Pseudo City Index du Forum
Pseudo City: Chapitre 2 - Dégats collatéraux
 
Pseudo City Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion

Croquée.
Aller à la page: <  1, 2
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Pseudo City Index du Forum -> Quartiers ouest -> Quartiers ouest
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Refael Heydon



Inscrit le: 25 Mai 2013
Messages: 72

MessagePosté le: Ven 2 Aoû 2013 - 00:21    Sujet du message: Croquée. Répondre en citant

Revue du message précédent :

Jamais elle sourit, c’est dingue. Le vrai sourire, celui qui vient du cœur et vous transforme le visage par un témoignage brut et sans détour d’une joie ou d’une surprise qui vous bouleverse. Ses traits restent de marbre, son attention neutre entièrement dévouée à ce qu’il lui rétorque en pensant honnêtement la pousser dans ses retranchements et voir se fermer les portes d’une vie luxueuse, plus luxueuse en tout cas que ce qu’il a traversé pour arriver là. Elle est là sans l’être vraiment. Elle est plantée face à lui, à l’endroit même où il a lâché sa main, son corps et son esprit rivés sur les mots qu’elle reçoit en retour de son offre, totalement réfractaire à la plus insignifiante des émotions qui pourrait se dévoiler sur son visage sans qu’elle l’ait préalablement accepté. La plus coriace des chefs d’entreprise à laquelle il ne faut pas se frotter sous peine d’être viré sans délai, alors qu’elle n’a pas dépassé la vingtaine. Se heurter à elle, il l’ose pourtant. Il décharge sans tact ni pincettes les doutes et méfiances que la proposition fait naître en lui, ado à la ligne de conduire inverse de celle qu’a choisi de suivre son interlocutrice. Il s’illustre par sa franchise, ses mots qu’on ne dit pas à une quasi inconnue qui nous promet logement et tranquillité, si on n’a pas une parfaite indifférence à ce que les autres peuvent penser de nous, tant qu’on assume ses actes et qu’on est au clair avec ses choix et sa conscience morale. Plus il parle, plus il doute de la voir frémir, esquisser le moindre lâcher prise, la plus petite preuve que sous cette directrice froide et calculatrice se cache une fille qui peut se laisser surprendre et le reconnaître devant témoin. Et plus il doute, plus il s’emploie à propulser dans ses iris une étincelle de vérité. Et c’est finalement la phrase la plus banale de son monologue qui change tout. Il n’y croyait plus, et la nonchalance de sa constatation l’exprimait bien, mais par son dépit résolu, il la touche et la fait se trahir. Son rire envahit la pièce, si soudain et inespéré que Refael ne peut empêcher ses lèvres de trembler sous la menace d’un sourire nerveux. Il s’imaginait foutu à la porte sans autre forme de procès, mais elle le déstabilise par une justesse qu’il n’attendait plus. Qui lui confirme que même si elle jouait son rôle sans fausse note ni raté, ce n’était qu’un rôle qu’elle ne consent à oublier que maintenant qu’ils sont seuls et que personne ne pourra se vanter d’avoir assisté à la scène. Même sa mise en garde sonne plus réelle que tout ce qu’elle a prononcé jusque là, et si la facétie y est audible, elle n’a rien de comparable avec ce par quoi elle l’a fait passer récemment. Ses évaluations, ses épreuves. Il n’a pas à répondre correctement, il n’a pas à répondu tout simplement, alors il garde le silence, une simple expiration atteste de son amusement lorsqu’il sourit plus franchement, mais une idée germe en son crâne, insidieuse et aux racines déjà trop creusées pour avoir une chance de les arracher sans difficulté. Il veut l’entendre rire, encore. Voir son corps être lui-même et non sous l’influence de neurones trop productifs, craqueler ses défenses et provoquer la même explosion de rire qu’elle vient de lui accorder, le même réalisme qu’il réplique face à ses réflexions constantes. Et pour ça, il n’a que peu le choix, il faudra qu’il s’associe à elle.

L’ado patiente dans le séjour pendant qu’elle dispatche les maigres affaires dans les pièces correspondantes. Il en profite pour observer encore la pièce, s’y voyant déjà à plus ou moins long terme, et le long serait mieux que le court. Ici, il pourrait poser un canapé et une table basse, de quoi se jeter en compagnie de potes pour boire un truc et plus si affinités. Là, il verrait bien une télé, c’est le minimum pour les soirs de fainéantise extrême. Pas besoin de table à manger, il la revendra peut être, la cuisine c’est pas son délire, et le canap' permettrait largement les repas vite fait. Il le verrait bien noir. Ouais, noir ça serait classe. Quoique. Une table, ça peut être sympa aussi pour changer du matelas, dans certaines situations.

Elle revient, il croise les bras et lui fait face, à croire qu’il ne peut pas en détacher le regard dès lors qu’elle se trouve dans la même pièce. Qu’elle a gravi une marche dans l’attention qu’elle s’attirait du jeune homme depuis qu’elle s’est ouverte à lui sans fard ni mascarade. Elle ne dit rien de plus que ce qu’elle lui a déjà affirmé, seule la formulation change, mais le contenu reste le même. La grande différence tient dans le crédit que lui accorde Refael, à présent. Il a sa parole, il n’a que ça, mais il lui fait davantage confiance. Pas assez pour foncer dans ses filets sans protection toutefois, mais suffisamment pour ne plus rejeter l’idée en bloc.

"
Cela dit, ça n'est pas parce que je ne te demande pas plus que tu n'as pas le droit de me proposer plus... "

A nouveau joueuse, à nouveau costumée. L’entracte n’a que trop duré, le rideau s’est écarté, les coulisses tombent dans l’inexistant en même temps que s’élève la grande comédienne, séductrice usant des déplacements comme autant d’attaques pour désarçonner son partenaire de jeu, acteur malgré lui d’un dialogue tant verbal que gestuel. Rarement il aura aussi bien choisi son modèle, œuvre vivante aussi passionnante dans le silence anonyme que dans la découverte d’un opposé complet.

"
Alors, dis-moi. Qu'est-ce que tu veux pour t'assurer que je ne te ferai pas de coups bas ? Surprends-moi. "

Ca ne pouvait pas continuer sans l’affecter. A sentir les mains sur lui et la proximité de ce corps qui discourt aussi habilement que les mots, la proximité de ce visage et de ces lèvres qui agacent ses sens et attise sa perception d’une sensualité admirablement proclamée, à sentir se hérisser les poils de son cou sous la respiration paresseuse, Refael sent s’immiscer en lui les prémices d’un désir sourd qu’il lui faudrait reléguer au placard mais qu’il ne parvient pas à contenir autant qu’il le voudrait. S’ils partent dans ce plan d’indic payé en avantages en nature, la brune serait plus ou moins sa patronne, ou ce qui s’en rapproche, et coucher avec sa patronne ou se pogner le soir en pensant à elle… That’s weird !

Oui, mais c’est un mec, c’est un ado, et c’est aussi un joueur. Un viveur, qui saisit toutes les occasions qui s’offrent à lui pour kiffer au maximum chaque expérience sans pouvoir se dire que s’il avait su, il aurait fait ce qu’il s’est interdit de faire. Mieux vaut des remords que des regrets, et puis c’est elle qui a commencé. Genre. Sans ouvrir la bouche mais montrant un sourire railleur, il avance, forçant la tentatrice à reculer vers la table au rythme que lui imposent ses baskets trop larges. Lâchés le long de son corps dès que la belle a pénétré l'espace restreint de sa bulle protectrice, un bras encercle la taille féminine après que les fesses aient touché le bois où sa deuxième main prend appui, et l’ado ne s’arrête qu’une fois planté entre les talons sur lesquels elle se perche, mais avec lesquels elle doit quand même se hisser pour rapprocher leurs visages. Lui n’a qu’à incliner la tête pour apposer son front sur le sien, plongeant dans le bleu aquatique qui lui sert de prunelles juste trois secondes, après quoi il semble vouloir enfin joindre leurs lèvres, mais suspend son élan avant.

«
Tu m’achèteras pas. » souffle-t-il contre sa bouche, passant sous silence la voix dans son esprit qui lui rappelle que justement, c’est ce qu’elle fait. Mais c’est historie de dire, et puis, c’est pas comme s’il devait assouvir ses besoins sexuels en contrepartie. Rien à voir. Il serait déplacé de nier l’avantage d’un tel cadeau, non ?

«
Je t’appartiens pas et ça changera pas. Même quand tu paieras pour moi, même quand t’auras un sale boulot que tu tenteras de me faire faire, je décide de quand j’ai des infos pour toi, tu me harcèles pas pour en avoir entre temps. Si j’ai une question, tu me réponds sans détour, sans enjoliver la réalité ni me cacher des trucs. Même si ça te concerne et que t’en as honte ou que tu veux pas que ça se sache. Je balancerai rien, je serais pas chiant, je te demanderai pas de me raconter ta vie, mais j’aime pas ne pas comprendre un minimum. Je saurais quand tu mens. »

Des lèvres de Liz, les siennes ont poursuivi leur chemin sans se presser le long de la mâchoire de celle qu’il prend le risque de froisser, encore. Donnant donnant. Elle veut se mesurer à lui, il sait ruser aussi. Elle demande sa foi imperturbable, il a d’autres projets en tête. Elle se limitait à son oreille, il frôle maintenant sa clavicule qu’il explore et caresse au gré de ses paroles, et sa main décolle de la table pour faire connaissance avec le corps qu'il emprisonne. Du bout des doigts, il remonte le flanc de la jeune femme, ligne droite et à peine appuyée qui stoppe sa course juste sous la naissance du sein, puis repart après une courte pause vers la hanche où sa paume se cale confortablement.

«
Ah, et tu acceptes les trucs que moi je te propose, dans la mesure du possible. »

Donnant donnant. Confiance pour confiance, prise de risques pour prise de risques.
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Ven 2 Aoû 2013 - 00:21    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Elizabeth Hidwell
Haughter

Hors ligne

Inscrit le: 10 Nov 2009
Messages: 1 570
Localisation: A la gauche de Dieu
Féminin Lion (24juil-23aoû)
Point(s) de réputation: 375

MessagePosté le: Sam 3 Aoû 2013 - 19:47    Sujet du message: Croquée. Répondre en citant

La chaleur de ton corps qui s'engouffre dans le sien, échange charnel par le toucher. Tes lèvres glissent un instant sur le lobe de son oreille, ta langue s'en échappe, caresse cette peau blafarde dont le toucher te fait tressaillir. Et tout d'un coup, tu perds le droit de mener la danse, et lui, force ta marche dans tes retranchements. Et c'est ton regard plongé dans le sien que tu te laisses guider, reculant malgré toi jusqu'à heurter doucement cette table contre laquelle tu te trouvais à peine plus tôt. Mais son corps ne se contente pas de ce déplacement, il semble déjà vouloir plus, et alors que tu ne peux plus reculer davantage, lui continue d'avancer, forçant le chemin, comme pour, déjà, ne faire plus qu'un. Et tes jambes s'écartent doucement pour ne pas rejeter ce corps, qui déjà est assez prêt pour que rien ne semble pouvoir s'immiscer entre vous. Un instant, le battement de ton coeur te semble s'être accéléré, ivre de cette parade licencieuse que tu as préludée. Puis plus rien, comme toujours il se calme, comme toujours tu es maître de ce corps qui est tien.
Mais le garçon n'en a pas terminé ma Lily... Il plaque son front contre le tien, et tu sais ses lèvres qui s'approchent, aussi dangereuses que désirées. Mais tu ne le laisseras pas faire, n'est-ce pas ma Lily. Tu ne le laisseras pas faire, parce que le jeu consiste simplement à toucher, attiser, mais jamais assouvir. Et comme s'il lisait dans cet esprit tortueux qu'est le tien, il s'arrête, à la frontière de tes lèvres, sans encore les toucher. Et tu le défies d'aller plus loin, glisses tes mains le long de son torse, plus bas, doucement, lentement.
Tu m'achèteras pas, qu'il te dit. Et tu souris, lascive, parce que tu sais que tu n'en auras pas besoin. Tu l'appâtes pour l'instant, mais il finira comme beaucoup d'autres sans doute: soit une source dormante, qui ne se manifestera pas, soit une de ces sources, fidèle jusqu'aux tréfonds de l'Enfer. Tu as ce pouvoir, ma belle, ce pouvoir dont la Reine Rouge jouit. A la seule différence que tu finis toujours par abandonner ces personnes qui veulent s'attacher à toi comme un chien s'attache à son maître. Lui non plus n'y échappera pas, d'une manière ou d'une autre il sera défait de toi un jour ou l'autre. Et ça n'en sera certainement que mieux pour lui.

« Je t’appartiens pas et ça changera pas. Même quand tu paieras pour moi, même quand t’auras un sale boulot que tu tenteras de me faire faire, je décide de quand j’ai des infos pour toi, tu me harcèles pas pour en avoir entre temps. »

Ta main agrippe la ceinture de son jean, déjà bas sur ses hanches, et tu l'attires vers toi, comme s'il était possible qu'il s'approche plus, et avant qu'il ne change d'avis et ne décide de goûter à tes lèvres, tu repasses ta tête par dessus son épaule, te presse contre lui, glisse ta deuxième main sous cette ceinture et la plaque sans retenue à son entrejambes. Et tu la laisses un instant ainsi, immobile, simplement désireuse de faire des étincelles sans encore déclencher d'incendie.

" Je ne quémande pas quand il s'agit de travail... Sous-entendu sur-entendu. A toi de me donner ce que tu veux, quand tu le veux. "

Et tu retires ces mains libidineuses de leur nouveau foyer, alors que l'étreinte que le garçon exerce sur toi se fait plus graveleuse. Ses propos te parviennent, clairs comme de l'eau de roche, lucide comme si son toucher ne t'affectait pas. Et pourtant il te saisit pareille à un courant d'air chaud, et tu adores ça ma Lily, ce contact physique, ce rapport charnel qui t'es plus que nécessaire, comme vital. Libidineuse petite Lily...

« Si j’ai une question, tu me réponds sans détour, sans enjoliver la réalité ni me cacher des trucs. »

Tu souris, indicible. On va pas s'entendre, trésor, enjoliver la réalité ou la dissimuler, c'est ma spécialité. Mais le mieux n'a pas encore été dit, ma Lily. Tu souris encore. Délicieuse, exultant ce contact et ces conditions auxquelles tu sais déjà que tu ne pourras répondre.
Mais les dernières phrases qu'il te balance te font l'effet d'un coup de couteau. Bien sûr, habituée à dissimuler ce genre de surprise, ton comportement ne change pas d'une once, et tu continues d'attiser ce corps, préparant à l'avance ta riposte. Mais te voilà curieuse, curieuse de savoir pourquoi il veut ce genre de détail. De tous ici bas, il est bien le premier à oser demander dès le premier jour. La personne idéale, n'est-ce pas ? Tu n'avais pas tort, ma douce. Idéal au point qu'il pourrait te prendre à ton propre jeu.

« Même si ça te concerne et que t’en as honte ou que tu veux pas que ça se sache. Je balancerai rien, je serais pas chiant, je te demanderai pas de me raconter ta vie, mais j’aime pas ne pas comprendre un minimum. Je saurais quand tu mens. »

Cette honnêteté que tu aimes tant chez lui... A toi d'en faire montre désormais.
Ses lèvres, sans pouvoir s'attarder sur les tiennes se glissent alors jusqu'à la naissance de ton cou, de ton épaule, et, les yeux clos tu penches légèrement la tête en arrière, l'invitant un dernier instant à se repaître de ta chair. Et ses mains glissent sur ton corps, habituées, comme si elles avaient elles-mêmes moulées ces formes qui sont tiennes. Et tu sens cette excitation doucereuse monter en toi. Oui, ma Lily, il est doué, très doué. Et quelque chose commence alors à t'inquiéter, au moins autant qu'à t'exciter encore. Il te ressemble. Autant dans ses questions que ses réponses. Autant sur le plan charnel qu'intellectuel. Il ne joue pas de détours et de double-jeu, mais il te ressemble à toi, ma Lily, toi, pas cette Elizabeth au sang froid que tu es devenue. Et ces mains qui se hissent jusque sous ta poitrine, caressant pour la première fois cette reine de coeur encrée dans ta peau. Le tissu te semble brûlant, inexistant. Exaltant.
Et le rideau se ferme. Ses mains redescendent sur tes hanches, ta tête reprend son alignement. Ton regard se plonge de nouveau dans le sien, ornant ce visage de porcelaine aux airs déjà plus érotiques, incitées par le toucher, ardent, dévorant, de ce démon.
Tu laisses vos regards se sonder quelques secondes, un frêle sourire cupide trônant sur tes lèvres.
Tes mains se déposent de part et d'autre de toi. Tu te hisses doucement sur cette table, attires la main du bellâtre jusqu'à toi. Tu t'en saisis, la dépose à plat juste sous la naissance de ton cou, lui offrant à peine la naissance de cette poitrine, dissimulée sous un chemisier blanc au décolleté pas désagréable. Et tu glisses ton bras autour de sa nuque, l'attires toujours plus à toi. Tu engouffres ton visage dans le creux de son cou, fais courir tes lèvres sur le blanc de sa peau, ta langue aussi, parfois.

" Un: je ne peux pas te promettre de ne pas emprunter de chemin détournés... C'est ma spécialité, quelque soit le domaine. Par contre, je ne te mentirai pas. C'est d'ailleurs exactement la raison pour laquelle je détourne ou dissimule. A toi de voir ce que tu préfères... Une chance de déceler la vérité, ou la tromperie pure et simple. "

Et tu redresses la tête, observe le don Juan un court instant, t'approches, encore. Et alors que vos visages semblent pouvoir se toucher, tu lui murmures enfin:

" Deux: tu ne sauras de moi que ce que j'accepterai de te dire. Tu pourras poser tes questions. J'y répondrai dans la mesure du possible. Mais si je décide que je ne peux répondre à certaines d'entre elles, tu ne peux pas me demander de revenir sur ma décision. "

Ton regard est plongé dans le sien. Étrangement détaché de cette débauche qui t'étreignait jusqu'alors. Sujet sensible. On ne touche pas à la vie privée de ma Lily. Trop dangereux. Pour elle. Pour lui. Pour le plan. Trop d'enjeux et aucun droit à l'erreur.
Alors ton bras se détache de sa nuque, ta main glisse jusqu'à son torse. Et lentement, doucement, tu le repousses, l'écartes d'entre ses jambes qui sont tiennes et dont il aura eu le temps de profiter. Un dernier sourire, charmeur. Et à l'instar de celui-ci, ton regard se veut encore provocant. Tout n'est qu'un jeu. Voilà le message. Et tu finis par croiser les jambes, les mains en arrière, scellant par la même cet échange charnel, certainement trop court. Et pourtant, ma Lily, même ainsi, tu restes attirante, jouant de la position, jouant de tes expressions.
Et tu continues, attentive à sa réaction, la voix presque tendre, pas tout à fait triste.

" Même si tu me dis que tu balanceras pas... Je pourrai t'accorder la plus totale confiance, ce que je ne voudrai pas que tu saches, tu ne le sauras pas. Ni toi, ni personne. Pour le reste, si tu sais poser les bonnes questions, tu auras tes réponses. Sans détours, sans mensonges. Tu peux en être assuré. "

Similaires. Beaucoup trop. A peine arrivé, et déjà il te séduit et te menace. Autant d'atouts qui le rendent attrayant. Et tu te brûleras peut-être les ailes ma Lily. Mais celui-là, tu veux le garder. Aussi dangereux qu'il soit, c'est ce danger qui fait qu'il est déjà presque indispensable.


_________________
Revenir en haut
Refael Heydon
Haughter

Hors ligne

Inscrit le: 25 Mai 2013
Messages: 72
Point(s) de réputation: 67

MessagePosté le: Sam 3 Aoû 2013 - 23:55    Sujet du message: Croquée. Répondre en citant

" Je ne quémande pas quand il s'agit de travail... A toi de me donner ce que tu veux, quand tu le veux. "

Elle l’interrompt, mais il n’en fait pas état. Il ne réagit pas, on dirait même qu’il n’a pas entendu les mots lourds de sens, lourds d’un sens que la situation éclaire sans erreur possible. A n’importe quel autre moment, à supposer que Refael ne soit pas de ces ados à l’esprit aussi tordu que leur promptitude à dézipper leur futal parce qu’ils sont en compagnie de quelqu’un qui ne demande pas mieux, il aurait pu interpréter sa contradiction autrement, une version plus sage. Mais il est contre elle, il prend appui sur elle, et découvre sa peau et son odeur, aussi enivrantes que l’envie de céder est dangereuse. Pourquoi, ça il ne le sait pas. A vrai dire, il vire toute question de son esprit dès que la main s’invite sous ses vêtements, délicieusement perverse et indésirable. Entourant son excitation déjà trop présente à son goût, trop gonflée pour être ignorée, son bassin collé à celui de Liz dans un simulacre de lien amoureux qu’il n’a aucunement l’intention de réaliser réellement. Bah ouais, mais les hormones et le corps ne se contrôlent pas toujours, et sûrement pas lorsqu’on est la cible des avances non masquées d’une fille, d’une belle fille, qui nous aguiche sans aller jusqu’au bout de ses idées ni avoir l’air de songer à le faire. Elle l’a cherché, elle a gagné, et la gêne de se sentir ainsi démasqué n’est rien à côté du vide qui envahit son esprit, toute son attention rivée vers cette main qui le presse, et son membre qui y répond par un tressautement unique, parce qu’à un moment, il fait la connerie de se demander … Si elle lui fait de l’effet comme ça, alors qu’elle ne le touche qu’au travers de son calebut, qu’est ce que ça sera … qu’est ce que ça serait s’ils en arrivaient à jouer le même jeu en se passant d’habits ? Joueur, il ne l’est que parce qu’elle l’est. Il a peu d’expérience dans la séduction dans un but précis, il n’est pas homme à s’embarrasser de double sens et de moyens détournés pour avoir le droit d’enlacer un corps désiré. A la différence de sa tortionnaire qui manie les gestes comme elle utilise les mots, il ne fait que riposter à ses tentatives pour le désarçonner, et son temps d’arrêt est une preuve qu’il a encore beaucoup à apprendre en la matière. Comme s’il souhaitait vraiment apprendre à ne pas être ce qu’il est … Mais elle finit par le relâcher, merci Dieu en qui il ne croit pas, et il peut réfléchir à nouveau, continuer à exposer ses conditions, ce qu’il attend d’elle, continuer à mimer la tendresse parce qu’il est entré dans son jeu, et qu’il y a pire, comme fille à savourer. Parce qu’il serait con de ne pas en profiter un peu, même si ça signifie qu’il devra se décharger tout seul d’une envie qu’elle n’éteindra pas. Ouais … You’re weirdo, man.

Il pense qu’elle se lasse, elle le détrompe en l’invitant à revenir à elle, confortablement installée sur cette table où il se voyait déjà allonger qui voudra bien recevoir ses mains sur soi, recevoir les caresses qu’il prodigue à la belle, se dévêtir pour en recevoir jusqu’à n’en plus pouvoir et se tordre pour le supplier de combler le besoin de lui. Cette table qu’elle inaugure de sa présence sans aller au bout de l’histoire, car il en est certain, il ne cherchera pas à la faire sienne aujourd’hui, et il serait surpris qu’elle ait ce projet en tête également. Cette fille là, il faut la convoiter pour mieux s’en régaler. Encore, cette fiction qu’elle lui propose et qu’il suit sans se faire prier, la fausse parade amoureuse à laquelle il se plie en attente de sa réponse. L’écart se creuse, se restreint, les peaux s’effleurent ou se fuient, la sensorialité engloutit les informations tactiles qui relèguent les données sonores au second plan, alors que ce qui l’intéresse, là, plus que le contact des corps et l’étalage de l’influence de l’un sur l’autre, c’est justement ce qu’elle trouve à redire à ses exigences.

Qu’est ce qu’il espérait, qu’elle approuve sans rechigner ? Qu’en une heure et parce qu’elle lui a fait un cadeau qu’elle ne doit pas faire au premier venu, elle se conforme à ce qu’il voudrait lui imposer, alors qu’il devrait se montrer reconnaissant et ne pas la ramener ? … Aussi stupide que ça paraisse, oui, il l’espérait un peu. Mais elle le remet à sa place, facilement, poliment. Sans le repousser, sans le chasser parce qu’il a osé demander l’impossible. Sans éluder toutes ses conditions non plus, et en un sens, c’est une victoire pour l’adolescent. Elle qui excelle dans le mensonge et l’exhibition d’une personnalité qu’il juge officielle mais non profondément sincère, lui accorde de ne pas lui mentir. Au fond, il ne compte pas la questionner pour tout savoir de son vécu et de ses plans d’avenir, de ses fréquentations et des ennemis qu’elle doit sans doute avoir. Mais au moins maintenant, il sait à quoi s’en tenir avec elle, vraiment. Elle a sa vie, il a la sienne, leurs seuls liens consisteront en un échange neutre de savoirs, elle sur la globalité de la ville, lui sur le terrain, là où les langues se délient et les rumeurs circulent. Du moins, dans un premier temps, parce qu’il est hors de question qu’il abandonne son idée sans même s’y être essayé. Un échange de bons procédés, qui en restera là à condition qu’elle se mette cette nuance en tête. Au fond, qu’elle refuse de se dévoiler pleinement à lui n’est pas un souci, tant qu'elle ne rejette pas tout en bloc. Qui est il, de toute façon, pour attendre d’elle qu’elle se livre, alors que lui est si habile pour ne dire de lui que ce qui peut le servir, et faire parler les autres pour qu’on oublie de trop le questionner ? C’est pas ce qu’il aspirait d’entendre, c'est clair, mais finalement, c’est bien mieux que ça. Comédienne, elle ne mentira pas en sa présence. Et il n’y a rien de pire que le mensonge, pas vrai ? Rien de pire que le mensonge …

Ecarté d’elle, il s’en détourne totalement. Un dernier regard sur la pièce avant de prendre sa décision, lèvres pincées dans une moue songeuse, main droite ramenant sa tignasse vers l’arrière puis la laissant retomber mollement, main gauche réajustant élégamment son boxer sous son pantalon pour pallier à l’inconfort provoqué par la poigne de la belle. De longues secondes s’étirent, le pour et le contre s’équilibrent sous son crâne pour formuler une réponse définitive en ayant conscience de chaque élément aidant à sa décision. Il va devoir la jouer fine avec elle, et elle a une bonne longueur d’avance sur ce terrain. Il risque de se faire un paquet d’ennemis ici, si son nom est murmuré et associé à celui qui refourgue ses infos nuisibles à la puissante Elizabeth. Pourquoi en aurait elle besoin, si ce n’est pour causer du tort ? Il n’a même pas pensé à lui demander. Mais cet appart’ … Bordel, cet appart’ vaut le coup qu’il y pose les fesses, au moins le temps de s’éclater et de se remplir les poches, il aura toujours la possibilité de partir d’ici, quitter cette ville pour en rejoindre une autre si les choses tournent mal pour sa trogne. Il l’a déjà fait, pourquoi pas une fois encore ? Déterminé, il lui refait face.

«
C’est d’accord. Je te file mes infos, tu me files les tiennes si j’en ai besoin et que tu peux me les filer. Je profite de cet appart’, et je te dis quand quelque chose peut t’intéresser. Je te trompe pas, tu la joues réglo en retour. Et tu descends de cette table avant que des idées pas possibles me montent à la tête. »

Petit sourire taquin, fin de la négociation. Et un autre problème, autrement gravissime, déboule en lui sans qu’il n’ait la moindre chance de le zapper … Là, tout de suite, il crève la dalle !

_________________
Revenir en haut
Elizabeth Hidwell
Haughter

Hors ligne

Inscrit le: 10 Nov 2009
Messages: 1 570
Localisation: A la gauche de Dieu
Féminin Lion (24juil-23aoû)
Point(s) de réputation: 375

MessagePosté le: Lun 5 Aoû 2013 - 17:22    Sujet du message: Croquée. Répondre en citant

Première rencontre. Et pourtant déjà le charme opère. Toi qui agis toujours de la sorte lorsque tu approches un agent intéressant, rarement tu te permets de le toucher ainsi, d'aller aussi loin, au premier jour. Car il faut le mériter pour s'obtenir tes faveurs, or, lui les a déjà, sans n'avoir rien fait d'autre que se laisser guider. Parce que tu as sondé ses yeux dorés et les as apprécié, parce que tu t'es entichée des traits fins de son visage, parce que ses faits et gestes s'accordent si bien à tes attentes. Il n'a pas cherché à te faire la cour, il n'a pas cherché le rapprochement. C'est toi qui a tout initié, menant la danse, royalement, comme toujours. Mais cette étrange passion que tu renfermes mais qui te consumes de l'intérieur, tu sais que tu la ressens, et tu sais aussi que tu l'as déjà ressentie. Pas avec lui, pas avec Shinji, pas avec quiconque d'autre. Mais avec Alessa, cette reine rouge à laquelle tu ne toucheras jamais, de peur de t'y brûler les ailes, et d'embraser les siennes. Et ce Jack, cet impétueux valet pour qui tu aurais presque tout donné lors de cette seule et unique nuit. Pas un coup de foudre, mais une passion dévorante qui fait commettre l'improbable, penser l'impossible. Ce valet qui avait fait de toi sa reine de coeur, et que tu avais congédié après t'être assurée qu'il ne retrouverait jamais le chemin sinueux de ton palais, qu'il ne serait jamais capable de renouer avec sa reine. Lui aussi tu l'avais abandonné. Tout comme tu finirais par abandonner Alessa, et Shinji. Comme tu l'avais abandonné, lui. Brutalement. Froidement. Scellant ce coeur, désormais mort, fantomatique. Inexistant.
Et tu avises ce nouveau valet, bien que tu sais qu'il n'en est pas un, qu'il ne lui est pas comparable, et un instant tu te surprendrais à préférer avoir fait d'autres choix, plus simples, moins dirimants. Pour pouvoir toucher, pour pouvoir jouer, sans masque ni accessoire. Simplement être cette Lily que tu crains de ne plus connaître depuis tout ce temps où tu l'as scellée. N'avoir aucun engagement, n'être tenue par aucune règle, aucune contrainte, et simplement vivre, comme tous ces êtres aux désirs primitifs. Et tu souris ma Lily. Intérieurement, tu souris. Parce que tu ne serais pas celle que tu es sans cette Elizabeth Hidwell, tu ne serais pas succube aux ambitions dévorantes, maîtresse d'un underground d'adolescents où chaque ficelle mène à une nouvelle victoire. Et tu n'aurais pas trouvé ce nouvel atout à ajouter à ta main, cet innommable talent, bijou brut dont toi seule espères pouvoir jouir. Qu'il dise oui, ce simple oui que tu voudrais entendre, et qu'il accepte de se lancer dans ton jeu, plutôt que de se cacher dans l'anonymat après avoir profité du cadeau qu'est cet appartement.

« C’est d’accord. Je te file mes infos, tu me files les tiennes si j’en ai besoin et que tu peux me les filer. Je profite de cet appart’, et je te dis quand quelque chose peut t’intéresser. Je te trompe pas, tu la joues réglo en retour. Et tu descends de cette table avant que des idées pas possibles me montent à la tête. »

Sourire en coin. Tu décroises tes jambes, les écartes, déposes tes mains entre elles, et te voici penchée en avant, mettant en avant ce décolleté qui n'était pourtant jusqu'alors ni trop discret, ni trop plongeant. Et ce regard que tu adresses à ce Refael, c'est un regard taquin. Provocante. Et tu descends finalement de cette maudite table, légère, féline, en silence malgré les talons qui te surélèvent.

" Parfait ! Voilà une bonne chose de faite. Dès demain je te ferai amener un ordinateur. Au premier allumage, un logiciel se lancera de lui-même. Laisse-le tourner, et réponds ensuite à ce qui t'es demandé. Tu auras les codes intranet pour te connecter au serveur. C'est là-dessus que tu laisseras les infos que tu voudras me faire parvenir. Le logiciel est simple d'utilisation, tu verras. Et de toute façon, il est fournit avec son tuto. "

Tu viens te planter devant lui, glisse tes mains dans tes cheveux et les rassemble sur ton épaule. Tête à peine penchée, tu reprends alors :

" Bien sûr l'ordi sera pas exclusivement réservé à ça, tu pourras faire ce que tu voudras avec. Par contre, il se peut qu'il bloque certaines fonctionnalités susceptibles d'être dangereuses pour le serveur. Te formalises pas. "

Tu poses alors un silence. De longues secondes, à le dévisager. Tu veux pouvoir te souvenir de la moindre de ses mimiques, et du moindre de ses traits. Peut-être que tu ne le reverras pas avant longtemps. Peut-être que tu ne le reverras pas tout court, ou alors l'apercevras simplement. Tu n'es pas genre à appeler pour simplement entretenir le contact. Il n'est là que pour le travail. C'est ce qui est prévu. Et ce n'est pas dit qu'il en ait, ce n'est pas non plus dit qu'il veuille en fournir.
Seul l'avenir décidera des faits.
Encore un court instant, un dernier instant à plonger ton regard dans ses perles d'or. Puis tu déposes une carte de celles que l'on pourrait considérer de visite sur cette table où vos corps se découvraient plus tôt. Un petit carton, quatre centimètres sur six, blanc, et rien d'autre dessus qu'un numéro. Trop long pour être un numéro de téléphone. Mais ressemblant.

" Je vais te laisser profiter de ton nouveau toit. Je vais préparer les papiers et je les déposerai dans ta boîte aux lettres. Tu n'auras qu'à signer le bail et le ramener à l'administration avant demain midi. "

Ton ton et ton visage ont déjà repris de leur formalité, et tu ne t'adresses à lui que pour lui donner les derniers détails, ni chaleureuse, ni même froide, un simple guide qui s'en va, abandonnant là son client sans engouement ni regret. Le retour à la vraie vie. L'échappée n'aura été que trop courte, ma douce... Mais tu as assez profité, tu as assez joué. Tu finiras certainement ta soirée dans les bas-fonds Sinewyers, au moins pour terminer ce que tu avais amorcé plus tôt, avant de rencontrer le jeune homme. Tu l'observes encore un instant, puis rejoins la porte de sortie. Ta main se glisse sur la poignée, marque un temps d'arrêt. Et tu tournes à nouveau la tête vers ton nouvel agent.

" Il y a une forte probabilité pour que l'on ne se revoie pas en privé. Et je dirai même qu'à moins que tu n'acceptes un travail annexe de ma part, il y a de fortes chances pour que l'on ne se revoie pas tout court. Si jamais tu as besoin d'aide en urgence, ou que t'es dans un impasse, tu peux contacter le numéro que je t'ai laissé. Ca te dira que ce n'est pas attribué, mais je saurai que tu auras essayé de me joindre. Quand mes agents ont besoin de moi, je suis là. Mais n'appelle pas pour rien. "

Et la poignée s'abaisse sur cette porte qui s'ouvre alors pour te laisser fuir ce huis-clos délectable. Tes talons tintent sur les carreaux du couloir. Et, avant de partir, derniers mots pour ton nouveau protégé.

" Profite bien de ta vie ici. "

Déjà, la porte se referme, et tu disparais vers d'autres lieux. Ce soir, c'est le quartier Ouest qui jouira de ta présence. Une des soirées Fights de Taylor, une de celles auxquelles tu sais qu'il ne sera pas. Comme toujours, tu resteras dans un coin, observera les combats, prendra quelques paris, reluquera et remballera quelques gars. Et, lorsque la nuit aura atteint son apogée, tu te perdras sur le lac, puis rentrera pour te laisser aller aux bras de Morphée.

Quant à la carte que tu lui as laissé, Refael y trouvera quelques instructions au dos, s'il se prend à la retourner.

Citation:
Si tu as besoin de substances illicites, quelles qu'elles soient, demande-moi.
N'accepte rien de quiconque d'autre.
Sauf si c'est pour abandonner ta vie.



_________________
Revenir en haut
Refael Heydon
Haughter

Hors ligne

Inscrit le: 25 Mai 2013
Messages: 72
Point(s) de réputation: 67

MessagePosté le: Lun 5 Aoû 2013 - 20:21    Sujet du message: Croquée. Répondre en citant

Aguicheuse. Allumeuse. Garce ? Pas impossible. Si elle a jeté sur lui les filets d’un piège intelligemment mis en place, il y a plongé à corps perdu, et se trouve bien paumé maintenant qu’elle revient à une neutralité totalement incongrue après la proximité qu’elle a enclenchée, les contacts qui s’y sont vus opérer et la tension qui en a découlé. Le chaud et le froid, un exemple très clair du fameux « Suis moi je te fuis ». Elle a cherché par plusieurs fois à le voir succomber à ses courbes et ce qu’elle en faisait, et quand enfin il a cédé, elle n’a que peu prolongé le jeu avant d’y mettre fin, de le mettre à une distance plus raisonnable qu’il ressent pleinement à présent qu’aucune considération n’est plus décelable dans la voix féminine. Ecart des corps, éloignement mental, elle l’a fait craquer pour mieux lui apprendre leurs places respectives, elle dominatrice, lui simple employé qui a signé un contrat tacite parce qu’il s’est fait embobiné par les gestes de la dirigeante. Il n’a pas le sentiment d’écœurement et de rejet que la situation pourrait logiquement provoquer. Non, la courte hésitation qui accueille le changement précède une appréciation étrange, la sensation qu’elle a bien mené son coup et qu’elle a mérité cette petite victoire sur lui. Elle a su conduire l’échange, orienter le dialogue vers une conclusion précise, tenir les rênes de l’ado qui s’est laissé superbement berner, et qui ne peut plus que lui accorder le succès de la négociation. Bien joué, Elizabeth, guide des Haughters … Bien joué.

La suite le replonge dans le trouble d’où il vient juste de s’extirper. Peu à peu, il comprend. Il n’est pas prévu qu’ils se revoient. Elle y a veillé. La trahison lui parait plus grande cette fois, plus dure à encaisser. Elle lui a fait croire des choses, et lui explique finalement l’exact contraire. De fille accessible et tactile, elle se transforme en une simple fiche dans un ordinateur, une adresse mail basique qui n’est là que pour recevoir les infos et ne pas donner signe de vie en retour. De douce et savoureusement bien foutue, elle devient froide et intouchable. Aguicheuse. Allumeuse. Garce.

C’est pas tant qu’il comptait la recroiser coûte que coûte, ni qu’il en serait déjà tombé amoureux, faut pas abuser non plus. Mais le mensonge, bordel … Ce mensonge abject dont elle a usé pour obtenir ce qu’elle voulait de lui. Cette tromperie, dégueulasse et qu’il lui a demandé de ne pas utiliser à son encontre alors qu’elle était en plein dedans. C’est pas tellement la perspective de ne plus la connaître que par écrans interposés où il serait le seul élément vivant qui le dérange, plutôt le fait qu’elle n’ait pas pu agir autrement que par des moyens détournés. Si elle lui avait dit de but en blanc les projets qu’elle avait pour lui, il l’aurait mieux digéré. Pas dit qu’il aurait accepté, par contre, mais ce détail n’atteint pas son esprit.

Froide, officielle et déjà presque inexistante. En face d’elle, il ne peut pas empêcher la rancœur d’affecter son visage alors qu’il le préfèrerait aussi fade que le sien actuellement. Il affronte son regard, y lançant toute l’aigreur qui l’envahit face à son escroquerie, y injectant progressivement la même indifférence qu’il lit dans ces billes océanes. Indic' fournissant les infos, fantôme les récupérant en sourdine. Pigé.

"
Mais n'appelle pas pour rien. "

«
Bien. »

"
Profite bien de ta vie ici. "

«
Merci. »

Merci pour l’appart', merci pour l’aide inestimée, aussi, mais ça lui arracherait la gueule de sortir ces mots pour l’instant, alors il les ravale et s’en tient à ça, jusqu’à ce qu’elle s’en aille et le laisse avec le vide d’un appartement qui a déjà assisté à de nombreux sentiments contraires avant même d’avoir un locataire officiellement reconnu par l’administration locale. Soupir. Ce soir, il s’occupera d’aller reprendre les affaires laissées à l’auberge de jeunesse pour les poser ici, mais ça ne devrait pas lui prendre la soirée, et après … Qui sait ? Depuis quand il s’inquiète de ce dont seront faites les heures à venir ?


Citation:
Si tu as besoin de substances illicites, quelles qu'elles soient, demande-moi.
N'accepte rien de quiconque d'autre.
Sauf si c'est pour abandonner ta vie.


Cette fois, c’est un léger sourire qui pointe sur son visage à la lecture de la carte qu’il cale dans la poche arrière de son baggy en se contorsionnant pour l’atteindre. Demande moi … Est-ce l’esprit de contradiction d’un ado qui ne supporte pas qu’on influe sur sa vie de façon générale ? Le ressentiment tourné exclusivement vers Elizabeth parce qu’elle a bluffé comme elle l’a fait ? Dire qu’il lui en veut sans nuance serait faux, il est bien conscient de la chance qu’il a, seul débarqué et déjà somptueusement logé, en remerciement de données qu’il n’est même pas forcé d’envoyer, dans les dires de la fille du moins, cette même fille si habile pour duper et gagner ce qu’elle veut comme un caprice à satisfaire immédiatement. Est-ce la privation temporaire de sa liberté de choix en toute connaissance de cause qui lui dicte ses certitudes ? Quelle qu’en soit la raison, il est persuadé de deux choses. C’est pas auprès d’elle qu’il se fournira, quand il aura à le faire, et c’est pas elle qui va lui dire s’il doit se contenter de savoir qu’elle respire devant un écran similaire au sien, si lui a décidé qu’il la ferait être vraie à nouveau. On ne fait pas rire les gens en étant formel et séparé par l’informatique.
_________________
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:43    Sujet du message: Croquée.

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Pseudo City Index du Forum -> Quartiers ouest -> Quartiers ouest Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page: <  1, 2
Page 2 sur 2

 
Sauter vers:  


Index | Panneau d’administration | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Thème actuel: Decadent city (v2.0)
Thème original: Flowers of Evil © theme by larme d'ange 2006
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com