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Pseudo City: Chapitre 2 - Dégats collatéraux
 
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Do you hear me? [PV Julian]

 
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Roxanne Valay
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MessagePosté le: Jeu 30 Mai 2013 - 13:43    Sujet du message: Do you hear me? [PV Julian] Répondre en citant

C'est quoi sa vie maintenant ? Ces murs ? Ces rues ? Ces gens ?


C'était quoi sa vie, juste avant ? Une famille d'inconnus, une famille qu'elle haïssait et qui le lui rendait bien. Aucun ami, bien sûr. A quoi bon des amis ? A passer du bon temps, partager ses joies, aller au ciné, boire une bière... Parait que c'est ça les amis, ou quelque chose qui s'en approche. La belle affaire... Pour le peu qu'elle allait en cours, elle avait encore moins envie de traîner avec la bande de loqueteux de son quartier. Tous n'avaient qu'une hâte, venir à Pseudo City, mais tous avaient encore quelques années à attendre pour franchir les murs. Son cousin qui en revenait, oui, il en vantait les mérites. Mais il venait du quartier Ouest, et il n'en était jamais suffisamment sorti pour décrire le reste. D'ailleurs, elle était arrivée par là, la gamine, puisqu'elle n'entendait parler que de ça. Elle s'en doutait, pourtant, que jamais elle n'aurait du faire confiance à cet abruti de cousin. Une brute épaisse qui ne parlait qu'après avoir frappé.


Encore heureux que ces garçons ne l'avaient pas repérés quand elle est passée dans la rue. Pour sûr ils auraient chercher à la tabasser aussi. S'aurait été son plus beau début dans la vie. C'était quoi déjà qui saignait au sol ? Une fille ? Jeune ? Elle ne saurait le dire. Juste une masse sanglante que ses yeux avaient évités, s'embuant de larmes, dès l'instant où son cerveau lui indiquait ce que ça semblait être. Alors elle avait fui, loin, jusqu'à ce que la fatigue la fasse ralentir.


Finalement, elle ne savait plus vraiment où elle était. Est, Nord, Sud ? En tout cas, ça semblait calme, là dehors. Les quelques jeunes qui passaient ne lui avaient adressé que quelques regards qui semblaient dire « Encore une nouvelle qui semble perdue... Tant pis, elle apprendra vite. » Apprendrait-elle vite, la gamine apeurée pour un rien, fragile, perdue ? Apprendrait-elle comment se faire une place par ici, se faire un nom ? Après tout, ici, tout est permis, à ce qu'on dit. Tout dépendait de ses propres capacités à.... Stop. Trop de questions.


Son esprit arrive enfin à s'évader, loin de son corps. Le bien-être de ne rien penser, rien ressentir, l'envahit enfin. Son échappatoire à elle. Elle est là, mais ce n'est pas elle. Seuls ses pas savent où ils doivent aller. D'ailleurs, c'est devant ce bâtiment qu'ils s'arrêtent. Un bâtiment imposant, sobre mais qui arrive à dégager tant de choses. Une bâtisse qui n'a pas l'air bien entretenue, et peu fréquentée. Exactement ce qu'il lui faut. Un lieu invisible pour faire le vide.
Quand elle entre, elle est d'autant plus surprise de découvrir quelques bougies éteintes sur le côté, et des bancs, dans une atmosphère tamisée. Une grosse croix de bois au fond avec un Christ qui attend que quelqu'un veuille bien le regarder.


Roxanne va vers les bougies et soupire. Elle ne fume pas, donc pas de briquet en poche, et personne autour d'elle. Il ne lui reste plus qu'à prendre la bougie en main et imaginer qu'elle brûle. Elle va s'asseoir sur un banc vers le milieu de la salle, ni trop près, de peur de déranger le dieu qui l'a attiré ici, ni trop loin, car il faut quand même qu'il l'entende. Joignant ses mains autour de la bougie comme on tiendrait un petit oiseau blessé, visualisant une fumée qui porterait sa prière vers le haut, elle réfléchit un moment à ce qu'elle pourrait dire. Ses idées restent floues et se chamaillent dans sa tête. Passé, présent, futur. Rien n'est bien clair. Elle ne sait même plus quel jour on est. Ha si. Celui de ses 16 ans. 
Que lui conseillait son père lorsqu'elle priait ? Commencer par remercier, d'abord. Demander ensuite. C'est plus poli.


« Merci bon dieu d'avoir guidée Roxanne vers vous. Vous savez bien qu'elle est perdue et qu'elle a peur. Mais elle va faire des efforts pour ne pas vous laisser prendre la poussière ici. Elle peut venir vous voir tout les jours, si vous voulez !
Hem... En échange, vous voudrez bien l'aider à trouver de quoi se nourrir ? Elle n'a pas vu le moindre morceau de pain depuis des heures, et son ventre gargouille... »


C'est sans doute très bête de demander ça. Mais après tout, elle est persuadée qu'il la guidée ici, alors autant tenter sa chance. Une miche de pain pourrait tomber du ciel... Non ? Tant pis...
Un maigre sourire naît sur son visage quand cette idée la traverse, espérant que personne ne l'a entendu, car elle passerait pour la folle qu'elle est déjà, sans doute.
Comment va-t-elle s'en sortir ? Qu'est-ce qui l'aidera à tenir dans cette ville de jeunesse rebute, chassée ? Bah, elle essayera d'être serveuse dans un bar, pour gagner quelques pièces. Ou bien... Elle va chercher le pôle-emploi du quartier ! Oui voilà ! Bonne idée...


Que ne peut-elle pas trouver un bon livre, se fondre entre ses pages pour devenir l’héroïne riche et courtisée pour ses beaux yeux, que Barbara C. savait si bien rendre réelle ! Que n'est-elle un pirate pour parcourir les mers à la recherche d'or et de rhum ! Ou bien une copine de Tintin pour le suivre sur la lune. Pour sûr elle s'entendrait à merveille avec ce vieil Haddock ! Pour l'instant, il ne lui reste que son ventre qui crie famine, ses manches remontées haut sur ses poignets pour lutter contre le froid et un long soupir qui perturbe le lourd silence du lieu...
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MessagePosté le: Jeu 30 Mai 2013 - 13:43    Sujet du message: Publicité

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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Ven 31 Mai 2013 - 18:15    Sujet du message: Do you hear me? [PV Julian] Répondre en citant

Quelle journée banale ! Ce matin, la milice du quartier nord avait rapporté une "avancée cruciale dans la recherche d'informations sur la Xinose". Il y avait donc un espoir de percer une partie du réseau de distribution de cette drogue qui décimait la population de la ville comme la peste. Même si Julian penchait plus pour une fausse piste ou une attitude de cow-boy de la part d'un de ses membres, il ne coûtait rien d'aller jeter un oeil à la destination concernée par cette "information cruciale". Soit, le quartier était bien choisi pour le départ de la drogue et l'information semblait cohérente, crédible: le quartier Est disposerait d'un entrepôt important pour la distribution. Voilà qui serait ravissant de pouvoir mettre la main sur un tel bien. Mais l'approche méritait tout de même d'être réfléchie. Avancer imprudemment en quartier Est en jouant la carte de l'autorité suprême n'était de loin pas la meilleure idée, bien que sa présence en ce quartier soit tolérée et même peut-être respectée par endroits. Non, son approche serait calme, discrète et en petit comité. S'il y avait effectivement un moyen de confirmer l'information, il avertirait de suite Shinji pour procéder à une perquisition dudit entrepôt.

Les relations entre l'Est et le Nord étaient relativement neutres, mieux valait tenter de les pousser dans le bon sens ! Rassemblant une petite équipe de 4 Brainstormers, Julian guida le voyage de reconnaissance jusqu'à l'entrepôt désigné par la source de l'information. Lorsqu'ils arrivèrent sur place, l'endroit était désert... pas très étonnant en même temps. Le chef de clan hocha de la tête et l'un des membres partit en silence crocheter le cadenas qui maintenait l'entrée fermée. L'essentiel était de rester discret. Ils pénétrèrent dans l'entrepôt et Julian soupira en constatant son contenu: vide. Oh, il y avait bien çà et là quelques caisses dont le contenu n'aurait su être très intéressant... mais rien d'autre. Pas même un piège, une ambuscade, rien ! Après s'être assurés d'avoir remis le tout en ordre et d'avoir refermé l'entrepôt comme si jamais personne ne s'y était introduit, ils rebroussèrent chemin.

Alors qu'ils remontaient gentiment vers le quartier Nord, quelque chose attira son attention: ils venaient de passer à côté du lieu de culte. Un pincement au coeur. C'est là qu'il avait vu pour la dernière fois Harmony, celle qui avait partagé son coeur pendant un moment et qu'il avait eu l'audace, la désagréable idée de briser le coeur en lui annonçant ne plus avoir de sentiments pour elle. Que lui avait-il pris de saboter à ce point l'amour - timide certes - de la jeune Haughter ? Pourquoi avait-il fallu qu'il soit charmé par une autre qui, au final, s'avérait jouer un double-jeu en aimant également Alexander Taylor ? Ironie du sort, le voilà puni à son tour pour avoir osé défier le grand Cupidon. Cela prêtait presque à rire, même s'il n'en avait pas franchement l'envie. Le jeune homme s'arrêta, contemplant le lieu, puis indiqua à ses hommes de continuer sans lui, qu'il avait autre chose à faire.

Une fois s'être assuré que ses hommes n'étaient plus en vue,il se dirigea d'un pas mal assuré vers cette petite bâtisse qui n'était pas vraiment mise en avant. Il se sentait toujours mal à l'aise dans des lieux de cultes ou en présence de personnes ayant une forte croyance en un bon dieu, quel qu'il soit. Lui qui possédait l'un de ces cerveaux dressés pour donner une explication logique à tout ce que l'on pouvait qualifier de "mystique" ne se sentait pas rassuré envers les personnes croyantes qui, pour lui, étaient potentiellement trop instables. Malgré tout, il comprenait et respectait le choix de ceux-ci de croire en une instance divine. Après tout, pourquoi ne pas chercher à placer ses soucis sur les épaules de quelque chose dont on ignorait l'existance et ainsi expliquer bon nombre de phénomènes... il comprenait que cela puisse être rassurant. Chassant ces idées de sa tête, il pénétra dans le bâtiment, cherchant on ne savait trop quoi. Peut-être voulait-il simplement espérer exorciser ses démons intérieurs en retrouvant celle qu'il avait jadis lâchée de la plus ignoble des façons, alors qu'elle avait besoin de lui. Sans espérer trouver quoi que ce soit, il constata néanmoins qu'une demoiselle dont il ignorait jusque là l'existence était assise, là, à quelques mètres de lui.

Lorsqu'il constata la présence de la jeune femme blonde, il l'entendit proférer une prière à son dieu. Voilà qui était triste. Elle était perdue, avait peur et faim ? Une nouvelle âme dans cette ville à n'en pas douter. Sinon, elle aurait été prise en charge et aurait été fichée dans son répertoire. Or, la seule nouvelle admission qu'il avait reçue en notification sur son smartphone était un jeune homme. Elle, en revanche, il ne savait pas d'où elle tombait, mais elle lui faisait un peu de la peine assise là, sans rien. C'était l'exemple type de la jeune personne fraîchement arrivée en ville, perdue et qui vivait mal sa séparation avec sa famille... ou alors était-ce simplement qu'elle n'avait pas désiré être ici. Enfin, quoi qu'il en soit, il lui fallait agir, et comme il était précisément là pour se "racheter une conscience" envers Harmony, et bien voilà une occasion.

Julian s'approcha de la jeune femme puis vint s'asseoir à côté d'elle, à une distance toutefois suffisamment confortable pour les deux. Ne laissant pas le temps à une potentielle gêne de s'installer entre les deux, il se présenta:
- Bonjour mademoiselle. Excusez-moi de débarquer un peu comme un cheveu sur la soupe et d'avoir entendu votre prière, mais ça m'a touché. Je m'appelle Julian Hawksbury, je suis le chef d'un des clans ici, les Brainstormers, du Nord.

Il afficha son plus beau sourire, malgré le fait que la présente situation n'était pas nécessairement très joyeuse, puis sortit un petit sandwich de sa poche, le tendant à la jeune femme.
- Je peux peut-être vous aider ? En attendant, vous feriez bien de manger quelque chose, prenez ce sandwich je vous en prie. Je n'ai pas eu le temps d'en profiter ce midi et vous en aurez plus besoin que moi.
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Roxanne Valay
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MessagePosté le: Sam 1 Juin 2013 - 11:12    Sujet du message: Do you hear me? [PV Julian] Répondre en citant

 Un fond sonore tourne en boucle dans sa tête.




Un bruit derrière elle. Des pas qu'elle n'avait pas entendu venir et déjà quelqu'un à ses côtés. Elle a fermé les yeux très fort quand elle a entendu les pas qui s'approchaient, parce qu'elle ne veut rien voir. Rien savoir. Elle sursaute donc quand les mots s'adressent à elle. La bougie a failli choir sur le sol, mais ses mains tremblantes ne l'ont lâchée que sur ses genoux. Elle est ridicule. Elle voudrait disparaître par un des trous de souris qui ne doivent certainement pas manquer dans un tel édifice.


Elle ouvre un œil et tourne doucement le visage vers la voix masculine. Un jeune homme de carrure élégante s'est assis près d'elle. La présence d'un garçon a tendance à la mettre mal à l'aise, surtout quand ils semblent aussi... aussi... élégants ? que lui. Même ses fines lunettes lui donnent un air raffiné de détachement. Il avoue avoir entendu sa prière. Touché ? tu parles ! Il doit sans doute l'avoir trouvée stupide, bonne à se moquer. Et puis quelle raison a-t-il de venir lui parler ? Elle ne comprend vraiment pas, trop habituée à être insignifiante.
Oh... Le chef de... des...hm... Julian. Le prénom sonne beau à ses oreilles. Aussi délicat que la voix qui se répercute lentement contre les pierres froides. Mais cette idée la fait rougir bêtement. Tant pis, il mettra sans doute cela sur le compte d'une timidité maladive. D'ailleurs, la gamine en profite pour rentrer la tête dans les épaules. Elle se trouve quand même en présence d'un des chefs ! Du Nord. D'accord. Cette information pourra lui être utile un jour, qui sait.


Le voilà maintenant qui sort un sandwich de sa poche. Allez Roxanne ! Lève le bras, réponds à son sourire et mange ! Regarde, encore une réponse de ton dieu, on dirait bien. Ce garçon en est-il un missionnaire, pour se trouver ici, dans Sa maison ?
Ça y est. Le sourire arrive. Minuscule. Déclenchant presque une larme brouillant les prunelles claires. Non, tu ne va pas t'effondrer maintenant ! En plus, regarde ce charmant visage prêt à t'aider. Il risque de s'impatienter si tu restes là, sans bouger. S'il est la réponse de dieu, tu ne dois surtout pas la laisser passer...


Un bras imprécis se tend vers la nourriture et les doigts se ferment prudemment dessus. Le sourire n'arrive plus à grandir mais les yeux se font avides de ce présent. Elle déchire le papier avec un léger empressement avant de planter ses quenottes dans le pain et mastiquer un instant. Il reste là, sans bouger, comme s'il ne voulait pas l'effrayer. Ses yeux ne se font pas trop imposants, ce qui rassure la gamine et lui permet de laisser vagabonder son esprit librement.


« Je peux vous aider ? » avait-il demandé...


Il est bien temps de lui répondre. Oh oui, sans doute que vous pouvez l'aider. N'importe qui pourrait lui apporter la moindre aide tellement elle en a besoin. Roxanne n'a pas la moindre idée d'où elle est. Roxanne est seule, et perdue, comme elle l'a dit à qui voulait bien l'entendre tout à l'heure. Maintenant qu'elle mange, ça va un peu mieux mais elle continue à se demander ce qu'elle va bien pouvoir faire ensuite. Roxanne s’inquiète de savoir où elle va pouvoir vivre plus tard, mais si, en cherchant à répondre à ces questions à court terme...


« Roxanne ne sait pas où elle pourra dormir cette nuit. Roxanne ne sait même pas où elle se trouve dans cette ville. Cette ville lui fait peur. »


Sa voix a troublé le silence et lorsque l'écho lui revient aux oreilles elle se rend compte qu'elle a pensé tout haut. Elle pique un nouveau fard. Bon, sa voix était toute petite, peut-être à peine audible, mais le jeune homme à côté d'elle l'a sans doute entendu puisqu'il y réagit. Maintenant, il ne lui reste plus qu'à croiser les doigts pour que ce Julian soit réellement gentil, comme semblent l'indiquer les traits doux de son visage, et qu'il la conseille comme un chef qui guide ses troupes, et pas comme n'importe quel homme qui pourrait profiter de la situation. La gamine est très douée pour se fourrer involontairement dans des situations inconfortables et ne s'en rendre compte que bien trop tard. La preuve. Elle est là, au milieu de nulle part, parlant à un inconnu, ayant accepté de la nourriture, et elle ne se sent même pas coupable. Elle a juste réussi à maîtriser les pulsations paniquées de son cœur, et c'est déjà pour elle un bel exploit. La suite viendra bien assez vite...
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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Mar 4 Juin 2013 - 18:13    Sujet du message: Do you hear me? [PV Julian] Répondre en citant

A priori, elle ne l'avait pas entendu venir. C'en était bien plus difficile de l'approcher de ce fait, car il était difficile de ne pas faire un minimum sursauter la personne lorsqu'elle s'attend à être seule - même si elle pense être accompagnée d'une instance supérieure sachant la guider. En tous les cas, il n'avait pas trop le choix, car déjà ses pas résonnaient dans la vaste pièce. La jeune femme manqua de faire tomber la bougie qu'elle avait pris dans ses mains, surprise de le voir là, d'autant plus lorsqu'il commença à parler. Cette jeune fille avait vraiment l'air égarée, que ce soit géographiquement comme psychiquement. Oh, il n'irait pas jusqu'à dire qu'elle semblait limitée, ça, il ne le saurait qu'en parlant un peu avec elle et dans d'autres circonstances. Non, il entendait simplement par là qu'elle semblait ne plus savoir que faire pour retrouver un semblant de sécurité dans cette ville qui devait lui paraître hostile. A qui ne l'avait-elle pas paru au premier abord d'ailleurs ! Pour Julian, s'était très spécial, il était le seul et l'unique chef que les Brainstormers n'aient jamais connus, ayant été là à la fondation de cette ville. Mais il avait sans aucun doute vécu également un traumatisme au moins égal à ce que la jeune femme devait ressentir. Il éprouvait réellement de la peine à la voir ainsi.

S'asseyant à ses côtés, il remarqua que la jeune femme le dévisageait brièvement, analysant son physique, sa posture, sa gesture, son visage. Elle le faisait comme si c'était la première fois qu'elle voyait un jeune homme, bien qu'il n'eut douté que cela fut une simple impression. Néanmoins, sa manière de procéder était quelque peu... dérangeante ? Il n'avait pas trop l'habitude de se faire dévisager pareillement, du moins pas dans une situation qu'il n'aurait pas causé de lui-même. Julian analysa également - de manière un peu plus discrète certes - le physique de la jeune femme. Elle devait être de taille moyenne, un peu plus petite que lui sans doute, de longs cheveux blonds qui encadraient délicatement un visage pur, d'une peau peu bronzée. Elle était vêtue de manière adéquate pour la saison, bien que les tissus semblèrent un peu fin à Julian. Mais le plus frappant, sans doute, était cette larme dessinée sur son visage. Voilà qui n'était pas commun et qui devait sans aucun doute mettre en avant une forme de tristesse assez avancée. Que s'était-il passé dans sa vie pour qu'une telle chose se produise ? Même s'il mourrait d'envie d'en savoir plus, sa patience saurait refroidir cette bouillante curiosité pour l'heure.

De manière un peu hésitante, puis mécanique, la jeune femme se saisit du sandwich qu'il lui tendait. C'était encourageant, au moins lui faisait-elle assez confiance pour accepter ce modeste présent. Il serait cependant intéressant de savoir si elle lui faisait confiance, ou si elle avait trop faim pour se préoccuper de cela. Ce point resterait encore flou quelques temps, mais il espérait bien pouvoir gagner la confiance de la demoiselle pour lui faciliter son arrivée à Pseudo City. Il ne savait que trop ce qui arrivait aux âmes égarées dans cette ville. En général, elles n'avaient qu'au grand maximum 72h à vivre. Après cela, si elles ne trouvaient aucune aide, elles périraient ou - plus récemment - se feraient engager par les multiples petits réseaux de distribution de drogue, pour finir d'une manière très peu recommandable. Il chassa cette idée de sa tête et revint à leur discussion naissante. Elle venait enfin de dire sa première phrase. Ce n'était pas grand-chose, mais au moins, le silence était rompu ! Par contre, cette fille souffrait-elle de schizophrénie pour parler d'elle à la troisième personne ? Rien n'était moins sûr. Inutile cependant de tirer des conclusions trop hâtives, ou encore de refuser de lui apporter l'aide dont elle avait visiblement besoin. Il sourit de manière compréhensive et expliqua:
- Je vous comprends bien, vous n'êtes pas la seule à vous trouver dans telle situation... nous avons tous passé par là, un jour, et nous essayons de faire en sorte que ça n'arrive plus... mais c'est très compliqué. Alors nous oeuvrons pour offrir aux nouveaux arrivants ce dont ils ont besoin, et une vie alternative, en quelques sortes.

Julian laissa un silence s'installer entre eux afin d'être sûr que la jeune femme ferait attention à ce qu'il dirait. Il n'était pas recommandable de brusquer une personne dans son cas, car elle pouvait avoir un comportement très aléatoire. Et l'aléatoire, ce n'était bon pour personne. De plus, en laissant un peu de silence s'installer, il s'assurait de ne pas trop la déranger si elle commençait à manger. Manger, avoir peur et écouter attentivement ne font pas bon ménage. Il inspira à nouveau puis reprit la parole:
- Je ne veux pas m'imposer, toutefois j'ai des réponses à vos questions si vous en souhaitez. Je peux aussi vous obtenir un toit pour cette nuit... ainsi que les prochaines. Entre adolescents rejetés, on doit se tenir les coudes, pas vrai ?

Marquant une nouvelle pause, il réfléchit à la manière de procéder pour ne pas trop la bousculer. Après tout, elle semblait être en forme, mais manquait d'énergie dû à une alimentation sans doute négligée récemment. Il était difficile de savoir si elle allait rester là, à tenir sa bougie et son sandwich, ou si elle allait partir en hurlant et en lâchant tout par-terre.
- Vous êtes ici à Pseudo City, dans le quartier Est, pas très loin de la frontière avec le Nord. Ce que je vais vous dire peut paraître prétentieux, mais je peux vous assurer que vous êtes en sécurité ici avec moi. Je n'ai peut-être pas l'air très coriace à première vue, mais j'ai suffisamment de ressources pour éloigner les problèmes de vos épaules un moment, le temps que vous soyez apte à voler de vos propres ailes.

En terminant sa phrase, il afficha un sourire convaincu et regardant la jeune femme. Elle avait précisément besoin de gommer toutes ces questions qui devaient se bousculer dans sa tête et oublier ses soucis, l'espace de quelques jours, pour pouvoir retomber sur ses pieds. Julian espérait pouvoir donner ce petit quelque chose à la jeune femme, sans forcément attendre quoi que ce soit de particulier en retour, comme il était à son habitude de procéder.
- Je serais enchanté de faire plus ample connaissance avec vous, Roxanne, si vous m'en laissez la possibilité. Si je ne vous semble pas digne de confiance, vous êtes libre de vos mouvements. Cherchez alors le chef de l'Est: Shinji Maeda. Il saura vous aider lui aussi.

Julian attendit un moment puis esquissa un mouvement pour se relever, cherchant par là à avoir une confirmation que la jeune femme souhaitait - ou ne souhaitait pas - avoir de la compagnie. Si elle ne réagissait pas de quelque manière que ce soit, il s'en irait sans mot dire, sans rancune.
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Roxanne Valay
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MessagePosté le: Jeu 6 Juin 2013 - 19:58    Sujet du message: Do you hear me? [PV Julian] Répondre en citant

Le jeune homme reprend la parole, et sa voix a quelque chose d’apaisant. Ce flot continu que Roxanne essaye d'assimiler la calme un peu, alors que son cerveau arrive à se concentrer sur autre chose que son ventre vide. Il fait une pause. A vrai dire, elle n'arriverait même pas à répéter ce qu'il vient de dire. Elle reste interdite un moment, les yeux dans le vague. Puis continue le sandwich, comme si personne n'était à ses côtés pour lui parler.


La voix masculine résonne à nouveau et les mots cheminent maintenant plus rapidement à l'esprit de la jeune fille, car c'est ce dont elle avait besoin d'entendre.


J'ai des réponses à vos questions si vous en souhaitez.


Oh oui qu'elle en souhaite. Elle a mille questions. Mille choses à apprendre, à voir, à savoir. Mais jamais elle n'osera. Même s'il est si poli et prêt à l'aider, Roxanne est encore trop timide. Il propose aussi un endroit pour dormir, et ça, quand le moment sera venu, elle est sûre de trouver le courage de lui redemander. Car dormir dans la rue, elle le fera si elle n'a pas le choix, mais dans cette ville qu'elle connaît si peu, elle ne fermerait pas l'oeil de la nuit, tellement l'angoisse la prendrait aux tripes. Alors oui, un lit, même s'il n'est pas douillet, un toit, même s'il est troué, mais au moins quatre murs et une porte. Verrouillée. Elle le redemandera.


Entre adolescents rejetés, on doit se tenir les coudes, pas vrai ?


Elle n'ose pas répondre, et puis la réponse qui doit tomber sous le sens n'est pas forcément sa façon de pensée actuelle. La gamine voit plutôt chaque individu ici comme elle a toujours vu son cousin. Poings en l'air, rictus effrayant, sang, violence, mort. Elle tord ses lèvres dans un sourire misérable vers Julian. Il prendra sans doute ça pour un acquiescement de politesse, et ce sera parfait. Se serrer les coudes. D'accord, donc il faudrait qu'elle cherche des personnes dignes de confiance ? Des gens qui seront prêts à l'aider et qui en attendront autant d'elle, sans doute ? Soit... Il faudra y penser...


Julian continue à nouveau. Cette fois, il parle de la ville. L'attention de Roxanne est complète. Elle réussit même à le regarder dans les yeux plus une bonne fraction de seconde avant de baisser la tête à nouveau, essayant de ne pas trop rougir. En sécurité avec lui ? Vraiment ? Était-ce à ce point l'envoyé de dieu pour qu'il se prit pour un ange ? Alors soit, elle est prête à le croire. De toutes façons, la gamine docile et influençable est prête à croire quiconque lui dira une bonne parole, au point où elle se trouve aujourd'hui. Elle ne sait plus vraiment faire la différence entre ce qui sera risqué pour elle, dangereux, ou plutôt bénéfique. Il lui faut suivre un chemin, elle prendra le premier qu'on lui propose.




Je serais enchanté de faire plus ample connaissance avec vous, Roxanne, si vous m'en laissez la possibilité. Si je ne vous semble pas digne de confiance, vous êtes libre de vos mouvements. Cherchez alors le chef de l'Est: Shinji Maeda. Il saura vous aider lui aussi.


Les paroles la touchent en plein cœur. Pourquoi ? Allez savoir. Ce n'est qu'une formule de politesse si on y regarde bien. Et pourtant. Dans l'état émotif où elle se trouve, la moindre marque d'attention la trouble. Elle pique donc le fard du siècle, en cherchant à faire disparaître son visage entre ses épaules et ses cheveux en bataille. Mais alors il la guide vers une autre personne. Elle n'est pas sure de comprendre pourquoi. Réussit-elle à se rappeler ce qu'il a dit exactement entre ''connaissance'' et ''chef de l'Est'' ? Hmm... Non.
Elle ne veut pas ! Pas quelqu'un d'autre ! Pourquoi irait-elle parler à un inconnu ? Son cœur déjà palpitant de la dernière émotion s'affole de plus belle et ses yeux clairs se posent sur le visage face à elle, fronçant un peu les sourcils. Et puis comment pourrait-elle trouver ce Shinji, d'abord ?! Hein ? Elle n'y connaît rien ici.


Le voilà qui se fait mine de se lever. Le cœur de la jeune fille rate un battement et le vide dans sa poitrine atteint son esprit. Si elle le laisse partir, elle sera à nouveau seule. Abandonnée et livrée à elle même. Elle ne peut pas laisser faire ça.
Le geste est vif. Son bras a obéi à son instinct plutôt qu'à sa réflexion. Et quand elle se rend compte que ses doigts frôlent le bras du jeune homme, Roxanne le retire aussi sec et cherche à s'excuser.


Pardon... Attendez... Vous allez dans la ville ? Roxanne a un peu peur de sortir d'ici seule... Mais Roxanne est apaisée par ce lieu. Restez encore un peu... S'il vous plaît.


Finissant sa phrase dans un souffle, elle ne sait s'il va accepter. Et là encore, ça tiendrait largement du miracle. Il a sans doute sa vie, des tonnes de choses à faire en tant que chef de clan, donc pas de temps à perdre avec une gamine. Sinon il ne l'aurait jamais dirigé vers quelqu'un d'autre. Elle se sent un peu misérable d'avoir cherché à le retenir, même si elle l'a fait sans s'en rendre compte. Maintenant, s'il refuse, elle se sentira honteuse pour la vie. Plus jamais elle ne le regardera en face. Déjà qu'elle n'a réussi qu'une fois...
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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Ven 14 Juin 2013 - 10:46    Sujet du message: Do you hear me? [PV Julian] Répondre en citant

Les réactions de la jeune femme étaient peu prévisibles, ce qui ne confortait pas Julian dans la ligne directrice à suivre. En principe, lorsqu'il parlait à des personnes, il arrivait assez facilement à déterminer le profil psychologique de celles-ci et adaptait son discours en conséquence. La manipulation qu'il était capable d'exercer sur ses "victimes" était d'ailleurs issue de cette technique de reconnaissance de réactions. Comprendre la personne était vital pour exercer son art comme il le faisait. Bien sûr, il y avait d'autres techniques, mais il n'y accordait pas beaucoup d'importances. C'est dans ces moments-là qu'il regrettait de ne pas savoir appliquer d'autre technique. Roxanne était présentement dans un état qui ne lui permettait pas d'identifier correctement son caractère. Il était alors impossible pour lui de déterminer comment se comporter sans la blesser, la froisser, l'énerver ou provoquer tout autre sentiment non désiré. Chaotique, voilà le profil qu'il détestait le plus, car il était imprévisible.

Se lever avait été pour lui la seule issue qu'il voyait pour comprendre un peu mieux si cette jeune femme était réellement perdue mais avait besoin d'aide, ou si elle n'en voulait tout simplement pas. Après tout, il s'était vulgairement imposé et avait ouvert la conversation sans savoir si elle en désirait réellement. Peut-être voulait-elle simplement rester seule, se débrouiller par ses propres moyens, même si ce n'est pas franchement conseillé à Pseudo City... ou alors faut-il au moins paraître ou être plus fort. Il ignorait trop de variables dans leur conversation, cela ne lui plaisait pas. Lorsqu'il se leva, il sentit la main de la jeune femme frôler son bras. Un léger sourire illumina le visage du Brainstormer, qui interrompit son geste et se rassit. Ainsi donc elle souhaitait de l'aide, il en était maintenant sûr. Bien que cela eut semblé évident, cela pouvait ne pas l'être réellement. La jeune femme lui demanda de rester encore un peu. Se rasseoir était un geste évocateur d'acceptation, mais aussi préférait-il le préciser par lui-même.
- Bien sûr, je comprends, je veux bien rester un peu encore. Et si vous avez besoin d'aide, soyez sûre que je ne vous laisserai pas tomber si facilement. Oh... oubliez ces excuses, vous n'avez rien fait de mal, vous savez ? Vous avez au contraire eu la gentillesse de m'avouer ce dont vous aviez réellement besoin. Il n'est pas possible de mentir avec son corps. L'instinct est toujours franc.

Julian se voulait rassurant, même s'il venait d'expliquer indirectement à la jeune femme qu'il l'avait analysée pour, quelque part, la manipuler en douceur. En somme, il n'avait rien fait de mal, mais avait simplement aidé Roxanne à passer par-dessus sa timidité qui semblait plutôt maladive. Rien que le fait de parler à la troisième personne du singulier lui faisait penser à cela. Elle ne voulait pas accepter l'image que les autres se faisait d'elle, alors elle se créait un personnage. Du moins, c'était là la conclusion de l'analyse rapide de Julian. Ne souhaitant pas interrompre la conversation là, il continua, incitant la demoiselle au contact:
- Voudriez-vous bien m'expliquer les conditions de votre arrivée ici, depuis combien de temps vous errez ? Si ce n'est pas trop indiscret... sinon je serai ravi de parler d'autre chose. Je souhaite simplement dissiper un peu cette timidité qui semble vous étouffer. J'ai aussi été timide, dans le passé, je comprends donc bien cette sensation qu'est la vôtre en ma présence. Ne vous inquiétez pas, je n'ai jamais mordu personne.

Julian laissa échapper un petit rire discret, espérant détendre un peu l'atmosphère.

[HJ: Encore désolé pour le retard Sad]
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Roxanne Valay
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MessagePosté le: Ven 21 Juin 2013 - 13:52    Sujet du message: Do you hear me? [PV Julian] Répondre en citant


Show me how to live and promise me you won't forsake



Le jeune homme se rassoit à côté d'elle. Elle ne le montre pas et garde le visage à demi baissé, mais au fond d'elle, elle sent que l’inquiétude de se retrouver à nouveau seule disparaît. Il est pour l'instant son seul lien avec la réalité dans laquelle elle a été forcée de plonger. Il lui faudra ne pas trop insister. Sans doute avec son rôle dans la ville, il doit être une personne très occupée. Mais pour l'instant, il accepte de lui donner un peu de son temps, et elle lui en sera à jamais reconnaissante. Même si avec le peu de moyen qu'elle possède, lui rendre la pareille lui semble actuellement impossible.


- ...la gentillesse de m'avouer ce dont vous aviez réellement besoin. Il n'est pas possible de mentir avec son corps. L'instinct est toujours franc.


Alors il la trouvait ''gentille'' lui aussi ? Dans la bouche de sa tante et ses cousins, ce mot n'avait rien de ben reluisant. Au contraire. Mais dans la voix de Julian, rien de méchant. Juste neutre, à ce qu'elle arrive à définir.
La suite de la phrase la trouble un peu. Que veut-il dire par là ? Parle-t-il de ce qu'elle a dit pour le retenir, ou de sa main ayant frôlé son bras ? Cela signifie-t-il que le moindre de ses gestes va être interprété ? Déjà qu'elle est timide et maladroite, il ne manquerait plus que ça pour rajouter à son embarras permanent.


Maintenant, il lui pose des questions sur elle. Sur son arrivée. Il faut qu'elle rassemble son courage pour parler. Son léger rire arrache à la gamine un sourire timoré. Toutefois, il n'en faut pas moins pour évacuer un peu plus de la nervosité qui embrouille encore son esprit. Alors elle se lance dans quelques explications.
Ça oui, pour être timide, elle l'est ! Et c'est avec une pointe de plaisir qu'elle apprend que ce jeune homme qui semble si sur de lui l'a été aussi un jour, même si elle a du mal à y croire, pour l'heure.


- Roxanne vient d'arriver. Peut-être depuis une heure. Peut-être cinq. Elle a 16 ans aujourd'hui, alors sa famille la rejetée. Elle n'a que ça qui lui appartient...


Joignant le geste à la parole, elle essaye d'attraper le vieux sac rafistolé qu'elle a posé à ses pieds. La bougie tombe pour de bon cette fois et roule sous les bancs. Tant pis, elle ira la chercher plus tard. Pour l'instant, elle fait mine de fourrager dans son sac où ne se trouvent que quelques vêtements qui lui vont à peine, son précieux maquillage qui commence à sécher d'être depuis trop longtemps ouvert et quelques vieux livres dont elle ne pourra jamais se séparer, ayant pour marque-page la photo de son père. Enfin, elle trouve ce qu'elle cherche. Un billet. La somme est dérisoire, mais c'est tout ce qu'elle a réussi à voler avant de s'enfuir. Elle ne le prendra pas mal s'il se moque d'elle. C'est son quotidien depuis tellement longtemps qu'elle n'y fait même plus attention. Mais même sans lui donner plus d'attention que ça, si seulement il acceptait de la guider un peu... Ce sera pour elle le plus beau des cadeaux.


Alors elle ose le demander. Tremblante devant son audace, sa bouche s'articule presque contre son gré :


- Vous voudriez bien montrer à Roxanne comment on vit ici ? Vous êtes le chef. Vous devez savoir...


Elle a osé. Elle lui a demandé. En réfléchissant à ses paroles, elle se rend compte qu'elle n'est sans doute pas en droit de faire la moindre demande. Alors son sac glisse de ses genoux, renversant une partie de son contenu à leurs pieds. Là, dans un geste catastrophé, Roxanne se penche pour ramasser le résultat de son étourderie et se confond en excuses autant qu'elle pourra en débiter dans une voix rapide et confuse, les joues en feu.
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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Dim 30 Juin 2013 - 11:40    Sujet du message: Do you hear me? [PV Julian] Répondre en citant

La demoiselle sembla se détendre quelque peu lorsqu'il se rassit à ses côtés. Avait-elle tellement peur de se retrouver seule qu'elle en viendrait à le supplier de ne pas partir, alors qu'elle semblait si timide et débrouillarde ? Voilà qui était étrange comme comportement, mais intéressant. Cette jeune femme devait avoir beaucoup de mal à s'être séparée du monde des adultes - certains éprouvaient de la peine, d'autres de la joie et enfin une infime partie qui n'en avait que faire - et devait se sentir perdue. Une victime idéale pour n'importe quelle brute, dealer ou proxénète. Heureusement qu'il avait passé par-ici et qu'il s'était senti obligé d'entrer pour se souvenir d'Harmony, sinon sans doute Roxanne aurait-elle été perdue pour de bon. Enfin, un autre âme généreuse aurait également pu passer et la sauver, mais bon, personne ne le saurait jamais.

Finalement, la jeune femme se mit à parler d'elle. "Enfin !" dira-t-on ! Une victoire en soi pour Julian qui savait combien les timides étaient difficiles à apprivoiser. Certains ne faisaient pas confiance à n'importe qui, d'autres n'avaient simplement pas le courage de s'exprimer à voix haute, peu importe la catégorie, ils étaient toujours difficiles à cerner. Mais là, voilà qu'elle s'ouvrait un peu, un véritable bonheur. Julian sentit une pointe de satisfaction chauffer son coeur alors que les mots fusaient pendant quelques instants. Elle venait d'arriver et comme tant d'autres, elle avait été rejetée. Elle faisait donc partie de la majorité d'enfants qui s'étaient fait expulsés par leur propres parents. Comment les pardonner par la suite ? Julian n'y avait jamais songé, ayant lui-même été plutôt défendu par ses parents contre l'autorité de la ville qui voulait les séparer. Un peu gêné par la réponse que la jeune femme venait de donner, il baissa un peu les yeux et déclara:
- Je suis désolé, ça n'a pas dû être facile pour vous... beaucoup de jeunes ici sont dans votre cas, malheureusement.

Roxanne attrapa son sac dont la vétusté faisait penser à Julian que soit cette enfant n'était pas très gâtée, soit qu'elle venait d'une famille pauvre. Elle farfouilla un peu dedans pour en sortir quelques éléments, dont des vêtements, une photo, des livres et du maquillage. Finalement, elle sortit presque fièrement un billet qui, malgré sa faible valeur, semblait compter à ses yeux comme un trésor perdu. Voilà donc ce qu'il avait devant lui. Une enfant pas très gâtée, sans le sou et dans une sale situation. Comment pouvait-il faire, dès ce moment, pour ne pas lui apporter son aide ? Cela aurait relevé du crime à ce niveau-là. Il sourit à nouveau, un peu gêné par la situation de la jeune femme alors que lui-même n'avait jamais été aussi pauvre.
- Je veux bien vous montrer comment l'on vit à Pseudo City, très volontiers même. Si vous m'en laissez l'occasion, j'aimerais aussi vous aider à surmonter cette étape. Je ne veux pas que vous pensiez que j'éprouve de la pitié, mais j'aimerais vous offrir une chance d'avoir une vie meilleure, vous donner confiance en vous.

Julian paraissait soudainement plus sûr de lui. En fin de compte, s'il ne l'avait pas été, comment aurait-il pu insuffler quoi que ce soit de positif à la jeune fille à ses côtés ? Il reprit, pour clarifier sa pensée:
- Nous irons vous trouver un toit digne de ce nom et vous trouverons sans doute un emploi pour que vous puissiez vivre décemment. Si vous connaissez la valeur du travail, alors jamais vous n'aurez faim ici. Cela vous convient-il ? Oh, et je suis près à parier que l'on peut trouver d'autres merveilleux ouvrages comme ceux-ci, si vous appréciez la lecture à ce point.

Le chef de clan désigna les quelques livres que la jeune femme transportait avec elle. De toute évidence, elle avait des goûts très intéressant et il savait exactement comment rassasier sa soif de lecture: La bibliothèque du quartier des Brainstormers était de loin la source la plus importante de livres de la ville.
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Roxanne Valay
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MessagePosté le: Sam 13 Juil 2013 - 19:14    Sujet du message: Do you hear me? [PV Julian] Répondre en citant

Il voit les affaires s’étaler au sol, puis remarque les livres mais il ne se moque même pas d'elle. Ça la laisse pantoise un instant. Les personnes comme lui existent ailleurs que dans les romans ? Impossible. Et pourtant. Pas le moindre rire, pas même un tout petit sourire narquois. Juste de la gentillesse, de la franchise. Sans parler qu'il définit ses livres comme ''merveilleux''... Ha mais oui ! Elle comprend ! C'est un fou. Un homme absolument pas normal. Un être venu d'une autre planète. Ou alors un ange, oui, ça rejoindrait l'idée de départ. Dieu est bon, et miséricordieux. Jamais un ange ne pourrait se moquer d'une fidèle, n'est-ce pas ?


C'est donc tant bien que mal qu'elle rassemble ses affaires et les fourre dans son sac avant d'essayer à nouveau un sourire timide vers Julian. Elle ne s'en croit pas capable, et pourtant, l’apaisement qu'il a réussi à établir entre eux participe à sa réussite. Un demi rictus fend alors le visage blafard de la gamine. Elle doit très certainement passer pour quelqu'un de pitoyable à ses yeux et c'est peut-être ce qui attire sa pitié. Mais peut-être un jour réussira-t-elle à lui montrer une autre facette d'elle-même. Si toutefois une autre facette existe en elle. Elle s'est engagée à trouver les forces en elle pour continuer, alors elle lui demande d'abord de la guider vers un travail. Elle saura devenir indépendante. De toutes façons elle n'a pas le choix si elle veut survivre ici décemment. Et elle y mettra toute sa bonne volonté !


Il semble d'accord, alors elle se lève, va ranger la bougie et revient le plus tranquillement possible vers lui. Ce petit interlude a permis à Roxanne de reprendre le dessus de sa respiration, de ses rougissements successifs et de son moral qui joue le yoyo. Elle réussit à se présenter à lui aussi naturelle qu'elle en est capable et même à garder la tête haute. Maintenant elle peut le suivre hors de ce temple qui était pour elle le seul lieu paisible au milieu de la tempête qui est née dans sa tête. Maintenant elle a une espèce de bouée pour la guider vers un rivage un peu plus paisible. Un lieu rien qu'à elle, pour vivre, ce sera tellement génial ! Des amis ? M'ouais, pas de désirs trop intempestifs. Les amis, c'est comme tout, faut se bagarrer pour en avoir des vrais, et puis Roxanne est mieux seule. Des fois elle s'invente une personne à qui elle parle, pour pouvoir alléger sa solitude. Mais jamais rien de mieux qu'aller papoter un eu avec la statue crucifiée qu'elle est en train de quitter pour suivre ce garçon.


D'ailleurs, ce garçon, il a l'air étonnamment joyeux. Pourtant, un lieu de culte n'est pas un endroit où l'on vient pour partager un verre après le travail et partager les moments drôles de la journée. De plus, il ne semblait pas aussi ouvert au début de leur conversation. Roxanne ne peut pas même une seconde envisager que ce soit le cas. Elle met donc cela sur le caractère plutôt aimable du jeune homme.
Julian. Elle se répète encore ce nom qu'elle ne veut pas oublier. Comme un mot magique pour évoquer le sort. Le bon. Julian. Sa première rencontre. Une bénédiction.


Non, sans doute n'aura-t-elle jamais le courage de lui avouer cette idée. Et qui sait, cela pourrait changer à l'avenir. Pour l'instant c'est lui sa bouée, et elle compte bien y rester accrochée encore un moment.
Parle-t-il ? Elle n'entend pas. Son esprit vaque loin d'eux. S'il l'a regarde à ce moment, il verra qu'elle regarde le sol en le suivant. Le décors l'importe peu quand ses pensées sont à des années lumières. Il pensera sans doute qu'elle l'écoute mais qu'elle est trop timide pour le regarder, s'il est en train de parler, malheureusement, il devrai répéter plus tard si c'est important, car elle a décroché. Roxanne n'est plus là.


Un cailloux accroche sa chaussure et elle manque de tomber, se rattrapant de justesse au bras de Julian.


« Pardon. Roxanne est maladroite »


La phrase sort naturellement. Comme une vieille mélodie trop entendue qui ressort au moment opportun. La chaleur du bras atteint sa main et elle se rend compte du contact qu'elle rompt promptement. A nouveau elle rougit. Au moins est-elle revenue sur terre. C'est là qu'elle découvre qu'ils sont en plein milieu de la rue... De nulle-part. Elle panique presque. Ses yeux s'agitent et cherchent partout, perturbés. Son cœur s'emballe. Puis Julian est à nouveau dans son champs de vision. L'ange salvateur, avec son sourire paisible.


Tout va bien. Elle peut continuer à le suivre...







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MessagePosté le: Dim 21 Juil 2013 - 20:20    Sujet du message: Do you hear me? [PV Julian] Répondre en citant

La jeune femme sembla un instant montrer quelques signes de joie à l'idée d'être aidée et se "déridait" un peu émotionnellement parlant. C'était bien plus qu'un cadeau pour Julian, plutôt une sorte de victoire personnelle envers la timidité. Le chef de clan était soulagé de savoir qu'il avait réussi à gagner un peu de la confiance - très difficile à obtenir de la part des gens timides - et il ne souhaitait pas s'en arrêter là. L'aider devenait une priorité. Non pas, comme il l'avait évoqué brièvement plus tôt, qu'il considérait Roxanne avec de la pitié. C'était plutôt une sorte de défi pour lui et peut-être aussi l'envie subite de réaliser une bonne action pour rattraper certains de ses pêchés passés, comme cette fâcheuse histoire avec sa relation avec Alexis, ou alors encore la manière odieuse de laquelle il avait délaissé Harmony. Derrière un homme bon se cache généralement quelque chose de noir, mystérieux et malsain. Une petite boîte qu'il ne fallait pas toucher au risque de faire ressurgir des pulsions envers l'imprudent qui aurait mis celle-ci à jour. Le meurtre n'en était d'ailleurs pas souvent très loin, comme il l'avait si brillamment prouvé en tentant d'assassiner une jeune femme colporteuse d'informations critiques. L'affaire avait été étouffée de justesse grâce à des alliés inattendus, mais trop de gens dans cette ville connaissaient la vérité pour qu'il se permette de revenir s'exposer trop, n'importe où.

Roxanne revint gentiment vers lui, le son de ses pas le tirant de ses pensées. A son tour, il se leva et devança la demoiselle pour sortir dans la rue. Ils avaient un peu de chemin à faire jusqu'au quartier Nord, mais cela ne semblait effrayer ni l'un, ni l'autre. Alors qu'ils déambulaient dans cette ville qui semblait si peu conviviale à Roxanne, Julian détaillait quelques éléments architecturaux, agrémentant quelques fois ses récits d'histoires un peu abracadabrantes qu'il avait vécues dès son arrivée ici. Il s'assurait de temps à autres que la jeune femme le suivait toujours et remarqua qu'elle ne parlait pas beaucoup, qu'elle semblait même l'ignorer. Il ne s'arrêta pourtant pas de parler, ne voulant pas déranger la jeune femme avec un silence pesant.
Soudain, un bruit de raclement l'interrompit, comme une semelle que l'on traine sur les pavés. L'instant d'après, il sentait le poids - bien que très raisonnable - de la jeune fille s'accrocher à son bras pour éviter une chute malencontreuse. Instantanément, comme un robot, elle s'excusa platement de sa maladresse. Cet excuse sonnait d'une part extrêmement faux aux oreilles de Julian, mais l'écorchait au plus profond de lui. Cette jeune femme - il n'en avait pas de doutes - avait été maltraitée pour entrainer de tels réflexes. Ce serait difficile de la rendre plus confiante après une enfance comme celle qu'il entrevoyait de la demoiselle.

Au moment où le chef de clan allait se retourner pour lui demander si elle allait bien, la jeune femme avait déjà rompu le contact charnel et rougissait. Elle sembla également perturbée un instant par leur présence dans la rue, comme si elle craignait les gens qui les entouraient. Il sourit, cela sembla l'apaiser un peu.
- Je remarque que vous êtes surtout très profondément enfouie dans vos pensées, sinon vous auriez évité ce caillou. Mais je ne vous en tiendrai pas rigueur, mes récits ne sont sans doute pas les plus intéressants, je m'emporte facilement et... je me perds également dans mes pensées régulièrement.

Julian tendit le bras à la jeune demoiselle et eut un nouveau sourire avant de reprendre:
- Tenez-moi le bras, vous éviterez ainsi une prochaine frayeur. Et puis, avant que vous ne réagissiez, je tiens à préciser que je serais très heureux que vous m'accordiez cette requête, et que le contact physique ne m'effraie pas ni ne m'indispose. Je vous prie...

Tenant toujours le bras légèrement levé, à la disposition de la jeune femme, il attendit sa réaction. Ils repartirent ensuite de plus belle pour arriver, quelques minutes plus tard, devant un petit bar. Julian passa devant, ouvrit la porte et, par courtoisie, laissa Roxanne pénétrer en premier à l'intérieur. Le bar était presque vide. La fin de la journée approchait à grands pas mais l'heure de pointe n'était pas encore là avant le début de la nuit. Julian s'avança à la hauteur de la demoiselle et précisa:
- Je vais aller vous chercher le patron. Il vous offrira sans doute un emploi temporaire que vous pourrez rediscuter. Si cela ne vous plaît pas, vous pourrez ensuite aller travailler ailleurs, rien ne vous en empêchera. Ensuite, nous passerons à la bibliothèque, j'ai quelques ouvrages à vous faire découvrir, si ça ne vous dérange pas.

Un grand sourire, puis il s'en fut trouver le patron.

Suite: http://pseudocity.webrpg.info/t539-Le-savoir-ne-se-trouve-pas-toujours-dans…
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:05    Sujet du message: Do you hear me? [PV Julian]

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