement quelque chose. Il continua sa progression, espérant que la jeune femme soit simplement assise par-terre et n'était pas en train d'agoniser de quelque overdose de drogue.

Encore quelques pas puis il se figea sur place. La gente demoiselle qu'il avait aperçu n'avait pas qu'une silhouette lui rappelant vaguement quelqu'un, c'était réellement quelqu'un qu'il connaissait et qu'il avait longtemps espéré esquiver pour le restant de ses jours: Harmony. Elle ne semblait pas l'avoir remarqué cela dit, mais il était un peu difficile d'en être sûr, et il ne voulait surtout pas qu'on croit qu'il craignait réellement la Haughter. Aussi, après une courte pause, il se remit à marcher et arriva à sa hauteur, craignant tout de même une réaction incontrôlable. Oh, il savait qu'elle ne lui en voulait pas, en apparence, et qu'elle ne serait pas vraiment du genre à lui sauter dessus et à tenter de l'étrangler ! Mais on n'était jamais trop sûr. D'une voix un peu hésitante, il demanda:

- Harmony, c'est toi ? Qu'est-ce que tu...

Voyant Harmony dans un état un peu plus catatonique qu'à son habitude, il s'interrompit brusquement, se passa la main dans les cheveux et poursuivit, soudainement un peu plus anxieux à propos d'un autre sujet que sa présence.
- Rassures-moi, on ne t'as pas droguée, toi aussi, n'est-ce pas ?

Julian s'abaissa au niveau des yeux de la Haughter et soupira. Il hésita un instant à passer ses bras autour d'elle pour l'aider à se relever, mais s'interrompit en plein geste. Elle le prendrait sans doute mal s'il la touchait. Etait-elle prête à lui faire à nouveau confiance ?
- Ecoute, Harmony, tu ne devrais en tous les cas pas rester par-terre ici, c'est pas très confortable et... enfin bref, tu n'as pas l'air dans ton assiette. Accompagnes-moi au moins jusqu'à mon bureau, tu y seras mieux, j'imagine. Tu voudrais bien ?
Revenir en haut
Harmony Sanglarowsky
Haughter

Hors ligne

Inscrit le: 02 Nov 2009
Messages: 395
Localisation: La Seyne sur mer
Féminin Balance (23sep-22oct) 羊 Chèvre
Point(s) de réputation: 196

MessagePosté le: Ven 26 Juil 2013 - 15:26    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian] Répondre en citant

Des pas qui résonnent. Harmony semblait entendre des pas au loin mais cela n'était-il pas simplement son cœur qui bat trop fort dans ses tempes ? Des pas qui s'arrêtent à une certaine distance de son corps meurtri : elle n'hallucine pas, il y a quelqu'un avec elle dans le bâtiment. Quelqu'un qui s'est stoppé en la voyant ainsi avachi sur le sol. Quelqu'un qui passera certainement sa route, encore une fois. Elle ne se faisait plus d'illusion désormais, plus personne ne viendra l'aider et la sortir de son enfer.

Encore des pas qui se rapproche d'elle et qui s'arrêtent à son niveau. Si elle en avait été capable, elle aurait été surprise, mais là, rien ne pouvait plus la faire bouger. Elle se laissait aller à la douleur et se qu'elle engendre.

Une voix qui s'élève dans les airs, une voix qu'elle connait vaguement mais qui semble être chevrotante. Elle veux ouvrir les yeux mais il reste incontestablement clos. Qui était là, avec elle, à lui parler? Trop de questions sans réponses qui ne faisait qu'empirer les choses. Elle porta les mains à son visage et se frotta les yeux effaçant ainsi les traces de ses larmes, et espérant ainsi qu'ils daignent s'ouvrirent à un moment pour pouvoir poser un visage sur la voix : pour tenter de se souvenir de cette personne qui lui parle, de cet homme qui semble la connaître.

Des mots, des phrases, des questions auxquelles elle peut répondre. Il faut qu'elle trouve la force de répondre. Après un grand effort, elle arrive à ouvrir la bouche mais aucun son ne semble parvenir à franchir la barrière de ses lèvres. Par contre, ses yeux arrivent à s'ouvrir. Seule une silhouette lui parvint au cerveau. Elle trouve cette présence rassurante et apaisante : elle était très proche de cet homme qui s'adresse à elle et à qui elle tente de répondre :


-Pas de drogue... Plus de traitement...

Cette simple réclame semble l'avoir vider des ses forces pourtant elle se sent capable de bouger. Après réflexion, elle se dit que la douleur lui donne l'impression de ne pouvoir bouger alors qu'elle doit pouvoir le faire. Il faut oublier la douleur, en faire abstraction même si cela semble impossible.

La silhouette s'abaisse à son niveau et soupire. Elle semble hésiter à agir. Qui était-elle pour qu'ainsi les gens n'osent l'approcher ? Ou plutôt, que s'était-il passer par le passé ?


-Je veux bien... Mais je ne suis pas sûre de tenir debout...

A ces mots, Harmony se redresse lentement contre le casier froid. Ses yeux s'accommode petit à petit à l'environnent, les traits deviennent plus nets et le visage de son interlocuteur apparaît clairement. Un prénom s'impose à son esprit mais elle n'est pas sûre que c'est le bon. Comme tout est effacé de sa mémoire, elle hésite à le prononcer de vive voix. Qui sait, on pourrait se moquer d'elle... Pourtant, poussé pas une envie, elle ose :

-Ton prénom, c'est Julian, c'est ça ? Pardon si ce n'est pas le bon... Mes souvenirs se font la malle depuis plusieurs mois...
_________________
Il n'y a que ceux qui sont méprisables qui craignent d'être méprisés...
Revenir en haut
Julian Hawksbury
Chef des Brainstormers [Admin]

Hors ligne

Inscrit le: 12 Sep 2009
Messages: 1 377
Masculin
Point(s) de réputation: 870

MessagePosté le: Sam 27 Juil 2013 - 21:43    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian] Répondre en citant

Harmony semblait être dans un piteux état, à première vue. Sans doute pas autant alarmant que la fois où elle avait manqué son traitement chez elle, mais cela restait peu enviable. Elle semblait avoir de la peine à faire le tri dans ses pensées, d'être complètement déroutée. Le spectacle qu'il avait devant les yeux n'était pas très beau à voir et se révélait même peut-être assez inquiétant en fin de compte. La Haughter sembla avoir de la peine à ne serait-ce que le remarquer. Elle l'entendait mais ses yeux semblaient avoir de la peine à s'entre-ouvrir. Réussissant finalement à le regarder, elle ne sembla pourtant pas avoir d'émotions négatives à son encontre. Etait-elle si mal qu'elle en oubliait jusqu'à leur relation ? Soudain, comme sortie de sa léthargie, elle réussit à articuler quelques mots et à le rassurer sur sa condition. Enfin "rassurer" est un bien grand mot. Selon elle, elle n'avait pas été droguée, c'était simplement qu'elle n'avait pas pris son traitement. En soit, cela n'était pas réellement une si bonne option que ça. En revanche, il avait appris durant leur relation qu'elle n'approuvait pas totalement les méthodes de soin et qu'elle souhaitait s'y soustraire. Pour l'avoir vu dans un moment où il aurait préféré être absent, il n'aurait pourtant pas approuvé ce choix. Il soupira, légèrement moins inquiet - même s'il aurait peut-être dû l'être davantage, cela paraît idiot.
- Interrompre ton traitement n'était peut-être pas la plus judicieuse des décisions, mais soit, ce n'est pas le moment d'en parler.

Elle indiqua qu'elle était d'accord avec sa proposition de le suivre et d'aller dans son bureau. Il y avait là-bas de quoi assister un professeur dans ses fonctions, mais également un petit sofa qui serait sans doute le bienvenu et autrement plus confortable que le sol froid et dur du couloir. Son bureau n'était qu'à quelques pas, il ne devrait pas être trop difficile de s'y rendre. Malgré tout, Harmony semblait plutôt faible et en proie à une douleur certaine, au vu de ses expressions. Elle émit d'ailleurs l'impression de ne pas pouvoir tenir debout, ce qui ne posait cependant pas trop de problèmes à Julian en ce cas présent.
- Ce n'est pas grave, je vais te soutenir jusqu'au bureau, on es tout près. On y va, tu es prête ?

Sans attendre plus longtemps, la Haughter tenta de se relever. Étant présentement plus rapide, il se positionna face à la jeune femme et l'aida à se relever tout en s'assurant qu'elle resterait, dans un premier temps, appuyée sur le casier derrière elle. C'était important d'éviter de faire des gestes trop brusques et de vouloir presser la manœuvre. Alors qu'il attendait un peu qu'elle reprenne ses esprits une fois relevée, elle le fixa un instant et demanda s'il s'appelait bien Julian. Un moment de solitude l'atteint, son cerveau manqua un ou deux tours. Il devait paraître sérieusement limité d'esprit en l'espace d'un instant, ne comprenant pas tout à fait pourquoi elle lui posait une telle question. Puis la fin de la phrase provoqua finalement un déclic. Voilà donc qu'elle était plus ou moins amnésique également ? Elle lui faisait peut-être confiance parce qu'elle ne se souvenait plus de leur relation ! Il lui semblait peut-être sympathique, au fond. Et pourtant, comment cela aurait-il tourné si elle s'était souvenue ? Un sourire. Il sentit ses pommettes remonter légèrement en un sourire. Pas le genre moqueur, mais bien celui qu'il servait le plus pour réconforter les gens, pour - peut-être - paraître plus humain, sensible. D'une voix calme et posée, il acquiesça tout en hochant de la tête:
- Oui, c'est bien Julian. Pardonnes-moi, ça me fait bizarre que tu ne m'aies pas reconnu de suite. ça explique que je n'ai plus entendu parler de toi depuis si longtemps... Allez, ne trainons pas trop ici. Tu as l'air de tenir debout, mais quant à marcher, rien n'est moins sûr. Tu veux bien t'appuyer sur moi en marchant ? Le bureau est juste là, ça devrait aller.

Julian désigna une porte qui se dessinait à l'angle du prochain couloir. Ce ne devait guère être plus loin qu'une vingtaine de mètres. Alors qu'il se préparait à la soutenir, une question l'assaillit:
- Dis-moi, de quoi te souviens-tu ? Faire travailler ta mémoire peut t'aider à la retrouver, il paraît.
Revenir en haut
Harmony Sanglarowsky
Haughter

Hors ligne

Inscrit le: 02 Nov 2009
Messages: 395
Localisation: La Seyne sur mer
Féminin Balance (23sep-22oct) 羊 Chèvre
Point(s) de réputation: 196

MessagePosté le: Lun 29 Juil 2013 - 18:17    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian] Répondre en citant

Ce soupir qui parvint à ses oreilles lui confirma que l'image d'Harmony qu'avait ce jeune homme était bien ancienne. Il devait être resté sur l'époque où l'énergie faisait encore partie de sa vie et que les mots qu'elle prononçait n'avait pour but que de blesser...
Puis, cette réponse si évidente et si réaliste... Il est vrai que, par le passé, elle avait émit l'idée d'en finir avec son traitement d'essai mais elle savait déjà très bien que si elle le faisait, la douleur deviendrait insoutenable. Encore plus que ce qu'elle vivait en ce moment. Et déjà qu'elle avait l'impression de devenir totalement folle à cause de ça... Pour autant, elle ne voyait pas pourquoi elle devait se justifier devant ce presque inconnu. Elle se sentait juger : si ces décisions ne lui plaisaient pas, pourquoi alors voulait-il l'aider ? Ne dit-on pas qu'il faut accepter les gens comme ils sont et non pas tenter de les changer ? Quoi qu’avant, elle ne se gênait pas pour le faire à tout va. Elle récoltait ce qu'elle avait semé... Ce n'était que justice et elle le savait.
Elle n'avait jamais été un enfant de cœur malgré sa ferveur à croire en un Dieu qui semblait désormais l'avoir abandonné à son propre sort. Après tous les péchés qu'elle avait commit, il fallait bien qu'elle paye le prix fort pour pouvoir caresser l'idée de finir dans l'Eden sacré. C'est pourquoi, elle répondit avec sincérité à Julian : autant commencer à se racheter maintenant.


-Je ne l'ai pas interrompu... Je n'en trouve plus... Ce n'est pas aussi facile d'en trouver ces temps-ci... Et je suppose que tu sais pourquoi ce n'ai pas aisé...

Quelle idée avait-elle eu là? Accepter de se rendre on ne sait où. Pourtant, au plus profond de son esprit elle savait qu'elle pouvait lui faire confiance. Qu'il ne tenterait rien contre elle. Ou en tout cas qu'il n'essayerait pas de la droguer et d'abuser d'elle car, si tel était les intentions du brainstormer, elle ne pourrait pas lutter.
Cela faisait déjà longtemps qu'elle se battait contre ce genre de personnages et pour une fois, elle avait besoin de répit. Ce combat pour trouver ne serait-ce qu'une seringue de son traitement lui prenait toute son énergie et elle n'en pouvait plus. A chaque fois qu'elle semblait toucher au but, ces pourritures de vendeurs voulait autre chose et à ça, elle ne s'abaisserait jamais... Mais ce n'était pas le sujet du moment.


-Etre prête est un bien grand mot, on va essayer...

Du coin de l'œil Amy vit Julian sourire. Était-ce l'annonce de son amnésie qui le faisait sourire ou autre chose? Elle n'en savait rien mais elle savait que ce sourire était horripilant et l'énervé un peu car il ne semblait pas du tout sincère. Elle n'en fit pas pour autant la remarque lorsqu'elle reprit la parole :

-Je pense que si tu n'as pas entendu parler de moi depuis longtemps c'est parce que je m'enfermais dans mon appartement vidant bouteille de vodka sur bouteille de vodka... A ce qu'il parait, j'aurais fait ça à cause d'une rupture amoureuse... Mais je n'en ai pas souvenir alors... Et, si j'ai bien compris, après j'ai quitté la ville pour renouveler mon traitement... Ce qui est un échec cuisant comme tu peux le voir...

Amy s'appuya sur Julian pour faire le premier pas. A peine le pied posé par terre qu'une décharge remontant le long de sa jambe. Elle tressaillit quelques instants : il fallait juste qu'elle s'habitue à la douleur, a chaque fois c'était la même chose... Pour penser à autre chose elle continua la conversation :

-Je me souviens de certains bâtiments de la ville mais pas des personnes y vivant. Cela fait bien longtemps que mon esprit est obnubilé par mes recherches et comme ma maladie n'arrange pas les choses... J'ai tout oublié, je ne me souviens même plus de mes parents ou même de ma date de naissance... C'est pathétique et déprimant...
-Sinon, qui étais tu pour moi?

_________________
Il n'y a que ceux qui sont méprisables qui craignent d'être méprisés...
Revenir en haut
Julian Hawksbury
Chef des Brainstormers [Admin]

Hors ligne

Inscrit le: 12 Sep 2009
Messages: 1 377
Masculin
Point(s) de réputation: 870

MessagePosté le: Lun 29 Juil 2013 - 19:53    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian] Répondre en citant

Petit à petit, un schéma logique naissait dans l'esprit tordu mais organisé du Brainstormer. Tout prenait place à une vitesse qu'il n'aurait pas soupçonné. Obtenir des informations d'Harmony  était trop aisé en son état, elle ne se rendait pas compte de ce qu'elle lui délivrait au fur et à mesure, sans doute en proie à trop d'incohérences dans ses pensées ou même de son état physique qui, rappelons-le, n'était pas formidablement bon. Enfin, ces informations-là étaient tout ce que Julian pouvait percevoir, mais c'en était déjà assez pour lui donner une vision bien plus claire. Elle venait d'avouer ne pas avoir pu trouver son traitement, bien que la volonté de le poursuivre fut effectivement là. Au moins n'avait-elle pas renoncé, c'était déjà beaucoup plus rassurant sur son état psychologique. Alors qu'elle venait de terminer sa phrase, Julian fronça légèrement les sourcils. Oui, en effet, il savait pourquoi ce genre de traitement n'arrivait plus en ville. Il y avait à cela beaucoup d'hypothèses mais aucune d'elles ne lui plaisait particulièrement. Toute la ville était dans un état qui ne favorisait en aucun cas le transfert de traitements médicaux, surtout s'ils pouvaient - comme la plupart desdits traitements - servir de drogue à quelque taré que ce soit.
- Je comprends très bien la situation, rassures-toi. Si tu me dis exactement quel traitement tu cherches, je peux toujours tenter d'en trouver par moi-même... j'ai mes sources.

Lorsque la Haughter fut enfin debout, elle annonça qu'elle ne pouvait décemment pas être plus prête, au vu de son état physique actuel. Bon, elle n'avait pas la grande forme, et alors ? Elle pourrait bien marcher jusqu'au bureau ! En tout cas, il n'allait certainement pas la laisser là où elle était en prétendant ne jamais l'avoir vue. Non, pas après ce qu'il lui avait fait subir, il s'y refusait. Si le pardon d'Harmony lui était nécessaire pour l'aider à avancer lui-même, ce n'était pas suffisant, pas à ses yeux. Il voulait l'aider, la protéger contre ce qui pourrait ouvrir à nouveau ses plaies béantes. Il savait qu'il n'était pas capable de se pardonner lui-même pour les erreurs qu'il avait commises, qu'il serait condamné à toujours essayer de se racheter auprès d'elle. C'était un comportement ridicule, il en était conscient, mais c'était plus fort que lui et que toute autre priorité. Si elle venait à avoir besoin d'aide - comme c'était visiblement le cas en ce moment - il se ferait un devoir d'accourir. Quel sentiment étrange que la culpabilité. Il avait même été prêt à tuer une jeune femme pour dissimuler sa liaison avec Alexis, alors quel genre d'atrocité était-il encore capable de commettre pour une femme ?

Mais voilà qu'il s'égarait mentalement à nouveau. Il soutenait maintenant Harmony alors qu'elle indiquait que si elle avait disparu de la ville pendant un temps, c'était à cause d'une rupture et d'un comportement alcoolique plutôt inquiétant. Voilà qui venait apporter sa nouvelle lardasse au coeur de Julian, qui en était déjà parsemé. Il se mordit l'intérieur de la lèvre alors qu'on pouvait discerner sans trop de peine les muscles de sa mâchoire faire bomber la peau de ses joues. Ce fut très court, mais si elle y avait été attentive - ce dont il doutait cependant - elle aurait bien pu le remarquer. Il ne commenta pas ce récit. Non pas parce qu'il le trouvait inintéressant, mais bien parce qu'il ne voulait pas se vendre maintenant. Elle était amnésique, au quel cas elle aurait probablement refusé son aide, alors autant en profiter, ne serait-ce qu'un petit peu, pour se racheter une bonne conscience. Egoïsme quand tu nous tiens...

Voilà maintenant qu'il la sentait se raidir. Elle devait avoir éprouver un sentiment désagréable - sans doute de la douleur. Pourtant, Harmony se garda bien d'en faire montre. Elle conservait sa dignité malgré tout. En lieu et place de jurons ou de plaintes concernant une potentielle douleur, elle reprit son récit et expliqua ce dont elle se souvenait encore. Sa mémoire avait donc fait le tri parmi ses souvenirs et avait donc décidé de ne garder que le strict essentiel pour retrouver un traitement pour son corps. Quel comportement fascinant. Enfin, il aurait pu s'en ébahir allégrement si la question fatidique ne vint se détacher horriblement de cette discussion qui semblait mondaine quelques secondes plus tôt. Qu'est-ce qu'il représentait pour elle ? Voilà une question à laquelle il n'avait pas envie de répondre. L'air un peu moins joyeux mais d'un ton sincère, il répondit:
- J'étais un ami, un ami qui s'est égaré en chemin.

Un voile grisâtre s'était baissé sur le visage du Brainstormer. En l'espace d'un instant, il semblait avoir pris dix ans et voir toutes ses forces l'abandonner. Non, il ne lui dirait pas qui il avait réellement été pour elle, pas maintenant, pas dans de telles circonstances. S'il lui disait, Dieu seul savait ce qu'elle allait tenter. S'enfuir, le gifler, s'écrouler, peut-être les trois... qui sait ? Il ne voulait pas vivre ce moment-là quand elle avait besoin de quelqu'un. S'il ne pouvait pas lui venir en aide et qu'elle refusait toute aide extérieur qu'il pourrait lui envoyer, cela ne ferait que l'empoisonner plus encore et ajouter du charbon au fourneau de son malêtre.

Lentement, mais sûrement, ils parvinrent à la hauteur du bureau, y pénétrèrent et s'installèrent. Julian assista la jeune femme jusqu'à ce qu'elle puisse se poser sur le sofa qui devrait sans doute lui paraître douillet à côté du sol froid et dur des couloirs. Il espérait que ce petit confort supplémentaire lui serait bénéfique, au du moins qu'elle se sentirait à peine mieux, même si c'était beaucoup espérer. Le bureau n'était pas bien grand mais comportait un sofa, une table, deux chaises ainsi qu'une petite cuisine basique composée d'un évier, de quelques armoires et d'une poubelle. Elle était peu agencée vu son emplacement, mais Julian l'avait agrémentée d'une bouilloire à eau électrique ainsi qu'une petite machine à café rudimentaire et avait placé des tasses, des sachets de thé et des récipients de café moulu dans les armoires, puisque c'était là les principales boissons qu'il consommait. Ouvrant une armoire et faisant chauffer de l'eau, il demanda, l'air encore un peu distrait bien que son voile ait disparu de son visage:
- Je peux t'offrir quelque chose à boire, peut-être ? Du thé, du café, de l'eau ? Je n'ai malheureusement que ça ici. Personnellement, je te conseille quelque chose de chaud... on a eu des problèmes de plomberie ces derniers jours et on nous a conseillé de chauffer l'eau avant de la boire, en attendant que les problèmes se résorbent complètement. Je te rassure, je ne suis pas malade ou mort d'en avoir bu... pour l'instant.

Il eut un petit sourire amusé puis attendit la réponse de la jeune femme tout en se préparant lui-même un thé. Maintenant qu'elle était installée dans le sofa, il pouvait bien se permettre d'en dire un peu plus. C'était ridicule, mais en l'ayant emmenée jusqu'ici, il se sentait mieux, plus confiant. Comme si le fait qu'elle ait accepté de venir jusqu'à son bureau prouvait qu'elle lui en voulait moins. Il se permit une petite incartade, comme s'il était maintenant sûr qu'elle ne partirait pas, ce qui était tout aussi ridicule de penser ainsi. Enfin, il espérait qu'une dose d'humour détournerait Harmony de l'idée de découvrir qui il était réellement. Si elle venait par malheur à l'apprendre maintenant et qu'il lui prenait l'énergie de l'étriper, c'en serait fini de sa rédemption.
- Et si tu te demandes si tu as raison de me faire confiance, sache que je ne te veux aucun mal, au contraire. Par contre, je ne peux t'ôter les doutes qui te submergent me concernant, tu as toujours été méfiante et tu as toujours mal pris mon sourire, ce qui m'embête un peu, parce que j'aime bien sourire...

Revenir en haut
Harmony Sanglarowsky
Haughter

Hors ligne

Inscrit le: 02 Nov 2009
Messages: 395
Localisation: La Seyne sur mer
Féminin Balance (23sep-22oct) 羊 Chèvre
Point(s) de réputation: 196

MessagePosté le: Mar 6 Aoû 2013 - 15:13    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian] Répondre en citant

Ne plus répondre, se laisser aller au mouvement imposé par la marche vers le bureau. C'était l'état d'esprit d'Harmony jusqu'au moment de rencontrer le sofa qui, avouons-le, était bien plus confortable que le sol froid et dur des couloirs. Plus rien n'avait la moindre importance : le nom de son traitement, elle lui donnerait plus tard. Elle le connaissait pourtant par cœur mais la douleur que lui infliger chaque pas ne lui permettait plus du tout d'articuler et de prononcer le moindre mot. Sa vue se troubla sur la fin du trajet, heureusement que Julian était là pour la guider sinon elle n'aurait su où se trouvait le siège qu'il lui proposait.

Une fois assise, elle entendit en écho la réplique de Julian. Il n'était qu'un ami pour elle. Sans savoir réellement pourquoi, elle su que c'était un mensonge. On ne répond pas ainsi à se genre de question. En règle générale, les gens essaye d'enjoliver les choses dans les cas d'amnésie pas de se descendre. Beaucoup de ceux qu'elle avait croisé lui avait dit être son frère, son amant, etc... Mais jamais n'avait dit être qu'un ami égaré en chemin... Cette réplique, si particulière soit-elle, résonnait en elle mais rien, dans ses souvenirs restant, ne répondait à cette phrase. Pourtant, ce mensonge lui laissait une impression de tristesse. Etait-elle triste ou était-ce la tristesse de Julian qui s'imprégnait en elle?

Elle passa vite à autre chose, surtout quand il lui proposa quelque chose à boire. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas avaler quelque chose de potable : ce qu'elle trouvait à manger n'avait guère de goût et ce qu'elle buvait lui laissait une amertume dans la bouche. A courir dans les rues, on en oublie souvent de s'alimenter correctement et ne parlons même pas de boire. S'il y a quelque chose de dur à trouver quand on vadrouille : c'est bien de l'eau potable. Alors ne parlons même pas de café ou de thé. Elle se remémorait souvent l'odeur du café avant de boire le liquide dégueulasse qu'elle trouvait. Cela l'aidait à avaler d'une traite et lui permettait de repartir à l'aventure quelques heures de plus. Sans même réfléchir plus longtemps, elle quémanda :


-Je veux bien un café. Bien noir et sans sucre. Ca aussi, c'est quelque chose que je n'ai pas oublié. Je sais que j'adore le café et son odeur. Rien qu'en fermant les yeux, je suis capable de sentir le café en pleine torréfaction ou bien fraîchement moulu ou encore fraîchement préparé. Je sais qu'ici je n'aurai le droit qu'à du café lyophilisé mais ça sera le meilleur café du monde quand même.

Un sourire naquit sur ses lèvres. Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas sourit à quelqu'un. Pourtant, il s'effaça vite à la réponse de Julian...

Ce sourire... Ce n'était pas la méfiance qu'il lui inspirait, c'était pire que ça : il lui donnait envie de vomir. Il semblait si faux, si mensonger. Ce qu'il lui avouait à demi-mot, c'était qu'ils avaient déjà aborder le sujet de ses lèvres et elle était certaine que ce n'était pas ce qu'elle avait pu dire sur celles-ci. Il était certain qu'elle avait pris l'habitude de se méfier de toute personne s'approchant d'elle mais, ici, ce n'était pas le cas. Elle ne pouvait se méfier de lui car elle savait qu'il ne se passerait rien dans cette salle, qu'il ne lui ferait rien de peur de la voir partir. Elle ne savait pas pourquoi elle était capable de lui faire confiance mais elle lui accordait sans aucun regret ce qu'elle n'aurait offert à personne d'autre. Cette rencontre d'infortune au départ se transformait au fur et à mesure en relation de confiance. Après ce temps d'analyse, elle lui répondit :


-Tu mens, sur tout ce que tu m'as dit. Ton sourire, je ne pense pas que je le prenais mal, je pense qu'il m'horripilait plus qu'autre chose car il semble faux et forcé. De plus, tu n'es certainement pas un simple ami pour moi... Mais je suppose que si tu as choisi de mentir, c'est pour mon bien. Alors, je ne t'en tiendrais pas rigueur et nous ne reparlerons pas de ça aujourd'hui. Mais sache que je ne suis pas en sucre et que je suis capable d'encaisser bien plus que tu ne le penses.

Amy se devait de clore le sujet. Il n'était pas adapté à une « première » rencontre. Chaque question, chaque réponse n'était pas à aborder de but en blanc. Qu'allait-elle apprendre finalement? Que ceux qu'elle aimé par le passé avait sombrer avec l'ambiance de la ville. Certains tuant, d'autres essayant de tuer et les derniers prenant le pouvoir ailleurs, sur d'autres. Le désastre qui l'entourait ne lui semblait plus si net : il n'y avait pas que les bâtiments qui s'étaient brisés avec le temps. Chaque inconnu qu'elle croiserait pourrait être plus cassé qu'elle. Tout ce qu'elle vivait n'était peut être pas si mal : elle n'avait pas à se sentir coupable. Elle n'avait laisser personne choir à ses pieds sans l'aider à se relever. En contre partie, elle ne pouvait se permettre de remuer le couteau dans la plaie avec ses questions idiotes. C'est vrai quoi, à quoi lui servirait sa mémoire ? A regretter le passé, à vouloir refaire le présent et à abandonner aux portes du futur ? A ce jour, elle transpirait l'innocence et la fragilité. Elle n'était qu'une enfant que l'on met face à l'horreur de l'humanité avec pour seule arme son corps frêle et épuisé d'avoir trop couru pour trouver un peu de répit.

Maintenant, tout lui semblait bête. Amy se trouva égoïste. Elle n'avait pensé qu'à elle depuis le début : SON traitement, SA mémoire... Si elle avait oublier les autres, c'est parce qu'elle ne s'était centré que sur elle et sa survie. La peur de la Mort nous change bien qu'on puisse souvent affirmer le contraire... Et elle en était navrée...S'excuser semblait être la meilleure option possible à son comportement et à ses propos. Elle se sentait coupable de ne pas avoir réalisé avant son égocentrisme.


-Pardon...

A vouloir trop vivre, on perd énormément. Le prix qu'elle avait payé était déjà assez élevé, elle ne voulait pas réduire à néant ses chances de ne plus survivre seule. La vie est un don et chaque chose que l'on gagne est accompagné d'une perte plus ou moins conséquente... Sa mémoire s'est brisée comme un miroir, emportant les déboires d'une vie dérisoire. Elle se devait de ne plus regarder le passé et aller de l'avant. Au diable sa mémoire, même si elle revenait, elle ne pourrait plus en faire grand chose. A ce jour, elle n'avait ni regret, ni remord. Elle pouvait tout refaire comme elle l'entendait et vivre le mieux possible jusqu'à la fin, accompagné ou non.

Harmony n'ouvrit plus la bouche par la suite. Elle réfléchissait à comment faire pour changer les choses et les rendre plus agréables pour elle et les autres. Alors qu'elle patientait pour que Julian lui apporte la boisson chaude qu'elle avait demander, Amy sourit. Ce n'est pas avec ces deux petits bras qu'elle y arriverait ; mais ne dit-on pas que chaque petit pas mène au changement? De plus, elle réalisa qu'elle s'était excusé auprès de Julian mais que celui-ci ne devait pas comprendre la raison de cette excuse. Il y avait une chose qui n'avait pas changé chez elle, elle était toujours aussi compliqué à comprendre : il faudrait vraiment lui créer un décodeur.

_________________
Il n'y a que ceux qui sont méprisables qui craignent d'être méprisés...
Revenir en haut
Julian Hawksbury
Chef des Brainstormers [Admin]

Hors ligne

Inscrit le: 12 Sep 2009
Messages: 1 377
Masculin
Point(s) de réputation: 870

MessagePosté le: Sam 10 Aoû 2013 - 14:13    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian] Répondre en citant

Harmony: Je te promets, j'ai VRAIMENT essayé de faire plus court... pas taper ! Confused Tu m'aimes quand même, diiiiiis ? ^^


La jeune femme avait maintenant pris place sur le petit sofa qu'elle trouverait sans doute à son aise. Il avait un certain âge mais restait moelleux et demeurait dans un état acceptable, pour dire qu'il avait passé par de nombreuses mains avant d'atterrir dans ce bureau. Le mobilier n'était que très sommaire et ne comportait que des pièces à base de plastique et de tissu synthétique. Rien à voir avec une quelconque qualité exemplaire, mais il servait pourtant bien ses fonctions. La Haughter semblait partie à nouveau dans ses pensées, à moins qu'elle n'eut quelque peine à se concentrer à cause d'une douleur, Julian était très mal placé pour évaluer ce qu'elle ressentait en ce moment, essayant pourtant de ce faire. Il espérait - même si c'était totalement égoïste de sa part - qu'elle ne réfléchirait pas trop et surtout qu'elle continuerait de conserver les souvenirs le concernant aussi profondément enfouis que possible. Il n'était pas dans son intérêt actuellement d'y révéler quoi que ce soit les concernant.

Harmony répondit vivement et positivement à son invitation à boire quelque chose, demandant poliment un café noir. La précision de sa description correspondait parfaitement aux souvenirs qu'il avait d'elle et cela le fit sourire intérieurement. Même si elle n'avait pas toute sa mémoire, elle conservait quelques bribes intéressantes et totalement inattendues. Il se permit d'apporter cependant une petite correction à ce qu'elle venait d'exprimer, un petit air malicieux sur le visage:
- J'ai réussi à récupérer un peu de café prémoulu. C'est bien meilleur que le lyophilisé et ça change un peu de temps en temps, et dans ton état, je suis sûr que ça te fera du bien.

Julian mit la petite machine à café sous tension et attendit qu'elle eut terminé sa phase de préchauffage en remplissant le réservoir d'eau fraîche. Il plaça la mixture brune à l'endroit adéquat et actionna ensuite la machine avant de placer deux petites tasses sous l'écoulement. En quelques dizaines de secondes, le liquide brun fumant avait rempli les deux tasses et l'odeur singulière de café s'élevait dans la petite brume émise par le liquide chaud. Le chef de clan offrit une des deux tasses à la jeune femme et ajouta une touche de crème dans la sienne. Un réflexe anglais, sans doute.

Alors qu'il s'apprêtait à déguster le café préparé, Harmony laissa échapper une théorie qui, ma foi, était plutôt juste et concernait le mensonge qu'il débitait depuis quelques instants au sujet de leur rencontre. S'il avait eu du café dans la bouche, sans doute l'aurait-il recraché de surprise. Un frisson d'un froid intense lui parcourut l'échine tandis qu'il tentait de garder un air calme et sûr de lui. Cependant et alors qu'il allait tenter de répliquer quelque chose, sa dernière phrase le retint alors qu'il préparait son argumentation.
-Tu mens, sur tout ce que tu m'as dit. Ton sourire, je ne pense pas que je le prenais mal, je pense qu'il m'horripilait plus qu'autre chose car il semble faux et forcé. De plus, tu n'es certainement pas un simple ami pour moi... Mais je suppose que si tu as choisi de mentir, c'est pour mon bien. Alors, je ne t'en tiendrais pas rigueur et nous ne reparlerons pas de ça aujourd'hui. Mais sache que je ne suis pas en sucre et que je suis capable d'encaisser bien plus que tu ne le penses.

Il réfléchit un court instant puis acquiesça avant de prendre une gorgée du liquide brulant:
- Tu as raison, nous en reparlerons. Et je ne doute pas de ta capacité à encaisser.
**... en revanche, on ne parlera pas de la mienne**
   
Julian doutait que la jeune femme soit réellement prête à entendre ce qu'elle s'était efforcée d'oublier. Il avait les clés de certains éléments de sa mémoire mais ne souhaitait pas lui livrer plein accès pour l'heure. Elle l'avait elle-même reconnu: elle avait difficilement accepté leur rupture. Il en avait été de même pour sa part, cumulé à ce que l'on appelle de la "culpabilité", un étrange sentiment qui vous prend à toute heure et qui vous fait regretter toute une vie des mauvais choix. Ce fut d'ailleurs alors que le silence était brièvement retombé sur leur discussion qu'Amy décida soudainement de s'excuser, pour une raison qu'il ne comprenait évidemment pas. Cela le surprit même un peu, beaucoup de surprises dans une même journée, cela devenait lassant. Sa tasse de café à la main, il planta son regard dans celui de la jeune femme. Son regard était calme, sérieux et honnête, sans doute pour la première fois de leur rencontre en ces lieux. Lentement, il exprima le fond de sa pensée:
- Je ne sais pas pourquoi tu t'excuses, tu n'as rien fait de mal. Ce serait plutôt à moi de multiplier les excuses, je ne fais que mentir depuis bien trop longtemps... sauf sur le café, on ne plaisante pas avec le café.

Le Brainstormer déposa sa tasse sur le rebord à côté de la machine à café, vint s'asseoir doucement à côté de la jeune femme et, après une courte hésitation, passa son bras dans son dos pour la déposer sur son épaule en sorte d'accolade. Ne sachant pas vraiment comment elle le prendrait, il ne se risqua à pas à éterniser le geste. Julian poursuivit, sur le même ton sincère qui allait avec son regard, et avant de se relever pour reprendre sa place:
- Peu importe ce que tu peux penser de moi, je veux que tu sache que je ne te veux que tu bien, et aussi que tu m'as manquée. Vraiment.
Revenir en haut
Harmony Sanglarowsky
Haughter

Hors ligne

Inscrit le: 02 Nov 2009
Messages: 395
Localisation: La Seyne sur mer
Féminin Balance (23sep-22oct) 羊 Chèvre
Point(s) de réputation: 196

MessagePosté le: Sam 24 Aoû 2013 - 22:08    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian] Répondre en citant

Julian : Promis, j'ai essayé de ne pas faire trop long non plus ^^. Et oui, je t'aime fort mon mini chou à la crème suisse !!!!!!!!


Harmony esquissa un sourire à la réplique de Julian : il était vrai que le café pré-moulu était bien plus goûteux qu’un café lyophilisé. Mais, pour elle et à ce jour, qu’importait qu’il soit pré-moulu ou non : elle rêvait juste d’un café chaud.

-Je crois que dans mon état, tu pourrais me servir un jus de chaussette que je trouverais ça délicieux quand même.

Elle savait qu’en disant cela, elle assumait clairement ne plus avoir de goût mais elle ne pouvait le nier : il y avait trop longtemps qu’elle n’en avait pas bu de bon pour apprécier à sa juste valeur le café qu’elle voyait couler et qu’il allait lui servir. L’odeur du liquide brun embauma la pièce et enivra Amy : elle était impatiente d’y gouter. Elle avait l’impression d’être une enfant à qui on a promis un bonbon et qui trépigne de voir qu’il met si longtemps à arriver dans ses mains. Julian lui apporta sa tasse et elle restant plusieurs secondes à l’observer comme si c’était la plus belle chose du monde : ce n’était pourtant que de la vaisselle mais son contenu semblait la rendre merveilleuse. La main tremblante d’impatience, Amy porta la tasse à ses lèvres. Le café était trop chaud pour elle, elle le buvait tiède. Malgré ça, elle ne put s’empêcher d’en prendre une petite gorgée : que c’était bon de sentir ce liquide lui brûler la gorge et lui laisser en bouche un goût inimitable. Il était bête d’être transporté pour si peu mais elle adorait se laisser porter par les voluptés de ce breuvage. Elle reposa délicatement la tasse et savoura le plus longtemps possible sa gorgée.
Puis, elle dût revenir à la réalité : la réponse de Julian avait claqué dans l’air et avait heurté son âme torturée.

En reparler, pour quoi faire ? Elle savait qu’il n’oserait certainement pas répondre. S’il n’osait pas parler de leur relation aujourd’hui, il n’oserait jamais. L’esprit humain est quelque chose de complexe et lorsque les émotions s’en mêlent, c’est encore pire. Plus on prend du recul, plus on hésite. Plus on hésite, moins on parle. Et, lorsque le doute se faufile dans les pensées, il est très dur de le déloger : il s’établit de façon ferme et quasi-définitive. Le doute qui l’envahissait à chaque instant en était la preuve. Elle ne savait plus rien, tout ce qu’elle faisait, elle en doutait. Avait-elle cherché son traitement pour survivre ou pour fuir la vie que lui imposé cette ville? Etait-elle vraiment ELLE ou juste une copie passable de ce qu’elle était avant ? Elle n’en savait rien et elle devait vivre chaque seconde avec ça. Pour l’instant, Amy n’espérait pas encore de réponses franches de la part de Julian mais elle savait qu’elle en voudrait à un moment. Cela en deviendrait une obsession qui la dévorerait au plus profond d’elle-même jusqu’à son dernier souffle.
Elle n’avait pas voulu oublier, on lui imposait sa condition et elle était impuissante. Et il n’y a rien de plus enrageant que cela. Elle était face à un mur si grand qu’elle ne pouvait s’empêcher de foncer dedans tête la première tout en sachant qu’il ne faillirait pas face à ses assauts solitaires et suicidaires. Sans l’aide de quelque personne, il ne tombera pas même si elle met toute la volonté du monde à chaque coup qu’elle pourrait porter. Baisser les bras était certainement la meilleure solution, mais elle ne pouvait s’y résoudre, même un temps soit peu. C’est pourquoi, elle abandonna calmement ce sujet houleux et expliqua ces excuses.


-Je m’excuse d’être si égoïste, je ne parle que de moi et de ce que j’ai perdu. Chacun ici doit avoir son lot de souffrance et je ne vois pas pourquoi la mienne devrait passer avant. Par contre, je ne vois pas pourquoi TOI tu t’excuses : tu ne m’as menti qu’une fois aujourd’hui. A moins que par le passé, tu m’ais déjà menti. Auquel cas, je pense qu’il y a prescription vu que je n’en ai aucun souvenir et que, je pense, tu ne voudras pas en parler si je te pose la question.

Heureusement qu’elle devait éviter le sujet du passé. Quoiqu’elle n’avait pas vraiment abordé ce thème : elle s’en était juste rapprochait. De toute façon, Julian le clôturerait : il ne répondra pas à ces questions de peur de la froisser et qu’elle se referme sur elle comme une huître.

Puis, il posa sa tasse et se rapprocha d’elle. Cela faisait bien longtemps qu’on ne s’était assis à ses côtés. Elle ne savait que faire alors elle se laissa faire tranquillement. Elle n’avait pas peur de lui alors elle ne sortirait pas les griffes comme elle aurait pu faire avec d’autres. Cette courte accolade lui réchauffa le corps et le cœur. Il y avait encore des gens capables de réels sentiments envers elle. Doucement, elle huma le parfum que Julian lui proposait inconsciemment. Elle se souvenait de cette odeur, elle l’avait respiré par le passé et elle la trouvait rassurante mais avec un arrière goût de nostalgie. Cette même odeur était présente dans son appartement mais Julian s’éloigna trop rapidement pour qu’elle se souvienne de quel tissu provenait cet odeur. Certainement de l’un des ses vêtements mais elle ne voyait pas pourquoi il y aurait son odeur dessus, à moins qu’il ait été très proche avant. Elle se mordit la lèvre pour ne pas poser la question sur leur relation une nouvelle fois.


-J’ai l’impression que, toi aussi, tu m’as énormément manqué…

Ce n’était pas mentir, une fois l’étreinte finie, elle avait eu une sensation de manque. Elle aurait voulu que cela dure plus longtemps. Cette fragrance réveillait beaucoup de chose en elle : même si les souvenirs ne revenaient pas elle faisait remonter en elle des émotions qu’elle croyait à tout jamais perdu. S’il avait réellement était qu’un ami, alors elle devait être très proche de lui pour reconnaître ainsi son parfum. Malheureusement, elle devait se contentait de cette légère embrassade mais elle lui restait en tête. Bien plus que le café, elle la remplissait d’une euphorie incontrôlable. Harmony abordait un sourire irradiant qu’elle ne pouvait effacer de son visage.

-Sinon, que fais tu pour cette ville ? Comment est ta vie ici ?

Aller de l’avant, elle se devait d’essayer et quoi de mieux que de parler des autres pour oublier qu’elle a oublié. Elle savait que remplir son esprit d’informations lui permettrait de penser à autre chose qu’à elle et sa situation. Et que, peut être, elle pourrait commencer une nouvelle vie qui ne serait plus remplie que de recherches infructueuses et d’absence de réponses. En tout cas pour quelques temps car elle allait toujours chercher son passé…
_________________
Il n'y a que ceux qui sont méprisables qui craignent d'être méprisés...
Revenir en haut
Julian Hawksbury
Chef des Brainstormers [Admin]

Hors ligne

Inscrit le: 12 Sep 2009
Messages: 1 377
Masculin
Point(s) de réputation: 870

MessagePosté le: Sam 31 Aoû 2013 - 15:03    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian] Répondre en citant

Julian sourit intérieurement lorsque la Haughter déclara pouvoir se délecter de n'importe quel jus de chaussette. Si la situation lui semblait plutôt triste pour elle, elle continuait à tout prendre avec humour, ce qui n'était pas mauvais signe. Bien sûr, elle pouvait toujours trouver salvateur de le distraire de sa condition avec ce genre d'humour afin qu'il cesse de s'inquiéter à son sujet. C'était une possibilité, mais quoi qu'il en soit, il n'avait pas pensé la plaindre plus encore. Elle n'avait pas besoin de quelqu'un pour la plaindre, certainement pas, et cela finirait par l'irriter au plus haut point. D'ailleurs, son explication concernant ses excuses confirma cette pensée à propos de son malaise à s'être "imposée" en tant que sujet principal de leur discussion.

Il intéressant cela dit qu'elle s'excuse d'être égoïste. Elle n'avait pas pour habitude de se mettre en avant et s'en souvenait. Elle n'avait perdu de mémoire que ses souvenirs, les visages ou les noms des gens, mais pas ses habitudes, ses manies et sa manière d'être. Même si elle semblait moins froide et plus sociable qu'à son habitude - ce qu'on pourrait peut-être mettre sur le compte de sa confusion à l'égard de sa perte de mémoire partielle - elle restait globalement la même personne qu'il avait connue jadis. Elle ne se souvenait pas de leur relation, donc elle ne lui en voulait pas. Même son inconscient ne semblait pas lui en vouloir, à moins qu'une mauvaise impression à son compte soit en train de germer dans sa tête. N'y étant pas, il ne pouvait juger. Elle poursuivit ensuite sur le fait qu'elle ne comprenait pas qu'il s'excuse lui-même. Après tout, il était un bon menteur et il avait jugé utile de s'excuser de la maintenir volontairement dans un flou, sans même imaginer un instant ce qu'elle pouvait bien ressentir de ne plus savoir. Lui aussi était égoïste, terriblement égoïste dans ce genre de situation où sa propre image était en jeu.
- D'expérience, je sais qu'il est plus facile de parler des problèmes des autres que de ses propres problèmes. C'est naturel et si tu as mis en avant ta souffrance, c'est parce que je t'ai incité à le faire par mes actions et mes paroles. Quant à mes mensonges, tout ce que tu dois savoir maintenant c'est qu'ils ne sont pas mauvais, que je cherches à te protéger en ne déballant pas tout d'un coup. Tu as beau être forte, personne ne peut assimiler tout ce qu'il a oublié en si peu de temps sans devenir fou. Et c'est la dernière chose que je voudrais qui t'arrive, qui arrive à n'importe qui.

Lorsqu'il se retira de leur brève étreinte, Harmony ajouta quelque chose qu'il n'attendait absolument pas. Elle indiqua qu'elle pensait qu'il lui avait aussi manqué. Cette simple phrase avait eu l'effet d'une main qui agrippe violemment votre coeur et le serre de toutes ses forces. Néanmoins, il s'efforça de ne rien laisser transparaître et sourit un peu en guise de remerciement pour ce compliment. Qu'il lui ait manqué n'était pas étonnant, si ce qu'elle disait était vrai et qu'elle avait longuement souffert de leur rupture. Il ne l'avait pas trop fait surveiller, pensant simplement à la laisser tranquille et à lui offrir le calme dont elle avait grand besoin pour se reconstruire. A l'évidence, l'avoir laissée seule sans surveillance n'avait pas été sa meilleure décision. Mais qu'aurait-il pu faire de mieux ? Rien. Rien juste après leur liaison en tous les cas.

Voilà maintenant qu'Harmony, toujours assise sur son canapé, abordait un grand sourire. Combien de fois l'avait-il réellement vu sourire sincèrement ? Combien de fois avait-il pu la voir heureuse ? C'était quelque chose qu'il n'avait vu que très rarement mais qui le remplissait d'une joie infinie. Savoir qu'il avait pu lui redonner un peu de joie de vivre était le plus beau des cadeaux qu'elle ne pourrait jamais lui faire, lui, le bourreau à la tête tranchée par sa propre lame. Harmony demanda soudainement, souhaitant certainement s'éloigner un peu de leur discussion qui ne mènerait à rien, ce qu'il était dans cette ville, ce qu'il faisait et comment était sa vie. Elle semblait désireuse de se remplir à nouveau du savoir qu'elle avait égaré. D'un air presque soulagé, il s'assit sur la petite chaise de son bureau et expliqua avant de reprendre une gorgée de café:
- Je suis le chef d'un des clans de cette ville: les Brainstormers, au Nord. Je les dirige et j'aspire à maintenir cette ville à flots et à la réunifier. Mais comme tu as sans doute pu le constater, ce n'est pas une mince affaire et ce n'est pas gagné. Ma vie est plutôt chargée d'événements divers. Je passe beaucoup de temps dans le cadre de mon clan, et le reste pour des moments d'éducation dans cette école ainsi que d'autres activités variées.

Revenir en haut
Harmony Sanglarowsky
Haughter

Hors ligne

Inscrit le: 02 Nov 2009
Messages: 395
Localisation: La Seyne sur mer
Féminin Balance (23sep-22oct) 羊 Chèvre
Point(s) de réputation: 196

MessagePosté le: Dim 22 Sep 2013 - 13:56    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian] Répondre en citant

Julian avait raison, il était toujours plus simple de parler des autres que de parler de soi. Pourtant, ici, elle voulait se plaindre, elle voulait être entendue mais elle savait aussi qu’à trop se plaindre on fini par lasser son entourage. Et si la seule personne à qui elle semblait faire confiance lui tournait le dos, elle ne s’en remettrait pas. La pente était déjà dure à remonter alors il ne fallait pas qu’elle retombe parce qu’elle gémit trop de sa condition. Puis vient la réponse sur ses mensonges : il voulait la protéger encore et toujours. Dans sa tête, il lui semblait que Julian avait plus besoin d’être protégé qu’elle. Il semblait plus fragile. Il était alerte à chacune de ses phrases, suspendu à ses lèvres. Comme si elle ne devait pas se souvenir trop vite de ce qu’ils étaient avant. Mais d’un autre côté, il avait raison : s’il venait à lui donner trop d’informations, elle finirait encore plus mal car tous les liens ne seraient pas faits et le manque de cohérence perturberait trop son esprit. Elle pourrait peut être même en devenir folle.

Elle ne répondit rien à cette réplique. Cela n’aurait servi à rien. Par son silence, elle faisait à comprendre à Julian qu’elle avait entendu ce qu’il avait dit. Et puis, continuer sur ce sujet ne menait à rien. Toujours le sourire aux lèvres, Amy reprit une gorgée de café. S’était un peu trop chaud pour elle mais ça restait encore acceptable pour sa langue. Malheureusement, elle n’avait pas pensé que le café réveillerait son estomac. Elle le sentait s’exciter, dans moins d’une demi-heure il se mettrait à grogner et elle ne pourra pas le cacher. Pourquoi à chaque fois qu’il se passait qu’elle que chose de bien dans sa vie sa maladie ou son estomac se rappelait à elle ? Elle se demandait si sa bonne étoile n’était pas passée du côté obscur de la force pour faire de sa vie un enfer * (Voir HJ) . Pour ne plus penser à sa faim débutante, elle se concentra sur la réponse de Julian.

Comme ça il était le chef d’un des quatre clans de la ville. A ce qu’il disait il voulait réunifier la ville mais cela ne se ressentait pas. En même temps, cela ne devait pas être une mince affaire. A ce qu’elle avait pu voir, les clans avaient chacun un état d’esprit très particulier. Et en politique, si chacun campe sur ses positions aucun accord n’est possible. Ou s’il l’est, il n’est pas sûr qu’il soit respecté au long terme car, à la moindre occasion, il sera brisé sans aucune pitié et sans regard en arrière. Les habitants de cette ville déchue étaient tous des adolescents en manque de reconnaissance et de pouvoir. Ici, il avait le droit de faire ce qu’ils leur plaisent sans trop se soucier des conséquences. Cette liberté éphémère était trop sur leurs épaules et esprits fragile. Les responsabilités étaient aussi trop subjectives pour qu’ils se soucient vraiment de l’avenir de cette ville. A quoi bon, il n’était là que pour quelques années, alors pourquoi se soucier du futur Pseudo-City et des futurs enfants envoyés ici ? La psychologie est certes une science faible mais cette ville était un exemple parfait de la faiblesse du raisonnement juvénile. Amy aimait décortiquer la psychologie de cette ville, c’était une des dernières choses qu’elle était encore capable de faire. Mais elle n’en parlerait pas, dire à Julian que tout cela était inutile, que son combat serait vain n’était pas d’actualité. Il semblait se réfugier dans cette lutte amère et briser ses espoirs ne plaisait pas à Harmony. Pourtant, elle se demandait comment elle avait rencontré le chef Brainstormer sachant qu’il ne faisait pas parti du même clan. Et autre fait intéressant, comme se faisait-il qu’ils s’entendent si bien, ne devaient-ils pas être ennemis ? Elle éluciderait ce mystère plus tard.


-D’accord, ca ne doit pas être facile tous les jours alors. Surtout quand on voit ce qu’il se passe dans les ruelles de Pseudo-City ou à ses frontières. Quoi que, tu ne sais peut être pas ce qu’il s’y passe vraiment… Depuis que cette ville a commencé sa chute, les choses deviennent très sombres. Je suppose alors que tu ne dois pas être seule dans cette lutte ? Tu dois avoir des acolytes qui t’aident à remonter la barre ? Et comme tout les héros populaires tu dois avoir une jolie fille à ton bras qui t’encourage, je me trompe ?

Amy parla sur le ton de la rigolade. On pouvait rire de tout, encore plus quand c’est l’horreur qui accompagne chacun de nos pas. Elle se doutait que ce ne plairait pas vraiment à Julian mais elle ne voulait pas retomber dans les sombres souvenirs de sa recherche. Elle avait vu tant de choses horribles qu’elle ne pouvait en parler et elle n’avait trouvé que l’humour pour exorciser sa peur.

* Star Wars est mon ami ^^.

_________________
Il n'y a que ceux qui sont méprisables qui craignent d'être méprisés...
Revenir en haut
Julian Hawksbury
Chef des Brainstormers [Admin]

Hors ligne

Inscrit le: 12 Sep 2009
Messages: 1 377
Masculin
Point(s) de réputation: 870

MessagePosté le: Lun 30 Sep 2013 - 17:17    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian] Répondre en citant

Harmony sembla répondre à la plupart de ses affirmations par un silence entendu. C'était sa manière à elle de se sortir de longues discussions inutiles, d'approuver ou au contraire de ne pas approuver mais de ne pas vouloir polémiquer plus longtemps sur un sujet. En cela, Julian avait parfaitement compris le mode de communication qu'elle utilisait, même s'il eut préféré une bonne joute verbale sur certains sujets plutôt que d'avoir un silence à affronter. Contrairement à ce qu'on peut penser, le silence peut encore bien plus blesser que des mots. Il est à la fois marque de mépris, d'insolence et d'indifférence. Mais il se peut également qu'il ait un bon fond. C'est ce qui faisait d'un silence un moment très particulier et qui n'est que très rarement reproductible dans des situations proches. Il change selon le contexte de la discussion. Dans leur cas présent, en revanche, il semblait qu'Harmony ait voulu empêcher une mauvaise ambiance de se créer lorsqu'elle aurait exprimé son point de vue. C'était gentil de sa part, mais protéger ainsi ses interlocuteurs n'était pas toujours la bonne option pour les faire réaliser leur tort.

La jeune femme finit par enchaîner sur l'état actuel de Pseudo City, ses soutiens dans sa lutte pour créer une ville meilleure et la présence d'une jolie fille pour l'épauler dans des moments un peu plus pénibles. Il sourit, amusé par ces paroles, puis expliqua de manière un peu moins enjouée:
- Je sais ce qui se passe à Pseudo City, du moins je sais ce qui s'y passe en surface. Les abysses de la ville ne sont pas mon domaine. Mais je sais quelle est l'urgence, je sais qu'il y a des vies en jeu et je sais aussi qu'il faut trouver les responsables de la distribution de la Xinose pour faire cesser le trafic. Mais tout cela n'est pas évident, surtout lorsque les chefs de clans sont aussi opposés. En cela, je suis bien seul.

Julian s'interrompit, comme pour reprendre son souffle. Pendant un bref instant, il avait failli dire qu'il ne pouvait pas compter sur les membres de son clan, car il savait que des infiltrés s'y trouvaient. Souvent, ces pauvres bougres n'avaient même pas leur mot à dire. On menaçait leur famille de choses terribles, on les menaçaient eux-même et leur intégrité. S'il ne pouvait les blâmer pour leur trahison, il ne pouvait pas pour autant leur accorder la confiance qu'ils auraient dû mériter. Moins il y aurait de gens au courant du degré de corruption du clan Brainstormer, mieux cela vaudrait. La sécurité par l'obscurantisme. Voilà quelque chose qu'il avait toujours redouté et s'était interdit de faire. Et pourtant, voilà qu'il le faisait "pour le bien de tous". Mais était-ce vraiment pour autre chose que sa propre sécurité, au fond ?

Il revint de sa réflexion - son absence
, si brève eut-elle été, devait avoir été perçue par Harmony - et fit comme si de rien n'était en poursuivant:
- Tu as une vision très inspirée par des clichés sur les chefs de clans, mais c'est toujours amusant d'entendre ce qu'on pense de nous. Je ne suis pas plus un héro que tu ne l'es. On a tous une partie d'héroïsme en soi, sans le savoir, mais je ne crois pas utiliser la mienne... pas encore. En revanche, oui, j'ai le soutien d'une jolie fille, mais pas dans le sens où tu l'entends. Et si tu m'accordes le tiens, ça fera une jolie fille en plus.

Jugeant sa réplique amusante, il laissa échapper un petit rire puis reprit une gorgée de son café avant de demander:
- Tu fais de l'humour, j'espère que ça veut dire que tu vas un peu mieux ? Tu te souviens encore où tu habites, au fait ? J'imagine que ça fait un moment que tu n'y es pas retournée...
Revenir en haut
Harmony Sanglarowsky
Haughter

Hors ligne

Inscrit le: 02 Nov 2009
Messages: 395
Localisation: La Seyne sur mer
Féminin Balance (23sep-22oct) 羊 Chèvre
Point(s) de réputation: 196

MessagePosté le: Ven 4 Oct 2013 - 14:19    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian] Répondre en citant

Le ton sombre employé par Julian eu le don de donner des frissons à Harmony. Elle connaissait tous les bas-fonds de cette ville et même plus encore. Elle savait que les personnes peuplant les coins obscurs de la ville étaient tous sauf des saints et ne souhaitaient pas du tout la paix entre les clans. Le commerce qu’ils faisaient impliquer forcément que les clans se déchirent en leur sein. Si elle venait à lui avouer tout ça, il serait certain qu’il ne s’en remettrait pas et qu’il baisserait les bras. Et il ne le fallait pas. Il devait garder cette volonté, cet espoir de voir un jour les clans réunifiés et la ville paisible. Ça ne serait pas d’une facilité enfantine mais c’était tout de même réalisable. Pourtant, elle tiqua à sa dernière phrase :

-Pourquoi dis-tu que tu es seul ? Les autres chefs ne veulent pas t’aider dans ta quête ? De mon point de vue, soit ils veulent voir leurs clans dépérirent, soit ils sont impliqués dans ce trafic d’une façon ou d’une autre. Ou bien, ils se complaisent dans leurs situations. Je sais très bien que ça n’est pas simple à gérer comme situation mais parfois il faut apprendre à affronter ce qui nous fait peur. Ce n’est pas en laissant la situation ainsi que les choses vont évoluer de façon positive.

Trouver les responsables ne serait pas simples. Elle connaissait les revendeurs mais jamais ils ne diront qui est leur fournisseur. Elle avait vu certain laboratoire clandestins aussi mais pas assez grand pour fournir autant de Xinose en si peu de temps. Amy se redit compte qu’à force d’avoir trainé dans les rues de Pseudo-city, elle en savait bien plus que ceux qui y vivait et qui tentait de lutter contre ces petits dealeurs. Mais elle ne pouvait rien dire : si elle venait à avouer ça, Julian apprendrait des choses qu’il ne devait pas savoir. Nombreux sont ceux qui pensent ne pas être vu lorsqu’ils viennent se fournir alors qu’ils sont observé de tous les côtés. Amy était devenue une de ces ombres de la rue. Elle voyait mais personne ne pouvait la voir. Ces mois passé là-bas lui avait appris à se cacher et à observer. La moitié de cette ville se rendait dans les ruelles : peu importe le clan, ils venaient. Elle se doutait que Julian devait avoir des doutes sur les membres des clans adverses et sur le sien aussi.

L’absence de Julian fut remarquer par Amy, cela confirma ses soupçons : il doutait mais il ne devait pas le dire. Ce sujet là aussi, elle ne devait plus en parler car elle pourrait se trahir aussi. A trop connaître on devient cachotier pour le bien des autres. Amy ne changea pas de comportement pour autant, il ne fallait pas que Julian tique sur son comportement, il viendrait à poser des questions auxquelles elle ne pourrait répondre sans heurter la sensibilité du chef Brainstormer. Donc, elle fit comme son interlocuteur : elle continua la discussion comme si de rien n’était, sur un ton enjoué.


-Les clichés sont souvent basés sur des faits réels. Et je te comparais plus à un super-héros qu’à un simple chef de clan. Mais j’avais au moins raison sur un point : il y a une fille dans ta vie même si tu n’as pas l’air d’y croire. Et je ne t’accorderais pas mon soutien, je ne veux pas mettre le doute dans la tête de la fille que t’aime d’un amour sincère. Cela serait mal avenu. Elle pourrait penser que je veux te voler à elle alors que c’est faux. J’ai des principes un peu bizarres, n’est-ce pas ?

Pour autant, Harmony savait qu’elle mentait. Cela lui avait mal au cœur de savoir qu’il était accompagné. Même s’il affirmait que ce n’était pas ce qu’elle pensait, il était accompagnait. Elle ne voulait pas se mettre sur la route de quelqu’un d’autre. Il ne lui restait que peu de temps à vivre, elle ne pouvait se permettre de détruire les espoirs d’une autre fille.
Le rire de Julian parvint à ses oreilles. Elle était encore capable de faire rire, c’était déjà ça. Elle n’allait pas forcément mieux mais cela lui faisait plaisir de pouvoir échanger avec quelqu’un sans avoir la peur au ventre qu’il vous saute dessus. Pourtant, la peur la saisit quand même : il était vrai que cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas vu son appartement mais voulait-elle vraiment le voir ? Si elle en était partie c’est qu’il devait y avoir des choses à l’intérieur capable de la détruire.


-Je n’y suis pas retourné depuis mon départ. Je vivais de squat en squat lorsque c’était possible, sinon, je dormais dans la rue. Alors, pour savoir où il est… Je n’en sais rien.

Amy soupira. Il y avait bien trop de chose qu’elle avait oubliée. Et si même son appartement était sorti de sa mémoire, il devait y avoir une raison. Elle regarda Julian dans les yeux et osa poser la question qui la dérangeait.

-Crois-tu que ce soit une bonne idée que j’y retourne ?
_________________
Il n'y a que ceux qui sont méprisables qui craignent d'être méprisés...
Revenir en haut
Julian Hawksbury
Chef des Brainstormers [Admin]

Hors ligne

Inscrit le: 12 Sep 2009
Messages: 1 377
Masculin
Point(s) de réputation: 870

MessagePosté le: Dim 20 Oct 2013 - 10:29    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian] Répondre en citant

La jeune femme sembla interloquée par les paroles qui venaient de sortir de la bouche du jeune homme, ou alors était-ce autre chose ? Savait-elle quelque chose qu'il ignorait ? Cette hypothèse n'était pas à écarter, surtout si elle avait vécu pendant quelques temps dans les quartiers où il ne souhaitait surtout pas atterrir. Quelqu'un de sa renommée ne pouvait décemment pas se permettre d'aller se balader n'importe où sans gardes du corps, et cela attirait inlassablement les regards. Des regards surpris, la plupart du temps. Et s'il ne pouvait pas aller sous la surface qu'il voyait actuellement, il aurait du mal à situer d'où provenaient les ennuis réels, ceux qui étaient à la source de l'arrivée de la drogue. Elizabeth, quant à elle, avait la capacité de se fondre naturellement dans ce décor glauque pour en extraire les moindres informations. Lui, il n'était utile qu'à un plus haut niveau, un niveau plus global. Cela ne se révélait pourtant pas moins important. Une vision globale était importante pour comprendre comment la ville évoluait. S'il n'avait pas été à la place qu'il occupait aujourd'hui, il n'aurait probablement pas encore vu arriver la terrible menace qui planait - pour combien de temps encore - sur les habitants de Pseudo City.

Harmony souleva une nouvelle question: pourquoi était-il seul à se battre ? Excellente question, mais dont la réponse n'était pas si simple. Répondre à cette simple question provoquerait inévitablement une généralisation des cas et il voulait absolument éviter de mettre tout le monde dans le même panier.
- C'est compliqué. Disons que nous n'avons pas tous les mêmes priorités, les mêmes informations et les mêmes moyens. Chaque clan ayant ses forces et ses faiblesses spécifiques, particulièrement influencées par leur chef, les réactions ne peuvent qu'être désynchronisées. Cela fait des années que j'essaie de rassembler tout le monde et ne créer plus qu'une seule et unique entité qui gouvernerait la ville. Mais pour des raisons évidentes, personne ne veut perdre le contrôle et tout le monde se méfie. On m'a même reproché d'y voir un intérêt personnel alors qu'il n'en est rien. Je veux juste améliorer la situation dans cette ville. Si les clans ne collaborent pas, c'est essentiellement parce qu'ils ne veulent pas perdre leur pouvoir respectif. Ils ne veulent pas prendre le risque de se faire manger par un autre, voilà tout.

Alors qu'il revenait de son absence mentale momentanée, Julian remarqua non sans joie que la Haughter enchaînait elle aussi sur un autre sujet. C'était comme si elle avait remarqué sa gêne et qu'elle avait également choisi de parler d'autre chose. Bien sûr, elle pouvait cacher un élément elle aussi, mais elle devait avoir ses raisons si c'était le cas. Le chef de clan cachait beaucoup de choses à celle qu'il venait de retrouver et était plutôt mal placé pour exiger une information, quelle qu'elle soit. Il enchaîna sur la discussion plus détendue qui s'offrait à eux:
- Honnêtement, je ne sais pas trop où j'en suis avec elle. J'ai plus l'impression que nous jouons un jeu mais qu'aucun de nous deux ne peut prendre la décision de rendre ça plus sérieux, qu'aucun n'est capable d'aimer l'autre dans le sens où il le faudrait. Nous avons nos raisons et nous les connaissons. C'est pour ça que je te dis que je n'y crois pas trop. Quant à tes principes, ils ne sont pas bizarres, ou alors je comprends très bien la bizarrerie, je n'en sais rien. Remarque, mes idées sont souvent bizarres pour beaucoup de gens, tu sais ? Vouloir unifier une ville complètement morcelée ou encore aider sans contre-partie fait souvent peur aux gens. Tu en penses quoi ?

Lorsqu'il évoqua son appartement, Julian remarqua un nouveau changement dans le comportement de la jeune femme. Cela semblait l'avoir mise un peu mal à l'aise, elle redoutait d'y retourner. Harmony finit par demander si c'était réellement une bonne idée de s'y rendre à nouveau. Julian regarda le fond de sa tasse de café, au travers du liquide marron qui y reposait encore. Si elle y retournait, cela risquait de lui rappeler bien des choses et parmi tout cela, leur relation passée risquait de ressortir. Et qui sait ce qu'elle aurait comme réaction en réalisant qu'ils avaient été ensemble pendant un moment et qu'il avait été le plus affreux de ses compagnons ? Il releva les yeux et regarda la jeune femme avant de répondre:
- Il te faudra bien y retourner un jour. Quant à savoir si c'est aujourd'hui, toi seule à la réponse. Il faut que tu sois prête à le faire, car ça risque de ramener une partie de ta mémoire à la surface. Je comprends que ça puisse t'effrayer un peu, je pense que j'aurais aussi de l'appréhension à y retourner. Sache que si c'est ce que tu veux, je peux t'accompagner, je connais le chemin. Tu te sens prête à y retourner ?

Revenir en haut
Harmony Sanglarowsky
Haughter

Hors ligne

Inscrit le: 02 Nov 2009
Messages: 395
Localisation: La Seyne sur mer
Féminin Balance (23sep-22oct) 羊 Chèvre
Point(s) de réputation: 196

MessagePosté le: Jeu 14 Nov 2013 - 16:23    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian] Répondre en citant

La réponse de Julian face à sa question était complète mais incorrect. Elle l’aurait été si la guerre était vraiment aux portes de la ville et si tous les chefs voulaient garder leurs pouvoirs, mais certains s’étaient fait trop calme et absent ces derniers temps pour que cela soit applicable. De plus, les membres des clans commençaient à se faire leur propre idée de la ville et il ne serait pas difficile de faire tomber n’importe quel chef. Mais quitte à choisir entre l’anarchie complète et quelques querelles, il valait mieux choisir les querelles. Elle se tut à ce sujet, il fallait vraiment arrêter de parler de cette ville ainsi. Cela semblait plus leur faire du mal que de faire avancer la situation. Et le point de vue d’Harmony n’était pas du tout objectif : elle était parti depuis trop longtemps pour ne pas avoir un jugement tranché et définitif.
Alors, comme il y a quelques instants, Amy reprit le thème qu’elle avait posé. Malheureusement pour elle, il fallait croire que le pauvre Julian n’avait pas de chance en ce moment. La ville s’écroulait sans qu’il puisse faire quelque chose et la fille dont il semblait épris jouait avec lui. Harmony aurait aimé pouvoir se cacher dans un trou de souris : pourquoi fallait-il toujours qu’elle tombe sur le sujet difficile à aborder ? Malgré tout, elle lui répondit :


-Il est vrai que si cette relation rime avec un jeu, ce n’est pas facile de voir l’évolution que cela peut avoir. Normalement, le jeu prend place au tout début de la relation pour laisser place à une rupture ou à une stabilité. Mais bon, je ne peux pas en dire plus, je ne suis pas très doué pour les relations amoureuses. J’ai tendance à fuir lorsque je me rends compte que j’aime vraiment la personne. Je préfère souffrir seule que t’entrainer quelqu’un avec moi. Encore un de mes étranges principes. Et quant à tes idées, disons qu’elles sont idéalistes. Les gens comme toi passent souvent pour des fous mais les fous font notre société. Sans ces idées bizarres, la vie serait bien monotone. Mais je ne peux pas vraiment aller jusqu’au bout de ma pensée car elle est altéré par ce que j’ai vécu dans les ruelles. Parlons d’autre chose, rien ne sert de rester fixé sur cette ville. Elle n’est plus à une heure près.

Amy sourit à se réplique. Il était vrai que la ville ne pouvait plus sombrer plus bas mais peut être que Julian n’avait pas la même opinion. Mais elle n’eut pas le temps de se pencher sur la question plus longtemps. La question de son appartement la ramenait toujours à la réalité : brutal et dure. Avait-elle vraiment envie d’y retourner ? Qu’allait-elle apprendre sur elle et sur sa vie d’avant ? A son vague souvenir, elle avait détruit tout ce qui était possible chez elle. Elle n’imaginait même pas l’étendu des dégâts. Comme pour se donner du courage, Amy finit sa tasse de café cul-sec. Le liquide lui brûla la gorge mais cela ne pourrait la faire plus souffrir. L’étau d’angoisse qui enserrait son cœur faisait déjà du bon boulot là-dessus.

-Je sais qu’il faudra un jour que j’accepte d’ouvrir cette porte, mais j’ai peur des réponses que je pourrais obtenir. Je VEUX savoir, à n’importe quel prix mais j’ai une peur irrationnelle de ce qu’il pourrait y avoir dans cet appartement. Enfin, pas vraiment irrationnelle. C’est juste que j’ai l’impression que ce que tu me caches pourrait se trouver dans ce lieu. Et si j’ai raison, cela voudrait dire que je pourrais changer d’avis sur toi et je n’en ai pas l’envie pour l’instant. Tu es la seule preuve de stabilité dans les décombres de ma vie actuelle. Je voudrais pouvoir y entrer et ne me souvenir de rien, cela serait tellement plus simple ainsi.

Elle passa ses mains dans ses cheveux. Elle devait y réfléchir consciencieusement : avoir des réponses ou perdre une stabilité relative. C’était un combat intérieur difficile. Plus elle y pensait, plus elle se disait qu’avoir peur était bête mais était-ce vraiment sa peur qui la bloquait ou celle que Julian lui avait transmise un peu plus tôt dans leur conversation. Tout se mélangeait dans son esprit, les tâches d’ombres reprenaient le dessus sur sa raison. Les émotions faisaient leur loi sans qu’elle puisse les en empêcher. Elle inspira longuement et soupira. Elle avait pris sa décision et il fallait qu’elle s’y tienne jusqu’au bout sans faillir. D’une voix tremblante, elle énonça son choix :

-Je veux y retourner. Qu’importe les conséquences, si cela venait à me faire changer d’avis sur toi alors cela voudra dire que je suis stupide car je pense que tu n’as pas pu me faire autant de mal que tu peux le penser. Du moins, je l’espère du fond du cœur. Voilà, c’est dit. Et si tu sens que je faiblis en y allant, force-moi à le faire. Il faut que j’y aille car, si je fais preuve de lâcheté maintenant, je serais toujours lâche et je ne veux pas l’être.
_________________
Il n'y a que ceux qui sont méprisables qui craignent d'être méprisés...
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:25    Sujet du message: Sombrer, revenir, vivre... [PV Julian]

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Pseudo City Index du Forum -> Centre-ville -> Centre scolaire -> Couloirs & Toilettes Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page: 1, 2  >
Page 1 sur 2

 
Sauter vers:  


Index | Panneau d’administration | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Thème actuel: Decadent city (v2.0)
Thème original: Flowers of Evil © theme by larme d'ange 2006
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com