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Pseudo City: Chapitre 2 - Dégats collatéraux
 
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Huis Clos [PV Liz-Jul]
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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Sam 16 Fév 2013 - 13:21    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul] Répondre en citant

Freezing cold.

Gehenna's child.

Inferno's gate.


La froideur jusqu'au bout des doigts, gelée, mise à nue par une vent glacial qui semble s'éprendre de chacun de tes membres, briser chacun de tes os, un puissant frisson, une profonde incompréhension... Un sourire malin.
Une main violente qui empoigne ton épaule, te force à te rendre. Et tu lis l'agacement dans ces gestes, tu lis son harassement de ne pas te voir lutter, effrayée, fuir. Il savait qui tu étais avant de venir, mais maintenant tu le sais qui doute, incapable de savoir ce que tu penses, incapable de trouver une once de peur en toi. Et tu sais la victoire qui est tienne, tu sais que face à lui, tu ne ploieras pas. Et lui de se perdre toujours plus dans la violence, la primitivité de l'homme qui veut avoir le dessus sur celui qu'il pense être coupable, sur celui qui n'aurait alors nul droit d'être au même titre que lui.
Et tu te ris intérieurement de cet homme, tu te ris intérieurement de ce qu'ils pensent, de ce qu'ils sont, et même de ce qu'ils pensent être. Et une seconde main se saisit de ta nuque, te force à ployer, et tu consent, genoux posés sur le bitume, dans le noir de cette nuit glaciale, dans l'agonie d'une ville endormie.
Tu ne dis aucun mot, ne rend aucun acte satisfaisant pour eux, tu es l'animal dompté qui obéis aveuglément. Et tu sais qu'ils doutent, qu'ils se perdent en confusion, ces trois hommes qui sont venus te chercher, ces trois Brainstormers venus te réclamer puis t'emmener dans leur cocon d'intellect, dans leur ruche où ils pensent alors trouver à la fois justice et sécurité. Ils t'affublent d'injures, profite de leur semblant de pouvoir sur toi pour en abuser, sont persuadés de ta culpabilité, sans même en connaître les motifs, sans même connaître les règles du jeu...
Car tu sais. Tu sais que l'un d'entre eux, celui qui garde le silence, celui qui reste à distance, fait partie du plan. Tu sais qu'il ignore que tu es liée à lui, mais tu sais aussi qu'il craint. Oui. Il craint que tu n'aies de réponse à apporter au chef du clan, il craint que son jeu soit découvert, il craint que ses tortionnaires ne jettent à l'eau le marché qu'ils ont signé et que ses espoirs soient détruits. Il sait que tu es celle qui sait tout ici, il sait que tu es même celle qui sait à Mighan. Alors il craint. Il craint que tu ne donnes les informations qui le mèneront à sa perte. Il se fiche que tu sois liée à l'affaire, il se fiche que tu tombes avec lui ou que tu lui sois salvatrice. Il se noie sous la peur, les regrets, mais surtout la peur de se voir tout enlever.
Il connait ton pouvoir, alors il n'ose pas aller contre toi. Mais tu le sais qui jouis de te voir traitée de la sorte par ses confrères, tu le sais qui espère même que tu tomberas avant que Julian n'arrive.

Ton esprit est vide. Tu es vide. Domptée. Peut-être... Qui sait...?

C'était une arrestation loin des règles, mais surtout loin des regards. Savais-tu qu'ils viendraient ? Peut-être... Savais-tu qu'ils te feraient violence ? Tu l'espérais. Mais être directement menée dans des locaux privés du clan ?

# Ahah... Je n'aurais pu espérer mieux... Viens donc à moi Julian. Venez donc à moi... Fragiles petites abeilles... #

Et ils te font entrer dans une salle aux murs épais, à l'unique porte sécurisée. Une table, deux chaises. Les trois sont avec toi, et une flopée d'autres à l'extérieur. Elizabeth Hidwell, prisonnière des Brainstormers. En traversant les couloirs, tu as pu trouver de la confusion, de l'approbation et parfois de la crainte dans les regards de tes geôliers. Et tu as aimé ça, tu as jubilé d'avance.
La porte se clôt sur vous quatre. Tintement sourd. Tu sens leurs regards te brûler d'un feu intense. Ils détestent que tu sois aussi inexpressive, ils détestent que tu te laisses faire aussi facilement.
Une seule main t'étreint, faisant pression sur ton bras, te forçant à rester à distance, et en même temps à ne pas aller trop loin. Et tu le sais qui appuie assez pour espérer te voir grimacer de douleur. Mais ce serait mal te connaître, ma Lily... Car la douleur t'es inconnue. Ou plutôt, la douleur ne peut gagner contre toi.

- Tu feras moins la maline quand le Chef sera là. C'est pas rien ce qu'on a trouvé, ma belle, il a de quoi te faire définitivement tomber avec ça ! Et t'arrêteras de nous faire subir des pertes pour rien ! Ça fait des mois qu'on aurait dû t'arrêter !

Ton visage se dévoile lentement à lui. Tes perles cristallines percent son regard, le mettent à nu, et un sourire, bas, vil, mesquin, s'esquisse sur tes lèvres pourpres. Sanguine. Diabolique. Licencieuse.

Tu le sais qui te hais depuis le début. Sa petite soeur a été victime de la drogue. Tu le sais qu'il te déteste. Et tu jubiles à l'idée de le torturer un peu plus.

Indolente, malicieuse, ignominieuse, infernale.

Et la patience n'est plus. Une main hargneuse se saisit de ta gorge, tu te sens tomber en arrière, victime impuissante des forces gravitationnelles, puis ton corps frêle se heurte brutalement contre un des murs bétonnés de ce huis clos. Tu sens comme une décharge qui traverse ton corps, ce que tu qualifierais comme douleur, souffrance, souffle coupé. Mais tu ne montres rien. Pas même un grimacement, pas même un hoquet de surprise, juste un sourire. Ce sourire. Malicieux, fruit de géhenne. Tortueux.
Et tu te satisfais de le voir te bloquer contre ce mur d'autant plus, enfoncer son bras contre ta gorge pâle, serrer plus fort, te faire plus mal.

- Sale pute, ça te fait rire que des gens meurent par tes conneries ! Comment tu peux faire ça alors qu'on est tous dans la même merde ! Comment tu peux laisser des pauvres gosses mourir alors qu'ils ont rien fait, ils ont rien à voir là-dedans !

Et il serre, par à-coup, et cogne du plat de sa main libre contre le mur. Il sait qu'il n'a pas le droit de te toucher, mais Dieu qu'il aimerait t'arracher ces prunelles de saphir qui te donnent tant de pouvoir, déchirer ta chair, t'éviscérer, te rendre au centuple ce que tu aurais fait à ces jeunes.
Et les deux autres d'intervenir. Ton regard ne quitte pas celui de ton tortionnaire, mais tu sais son complice, le dealer craintif, qui vient poser une main sur son épaule, tenter de le calmer, tandis que le troisième ne fait rien, parce que le troisième partage l'avis du premier, tout en sachant qu'il ne peut pas te faire du mal, même si lui aussi en mourrait d'envie.

" Gentils petits soldats... Les gens meurent. C'est un fait. Tout le monde meurt, n'est-ce pas ? "

Sourire sinueux, et cette fois c'est sa main qui revient enserrer ta gorge pâle, et serrer, serrer, serrer encore. Il ne sait plus qui est la proie et qui est le chasseur. Il ne sait plus qui est en position de force et qui ne l'est pas. Et toi, tu ne cilles pas. Ton souffle est coupé, de plus en plus, mais tu ne cilles pas. Tu as déjà connu ça. Tu as déjà affronté ça. Ton visage reste inexplicablement calme, tu es inexplicablement effrayante.

Mais tu commences à manquer d'air. Tes poumons commencent à s'endolorir assez pour te le faire remarquer. Alors, libre d'agir, tu lèves une main blanche et la glisse sur le visage de ce tortionnaire impuissant, et tu lui susurres alors, luxurieuse...

" Pourquoi tu ne finirais pas le travail... Soldat... ? "

Il effectue un mouvement de recul, te fixe un instant, perdu entre colère et confusion, puis se recule encore, relâche son étreinte, recule, encore.
Tu respires de nouveau, soulagée de n'avoir pas eu à employer les grands moyens pour retrouver ta liberté. Et tu sens encore la chaleur de sa main sur ta gorge, tu la devines rougies par la pression.

# Pauvre imbécile... Si tu crois que je vais rester ici à me laisser faire comme un pauvre chiot abandonné jusqu'à la fin de mon séjour à Pseudo City, tu te rêves... Comme si... #

Le soldat en deuil revient alors à la charge. Il se saisit de ton bras, te retournes non sans violence et se saisit de ton second bras. Il les tire tous deux à lui, te plaque face contre le mur alors que le second s'en vient l'aider à te garder les mains liées.
Et tu aimerais leur dire ces choses que tu ne peux leur avouer, et tu aimerais te jouer d'eux comme tu le fais usuellement, les faire souffrir, leur affubler des coups moraux dont ils peineraient à se relever. Mais alors que tous deux s'acharnaient à te lier les mains à l'aide d'un quelque chose tout sauf agréable, la porte, l'unique porte de ce maudit huis clos, vient enfin à s'ouvrir.
Et tu te ris intérieurement qu'il arrive à ce moment précis, alors que ta gorge est encore marquée de la main du brave soldat qui s'est levée contre toi, alors que tu es pressée face contre un mur, ligotée, en position d'infériorité, presque humiliée.
Et cet air toujours aussi calme, indifférent sur ton visage.
Ce qui se passe dans ta tête ne transparait pas.
Tu n'es que victime de la violence de soldats indisciplinés. De toute façon... Quand bien même tu étais celle en position de force, dans le fond, tu n'avais rien fait. Ils n'avaient alors fait que s'emporter contre toi.
Tu t'es jouée de leur faiblesse.
Et maintenant, eux se trouvent en position délicate face à lui, face à leur Chef, face à Julian. Car même s'il sait que tu n'es pas une innocente petite ado, il sait surtout qu'en tant que régente, de simples soldats n'ont pas le droit de te souiller comme il a été fait.
Pauvres soldats. Pauvres, pauvres petits soldats...


Behind closed doors.



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MessagePosté le: Sam 16 Fév 2013 - 13:21    Sujet du message: Publicité

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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Sam 16 Fév 2013 - 23:17    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul] Répondre en citant

Une sale journée, voilà ce que cela avait été. Pourtant, elle avait si bien commencée, par un petit rayon de soleil pointant au travers des rideaux de sa chambre, venant doucement le réveiller en douceur alors qu'il dormait paisiblement dans un lit douillet pour la première fois depuis... bien longtemps. Julian n'avait que trop peu d'heures de sommeil ces derniers temps, situation exceptionnelle oblige. Ses responsabilités étaient lourdes à porter la plupart du temps et il n'avait que trop à faire pour songer à s'assoupir paisiblement. Plus tard, alors qu'il s'était levé, on lui avait annoncé qu'un sabotage avait été constaté sur l'équipement d'écoute de lignes. De nombreux enregistrements étaient inutilisables avant même de pouvoir être auditionnés. Sans doute un coup de ces personnes rattachées au terrible conglomérat qui s'amusait avec leur ville.

Le reste de la journée s'était enchaînée dans le même ordre d'idée, passant de désastres à catastrophes pour finir par rencontrer Hige pour l'instruire sur sa future mission pour garder Elizabeth à l'oeil durant sa régence du quartier sud. La journée avait failli se terminer sur une note positive alors qu'il se trouvait en charmante compagnie, puis soudain cette pourriture l'avait rappelé à l'ordre, lui rappelant qu'une "journée de merde", ça ne se termine pas si facilement. Et voilà qu'il accourait dans son quartier, délaissant une présence féminine dont il aurait souhaité au contraire profiter, pour aller donner un interrogatoire. Il avait fallu qu'un "petit chef" se lance dans une hypothèse dangereuse et se saisisse du premier argument potable pour aller arrêter de sa propre initiative Elizabeth... Il ne manquait plus qu'elle au tableau pour finir cette journée en apothéose. Oui, parce qu'en plus il n'y était pas allé de main morte sur l'alcool avec Hige, et ne se sentait plus très frais. Quelle catastrophe allait donc encore lui tomber dessus cette fois-ci ? Le contenu du message qu'il avait reçu pour le prévenir n'annonçait rien de bon.

Se pressant d'arriver au QG de la milice des Brainstormers, il passa les quelques contrôles de sécurité obligatoires en hâte, redoutant le pire. Si Elizabeth était effectivement dans le bâtiment, il y avait fort à parier qu'elle était soit déjà en train de mettre un sacré souk, soit qu'elle était dans de très mauvais draps. Julian n'eut pas à chercher très longtemps où celle-ci pouvait bien être maintenue contre son gré, puisqu'un attroupement confirma aisément l'emplacement: cellule de haute sécurité, évidemment. L'une des cellules les plus difficiles d'accès - tant par les mesures de sécurité que par le nombre de Brainstormers présents dans le coin - qui avait la particularité de n'offrir qu'une seule et unique voie d'accès: sa porte blindée. Le reste était composé de béton armé à 100%. Sans trop de peine cependant, Julian se fraya un chemin jusqu'à l'entrée et pénétra dans la pièce au moment où la jeune femme se faisait sévèrement violenter. Le chef de clan s'éclaircit la gorge; ce simple raclement provoqua comme une décharge chez les trois Brainstormers qui s'éloignèrent de la jeune femme comme s'ils craignaient subitement qu'elle soit porteuse d'une maladie très contagieuse. L'un des trois hommes présents annonça d'une voix faussement fière, tentant de camoufler l'incident de ce fait:
- Bonjour chef ! Nous avons réussi à attraper la suspecte et...

De son air calme habituel, Julian leva la main pour interrompre celui qui venait de prendre la parole. Même calme, on pouvait discerner une sorte d'agacement dans ses gestes. Tous se turent tandis qu'il se dirigeait vers Elizabeth et vérifiait sommairement son état. Son regard croisa celui de la jeune femme. Rien n'était perceptible, dans celui de l'un comme celui de l'autre. Et pourtant, ils se comprirent. Une marque rougeâtre sur le cou de la jeune femme et d'autres ématomes naissants notamment sur ses poignets trahissaient une certaine violence envers elle. Il se retourna pour venir se replacer devant l'unique porte de la salle. D'un air toujours aussi calme, il prit pour la première fois la parole. Cependant, quelque chose de très désagréable s'était placé dans sa voix, elle était froide, piquante, insoutenable probablement pour les trois hommes présents:
- Qui est responsable de l'arrestation ?
- Monsieur, je vous prie de croire que...
- Répondez à ma question je vous prie. Je n'ai vraiment pas envie de me répéter encore.

Deux des hommes se tournèrent vers le troisième, resté silencieux durant tout ce temps, y compris pendant l'arrivée d'Elizabeth quelques minutes plus tôt. Julian se pencha légèrement vers la sortie et interpella des gardes.
- Messieurs, veuillez installer ce monsieur dans une cellule jusqu'à nouvel ordre. Il n'a pas respecté les protocoles d'intervention, violé l'interdiction d'agresser un suspect et porté atteinte au décret de protection des chefs de clans. Embarquez aussi ses deux compères pour complicité je vous prie.

S'écartant pour laisser les gardes entrer et procéder à l'arrestation en bonne et due forme, il plaça son regard dans celui de la jeune femme. Il n'y lisait strictement rien, comme d'habitude. Mais il imaginait qu'elle devait adorer ce moment-là. Elle était aussi effroyable que cela, un véritable monstre. Mais la traiter de monstre revenait également à s'insulter lui-même... parce qu'au fond, même s'il se refusait souvent à l'avouer, il n'était pas bien différent... pire, peut-être. L'arrestation ne fut pas longue, bien que l'un ou l'autre eut tenté de clamer son innocence haut et fort, se débattant parfois. Seul le responsable de l'opération ne dit mot, gardant un calme visiblement à tout épreuve. Ce calme ne présageait rien de bon.
Lorsque les gardes furent sortis, Julian referma la porte tout en s'assurant que les hommes à l'extérieur entendaient ses propos à ce moment-là.
- Si vous me le permettez, mademoiselle Hidwell, et malgré le peu de self-control dont ont fait preuve ces soldats, j'aurais quelques questions à vous poser sur l'affaire qui vous a fait venir ici. Je vous prie également d'accepter les plus plates excuses de mon clan.

Une fois la porte refermée, il était sûr que leur discussion était totalement privée. Mais dans l'intérêt de tout le monde, il préférait garder un certain mystère autour de la relation qu'il y avait entre elle et lui. Allant s'asseoir sur la chaise qui était normalement réservée à celui qui conduisait l'interrogatoire, il invita la Haughter en passe de devenir cheffe des Dashingers à faire de même. Julian n'avait pas bonne mine, cela se voyait. Le col de la chemise bleue clair qu'il portait était en biais, des cernes s'accumulaient sous ses yeux, il avait la langue pâteuse car déjà l'alcool tentait de disparaître de son organisme. En temps normal, il n'aurait pas voulu conduire cet interrogatoire, pas le jour même en tout cas. Mais cela n'était pas un jour normal, il le savait. Se calant au fond de sa chaise, il fixa son regard sur la demoiselle aux marques d'agression encore visibles, s'estompant peu à peu sur sa chair blanche.
- Quand on m'a averti de ton arrestation, il y a deux choses qui me sont venues à l'esprit: la première, c'est que si je ne me dépêchais pas, tu finirais bien vite dans notre morgue; la seconde, c'est que, quelque soit ton implication dans cette affaire de drogue, celui ou celle qui tire les ficelles ne doit plus trop t'avoir dans ses petits papiers...

Julian ôta ses lunettes et les posa sur la petite table qui était censée les séparer, puis se frotta légèrement les yeux. La fatigue et l'alcool auraient peut-être raison de lui ce soir, mais il devait terminer cette affaire d'interrogatoire auparavant. Ce serait louche qu'il la libère sans lui poser quelque question que ce soit. Il remit ses lunettes puis chercha dans sa petite poche de chemise pour en sortir la carte d'identité d'Elizabeth, qu'il avait préalablement récupérée au passage. La posant sur la table, il la glissa en direction de la jeune femme.
- Même s'ils ne sont pas toujours très perspicaces, mes hommes ont trouvé ceci dans ce que l'on soupçonnait être une planque de Xinose. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais honnêtement, je trouve la manoeuvre assez peu délicate de la part de ceux qui inondent la ville de Xinose. Tu as quelque chose à ajouter peut-être ? Ce serait le moment opportun...
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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Dim 17 Fév 2013 - 19:31    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul] Répondre en citant

Catch a glimpse of hell
Layin' a watery grave
Lingering in the shade...
- ♫♪ -


Un raclement de gorge qui fait l'effet d'un tsunami, une prestance digne de celle d'un roi. En un instant, tes assaillants s'écartent, craignant de t'approcher telle une pestiférée, et loi est faite. Ils tentent de se confondre en justifications vaines, et tu te ris intérieurement de leur impuissance à prononcer des mots qui pourraient leur être salvateurs. Julian, lui, n'en a pas besoin pour les punir, ils savent déjà ce qu'ils ont fait, ils connaissent déjà le jugement, la pénitence. Tu lis la confusion dans leurs regards, tu les vois accuser à l'unisson celui qui voulait le moins te savoir dans pareille situation; ils sont tels des chiens partant la queue entre les jambes.
Julian vient alors à toi, et tu sens son regard s'attarder sur ta gorge pâle ; tu devines non sans mal que la trace, encore brûlante, n'est pas encore estompée, ou alors que trop peu pour ne pas attiser colère de la part du chef brainstormer. Puis vos regards se croisent, un instant, ou plutôt un moment, ni trop court, ni trop long, et la nonchalance qui émane de vos deux êtres justifient d'une concordance et d'une compatibilité hors paire entre vous. Vous êtes semblables à un seul être qu'on aurait séparé avant que tout ne commence: vous respirez le pouvoir, vous refluez de charisme, et votre présence, côte à côte ne fait que renforcer le sentiment que si vous vous accordiez, le monde pourrait vous appartenir. A l'ombre d'un seul regard, on ne sait quel lien vous unit, mais on devine deux entités conciliables mais jusqu'alors incapable de s'associer.
Et il se détourne de toi, s'en retourne à ses hommes, déclare leur sentence, les invite à quitter la pièce, tandis que d'innombrables autres pensées affluent dans ton esprit. Tu te questionnes, envisages, prévoit, réfléchit tout simplement. Et tandis que la porte se referme sur vous et que Julian justifie d'un vocabulaire inadapté pour s'adresser à toi, tu comprends qu'il ne veut pas que ses hommes sachent le lien qui pourrait vous unir. Et intérieurement, c'est un sourire que tu aimerais afficher - bien que tu ne le fasses point -, car en cela, tu comprends aussi que tu as acquis une première victoire. Doucereuse. Délectable. Amère petite victoire.
A l'écart, tu observes ce petit chef vous enfermer dans un huis clos qu'il regrettera sûrement, puis s'asseoir à la place du mauvais ou du bon flic, peu importe, de celui qui mène l'interrogatoire.
Premier round. Et le jeu commence.

- Quand on m'a averti de ton arrestation, il y a deux choses qui me sont venues à l'esprit: la première, c'est que si je ne me dépêchais pas, tu finirais bien vite dans notre morgue; la seconde, c'est que, quelque soit ton implication dans cette affaire de drogue, celui ou celle qui tire les ficelles ne doit plus trop t'avoir dans ses petits papiers...

Ton regard , perçant, est fixé sur lui. Tu avais déjà commencé à l'observer minutieusement avant que vous ne vous retrouviez seuls, mais cette fois, tu as tout ton temps pour être avec lui. Car plus que toi prisonnière de lui, c'est aussi lui qui est prisonnier de toi. Seul contre toi. A ta merci.
Tu t'approches alors doucement, brisant le silence du tintement sourd de tes talons, et toujours sans mot dire, tu viens te placer debout, à ses côtés, l'avisant toujours de tes prunelles couleur de nuit.
Après un court instant à l'observer de nouveau, tu finis par te retourner doucement, dévoilant à sa vue tes mains, toujours liée dans ton dos par ce lien rigide, râpeux et désagréable que ses hommes avaient utilisé plus tôt.
Et ta voix s'élève, calme, étrangement chaleureuse.

" Flattée de constater que tu t'inquiètes de mon sort.... Mais ta morgue n'est pas celle où je reposerai, Julian. "

Dos à lui, tu tournes la tête sur le côté, l'avise du coin de l'oeil, sourit doucereusement:

" J'ai encore beaucoup de choses à faire avant... N'est-ce pas ...?

Sourire indescriptible, tu t'écartes quand enfin tes liens sont défaits, ne prends pas même la peine de soulager tes poignets. Tu ne lui feras pas le plaisir de lui montrer que la douleur t'atteint.
Faisant le tour de la table, tu défait les liens de ton manteau encore refermé sur toi, puis t'en défais et le laisse prendre la place qui t'étais due sur cette petite chaise face au Chef. Avisant celui-ci, tu lui dévoiles lentement, et peut-être sans arrière-pensée, une Elizabeth qu'il n'avait pour ainsi dire jamais connue sous cet angle. Les rares fois où vous vous étiez rencontrés récemment, tu étais alors enveloppée de ce manteau de chaleur, et nulle once de ton corps n'était alors perceptible. Et lorsque quelques années plus tôt tu avais passé quelques moments avec lui, tu n'étais pas la Lily que tu es désormais, tu ne te mettais pas aussi... en valeur.
Intérieurement d'humeur joueuse, tu observes sa réaction, toi qui avais pu deviner de par son apparence qu'il n'était pas en si bonne forme, ou du moins, pas en assez bonne forme pour t'affronter seule. Faisant le tour de la table, tu tournes le dos à l'obstacle, y dépose deux mains graciles et te hisses doucement sur l'objet. Assise sur la table à distance de Julian, tu lui offres alors la vue d'une jeune femme, sensuelle, licencieuse. Une jupe tombant juste au dessus des genoux dévoile une partie de tes cuisses alors que tu croises tes jambes, terminée par deux petites bottines à hauteur de chevilles, aux talons ni trop fins pour être vulgaires, ni trop épais pour être pudibonds. Tu n'es pas indécente, ni même malséante. Tu as mûri... Peut-être un tout petit peu trop bien.
Tu fais glisser ton regard sur les murs de la pièce, devinant qu'elle est certainement sûre, tandis que Julian continue sur le thème précédent. Tu ne l'avise pas pour l'instant, ne cherche pas encore à trouver sa réaction, tu te contentes d'écouter. Chacune des petites fluctuations de sa voix. Le rythme de ses mots. Ses arrêts, ses pauses. Léger sourire.

- Même s'ils ne sont pas toujours très perspicaces, mes hommes ont trouvé ceci dans ce que l'on soupçonnait être une planque de Xinose. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais honnêtement, je trouve la manoeuvre assez peu délicate de la part de ceux qui inondent la ville de Xinose. Tu as quelque chose à ajouter peut-être ? Ce serait le moment opportun...

Opportun. Un mot qui sied si bien à la situation. Parce que tu as remarqué. Tu as compris. Opportune...
Tu attardes un court instant ton regard sur les marques florissant sur tes poignets, glisse une main gracile dans tes longs cheveux bruns.
Rien dans ton attitude ne fait montre d'un désir particulier de luxure, tu n'es en rien différente, ni plus ni moins licencieuse que d'habitude. Pourtant, tu sais que contrairement à d'habitude, Julian peinera à ne pas regarder la friandise que l'on offre à sa vue.
Parce qu'en ce jour, exceptionnellement...

" Tu n'es pas sobre, Julian... "

Tu tournes la tête vers lui, l'observes un instant, esquisse un léger sourire. Malicieuse, calculatrice, licencieuse cette fois.
Lentement tu te glisses de son côté de la table, te rapproche de lui, semblable au chasseur qui guette sa proie.
Un sourire aguicheur naît sur tes lèvres rouges. Tu te penches un peu sur lui, glisse une main sous son menton, lui laisse deviner la naissance de ta poitrine depuis le léger décolleté de ton chemisier, plonge ton regard océan dans ses yeux bruns. Ce regard...

" Tu pensais vraiment pouvoir m'affronter sans disposer de tous tes moyens...? "

Regard perçant, sourire malin. Il est entré seul dans les filets de la reine araignée. Tu ne le laisseras pas fuir... avant d'en avoir terminé.
Tu as évité ces questions. Tu as gardé pour toi ces réponses. Si ce Julian n'est pas au plus haut de sa forme, alors, ma Lily, c'est toi qui mène la danse.


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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Dim 17 Fév 2013 - 21:33    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul] Répondre en citant

Le jeu était était lancé, les deux adversaires présents dans l'arène mortelle et l'un d'entre eux était déjà sévèrement handicapé. Lorsque le cliquetis de la porte blindée résonna brièvement dans la pièce, Julian réalisa que même s'il n'avait pas bronché devant ses hommes, il risquait gros en venant voir seul la demoiselle qu'il redoutait tant. Il n'était pas dans son état habituel, peinait parfois à calculer certains éléments et était globalement moins attentif à ce qui l'entourait. Mais est-ce que cela devait l'empêcher de faire son boulot ? Non, il ne le voulait pas ! De plus, il espérait miser sur le fait qu'elle comprenne où étaient ses intérêts. Elle l'ignorait peut-être - quoi qu'il en doutait fortement - mais s'il était là, c'était pour s'occuper de lui "sauver les miches", en bon français. Il n'aspirait qu'à écourter cet entretien et la laisser partir sauve pour qu'elle aille se mettre à l'abri. Ce n'étaient là que des suppositions bien sûr, car Julian imaginait bien Elizabeth faire comme à son habitude et s'en tirer par elle-même en l'enfonçant au passage. Ce ne serait pas étonnant.

Alors qu'il venait de prendre place à la table pour commencer un petit interrogatoire qu'il ne prévoyait - par intérêt pour lui - pas trop long ni corsé, il vit la jeune femme venir à lui, le toiser de haut comme elle adorait sans doute le faire, puis se retourna lentement pour lui signaler qu'elle était toujours attachée. Cette attitude irritante au plus haut point était sans doute très méticuleusement calculée. Elle le cherchait déjà, à peine le round avait-il débuté. Cela dit, il ne pouvait décemment pas lui refuser de retirer ses menottes. Sa bonté et sa galanterie provoqueraient sans doute un jour sa perte, mais il avait des principes, c'est tout. Repérant la clé des menottes sur la table, il s'en empara et déverrouilla les morceaux de métal qui rongeaient avidement les poignets de la Haughter. A en voir les marques déjà laissées par les menottes, il ne put qu'imaginer la douleur qu'elle tentait de dissimuler et respecter cette force d'esprit. Mais trêve d'admiration, ou il allait certainement se faire manger tout cru. D'ailleurs, voilà que cela commençait déjà.

Elizabeth s'était dirigée à la place qui lui convenait d'occuper pour cet interrogatoire et se débarrassa de ses vêtements trop chauds pour le contexte intérieur. Julian manqua de lâcher un hoquet de surprise mais réussit à masquer celle-ci tant bien que mal. Comment cette jeune femme qu'il avait un jour abordée sur la plage du quartier Est pouvait-elle à ce point s'être mise en valeur ? C'était tout bonnement impossible. Elle cachait réellement bien son jeu, à l'époque, comme elle le cache toujours autant bien mentalement à ce jour. En procédant de la sorte, Julian fut prit brièvement d'un élan de panique. Aucun de ses gestes, aucune de ses paroles n'était jamais dénuée de sens. Et là, dans le cas présent, deux choix principaux s'offraient à lui: soit elle voulait user de ses charmes pour sortir plus vite et le laisser mariner dans son jus pour ce qui est des réponses, soit elle avait remarqué son état mental défaillant, ce qui était une très mauvaise chose et pourtant si facile à déduire. Ne se laissait-elle jamais de jouer avec lui ?

Julian se força intérieurement à oublier l'apparence et la tenue vestimentaire de la jeune femme, l'empêchant aussi de se concentrer. Certaines féministes trouvaient intelligent de lancer que "de toute manière, les hommes ne pense qu'avec ce qu'ils ont entre les jambes", ce qui faisait parfois rire Julian un peu jaune... mais pourtant, force était de constater que dans l'état où il était présentement, c'était un peu le cas. Et Elizabeth semblait parfaitement le comprendre. De toute manière, elle savait comment le mettre mal à l'aise, pourquoi n'en profiterait-elle pas ? Tentant de se changer les idées alors qu'elle vérifiait visiblement les alentours pour s'assurer que la salle était sécurisée, il lança de manière un peu lasse:
- Si c'est ton soucis actuel, sache que les seuls pouvant être au courant de ce qui se dit ici sont toi, et moi. Il n'y a pas d'instrument électronique, pas de magnétophone, rien. Et les murs blindés ont une épaisseur confortable.

Puis, soudainement, une phrase résonna dans sa tête comme si un avion venait de le frôler. Une phrase prononcée avec une délicatesse telle qu'elle en devenait abrasive, insoutenable. Sa contenance en amusement et en supériorité était tout bonnement atroce. La douleur dans cette phrase était telle que Julian avait l'impression que sa tête allait exploser. Il aurait voulu hurler tant un simple timbre de voix était insupportable.

"Tu n'es pas sobre, Julian... "

Tantôt, son regard vint se plonger dans le sien. Ce fut à ce moment-là qu'il réalisa quelle erreur il avait faite en imaginant qu'il pourrait tenir tête à Elizabeth sans être en pleine possession de ses moyens. L'ivresse était dans son cas sa pire ennemie après la futur cheffe du clan rouge. Elle l'avait cerné, avait identifié ce qui le rendait faible et appuyait maintenant allégrement sur la plaie béante pour en profiter un maximum. Elle s'approcha de lui, posa sa main sous son menton. Le contact physique qu'il redoutait arrivait. La vue aguicheuse qu'elle lui proposait aurait pu avoir raison de lui très rapidement s'il avait été plus soûl. Mais bien heureusement, il ne se laissa pas piéger par les vertus physiques de la demoiselle et maintint son regard.
D'un geste délicat mais délibéré, il vint poser sa main sur le poignet de la jeune femme - sans doute encore douloureux - puis défit doucement le contact physique qu'elle avait établi en repoussant sa main. Cet acte lui avait donné beaucoup de fil à retordre, car il s'avouait avoir envie de se laisser aller. Mais il savait que s'il se permettait cela, les conséquences en seraient d'autant plus graves qu'elles ne l'étaient déjà.
- J'essaies d'autres méthodes d'interrogatoires, c'est tout. J'ai passé une rude journée alors abrège et réponds à mes questions, tu veux ? Ce sera plus rapide pour tout le monde.

Un sourire inattendu naquit sur les lèvres du Brainstormer, contre toute attente.
- Quant à toi, tu fais une sacré erreur en me croyant faible et facilement manipulable. J'ai beau ne pas être au mieux de ma forme, je te prie de ne pas me rendre la tâche trop facile.

Malgré ses multiples envies, notamment de dormir, de décuver tranquillement et peut-être, j'ai bien dit peut-être, penser un peu au charme de la jeune femme qu'il avait devant lui, Julian savait se montrer obstiné lorsqu'il s'agissait de travail. A plusieurs reprises, au contact de charmantes demoiselles, il s'était révélé très difficile à manipuler lorsqu'il pensait au travail. Son travail était sa vie, il consacrait tout à son clan. Et pour ne pas faire rater tout ce qu'il avait entreprit jusqu'à maintenant, il ne se permettrait jamais de laisser des pulsions naturelles s'emparer de son esprit. Il lui faudrait être drogué pour qu'il ne pense plus à son clan, et encore !

Cela dit, il ne niait pas qu'il sentait ses capacités cognitives réduites ce soir par de nombreux facteurs. Ce n'était pas néanmoins suffisant pour lui faire baisser les bras, se laisser charmer si facilement par une jeune femme dont il connaissait trop bien le potentiel destructeur et se laisser marcher sur les pieds. Il avait une enquête en cours et devait, qu'il le veuille ou non, sauver la peau de cette jeune femme. Il n'en avait pas le choix, c'était ainsi et ce n'était pas contrôlable au vu de la situation. Maintenant toujours son regard dans celui, perçant et malin de la jeune femme, sans ignorer que celle-ci n'oublierait pas si facilement son état, il fit remarquer:
- Je remarque que tu t'es déjà bien mise dans la peau de ton nouveau rôle. J'espère cependant que tu ne pensais pas m'avoir d'emblée avec ton charme naturel, ce serait insultant...
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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Mar 19 Fév 2013 - 20:55    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul] Répondre en citant

Le pouvoir d'attraction, le sempiternel combat charnel entre le mâle et la femelle. Tu règnes en ce lieu, pourtant, on ne peut dire que tu domines réellement. Tu lis dans les yeux de Julian qu'il a compris que cette prison l'était à double sens. Tant pour lui que pour toi, tous deux captifs de l'emprise de l'autre. Oppression. Tension. Palpable jusqu'au moindre petit recoin de cette pièce... Et Julian qui semble prêt à perdre pied, Julian qui confirme ton impression qu'il n'est pas maître de lui-même, qu'il est, pour une fois, en position d'infériorité.
Et que le jeu te semble amusant, que tout semble en valoir la chandelle... Si tu as ne serait-ce que la moindre chance de te jouer de son malaise, si tu as ne serait-ce que la moindre chance de lui rappeler, à l'avenir, que tu as un jour fait naître un trop-plein de culpabilité et de regrets en lui, alors cette chance se dois d'être saisie.
Et tu es loin de t'en faire prier...
Déjà, tes doigts fins dansent sur le visage du bellâtre, et bien que tu lises réticence en son regard, tu sais que ta féminité, ta beauté et ta prestance te rendent aguichante. Mais ce qui est le plus excitant à ton sens, c'est vote belligérance, votre antinomie. Il te vois comme une menace, hostile mais diplomate, et le rapprochement charnel, compulsif, ne peut en aucun cas être le fruit de quelconques sentiments. Rien que lui, toi, votre haine, et une union charnelle synonyme de plaisir éphémère. Pourquoi n'en auriez-vous pas le droit ? Pourquoi devriez-vous vous abstenir, alors que l'un comme l'autre en avez le désir...? Union charnel... Péché. Victoire.

- J'essaies d'autres méthodes d'interrogatoires, c'est tout. J'ai passé une rude journée alors abrège et réponds à mes questions, tu veux ? Ce sera plus rapide pour tout le monde.

Il lutte. Il repousse tes avances, renvoie ta main à sa propriétaire, et tu esquisses un sourire, mélange de vilenie et de provocation. Tu sais qu'il devine ne pas t'avoir froissée, car il sait que tu es là pour le jeu, que tu ne viens pas en quête de reconnaissance et de sentiments, et Dieu que c'est alléchant !
Mais tu n'es pas pour autant guidée par tes seuls désirs charnels. Fidèle à toi-même, tu penses, réfléchis, calcule et prévois.
Et à cette phrase qu'il a lancée, tu as esquissé un sourire malsain.
D'une main, tu te saisis de tes cheveux, les rassemble tous une seule et même épaule, dévoile ta gorge à sa vue, dévoile un peu plus la fragile naissance de ta poitrine. Ton regard court sur le visage du chef brainstormer, et un instant, tu conserves ce sourire, sans mot dire. Un instant. Quelques secondes. Perçante. Puis tu déverses ton venin.

" Mesures tes paroles, Grand Chef... Tu te penches à nouveau sur lui, plus proche cette fois ; et tu murmures, susurres: On dit qu'il est difficile de s'autocensurer lorsque l'on a bu... Tu devrais veiller à ne pas me donner trop de détails qui pourrait me rendre la tâche aisée. "

Une mauvaise journée ? C'était bien plus que rendre la tâche aisée. Ça voulait dire qu'il était à fleur de peau, presque trop sur les nerfs. Et ça voulait aussi dire qu'il était de fait plus fragile, qu'elle pouvait se jouer de ses émotions plus commodément.
Et puis il se mit à sourire. C'était son tour de jeu. Son opportunité d'égaliser les points. Et ce sourire qu'il afficha, bien que en te surprenant guère, attisa ta curiosité.

- Quant à toi, tu fais une sacré erreur en me croyant faible et facilement manipulable. J'ai beau ne pas être au mieux de ma forme, je te prie de ne pas me rendre la tâche trop facile.
(( Maintenant que j'y pense "ME rendre la tâche trop facile" ? Pourquoi ça me choque ce soir alors que ça me choquait pas avant ?! *traduit ça par "je te prie de ne pas croire la tâche trop facile"))


Et tu lis son regain de confiance et d'énergie, et tu te complais à constater qu'il est bel et bien l'adversaire auquel tu t'attendais. L'espace d'un instant, tu avais eu peur d'être déçue, mais en fin de compte, c'étai bien lui, Julian Hakwsbury, ton jumeaux diabolique - à moins que ce ne soit l'inverse. Et tout aussi étrange que cela puisse paraître, ça ne fit qu'augmenter ton désir de victoire, qu'augmenter ton désir... tout court.
Tu commences à te prendre à ton propre jeu. Tu commences à cerner les réelles motivations qui se cachaient derrière cela. Et tu apprécies. Tu te délectes. Tu jubiles d'avance à l'idée de pouvoir mener à bien cette guérilla charnelle.

- Je remarque que tu t'es déjà bien mise dans la peau de ton nouveau rôle. J'espère cependant que tu ne pensais pas m'avoir d'emblée avec ton charme naturel, ce serait insultant...

Et le tintement du second round se fait entendre.
Une lueur de défi luit en ton regard. Tu ne perdras pas. Tu ne ploieras pas.
Sans un mot, tu te laisses glisser hors de la table et retombe sur le sol bétonné de la salle sordide qui vous sert de prison. Tu fais un pas, puis deux. Une main se glisse sur l'épaule du Brainstormer. Tu fais le tour de celui-ci, te place dans son dos. Ta main se glisses doucement vers le cou de ton adversaire, tu le caresses doucement du bout de des doigts, devines les infimes frissons qu'il retient alors. Puis tu te penches sur son épaule, fait glisser le fruit interdit que sont tes lèvres contre la chair de son oreille, laisse courir ton souffle chaud contre sa peau. Ta main se saisit de sa gorge, pareille à une dextre stranguleuse, et exerce une infime pression. Pas de douleur. Juste l'inconfort. L'inconfort mêlé à la tension de ta proximité, de tes gestes, de ton toucher.
Et à son oreille tu susurres, d'une voix lascive.

" Même après une dure journée, j'aurais été déçue que tu ne t'abandonnes à moi aussi facilement... "

Tu retires ta tête, te penches sur son autre épaule, recommence la même mascarade. Puis tu t'arrêtes, un court instant.
Sourire.
Tu descends tes lèvres de son oreilles à la naissance de sa gorge, effleure ce cou blanc. Ta main migre de sa gorge au côté de son crâne, puis derrière, s'engouffre dans ses cheveux. Tu mordilles doucement son cou. Tes gestes sont lents, mesurés, lascifs. Tu sais ce que tu fais. Ta maîtrise en est presque effrayante. Le corps humain n'a aucun secret pour toi... Chaque petite zone érogène... Tu la connais. Et tu en joues.
Et ta voix résonne encore, un murmure licencieux, avant qu'il ne tente de se défaire de ton emprise.

" En fait... Je ne doute pas que tu céderas ou que tu fuiras. Mais quoi qu'il se passe, Julian... Plus tu résisteras, et plus ton envie, et la mienne, grandiront... N'est-ce pas triste de se dire que tu devras m'humilier lamentablement ou céder face à celle que tu considères hostile...? ""

Sourire sournois. Tu te retires doucement, te redresses derrière lui. Frustration ou soulagement, tu envisages qu'il puisse ressentir les deux à la fois.
Lentement, tu refais le tour, te réinstalles à ses côtés, appuyée contre cette table fixée au sol. Tes mains en arrière, tu relèves légèrement la tête vers le plafond sordide, pose ton regard sur un endroit dont tu te soucies guère, et esquisse un sourire, indescriptible.
Tu le laisses deviner que tes manoeuvres ne sont pas irréfléchies, tu le laisses deviner que ton seul but n'est pas de le faire flancher. Tu prends ton temps. Tu t'assures qu'il ne pense pas qu'à fuir, que de temps en temps, alors que tu ne fais rien, son attention se relâche et qu'il pose ses yeux sur toi. Des regards furtifs, des envies fugaces... Et quand il sera prêt, tu relanceras l'offensive. Quand ses intentions mêleront travail et plaisir. Quand à ses questions... Tu ne donneras aucune réponse satisfaisante. Quand par la frustration, il cherchera une nouvelle source de satisfaction.

Toi.

Et puis, sorti de nulle part...

" Je peines à croire que tu aies pu boire seul. J'imagine qu'elle n'a pas beaucoup apprécié de te voir partir sans avoir eu droit à sa pâtisserie. Ton regard se repose sur lui. Vil, calculateur. Sourire sournois. N'est-ce pas... ... Julian ?


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MessagePosté le: Mer 20 Fév 2013 - 21:39    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul] Répondre en citant

Comment ne pas deviner ce que préparait Elizabeth dans le coin de son cerveau à présent ? Elle laissait elle aussi trop de signes extérieur arriver à lui. Julian ignorait à présent s'il comprenait bien tous ces signaux qui lui arrivaient - et il était persuadé que, vu son état de concentration, il en loupait - mais le moins que l'on puisse dire, c'est que ceux-ci étaient orientés vers tout autre chose que l'interrogatoire qu'il était en train de tenter de mener. En réalité, il constatait avec amertume qu'il perdait chaque minutes plus d'emprises sur la Haughter. Elle se jouait bien de lui et il ne trouvait pas de moyen de crocher à nouveau. Si l'on devait comparer ses réflexions actuellement, on pouvait aisément le faire avec une voiture qui se serait arrêtée sur une grande plaque de glace et tentant de repartir. Les pneus glissent, l'accroche n'est pas bonne, les indicateurs clignotent dans tous les sens pour signifier vainement un dysfonctionnement extérieur à la machine, fumant et crachant sans pourtant pouvoir avancer d'un pouce. Parfois, un petit caillou vient se crocher sous le pneu et permet d'avancer un peu, puis la situation reprend à son départ. Situation désagréable et inextricable sans aide externe. Et cette aide, il ne pouvait espérer l'obtenir... du moins pas maintenant. Ils étaient tous les deux aussi prisonniers de l'autre. Aucune issue sans une honte inenvisageable.

Non, ils se faisaient face, jouaient l'un avec l'autre, tels deux pilotes faisant le concours de celui qui s'arrêtera le dernier avant le précipice qui s'étend devant eux. Aucun des deux ne veut lâcher en premier car il redoute la honte qu'il encours de perdre. C'est une histoire de volonté et d'honneur... le genre de motivation qui sait vous faire tenir face à l'adversité, même dans des situations ridiculement dangereuses comme précédemment cité.

Après avoir repoussé la main de la jeune femme de manière douce, malgré que le simple contact avec elle eut été si désagréable qu'on aurait pu le comparer à une brûlure de méduse. Devenait-il masochiste par la même occasion ? Car aussi désagréable que cela eut pu être, quelque chose en lui avait apprécié. Ce quelque chose que chaque homme, chaque femme, dispose et l'attire irrémédiablement vers un partenaire quelconque. Une attache, une perte de contrôle, des sentiments peut-être contradictoires à certains moments... la fin d'un être humain. Parce qu'aussi extrême que puisse sembler cette réflexion, c'était bien ce qui pouvait arriver entre ces deux énergumènes assis là, à se toiser et à se demander qui des deux craquerait en premier. Si l'un des deux succombait à la tentation de l'autre, les dégâts pourraient être colossaux. Même si tous deux étaient capable de se rendre plus ou moins compte des pensées de l'autre, réfléchissant quasiment de la même manière, Julian devait bien s'avouer vaincu lorsqu'il s'agissait de découvrir la véritable nature d'Elizabeth. Sous cette carapace vile et opportuniste se cachait-il un coeur qu'il était possible de blesser ? Il espérait ardemment qu'ignorant cette information, elle serait dans le même cas le concernant. Toutefois, il ne se laissait pas trop d'illusions, connaissant bien la capacité des femmes à provoquer d'importants dommages à ceux qui, imprudents, avaient cru bon de leur offrir tout. Un pincement au coeur. Définitivement, il ne devait pas craquer, ou du moins il ne devait pas en tenir compte. Elle se ferait sans doute une grande joie de l'anéantir à la moindre occasion... comme aujourd'hui précisément.

Alors que Julian venait de relancer le jeu, signifiant qu'il n'était pas prêt à abandonner si facilement contre elle, malgré son malus actuel, il crut distinguer quelque chose qui ne lui plut pas du tout dans le regard de la jeune femme. Forte de l'avance qu'elle avait en l'occasion sur lui, elle semblait penser qu'il suffisait simplement d'appuyer un peu plus fort pour le faire choir. Le tintement des talons de la jeune femme résonnèrent à nouveau dans la pièce comme la promesse de quelque chose qu'il allait sévèrement regretter, encore. Elizabeth se déplaça et vint s'immobiliser derrière lui. Décidément, elle avait le chic pour se mettre dans des positions ne favorisant absolument pas la confiance ni le dialogue. Le chef de clan ne bougea pas d'un cheveux, après tout, c'est c'est ce qu'elle voulait: qu'il réagisse et montre son peu de confiance. Il sentit à nouveau la chaleur de la jeune femme s'approcher de lui, de son cou, puis sa main venir tenir sa gorge. Malaise. Pensait-elle réellement à l'étouffer ? Non, c'était absolument impossible... il représentait encore un trop gros poisson, même pour elle. Se risquer à assassiner le chef des Brainstormers n'était pas digne de ses calculs. Elle pouvait jouer avec lui autant qu'il lui plaisait, tenter de le manipuler pour la mettre à des endroits stratégiques, lui dévoiler des informations... elle avait besoin de lui, alors pourquoi prendre ce risque ? Cependant, la main d'Elizabeth ne serra pas plus fort que nécessaire, c'est-à-dire de le mettre mal à l'aise. Et cette phrase qui en disait si long sur ce qui allait se passer maintenant...

" Même après une dure journée, j'aurais été déçue que tu ne t'abandonnes à moi aussi facilement... "

Ne pouvant faire autrement - réflexe oblige - Julian déglutit un peu douloureusement et, sans toutefois voir le visage de la jeune femme, fusilla du regard le mur en face de lui qui, le pauvre malheureux, n'y pouvait fichtrement rien. N'avait-il pas eu assez de sentiments pour aujourd'hui sans qu'encore elle vienne mettre son grain de sel là-dedans ? N'avait-elle rien d'autre de plus agaçant en réserve pour en venir à exacerber ses sens engourdis par l'alcool ? Qu'espérait-elle au final ? D'un air plus calme que ce que voulaient bien le dire son poul, son regard et bien d'autres indicateurs, il soupira:
- Bien, tu ne veux pas répondre, c'est entendu. De toute manière, je ne te cache pas que je n'attendais pas beaucoup de cet interrogatoire qui n'en aura pas été un. Pour être franc, je me fiche totalement de savoir à qui est cette carte d'identité. Les informations que je souhaite avoir en ma possession, je les ai déjà. Toi comme moi savons très bien que tu n'aurais jamais été idiote au point de déposer une pareille preuve sur une scène aussi importante. Si tu voulais bien me gratter le dos et relâcher un peu cette vilaine pression sur ma gorge, ce serait fort gentil à toi, pendant que tu es là.

Soudain, sans prévenir, les lèvres de la jeune femme se posent sur son cou, provoquant un réflexe charnel incontrôlable. Julian frémit légèrement alors que d'autres contacts avec cette chair étrangère si redoutée de la sienne se multipliaient dans un supplice sans nom pour le jeune homme, sentant le reste de son corps, plus particulièrement son entre-jambe, répondre à cette mascarade. Non, non, NON ! Il ne fallait pas... elle se jouait de lui, il devait résister. Fermant les yeux, se concentrant pour lutter de toutes ses forces contre ces saletés de pulsions qu'elle réveillait. Luttant contre son propre corps, ses réflexes, ses pulsions, ses frémissements qu'il peinait à masquer. Rien à faire, il peinait à s'extirper des gestes experts que la jeune femme exerçait sur lui, semblant hypnotiser son corps et le soumettre à sa propre volonté.

Elle finit par le relâcher, se redresser et rejoindre la place qu'elle semblait apprécier: sur la table. Elle ne se gêna d'ailleurs pas pour insinuer que résister était totalement futile pour ce genre de choses. Pourtant, son esprit continuait obstinément à bloquer toute tentative de rapprochement alors que son corps disait vouloir profiter "juste un peu plus". Mais ce refrain, il le connaissait. Le sexe, c'est comme la drogue, il est difficile de s'en défaire lorsqu'on s'y habitue. Et comme pour la drogue, il ne fallait pas y toucher trop au risque d'y rester coincé et devenir réellement un pervers sexuel jamais satisfait. D'un air amer, il s'exclama, en totale contradiction avec ce que son corps lui disait:
- Alors c'est ça ? Tu n'as rien trouvé de mieux que de me provoquer sur ce terrain là, tu en es arrivée à ce point-là du désespoir pour me déstabiliser ? Donnes-moi ne serait-ce qu'une bonne raison pour continuer à jouer ce jeu ? Nous avons, tant toi que moi, tant à perdre à jouer sur ce terrain... et si peu à gagner.
 
S'il avait de telles paroles, ce n'était pas cette fois-ci par respect pour Elizabeth ou pour "la protéger" comme il l'avait fait en se rendant ici aussi vite qu'il l'avait pu, pensant pouvoir la sauver d'un destin tragique. Il avait bien fait, mais elle s'en jouait, comme si elle n'avait pas pris en considération cela, ou pire: comme si elle s'en amusait. Au contraire, lui, ne trouvait pas cela amusant. Julian sentait que la jeune femme commençait à prendre trop d'importance pour lui, qu'elle devenait dangereuse et qu'il fallait qu'il s'en coupe avant qu'elle ne le démolisse. Et pourtant, il n'en avait pas envie. Sentiments contradictoires. Puis, un long moment de silence les sépara. Elle prenait réellement son pied, tout comme lui mais il n'osait se l'avouer ni en prendre le risque. Elle finit par lui lancer une dernière pique, qui le perfora comme s'il venait de se prendre une hallebarde en plein milieu du corps.

" Je peines à croire que tu aies pu boire seul. J'imagine qu'elle n'a pas beaucoup apprécié de te voir partir sans avoir eu droit à sa pâtisserie."

Ses poings se serrèrent. Il était trop tard, cette fois elle allait trop loin pour ses limites du jour. Il ne tenait plus, il ne la voyait plus qu'en une peinture rougeâtre sur le mur, son sang sur les mains. Il ne voyait plus, il n'entendait plus, il ne pensait plus. Il n'était plus que haine pendant cet instant. Se redressant brutalement, faisant valdinguer la chaise sur laquelle il était assis, il leva sa main comme pour délivrer cette gifle salvatrice. Celle qui, d'un seul coup, le déchargerait de toute cette haine comme par enchantement. Quel soulagement que serait ce bruit subtile. Cependant, son cerveau ripa et il vit à nouveau, constata ce qu'il était sur le point de faire: ce qu'il s'était toujours interdit de faire à une femme. Il se stoppa aussi net qu'il avait commencé, rabaissant sa main et remettant son col de chemise jusque là défait. Un violent coup d'électricité lui fit soudain l'effet d'assommoir. Ne JAMAIS se relever si brutalement, surtout imbibé d'alcool en cours d'élimination. Il grimaça et ferma les yeux sous le choc.

A peine quelques secondes à se frotter les tempes, puis il rouvrit les yeux, rougis par on ne sait trop quoi, puis jeta un regard noir à Elizabeth, déversant par là toute la colère qu'il avait accumulée et qu'il n'avait pas refoulée. Sa bouche s'ouvrit, mais ce fut un ton étrangement résigné qu'il utilisa cette fois-ci.
- Tu es allée trop loin, même pour toi. Tu ne le réalises peut-être pas encore, j'espère que cela viendra un jour. Je ne joue plus. Bonsoir.

Pas un mot de plus. L'ambiance crée par la jeune femme quelques minutes plus tôt n'était plus. Julian mit ses mains dans ses poches, ses mains dont les jointures étaient encore blanchies par la contraction qu'il avait eue quelques instants plus tôt, puis soupira un grand coup et se dirigea d'un pas lourd vers la porte. Peut-être n'avait-il pas eu une forme herculéenne aujourd'hui, mais même imbibé d'alcool, il savait reconnaître qu'en temps normal, il n'aurait pas non plus tenu la distance. Elle venait de toucher à un point qu'elle aurait dû deviner assez sensible pour ne pas y toucher. Elle qui était au courant de tout devait savoir pour sa récente rupture douloureuse avec Alexis. Même si ce qu'il venait d'avoir comme réaction était très évocateur de faiblesse, il espérait qu'une femme sommeillait encore en Elizabeth, une femme qui saurait se rendre compte de ce qu'elle venait d'engendrer.

En une phrase, rien de plus, rien de moins, elle venait de faire se terminer leur bataille sur quelque chose qu'elle n'avait sans doute pas prévu. Au lieu de continuer à jouer ce petit jeu avec elle, il s'était refermé telle une huître attaquée. Elle venait de le blesser là où il aurait souhaité ne jamais la voir pénétrer. Et lorsqu'il avait constaté qu'elle allait trop loin, il avait simplement choisi l'option de repli, avant qu'elle ne fasse plus de dégâts. Au Diable l'honneur, l'égo ou que sais-je encore ! Si jouer avec cette garce n'était que dans le seul but de les faire exhiber leurs connaissances respectives pour se détruire, alors il ne voulait plus rien avoir à faire avec elle. Elle qui avait déjà emmené une guerre à Pseudo City sans même montrer le signe même d'une once de culpabilité.

Arrivé devant l'unique porte de la cellule, il s'arrêta, la main sur la poignée. Sans un regard en arrière, il resta pensif, puis releva la tête vers le haut de l'immense plaque de métal qui le séparait encore du reste de son QG.
- Tu sais Elizabeth, si je suis venu ce soir, à la base et malgré mon léger état d'ébriété, c'était pour m'assurer qu'il ne t'arriverait rien, parce que j'étais persuadé que quelqu'un essaierait de t'éliminer et que ce n'est dans l'intérêt de personne actuellement. Je ne m'attendais pas à un merci, ou même à ce que tu comprennes mon geste. Je m'en fiche. Mais je ne m'attendais pas à ce que tu manques à ce point de respect à quelqu'un qui en a pour toi. Maintenant que tu as gagné, sans doute pas ce que tu voulais, mais soit, tu peux t'en aller. Et si tu attends encore quelque chose de moi, alors ait la décence de ne plus jamais me parler d'affaires pareilles.

Il appuya sur la poignée de la porte et l'ouvrit en grand, appelant un de ses hommes et lui demandant quelque chose. Il partit en courant puis revint quelques instants plus tard avec un verre de whisky. Toujours sans un regard pour la jeune femme, il alla s'adosser à un mur de la salle et sirota son whisky tranquillement. L'image qu'il donnait n'était pas très gaie ni très rassurante d'ailleurs, mais il s'en fichait. Tout ce qui comptait pour lui maintenant était retrouver l'état d'ébriété dans lequel il avait été quelques temps avant de partir de sa soirée avec Hige. Il n'aspirait plus qu'à retrouver le réconfort minable de l'alcool... au moins celui-ci lui permettrait d'oublier cette plaie qu'Elizabeth venait d'ouvrir béante... et de la soigner, avec le temps.
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MessagePosté le: Ven 22 Fév 2013 - 18:34    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul] Répondre en citant



Tu suivais les règles du jeu, aucun écart, aucune infraction. Tu te contentais de suivre les règles, fidèle au poste, fidèle au personnage, propre à toi-même. Et pourtant, te voilà qui t'écartes du chemin. Te voilà qui craque, cède sous la pression, ultime lancer de dés, ultime défaite. La victoire est pour moi. Et elle a un goût amer.
Je ne t'aurais pas cru capable d'une telle faiblesse devant moi, Julian. J'aurais pensé que tu garderais ses attitudes pour toi. Pour tes rares instants solitaires. Pour aucun autre public que toi-même. Mais voilà que tu fléchis en ma présence. Que tu laisses mon venin prendre le dessus, et mes mots t'écraser sous le poids d'un mal que tu ne parviens décidément pas à cacher.
Non. Je ne t'aurais pas cru capable d'une telle faiblesse devant moi.

Tout allait selon le plan. La carte, la rencontre avec toi, l'intimité, l'interrogatoire. Mais peut-être avais-je omis de prendre en compte certains facteurs. Peut-être m'étais-je laissée prendre à mon propre jeu ? Non. Ce n'est pas ça. La possibilité que tu te replies, je l'avais envisagée. En revanche, ce à quoi je ne m'attendais pas, c'était ce désir de violence qui t'animerais alors. J'aurais dû y songer, pourtant... Car aussi puissant que tu sois, tu restes un homme, fragile petit être humain prisonnier d'émotions et de sentiments. Tu m'as eue. Un point pour toi.
Car te montrer ce visage... Je ne pensais pas avoir à le faire un jour. Pas devant toi. Mais c'est comme un réflexe, Julian. C'est ma barrière entre ton monde et le mien. Ce visage de porcelaine, inexpressif, ces yeux vides. C'est ainsi que je fait face à la violence. C'est ainsi que je me bats contre moi-même, contre ces réflexes qui forcent à reculer, contre ces hoquets de surprise et ces gémissements de douleurs. Visage de porcelaine. Comme si plus rien n'avait d'importance. Comme si... j'étais déjà morte.

Pincement au coeur.

Je regarde ton bras, prêt à entrer en collision avec moi, se baisser. Mais je ne le vois pas. Comme débranchée pour ne pas subir, comme éteinte pour ne pas fléchir. Je te perçois à peine tituber sous le mélange corsé de ta brutalité et de l'alcool, et lorsque je finis par t'observer de nouveau, ce sont deux yeux rougis qui me fixent, comme remplis du sang que tu aurais préféré voir couler de mon corps.

- Tu es allée trop loin, même pour toi. Tu ne le réalises peut-être pas encore, j'espère que cela viendra un jour. Je ne joue plus. Bonsoir.

Tu ne joues plus. Ré-enclenchement des mécanismes, petit sourire vil qui se dessine sur mes lèvres. Façade. Tu oses prétendre que je ne réalises pas ce que je fais, Julian. Erreur... Incroyable erreur. C'est le chemin que j'ai choisi, celui du mauvais personnage, ni plus, ni moins, pour assouvir mes propres desseins. Tes sautes d'humeurs ne seront pas celles qui me feront choir ou reculer, parce que rien ni personne n'a le pouvoir de me dissuader de suivre ce chemin que j'ai emprunté. Alors te voir faible, Julian, n'affectera en rien ma relation avec toi. Je ne te laisserai pas lire la compassion que je ressens en ce moment-même, ni même la douleur que je m'inflige en blessant les autres. Infléchissable petit démon ?
Je suis certainement la personne la plus faible de cette pièce.

Visiblement imperturbable, je te regardes faire ton petit manège, sourire satisfait au coin des lèvres. Je peux au moins me contenter du fait que cette mascarade ait répondu à quelques-unes de mes interrogations. Car c'était bien le but, Julian... Me faire traîner en interrogatoire pour nous lancer dans une joute verbale où le dernier debout aurait le pouvoir sur l'autre, où le dernier à sourire aurait le titre de maître d'interrogatoire au dépens de l'autre. Il faut croire que j'en ai appris plus sur toi que toi sur moi. Échec au roi.
Car ces propos pour lesquels tu m'as tant haïe, pour lesquels tu as presque failli en venir aux mains, étaient justifiés. Et en vue de ta réaction, petit Chef, je me permets de penser qu'il y a bien une femme avec qui tu essaies d'oublier ton mal, avec qui tu tentes de noyer ta culpabilité. J'avais entendu quelques rumeurs par le biais de mon réseau. Mais il semblerait que tu sois soit très vigilant, soit qu'elle soit très douée. Désormais, je sais qu'au moins elle existe, et qu'il ne me reste plus qu'à fouiner un peu pour lui mettre la main dessus.

Ta main est posée sur la poignée de la porte et je te sais qui t'offres à une dernière réflexion avant de disparaître de ma vue. Est-ce que je compte vraiment te laisser t'en tirer de la sorte ? Bien sûr. Pourquoi m'amuserais-je à te rattraper, à te faire penser que j'ai une once d'intérêt pour toi, une once de sympathie. Même si la vérité est différente de ce que je laisse transparaître, il est hors de question que je change mes plans parce que tu as décidé d'être imprévisible. Après tout, tu es Julian Hawksbury. L'imprévisibilité fait partie des paramètres dans chacun des scénarios que j'envisage.
Je ne serai pas celle qui t'arrêtera. Je me contenterai d'attendre ta sortie. Je prendrai un air suffisant, chargerai ces deux yeux d'un sentiment de pouvoir et de vanité, puis sortirai à ta suite. J'humecterai peut-être mes lèvres en croisant tes soldats pour les laisser imaginer ce qu'ils voudront sur notre entrevue, glisserai un ou deux sourires mesquins puis partirai sans demander mon reste. C'est là ma façon de faire. Semer la confusion et ne jamais laisser transparaître assez d'indices pour mener au chemin de la vérité. Je ne te laisserai pas non plus croire que je puisse ressentir des choses, avoir des émotions, ou même un coeur. Quitte à devenir le monstre pour lequel tu me prends, quitte à devenir plus détestable encore que je ne le suis déjà.

Sauf que tu fais tout foirer. Encore. Tu me glisses des mots tout à fait dignes de toi, et en soi, ce n'est pas ce qui me dérange. Non, Julian... Ce qui me dérange, c'est ce que tu fais juste après. Cet homme à qui tu demandes je-ne-sais encore quel service, puis ce verre au liquide ambré qu'il s'en vient te rapporter.
Est-ce que c'est une blague ? Est-ce que tu es vraiment sérieux ? La porte est grande ouverte, et je te vois qui t'appuies contre le mur et t'apprêtes à porter le verre à tes lèvres. Un millième de seconde pour faire mon choix.

" Rassure-moi, Hawksbury, tu ne comptes tout de même pas me faire l'affront de te servir dans mon verre, n'est-ce pas ? "

Démarche mesurée, tintements sourds, main lascive glissée dans tes cheveux. Tu passes devant l'ouverture béante de la porte, t'arrête au niveau du chef Brainstormer, le perce de nouveau de tes prunelles océanes. Et sans mot dire, alors qu'il porte le verre à ses lèvres, tu poses ta main sur celui-ci, l'empoigne, le lui enlève. Sourire mesquin, tu te recules, sans jamais le lâcher du regard, fait tourner le liquide ambré dans le fond du verre et pousse tout en douceur la porte de la salle qui se referme sur un léger bruit étouffé.
"Hawksbury", même-lui avait dû être surpris de t'entendre le nommer de la sorte. Mais quel autre choix avais-tu ? Ils ne devaient pas le voir comme ça... Ils ne le devaient surtout pas.

" Un chef qui fait montre de faiblesse devant son ennemi est une chose, Julian... Mais un chef qui fait montre de faiblesse devant ses propres hommes ? "

Ton ton est rude, ton regard réprobateur. Tu poses le verre sur la table, qu'il se serve donc s'il en a envie, maintenant que la porte est close tu n'en as que faire. Mais tu ne peux pas le laisser briser son image de leader. Pas devant des hommes qui pourraient perdre leur foi en lui, pas devant des hommes qui pourraient faire courir la nouvelle jusqu'à certaines oreilles à Mighan. Tu as un plan pour cet homme. Et tu ne le laisseras pas tout ruiner par excès de sentimentalisme.

Lui laissant libre cours jusqu'au centre de la pièce, tu te mets à l'écart, lui signifiant que si c'est d'espace dont il a besoin, tu peux le lui laisser. Mais tu ne le laisseras pas mettre fin à cet interrogatoire. Pas maintenant, pas dans cet état. Il ne doit pas être vu ni même deviné. Tu t'adosses à ton tour contre un des murs de la pièce, croise les bras et l'avise, d'abord silencieuse.

" Tu m'as demandé plus tôt pourquoi je jouais sur ce terrain. Tu as même évoqué du désespoir. Petit rire. Permets-moi de te faire remarquer que tu as l'air bien plus désespéré que je ne le suis. Et, pardonne mon arrogance, mais... Comme tu l'as si bien fait remarquer, c'est un jeu. La séduction n'est rien d'autre que cela. Si tu n'es pas capable de voir les avantages d'un partenariat avec moi et que tu souffres de développer des sentiments à chaque fois que tu t'y tentes, alors soit, Julian. Mais ce n'est pas en cherchant à te noyer tout seul que tu vas oublier tes erreurs et celles des autres. "

Tu n'ajoutes rien dans l'immédiat. Tu reprends un rôle d'observatrice, étudie chacun de ses gestes, chacune de ses expressions, tente de deviner ses pensées.
Tu as lentement mis de côté les sourires perfides et les airs hautains et calculateurs. Nonchalance, indifférence, froideur peut-être.


Si j'avais su que cette simple petite carte m'en apprendrait autant sur toi, Julian... A la réflexion, je ne sais même pas si je dois m'en réjouir ou m'en lamenter. Je ne suis pas venue pour te voir pleurer ta haine de t'être vu faire la même chose que ce que tu as fait à Harmony. Paie donc ton dû, et ressens son mal. Ce n'est que justice. Mais en même temps... Ce verre d'alcool, Julian, ce splendide petit verre de whisky, il pourrait bien être la clé de ta conscience. J'hésite à te laisser t'y noyer, j'hésite à te laisser te saouler assez pour me parler et me dire tout ce que je veux et ne veux pas entendre. Mais... Gare à toi, Julian. Si tu uses de violence contre moi, je ne te garantis pas de pouvoir tout cacher...
Je ne pourrai pas éternellement te protéger.


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MessagePosté le: Sam 23 Fév 2013 - 17:27    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul] Répondre en citant

Lorsqu'il s'était déplacé jusqu'à la porte pour l'ouvrir et demander un whisky, Julian ne savait plus trop quoi penser de cet interrogatoire qui se dirigeait lentement vers quelque chose de très dangereux. Laisser deux pareils individus s'affronter ainsi était pure folie et finirait forcément mal pour l'un d'eux s'il n'y avait pas un événement imprévu pour les en empêcher. Or, cet événement imprévu, Julian tentait de le provoquer de toutes les manières possibles. Mettre fin à cet entrevue était important, elle allait trop loin cette fois-ci et devenait plus que dangereuse. S'il ne voulait pas commettre une erreur monumentale - comme déroger à sa règle de non-violence envers les personnes de sexe féminin - il lui fallait remettre de la distance entre elle et lui. Encore partagé entre la rage et un désespoir naissant, sans parler des pulsions sexuelles qu'elle avait provoquées chez lui un peu plus tôt, il ne se rendit pas bien compte que ce qu'il était en train de faire allait lui apporter quelque chose d'impensablement positif pour lui.

Elizabeth, pour une raison qui ne lui apparut pas clairement immédiatement, vint s'occuper de refermer la porte et de lui ôter son verre d'alcool en prétextant qu'il s'agissait du sien. A première vue, le réflexe était purement enfantin et des moins poli. Comment pouvait-elle encore oser le provoquer de la sorte ? Puis, réfléchissant un instant, il comprit les mécanismes de son petit jeu. Comment avait-il pu passer à côté de cela ? Son ébriété lui avait-elle encore joué des tours ou était-il fatigué à ce point ? Probablement une combinaison dangereuse et improbable de plusieurs facteurs. Quoi qu'il en soit, il venait de réaliser quelque chose d'important. Elle ne le montrait pas et faisait tout pour le masquer à vrai dire. Normal ! Elle utilisait comme à son habitude tous les moyens possibles et imaginables pour attirer son attention vers autre chose de moins important, mais d'émotivement plus difficile. Ainsi, en provoquant nombreuses de ses réactions, la Haughter avait précisément réussi - ou du moins le pensait-elle - à l'égarer, le mettre dans la confusion la plus totale et surtout l'éloigner le plus possible des réponses. Le plus dûr, dans cette technique brillante, était de retrouver le chemin perdu et volontairement masqué par son interlocutrice.

Elle l'avait fusillé du regard, lui envoyant un sermon qu'elle n'aurait jamais du lui adresser. Il n'aurait alors pas cherché à comprendre ce qu'elle lui reprochait malgré son air suffisant habituel et son sourire insupportable dont elle le gratifiait à nouveau. De plus, ces paroles étranges qu'elle avait eue en refermant la porte et en s'emparant de son verre de whisky étaient, à y réfléchir, autant révélateurs. Ils résonnaient encore dans sa tête.

" Rassure-moi, Hawksbury, tu ne comptes tout de même pas me faire l'affront de te servir dans mon verre, n'est-ce pas ? "

Ne serait-ce que le fait qu'elle l'ait appelé par son nom était étrange. Cela cachait évidemment quelque chose d'important. Une fois à nouveau enfermés et à l'abri des oreilles indiscrètes, la jeune femme s'adressa à nouveau à lui en le sermonnant. Ne pas montrer ses faiblesses à ses hommes ? Ha, en voilà une qui était excellente. Il ne savait pas Elizabeth si portée sur l'humour. N'avait-elle elle-même pas compris le plan qu'il avait pour la résolution de cette crise ? Du moins celui qu'il tentait de mettre sur pieds ? Non, à l'évidence elle ne l'avait pas compris. Et il y avait de quoi, ses émotions contradictoires à mettre sur le compte de l'alcool devaient avoir faussé la donne.

Malgré le ton froid et réprobateur qu'elle avait adopté, Julian ne put retenir un sourire sur ses lèvres. Devenait-il fou ? C'était ce que l'on pourrait penser en n'étant pas dans sa tête en ces instants. Il devait perdre la boule, devenir complètement perdu pour la cause de Pseudo City. Il remit sa main dans sa poche de pantalon, le regard fixe sur le sol à environ un mètre cinquante de lui. D'un air soudainement plus serein, voire même un peu plus jovial, il s'exclama:
- Je comprends mieux maintenant...

Julian se détacha du mur contre lequel il s'était adossé, puis revint vers le centre de la pièce, prit à nouveau le verre dans sa main et fit bouger le liquide ambré sans toutefois envisager d'y goûter. Son regard s'était fixé sur les mouvements du liquide sur les parois de verre.
- Je me demande bien ce qui se passerait si je sortais de cette pièce dépité et saoul. Pas toi ?

Le regard de Julian quitta le verre des yeux pour fixer la jeune femme sans plus distinguer sa beauté féminine pourtant alléchante. Son regard rayonnait d'une nouvelle étincelle. Celle que l'on peut voir dans les yeux de chercheurs venant de faire une découverte majeure, dans les yeux du vainqueur d'un quelconque sport ou encore dans les yeux d'un enfant à qui on aurait offert le cadeau qu'il attendait tant.
- Je ne sais pas pourquoi je n'y ai pas songé plus tôt, tu m'as bien distrait il faut dire. C'est pourtant si simple. Nous avons tous deux une manière bien différente de manipuler les gens. Toi, tu presses là où ça fait mal, tu obtiens ce que tu veux et tu jettes tes victimes sans plus te préoccuper de ce qu'elles deviennent. Moi, en revanche, j'y vais beaucoup plus en douceur, je sais trouver ce que les gens veulent et je le leur offre en échange de ce que je veux. Et tu viens bêtement de me montrer à quel point tu as encore besoin de moi, au contraire de ce que tu as pu faire jusqu'alors.

Julian lâcha un petit rire satisfait puis reposa le verre sans toucher au contenu. Il n'avait pas l'intention de mettre à exécution les menaces qu'il venait de proférer bien que, pour sa propre joie personnelle, il se serait parfaitement vu s'enfiler plusieurs verres de whisky d'affilée pour repartir complètement saoul et s'efforcer de faire le contraire de ce qu'elle semblait vouloir. De plus, paraître perdre pieds et ne plus savoir gérer son clan faisait partie de son propre plan pour venir à bout de la drogue à Pseudo City. Il savait comment il s'y prendrait pour ce faire, du moins son plan se construisait petit à petit, contrairement à celui d'Elizabeth qui semblait être parfaitement construit. A quelques détails près... Et c'était sur ces détails que Julian comptait influencer. Ne pas se laisser contrôler était sa première raison de se battre contre elle. Julian se remit à marcher et se rapprocha gentiment de la Haughter tout en continuant de parler.
- Or, j'ai le regret de t'annoncer que, malgré tous les plans que tu pourrais déjà avoir échafaudés, je ne suivrai pas tes instructions. Je refuse d'être ton pantin. Reste à savoir si tu veux "collaborer" ou si tu préfères me voir t'affronter, même si c'est contre-productif dans l'affaire qui nous concerne.

Le chef de clan, ayant visiblement retrouvé du poil de la bête devant cette pelote d'informations qui se déroulait dans sa tête, arriva à quelques centimètres de la jeune femme et plaqua ses deux mains sur le mur derrière elle, à hauteur de ses épaules. Il se pencha encore, jusqu'à pénétrer brutalement la sphère privée de la jeune femme qui, il n'en doutait pas, ne broncherait pas. Il passa sa tête à la gauche de celle d'Elizabeth et murmura:
- Quant à mes sentiments, ils ne regardent que moi, comme la vie que je décide de mener de mon côté. Contrairement à ce que tu laisses penser, je sais que tu as encore un peu d'humanité en toi et que tu sais comprendre le respect lié à l'intimité d'une personne. En revanche, si tu devais ne pas respecter cela, crois-moi, j'ai cela en commun avec Taylor de savoir tout mettre en oeuvre pour te le faire regretter.

Cela dit, Julian s'écarta à nouveau puis revint prendre sa place sur la chaise qui lui était attribuée pour l'interrogatoire. Il avait sorti son grand jeu et espérait qu'elle comprendrait bien les termes de leur "accord". Cela le fatiguerait de devoir encore se faire manquer de respect alors qu'elle savait très bien sur quel terrain elle ne devait pas s'aventurer. Comme si leur discussion n'avait jamais eue lieu, il remarqua:
- Tiens, tu n'as pas touché à ton verre... tu as tort, c'est un très bon whisky.
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MessagePosté le: Dim 24 Fév 2013 - 18:06    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul] Répondre en citant


" Je comprends mieux maintenant... "

Les mots avaient tinté pareils à un désagréable et incompréhensible son de cloche. Il avait compris. Oui, mais quoi ?
Ton regard était posé sur lui, insondable, et tu le voyais comme regagner en force, en confiance, en estime. Il s'était ressaisi à la vitesse de l'éclair, et intérieurement, tu commençais à craindre ce qui pouvait bien le motiver de la sorte. Mais tu n'avais nul besoin de t'inquiéter ma Lily. Car tes craintes seraient infondées, car là où il aurait pu toucher juste, il n'y avait que méprise et malentendu.

Rapidement, il commença à se pavaner devant toi, fier de sa découverte sur laquelle tu ne parvenais pas encore à mettre le doigt. Et ton incompréhension ne transparaissait pas, tandis que petit à petit il avançait ses arguments à toi, te mettait sur la voie. Impassible, tes bras croisés, tu l'observais, attentive, alors qu'il se dirigeait vers toi, ne répondait aucunement aux propos que tu lui avais lancé plus tôt et faisait étal de ses découvertes.
Jusqu'à la phrase finale, l'ultime argument qui dévoila son jeu.

" Tu viens bêtement me montrer à quel point tu as encore besoin de moi. "

Et tilt.
Il lâcha un petit rire satisfait, fier de sa contre-attaque, puis poursuivit son discours, proférant des "Je ne suivrai pas tes instructions", "Reste à savoir si tu veux collaborer", "contre-productif dans l'affaire qui nous concerne". Et tu te contentas de l'observer, hermétique, sibylline. Mais il ne comptait pas s'arrêter là. Emporté par son regain de confiance et d'énergie, il finit par arriver à ton niveau, et non sans une certaine forme de brutalité, tu le vis plaquer ses deux mains contre le mur qui te maintenait debout, et pencher son visage droit sur le tien.
Tu remontas alors lentement ton regard sur le sien. Et cet échange visuel, contrairement à tous ceux que vous aviez eu jusque-là, fut longuement bref, profondément perçant, et sémantiquement riche.

- Quant à mes sentiments, ils ne regardent que moi, comme la vie que je décide de mener de mon côté. Contrairement à ce que tu laisses penser, je sais que tu as encore un peu d'humanité en toi et que tu sais comprendre le respect lié à l'intimité d'une personne. En revanche, si tu devais ne pas respecter cela, crois-moi, j'ai cela en commun avec Taylor de savoir tout mettre en oeuvre pour te le faire regretter.

Son visage avait lentement migré de face à toi au côté du tien, et c'était de bouche à oreille que tu l'avais entendu, à ta plus grande stupeur, proférer le nom de Taylor.
Petit sourire.

Tu repassas en vue tout ce qu'il t'avait dit jusqu'à maintenant alors qu'il s'extirpait de ta sphère privée et s'en retournait à son fauteuil de ministre. L'espace d'un instant, tu t'étais demandé s'il n'avait pas tout simplement pété les plombs, et, finalement, c'est en repensant à ce que toi tu avais pu lui dire plus tôt que tu compris d'où la méprise avait pu venir. Oui, Lily... Il n'était pas dans ta tête à ce moment-là, il ne comprenait pas tes raisons car il ne connaissait pas tes plans, tes contacts, ton rôle. Alors bien sûr qu'il allait se faire de fausses idées, bien sûr que son esprit génial allait trouver la faille et l'exploiter. Mais si tu lui donnais les mauvaises informations, ma Lily, son génie aussi pouvait se tromper.
Et c'était exactement ce qui était en train de se passer.

" Nice speech. Je suis contente de constater que même en état d'ébriété tu restes le Julian intelligent que tu as toujours été. "

Ce n'était pas une remarque lancée en l'air, encore moins une remarque cynique ou sarcastique. Tu n'étais plus là pour jouer, car tout comme il avait calmé ses ardeurs, il avait calmé les tiennes. Tu réalisais que si vous restiez sur ce malentendu, des conséquences inattendues, peut-être bonnes ou mauvaises, pouvaient en résulter.
Alors, lentement, tu te décollas du mur, et prit place sur le fauteuil en face de lui. Puis, sur un ton calme, tu repris:

" Je crois qu'on a vraiment des choses à se dire, toi et moi. Alors juste le temps qu'on fasse ce qu'on a à faire, je vais arrêter mon petit jeu, et toi en contrepartie tu vas, je l'espère, m'écouter attentivement. "

Tu l'avises un instant, croises tes jambes, t'adosses au dossier du fauteuil, croise tes mains sur tes cuisses. Ton attitude ne laisse entendre aucune intentions cachées, aucun vice, aucune sournoiserie, et tu espères que le chef brainstormer comprendra que pour la première fois depuis que tu es dans cette pièce avec lui, tu t'ouvres à un véritable dialogue.

" Tout d'abord, j'aimerais que tu ne te fasses pas de fausses idées. Si j'avais besoin de toi, Julian, ce ne serait pas en te forçant à me détester que je t'approcherais. Tu penses vraiment que te pousser à vouloir me mettre des bâtons dans les roues, faire l'inverse de ce que je veux, ou je ne sais quelle autre chose incompréhensible soit la bonne solution pour t'utiliser ? La méthode est universelle pour ça, Julian. Quand on a besoin de quelqu'un, on le met dans son camp. Et je pense que nous sommes d'accord pour nous dire que ce n'est pas ce que je fais avec toi. Et je vais être honnête, Julian. Tu es la seule personne dans cette ville qui me rivalise. Autrement dit, tu es la seule personne avec qui le jeu en vaut la chandelle, et donc le seul avec qui je puisse me divertir un peu. "

Tu laisses un instant de silence planer, puis reprend alors ton petit discours.

" Deuxièmement, je sais pertinemment que tu ne suivras pas mes instructions. Si je t'ai fait part de celles-ci, c'est parce que je savais que tu essaierais de ne pas en tenir rigueur. Au pire des cas, tu te serais rendu compte que mes conseils sont finalement avisés et que tu ne peux que les suivre, au mieux, tu trouverais une option bien plus envisageable et préférable pour tout le monde. Alors tu vois, Julian, quel que soit ton choix, mon intervention dans cette histoire n'aurait eu aucune incidence sur l'avenir de cette ville. "

Tu savais que tenir ce discours ne signifiait pas qu'il comprendrait forcément. Tu étais entrée sur le terrain dangereux et non-maîtrisé de Julian. Tu ne cherchais pas la manipulation, mais lui serait persuadé que si. Et par ce biais, il trouverait certainement des sous-entendus cachés n'importe où, et s'inventerait peut-être encore dieu-seul-savait quelle histoire loufoque. Finalement, tu t'étais faite prendre à ton propre jeu. Julian te détestait, et s'il n'accordait plus aucun crédit à ce que tu pouvais lui dire, il créait surtout des malentendus qui pourraient causer d'innombrables dégâts par la suite.

" Je veux bien collaborer, Julian. Mais une collaboration implique de la confiance. En ça, je pense que celui qui est le moins prêt à coopérer ici ce n'est pas moi, mais toi. Cependant, si tu arrives à accepter que je peux ne pas être que la joueuse dont je t'ai fait montre ce soir, alors nous arriverons certainement à un arrangement.
En contrepartie, je suis sûre que tu trouveras plaisir, à la longue, à ces joutes verbales que l'on ne peut partager que l'un avec l'autre. Tu n'as qu'à considérer cela que comme un jeu de rôle sans conséquence. Puisqu'après tout... ça n'est rien de plus que cela. "


Tu avais un plan pour Julian, oui. Mais un plan dans lequel tu ne jouais aucun rôle. Il n'avait rien à craindre de toi, tu ne représenterais pas une quelconque menace pour son propre bien. Mais il serait difficile de le lui faire entendre. Pourtant, il avait certainement un statut privilégié. Il n'avait rien à envier à tous ceux qui faisaient partie du plan et qui avait ou allait souffrir de ton jeu. Taylor, Alessa, Shinji, l'Underground de Pseudo City, celui de Mighan. Lui était plus en sécurité que n'importe lequel d'entre eux. Mais comment le lui faire savoir, alors que pas même un seul morceau de papier n'était témoin de ces plans à long terme que tu avais échafaudés ?

" Tu m'as accordé la régence, Julian, ce qui veut dire que de toute façon on va devoir travailler ensemble. Je ne m'excuserai pas pour avoir joué avec toi ce soir. Cependant... Je peux comprendre, contrairement à ce que tu peux penser, le mal que je t'ai fait. Je ne remuerai pas plus le couteau dans la plaie après ça. Mais Julian... Tu n'as que ce que tu mérites. Tu as fait exactement la même chose qu'Alexis t'a faite à Harmony. "

Fin du round. Tu n'ajouteras rien de plus.

Tu glisses une main dans tes cheveux, puis te relève de ta chaise. Sans un mot, tu déposes une carte sur la table, et la glisse vers Julian. Sur le dessus, une simple suite de chiffres. Un numéro de téléphone, le tien, sans nom, sans identité, sans rien. Tu fais le tour de la table, te place à côté du chef sans l'observer, fait glisser le verre jusque devant lui, puis pose une main sur son épaule.
"J'ai cela en commun avec Taylor de savoir tout mettre en oeuvre pour te le faire regretter."

" Oh, à propos de Taylor... Je ne me souviens pas qu'il m'ai fait le moindre mal jusqu'à maintenant. Pourtant, on ne peut pas dire que c'est réciproque. "

Tu retires ta main, t'en retournes t'adosser au mur derrière le jeune homme, croise les bras de nouveau.

" Tu savais que même lui n'avait jamais levé la main sur une fille ? "




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MessagePosté le: Lun 25 Fév 2013 - 11:11    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul] Répondre en citant

Il s'était laissé allé à sa découverte sur cette piste qu'il venait d'apercevoir, annonçant tout haut ce qu'il venait de comprendre, et cela lui avait fait étrangement du bien. Le fait d'avoir ne serait-ce que l'impression d'avoir trouvé LA faille et d'avoir pu comprendre les mécanismes de toute cette mascarade, Julian avait senti un poids immense tomber de ses épaules. Ce poids, c'était un ensemble de sentiments négatifs comme la déception, la résignation... la colère même. Il s'était débarrassé de tout en un clin d'oeil, comme si cela n'avait soudainement plus d'importance, comme si on venait de le réinitialiser.

Comme pour parfaire ce sentiment de victoire, Elizabeth restait de marbre, tentant peut-être de dissimuler tout sentiment qui pourrait trahir ce qu'elle pensait de toute cette théorie qu'il était en train de lui exposer. Cependant, s'il y avait concédé plus d'attention, il aurait remarqué d'une certaine manière qu'il n'était pas sur le bon chemin. Certaines expressions corporelles trahissaient un certain malaise, même quand on tentait de le masquer. Or, là, il n'y avait rien... strictement rien. Mais si Julian avait à ce moment-là remarqué qu'il était sur la mauvaise piste, il n'aurait pas été bon d'imaginer ce qui aurait pu arriver. Car lorsqu'un trop-plein d'émotions tends à vouloir s'échapper par une sortie "positive" et qu'elle n'y parvient plus pour une raison ou une autre (par exemple, on annonce une bonne nouvelle puis on la contre par une très mauvaise), cette vague d'émotions se rabat sur une autre sortie nettement moins reluisante. Certains deviennent violents, pleurent ou sont pris d'un fou-rire incompréhensible et proche de la maladie mentale.

Julian avait remarqué ce petit sourire qu'Elizabeth avait laissé transparaître lorsqu'il avait parlé de Taylor. Peut-être avait-elle été surprise par cette comparaison improbable, ou alors avait-elle rencontré un souvenir qui lui donnait envie de rire ? Il n'en avait cure, à vrai dire. Il retourna s'asseoir sur la chaise qu'il lui convenait d'occuper puis constata que la jeune femme était enclin à sortir de son mutisme désagréable. Elle revint vers lui, s'assit puis commença à parler. Allait-elle encore lui rabâcher les oreilles avec des propos inutilement irritables ou choisirait-elle cette fois-ci de partir dans le grotesque et s'éprendre de sa comparaison avec le chef de clan de l'Ouest ? Non, finalement, elle ouvrait la bouche pour le complimenter. Vraiment, cette jeune femme avait beau être d'une intelligence rarement atteinte, elle paraissait parfois un peu barge sur les bords. Notons qu'à y réfléchir, il n'était pas forcément beaucoup mieux, c'est vrai.

La discussion continua alors soudain sur un autre ton. Elizabeth avait adopté une attitude beaucoup plus calme et agréable. Quel jeu allait-elle encore trouver ? Quelle stratégie allait-elle utiliser cette fois pour tenter de s'infiltrer en lui et encore lui faire du mal ? C'était dommage, mais Julian était à ce moment-là sur la défensive et, sans vraiment s'en rendre compte, s'était considérablement fermé au dialogue, irrité par les actions de la Haughter toutes plus désagréables les unes que les autres. Si elle avait voulu calculer son coup pour lui faire passer un message, elle s'était trompée sur nombre de variables. Julian était quelqu'un de complexe mais d'attentionné, par rapport à ce qu'il laissait entrevoir parfois. Il avait un grand coeur et regrettait facilement bon nombre de "mauvais choix" et leurs répercutions. Il savait se montrer très compréhensif. Mais passé un certain stade, comme ce soir-même, il se fermait, devenait aigri et il était dès lors beaucoup plus difficile de le convaincre de quoi que ce soit. Il en devenait presque paranoïaque. Cependant, et même s'il restait extrêmement vigilant, critique et peu enclin à laisser sa pensée se faire modifier aussi facilement, il concéda à écouter ce qu'Elizabeth avait encore à dire. Après tout, et même si elle ne l'avouait pas ouvertement, elle devait regretter la manière dont elle s'y était prise pour lui faire passer des informations toutes plus contradictoires les unes que les autres. Il ne dit mot jusqu'à ce que la demoiselle revienne sur leur collaboration.

" Je veux bien collaborer, Julian. Mais une collaboration implique de la confiance. En ça, je pense que celui qui est le moins prêt à coopérer ici ce n'est pas moi, mais toi. Cependant, si tu arrives à accepter que je peux ne pas être que la joueuse dont je t'ai fait montre ce soir, alors nous arriverons certainement à un arrangement.
En contrepartie, je suis sûre que tu trouveras plaisir, à la longue, à ces joutes verbales que l'on ne peut partager que l'un avec l'autre. Tu n'as qu'à considérer cela que comme un jeu de rôle sans conséquence. Puisqu'après tout... ça n'est rien de plus que cela. "


Bon, là, elle continuait d'avoir méchamment raison. Il agissait de manière stupide en se renfrognant comme il le faisait, même si elle pouvait sans doute comprendre ses raisons. Il n'empêche qu'elle était allé trop loin en s'attaquant à sa vie privée, jeu ou non. Revenant peu à peu à son aise lorsqu'elle tentait de calmer son jeu et qu'elle exprimait calmement ses arguments, ses compliments ou toute autre remarque. Il était intéressant de remarquer que, malgré son air suffisant et le rôle qu'elle jouait, elle arrivait tout de même à l'apaiser lorsqu'il s'avérait nécessaire de le faire. Force était de constater également qu'elle n'avait pas remis en doute sa théorie qui, pourtant, n'avait plus l'air si solide que cela. Enfin, il y avait tout de même songé. Jugeant utile de dire quelque chose à la fin de la phrase de la Haughter en face de lui, il intervint:

- En l'occurrence, tu ne me donnes pas vraiment envie de collaborer, c'est vrai. J'ai beau rivaliser avec toi, je n'ai pas de moyen de savoir quand tu rivalises avec moi et quand tu juges bon de te divertir. Alors il se peut que je prenne certaines choses de travers. Quant à ce jeu, s'il te plaît et que tu souhaites que j'y participes, alors il convient peut-être de ne pas enfreindre certaines règles. La mienne est de ne pas toucher à ma vie privée comme tu l'as fait. Il va de soi que cela va dans les deux sens et que je ne me vois pas non plus jouer avec la tienne. Qu'à cela ne tienne, si tu souhaites t'en amuser en public, fais-le donc à ta guise, mais veilles à rester un minimum courtoise, comme tu sais si bien le faire.

Julian grimaça un peu lorsque la jeune femme indiqua qu'ils devaient de toute manière travailler ensemble, qu'il le veuille ou non, mais plus particulièrement lorsqu'elle aborda à nouveau ce sujet si sensible qu'étaient ses relations avec d'autres demoiselles. Pourquoi diable s'amusait-elle à lui rappeler qu'elle savait, qu'il n'était pas à l'abri de son regard et que quoi qu'il fasse, elle s'intéresserait toujours autant aux histoires croustillantes de ses échecs affectifs ? Elle devait y trouver quelque chose de très délectable à rappeler sans cesse ce genre d'événements qu'il tentait - non sans mal - d'assumer puis d'oublier.

- Je n'attendais pas d'excuses de ta part, et je sais bien que nous devrons travailler ensemble puisque j'ai contribué à te mettre là où tu es dans cette ville à présent. Ce n'est pas tant d'avoir des affaires professionnelles avec toi qui me dérange, c'est la manière dont tu les abordes. Si nous pouvions avoir des discussions comme celle-ci lorsque nous sommes seuls, ça serait d'autant plus agréable, pour toi comme pour moi. Je saurai m'adapter aux autres situations, comme toujours. Quant aux erreurs que j'ai commises, laisses-moi assumer ma part de responsabilité seul, veux-tu ?

Leur discussion prenait fin à cet instant, alors qu'elle se levait à nouveau pour aller reprendre une place qu'elle adorait sans doute et qui ne lui était pas vraiment confortable, soit derrière lui. En passant, elle lui glissa un petit bout de papier sur lequel elle avait griffonné son numéro de téléphone. Certes, elle n'en était pas à son coup d'essai pour attirer sa curiosité, mais elle ne semblait pas être à court d'idées pour ce faire. Cela étant, et jugeant qu'il serait utile de disposer de ce petit bout de papier, il s'en empara lentement puis le glissa dans sa pochette de chemise, commentant, un peu amusé de la situation et souhaitant faire montre d'un peu de compétence, ce soir au moins.
- Tu sais bien entendu que ceci est inutile, puisqu'il ne me suffit que de quelques clics pour en disposer à ma guise ? Mais soit, c'est le geste qui compte, comme on dit.

Elizabeth fit alors remarquer que Taylor n'avait jamais levé la main sur elle alors que pourtant, à plusieurs reprises, il en aurait sans doute eu l'occasion. Elle revenait sur cette phrase qu'il avait prononcée plus tôt en guise d'avertissement et trouva le lien intéressant. Il sourit brièvement et, sans se tourner, remarqua:
- Ce n'est pas plus étonnant que cela. Il est moins compliqué à cerner que toi, sans vouloir le rabaisser. Cela nous fait un point commun supplémentaire. En revanche, je ne sais que trop bien le traitement qu'il réserve à ceux qui l'embêtent un peu trop, d'où ma phrase de tout à l'heure. Il n'en reste pas moins un très bon atout, pas vrai ?

Certes, utiliser ce mot pour qualifier un être humain n'était pas très heureux et ne lui ressemblait pas. Mais dans ces circonstances, enfin celles de cet interrogatoire qui n'en avait pas l'air et qui déviait sur tout autre chose depuis quelques bonnes dizaines de minutes maintenant, il trouvait justifié de s'en servir. Après tout, n'avait-il pas lui aussi en quelques sortes manipulé Taylor à plusieurs reprises ? Elle venait de l'avouer elle-même. L'avantage, avec cet homme, était indéniable: remontez-le contre quelqu'un, faites-le saliver, puis lâchez-le. Le résultat n'en sera que plus sanglant. Parfait pour faire de basses besognes, bien qu'il n'en ait jusque là eu peu besoin. Seule l'affaire d'Alexis avait été un peu risqué de foiré sans sa "collaboration". Julian finit par se retourner à 90° sur sa chaise pour tout de même voir ce qu'Elizabeth préparait derrière son dos. Visiblement pas grand-chose, du moins pas pour l'instant, ce qui n'était pas beaucoup plus rassurant, à y penser.
- Bon, puisque cette affaire de scène truquée est ridicule et que, de toute manière, je n'ai aucun intérêt à te faire plonger pour ça, je n'ai pas de question supplémentaire à te poser. En revanche, je reste à ta disposition si tu veux encore t'entraîner à m'ennuyer en tant que cheffe suppléante des Dashingers. Par avance, comme mise en bouche et meilleurs voeux pour ton futur poste, je t'informe cordialement que je t'emmerdes.

Un petit sourire entendu s'afficha sur les lèvres de Julian, signifiant par là qu'il serait potentiellement prêt à endosser d'autres critiques fort peu agréables de la part de la jeune femme. La mi-temps était passée, mais il subsistait un doute sur la volonté des deux jeunes gens à poursuivre leur joute verbale.
- Sinon, tu envisages de tenir combien de temps à la tête des Dashingers ? J'espères que tu n'as pas peur de la paperasserie... parce que sinon, tu vas bien vite déserter. Tu vas pouvoir voir d'un peu plus près la vie d'un clan, et pas sûr que ça te plaise...
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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Lun 25 Fév 2013 - 21:23    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul] Répondre en citant

Conversation sérieuse, vos temps de parole sont plus longs, vos mots moins réfléchis que lorsque vous vous jouiez l'un de l'autre. Et le ton a baissé, vos attitudes, jusque-là revêches sont devenues plus calmes et les événements commencent à prendre une toute autre tournure.
Vous parlez de règles, vous parlez de jeu, et tu te surprends à apprécier ce qui se dit, à te délecter des prochaines fois où vous pourrez de nouveau vous offrir aux hostilités. Alors que tu sièges toujours face au chef brainstormer, tu l'avises tandis qu'il répond à tes propos; tu comprends qu'il a accepté l'accalmie et au vue de son acceptation rapide de participation à ton petit "jeu", tu constates, non sans plaisir, que malgré qu'il s'en cachait, lui aussi appréciait ces rixes verbales. Peut-être pas sur le coup, lorsqu'il était en position de faiblesse, mais avec le recul, et le sentiment de puissance ressenti plus tôt alors qu'il lui semblait avoir le dessus, tu sais qu'il a compris le genre de jubilation que ce jeu peut entraîner, surtout lorsqu'il est partagé avec un être d'égal intellect.

" Très bien. Je ne suis pas contre quelques règles. Je suis d'accord pour ne pas outrepasser les limites de ton intimité. De mon côté, je n'ai que faire que tu outrepasses les miennes, puisque de toute façon je n'en ai pas. Alors, en échange, laisse-moi penser à une règle spéciale pour ma part ? "

Tu avais esquissé un fin sourire, sans doute le premier qui n'était animé ni de sournoiserie ni de sarcasme. Et la conversation avait suivi son train, mature, élaborée, une conversation d'adulte à adulte, d'être pourvu de raison à être pourvu de raison.
Et lorsque tu avais jugé que cette conversation était terminée, tu t'étais levée et avait quitté la table pour rejoindre un lieu un peu plus à l'écart. Il n'y avait aucun sens caché à cela bien sûr, même si tu te doutais que Julian en chercherait un malgré tout. Et avant de disparaître de son champ de vision, tu avais disposé d'une carte marquée d'une suite de chiffres que Julian ne manqua pas de dénoter.

- Tu sais bien entendu que ceci est inutile, puisqu'il ne me suffit que de quelques clics pour en disposer à ma guise ? Mais soit, c'est le geste qui compte, comme on dit.

Sans changer d'attitude, les bras croisés devant toi, tu lui réponds, presque aussitôt, comme si tu avais deviné avant même de lui fournir la carte, qu'il réagirait de la sorte.

" Je connais tes capacités Julian. Mais il y a deux raisons pour laquelle je te donne cette carte. La première, c'est une question de politesse, il n'est jamais très apprécié d'être contacté par quelqu'un que l'on n'attend pas ; la seconde, c'est que ce n'est pas un numéro de cellulaire usuel. Tu noteras qu'il y a deux chiffres en trop. C'est un terminal sécurisé que j'utilise uniquement pour le travail. Très peu de personne y ont accès, et ne considère pas cela comme un privilège, puisque c'est simplement le prix à payer pour pouvoir prendre la régence du quartier. Cependant, si tu me dis que tu es capable de craquer les systèmes de communication de l'armée sans t'infiltrer, alors je te dis chapeau bas, et j'estime que tu mérites bien plus que le respect que je t'accorde déjà. "

Nulle vanité, nulle prétention. Tu avais hérité du système avant le conflit avec Mighan quand tes contacts t'avaient permis d'infiltrer la base, et il fallait avouer que pour rien au monde tu ne recommencerais ce genre d'opération de si tôt. Tu as beau être de marbre, ma Lily, la pression constante que tu subis chaque jour est bien assez suffisante pour en plus rajouter celle d'une infiltration à l'importance capitale. Car tu n'avais pas fait qu'amasser des informations pour Pseudo City à l'époque. Tu avais acquis bon nombre de choses intéressantes, pour toi, pour tes plans, pour LE plan. Et rien que pour ça, le jeu en valait la chandelle, le risque méritait d'être pris.

Lentement, alors que tu te perds encore dans d'innombrables songes, la conversation dérive sur Taylor, immiscé dans le sujet du jour par les plus grands soins de Julian, et un petit coup de pouce de ta part. Et ce que tu entends te dépeins en effet plutôt bien le portrait de cette vieille connaissance que tu avais jetée aux oubliettes. Quoiqu'à quelques exceptions près, Julian ne faisait pas fausse route à propos du chef sinewyer.

" Je peux te citer deux raisons pour lesquelles il est moins difficile à cerner: UN, il ne se compte pas parmi la gente féminine, contrairement à moi, et crois-moi, ça fait déjà plus de la moitié de la chose ; Ensuite, il ne se complique pas la vie comme toi, ou moi, le faisons. Je ne pensais pas qu'il serait apte à mener le clan à la pérennité, mais force est de constater qu'il est un bien meilleur chef qu'Howard qui était un vrai cinglé. Taylor a beau être une brute, tu sais aussi bien que moi qu'il est un chef bien plus réfléchi qu'il n'y paraît. "

Et pour ça, tu en sais quelque chose. Taylor a appris beaucoup de ce qu'il sait de toi, mais sa faculté à être un bon leader, ça, il l'a toujours eue en lui. C'est le genre de chose qu'on a ou qu'on n'a pas. Et lui était visiblement né avec, tu l'avais vite remarqué.

Pour la première fois depuis un moment, tu détournes ton regard du chef Brainstormer alors que lui au contraire se retourne vers toi et cherche le contact visuel. Presqu'immédiatement alors, tu reposes tes prunelles sur lui, le fixe un instant silencieuse.

" Alex n'est pas un atout ", voilà ce que tu aimerais t'entendre lui dire. Mais comme toujours, rien ne sort, et comme toujours, aucune émotion capable de mener Julian sur la piste de tes pensées ne transparais. Et pourtant, si tu n'as pas aimé sa façon de dire les choses, tu dois t'avouer qu'il n'a pas tort. D'une certaine façon, n'est-ce pas comme cela que tu as usé de lui ces dix dernières années ? N'est-ce pas d'ailleurs pour cela que tu l'as lâchement laissé pour compte, abandonné, comme si jamais rien ne vous avez liés ?

Détournes ton attention de ce sujet. Reviens sur Julian. Reviens à Julian. Ecoute-le. Il parle encore. Mieux que ça, il t'invite "cordialement" à ne pas abandonner ton jeu de joute, te fait savoir qu'il y participera, presque volontiers, peut-être inconsciemment, sans prendre en compte tous les facteurs. Mais il y a des règles, maintenant. Des règles qui stipulent qu'on ne met pas en jeu les blessures béantes.
Il te lance un sourire entendu, et sur la même longueur d'ondes pour la première fois depuis un moment, tu y réponds, absolument de la même façon.

- Sinon, tu envisages de tenir combien de temps à la tête des Dashingers ? J'espères que tu n'as pas peur de la paperasserie... parce que sinon, tu vas bien vite déserter. Tu vas pouvoir voir d'un peu plus près la vie d'un clan, et pas sûr que ça te plaise...

Petit sourire supplémentaire, amusé. Tu te détaches du mur, fais quelques pas dans la pièce sans quitter Julian des yeux.

" Ne crois pas que je me sois lancée dans l'affaire sans rien connaître à ce monde, Julian. "

Tu reviens vers lui, pose une main sur le dossier de sa chaise, ton autre avant-bras sur l'épaule du chef et te penche à son niveau. Tu cherches à nouveau la proximité, mais d'une façon bien différente de tout à l'heure. Tu ne forceras pas ses blessures, tu ne forceras rien tout court. Juste attiser, juste tenter.
Et tes perles bleues se perdent dans les siennes, et toi de continuer:

" Je constate que tu n'as pas eu accès à beaucoup d'informations me concernant, et c'est plutôt rassurant pour moi. Alors je vais te dire une chose, Julian... Le clan Dashinger est loin d'être le premier empire que j'aie à gouverner. Tu pourrais bien être surpris. "

Sourire entendu, de nouveau. Et tu te relèves, coupes aussitôt avec cette proximité soudaine que tu avais créée, fais le tour de Julian, glisse un doigt sur le rebord du verre intact toujours posé sur la table. Et tu fixes le liquide ambré. Tu n'as pas cherché Julian plus que cela, à l'instant, mais tu sais que le simple fait d'avoir cherché de nouveau la proximité lui fera repenser à l'attitude que tu avais vis-à-vis de lui un peu plus tôt. Aguicheuse, libidineuse, sensuelle. Et sans en rajouter, tu attends, patiemment.

" Tiens, j'ai un nouveau jeu. Tu te tournes vers lui, l'observes d'un petit air sibyllin qui peut ne rien annoncer de bon, comme faire tout l'inverse, puis reprends: Donne-moi cinq avantages et cinq inconvénients sur le thème suivant. "

Tu fais doucement glisser le verre vers le bord de la table, l'invitant à s'y servir.

" Les relations physiques, et uniquement physiques. "

Sourire en coin. Sujet qui fâche.

C'est lui qui a relancé le jeu.


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MessagePosté le: Mer 27 Fév 2013 - 20:45    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul] Répondre en citant

L'ambiance dans la salle redevint plus normal, plus calme et beaucoup plus propice à une discussion entre personnes censées. Il n'y a plus aucun rapport avec les gamineries et les petits jeux cruellement délectables. Julian avait l'impression, une fois de plus, d'avoir une autre personne en face de lui. Elizabeth ne ressemblait soudainement plus à cette jeune femme monstrueusement froide, qui manigançait dans l'ombre de Pseudo City pour servir on ne savait trop quel dessein... sans doute le sien, quoique. A présent, le jeune homme devait lui aussi avoir changé d'attitude. Il la dispensait également de remarques désagréables et de tout jugement. C'était comme si, en un éclair, l'ardoise sur laquelle était inscrite toutes les choses qu'il lui ferait payer un jour venait de s'envoler, de disparaître. Pouvait-elle réellement avoir un comportement si agréable ? Était-elle schizophrène pour changer de comportement aussi subitement ? A vrai dire, il en doutait fortement. Elle avait simplement une complète maîtrise de ses sentiments, ou du moins essayait de retourner ceux des autres avant qu'on ne l'atteigne trop profondément. Un peu à sa manière, même si le procédé était légèrement différent.

Julian proposa d'ajouter sa règle à leur petit jeu, puisqu'il ne s'agissait que de cela en fin de compte, et elle accepta. Elle vint à vouloir ajouter la sienne au lot. Et pourquoi pas, après tout ? Cependant, quelque chose en lui le faisait rester tout de même vigilant. Ne pas baisser sa garde, même lorsqu'elle baissait le rythme, était un peu un réflexe chez lui. Aussi, au lieu d'accepter bêtement, déclara-t-il:
- Bien, exposes ta règle du jeu si tu l'as déjà.

Puis elle lui tendit son numéro et se dirigea derrière lui pour poursuivre leur conversation. Elle lui expliqua ensuite la véritable raison pour laquelle elle lui transmettait celui-ci alors qu'il était totalement capable de trouver son numéro personnel. Mine de rien, les services "secrets" Brainstormers étaient capables de bon nombre de choses et peu d'éléments leur échappaient concernant tout habitant intéressant de la ville. Inutile d'être un génie pour imaginer que la jeune femme était en bonne position sur les potentielles menaces et, par conséquent, sur la liste des personnes à surveiller de près. Pourtant, leur surveillance était faite avec "classe" et sans éveiller trop les soupçons, même si tout le monde savait qu'il était susceptible d'être espionné. Jamais un membre de l'espionnage Brainstormer n'avait été pris sur le fait et ce n'était pas près d'arriver. Cependant, pour en revenir à ce fameux numéro, il était vrai que son existence n'avait jusque là pas été révélée. Il avait tout de suite repéré la singularité du numéro mais n'avait pas imaginé une seconde qu'elle aurait pu être en possession d'un tel instrument. Cela devait probablement être le seul exemplaire dans tout Pseudo City. Cela marquait tout de même un intérêt accru pour les activités de la demoiselle... elle avait fort à cacher et elle le faisait savoir à ce moment-là.

Julian sourit brièvement lorsque la Haughter déclara qu'elle serait bien surprise qu'il ait eu les moyens de craquer les algorithmes de chiffrement de l'armée sans s'infiltrer. C'était totalement juste, nul besoin de le nier. L'armée n'était elle-même pas en mesure de déchiffrer les résultats de cet algorithme, même en y mettant toute la volonté du monde. Disposer de la clé de chiffrement était quasiment le seul moyen d'accéder de manière sûre à l'information. D'un air amusé, il remarqua:
- Non, tu as raison, je suis parfaitement incapable de déchiffrer ce code-là. Qui le serait, à vrai dire ? Cela dit, je ne te ferai pas l'honneur de te dire que je n'arriverais pas à avoir le code de chiffrement... ce serait mal connaître mes ressources. Enfin, je suis satisfait d'avoir ce numéro en ma possession désormais. Quant à moi, tu auras mon numéro en temps utile, si tu n'en dispose pas déjà.

La conversation se poursuit sur Taylor et son prédécesseur, Howard. Sacré Howard ! Pouvait-il être encore en vie quelque part dans ce bas monde ? Il en doutait sérieusement puisqu'en tant qu'ancien chef de clan, il restait surveillé. Or, il n'avait donné signe de vie depuis très longtemps. Elizabeth énuméra brièvement les deux principales raisons faisant de Taylor quelqu'un de plus aisé à cerner. Il manqua de lâcher petit rire en imaginant que, au final, il n'était pas très difficile de faire mieux qu'Howard. Il se retint cependant et confirma:
- C'est certain qu'il se débrouille mieux qu'Howard. C'est étonnant qu'il arrive à tenir si longtemps dans un clan si difficile à gérer. Il faut croire qu'il dispose de ce qu'il faut pour diriger. Je ne nierai pas non plus sa capacité à être très clair sur la ligne de conduite à adopter à son encontre. Howard était, comme tu le dis, un véritable cinglé qui était au pouvoir juste parce que ses hommes le craignaient. Il n'y avait aucun respect envers lui, contrairement à Taylor. Espérons que cela continuera ainsi, il reste plus simple de s'adresser à lui qu'à ses brutes écervelées.

Elizabeth poursuivit, un brin amusée par sa remarque concernant les voeux qui lui adressait pour sa nouvelle fonction de cheffe suppléante. Elle lui indiqua, non sans le chercher à nouveau, qu'elle avait largement les compétences nécessaires pour guider un clan. Sur ces compétences, Julian n'avait aucun doute, cependant il lui restait certaines appréhensions sur la manière qu'elle utiliserait mais aussi sur ses expériences passées. Il était vrai qu'il ne disposait que de maigres informations sur son passé et qu'elle s'évertuait toujours à faire son maximum pour les dissimuler là où personne n'irait les chercher. Pourtant, s'il le pouvait, il aurait du mal à mettre à jour son passé. Il était à la fois attiré par la richesse de ce qu'il pourrait y trouver et repoussé violemment par l'ampleur de la monstruosité qu'il pourrait trouver. Car si l'on choisit de cacher certaines choses, c'est souvent pour de très bonnes raisons. Lui-même tentait d'étouffer des affaires dont il n'était pas fier et qu'il savait qu'elles entacheraient sérieusement sa réputation si elles sortaient au grand jour. A bien y réfléchir, il redoutait de ce qu'il pourrait apprendre, au point de ne pas trop s'y intéresser. Le passé, c'est le passé... pour le meilleur et pour le pire !
- Je sais ce que je dois savoir sur toi, et pour l'heure cela me suffit. Je n'ai que faire de tes petites histoires à en faire détaler un garde royal. Au contraire, je pense que cela fait bien des affaires que j'ignore certaines choses... les miennes y compris.

Alors qu'elle jouait à nouveau plus ou moins avec ses pulsions sexuelles, ce qu'il considérait maintenant de bonne guerre, il se remémorait les quelques tentations qu'elle lui avait fait subir quelques minutes plus tôt. Mais il fut à nouveau tiré de ses pensées par le regard qu'elle lui adressa. Cela n'annonçait rien de bon. Un nouveau jeu ? Il ne tarda d'ailleurs pas à en voir la couleur et leva les yeux au ciel. A quoi avait-il pensé en relançant toute cette mascarade ? Cependant, il accepta de répondre à la question, par intérêt pour ce qui suivrait.
- Très bien... voyons... Tu n'aurais pas pu trouver plus ennuyant qu'une question à développer à la manière d'une dissertation au lycée ?

Il réfléchit un instant alors qu'elle lui approchait le verre une nouvelle fois, l'incitant à succomber à la tentation. Son regard marron se perdit dans les reflets ambrés du liquide qui y résidait encore, prenant malheureusement la chaleur de la pièce et le rendant moins propice et agréable à son ingurgitation chaque minute qui passait. Elle le tentait et elle s'aventurait à nouveau sur un sujet qu'elle savait particulièrement sensible chez Julian, se remémorant juste suffisamment la règle qu'il avait énoncée plus tôt. Au bout d'un instant et étant arrivé au terme de sa réflexion, il répondit, plaçant à nouveau son regard dans celui d'Elizabeth:
- Pour les avantages je dirais le réconfort, le courage lié à l'effet de groupe, l'évacuation de la colère, le surpassement de ses limites et le plaisir immédiat, puisque tu voulais que j'en arrive là. Pour les inconvénients, on peut en inverser certains: l'inconfort d'une présence hostile, l'impuissance, la comparaison avec autrui, les blessures physiques et les limites corporelles.

Assez satisfait de la petite liste qu'il venait de donner, il sourit d'un air de défi, puis demanda:
- Je suis curieux de savoir le fin mot de cette petite idée qui germe en toi et à laquelle je viens de répondre. Et toi, que penses-tu de faire la même chose sur le thème des relations psychologiques ?
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MessagePosté le: Dim 24 Mar 2013 - 20:41    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul] Répondre en citant

Loin de l'offensive, votre petite entrevue prend désormais la tournure d'un meeting pacifiste où chacun des deux partis commence à découvrir ses comparses. Echange d'information, instauration de règles, vagues remarques douteuses puis on en revient au plan principal, puis on s'éloigne de nouveau. Aussi incertains que le temps, toi-même pourrais-tu prédire ce qu'il allait advenir de vous deux ?
Ces quelques instants où c'est lui qui a la parole, tu te permets de penser un peu plus loin, d'émettre quelques hypothèses de plan pour votre collaboration à venir. Quel genre de règle pourrais-tu bien lui imposer pour que toi comme lui soyez sur un même pied d'égalité ? Vers quel genre de relation dois-tu l'attirer pour que cette collaboration n'en soit que plus fructueuse ? Quelle information peux-tu lui donner, maintenant, pour lui en dire assez et en même temps ne pas outrepasser les limites du plan ? Peux-tu te permettre de l'impliquer davantage ?
Peux-tu te permettre... de l'impliquer davantage ?

- Non, tu as raison, je suis parfaitement incapable de déchiffrer ce code-là. Qui le serait, à vrai dire ? Cela dit, je ne te ferai pas l'honneur de te dire que je n'arriverais pas à avoir le code de chiffrement... ce serait mal connaître mes ressources. Enfin, je suis satisfait d'avoir ce numéro en ma possession désormais. Quant à moi, tu auras mon numéro en temps utile, si tu n'en dispose pas déjà.

Tu t'esquives à tes propres pensées, avises le chef Brainstormer, émet un vague sourire.

" Tu ne serais pas Julian Hawksbury si tu n'en étais pas capable. Mais je dois avouer que si c'était le cas, n'étant ni utile ni intéressant à mon sens, je ne t'aurais jamais approché d'une quelconque façon que ce soit. Tu aurais eu la paix. "

Auto-sarcasmes, tu confirmes être consciente des moindres choses que tu fais. Car tu ne fais pas de mal parce que tu y prendrais plaisir. Tu le fais parce que les circonstances l'exigent. Tes circonstances. Tu n'en restes pas moins coupable, ma Lily. Tu le sais et tu apprends à vivre avec. No regrets...

# Ou presque... #

La conversation glisse lentement vers Alex, et bien qu'appréciant de pouvoir discuter de lui, tu sais qu'il vaut mieux ne pas s'attarder sur le terrain. Julian est intelligent. Et le moment n'est pas encore venu pour lui de savoir. Bientôt. Mais bientôt n'est pas maintenant.

- [...] Espérons que cela continuera ainsi, il reste plus simple de s'adresser à lui qu'à ses brutes écervelées.

" Il n'y a pas l'air d'y avoir de vent de rébellion pour l'instant. Mais ne t'habitues pas à ce confort diplomatique. Dans le quartier ouest, tout peut basculer du jour au lendemain, sans que personne ne puisse rien y faire. Alex a déjà failli perdre les pédales une fois. Heureusement que même lui a su s'entourer de personnes de confiance pour le remettre dans le droit chemin. "

Tu ne lanceras pas la conversation sur Morgan, ni même ne reparleras d'Alexis. Julian a été clair sur sa règle. Pourtant, il se peut que tu touches un point sensible. Car Julian le devinera peut-être, ou peut-être pas, mais ce n'était pas de cette histoire qui les liait avec Alexis que tu avais fait mention. C'était d'une histoire plus lointaine, plus douloureuse, et pourtant encore d'actualité. Alex avait bien failli déserter la ville à son tour, juste avant que la guerre n'éclate, il avait bien failli se laisser engloutir par son flot de haine après le décès de sa génitrice. Mais tu avais été là pour lui faire part d'informations que tu savais le feraient revenir à Pseudo City. Et tu savais qu'une fois de retour sur les plaines désaffectées du quartier ouest, il croiserait la route de Morgan, il retrouverait ce lien puissant auquel il tenterait sans doute de se rattacher.
Silence.
Tu diriges la conversation ailleurs.
Dissertation de lycéen. Oui. C'est ça. Donne donc tes arguments. Guide-moi en dehors de ce terrain hostile sur lequel je me suis égarée.

Et les arguments fusent, intelligemment, il te rappelle qu'il est bien l'être brillant que tu espérais trouver en lui. Tu te replonges dans la conversation, mais n'apparaît ni plus attentionnée ni moins attentive que plus tôt. Tu maîtrises tes émotions. Pour ne rien laisser transparaître. Car tu n'es pas venue aujourd'hui enveloppée du manteau du mensonge. Si Julian te pose une question, tu n'y mentiras pas. Tu useras de tes talents pour esquiver la question, comme tu l'as déjà souvent fait ce soir, ou y répondras tout simplement. Mais certains sujets ne doivent pas encore être abordés. Certains sujets doivent rester scellés. Car certains sujets sont faiblesse. Et faiblesse tu ne peux être.

- Je suis curieux de savoir le fin mot de cette petite idée qui germe en toi et à laquelle je viens de répondre. Et toi, que penses-tu de faire la même chose sur le thème des relations psychologiques ?

Tu avises ce petit air de défi qui anime son visage, puis te prends au jeu, lentement mais sûrement. Tu t'approches de nouveau de lui, esquisses le même sourire défiant qu'il arbore. Tu te penches sur lui, glisses deux doigts sous son menton, relève à peine sa tête pour plonger ton regard dans le sien. Et, directe, lui répond, sans froideur, sans rudesse, et pourtant, on les sentirait presque l'un et l'autre dans ces propos arides que tu lances.

" Je ne vais te donner qu'un seul mot: stériles "

Tu n'es pas sèche, et pourtant la simple signification de ces mots te rendrait rude et froide. Ton sourire s'efface lentement, tu te relèves, t'écartes un peu. Ton regard ne lâche pas le chef Brainstormer, et après ce court silence, tu ajoutes:

" Ma vision est fermée à ce sujet. Je sais quelles autres réponses tu aurais pensé entendre, et j'aurais pu te les donner. Mais elles ne refléteraient pas ma pensée. "

Tu adulais les véritables sentiments, l'amitié, l'amour même, tu aurais tant voulu les assimiler à ta vie. Mais ils t'étaient interdits, tu n'avais peut-être pas de coeur à la base et les choses s'en étaient suivies, ou alors était-ce peut-être le contraire, tu t'étais fait la promesse de suivre le plan jusqu'au bout, et pour ce faire t'était détachée de tout sentimentalisme.
Quelle que soit la vérité, tu ne pouvais pas t'ouvrir aux autres. Tu ne pouvais pas les laisser entrevoir ta réalité. Ni Alessa, ni Alex, ni même ce Shin auquel tu avais pourtant juré fidélité.
Après avoir longuement soutenu son regard, tu glisses une main dans tes cheveux, les ramène d'un même côté de ta tête, puis détourne à peine le regard.
Tes pas tintent de nouveau, te rapprochant de ton interlocuteur. Tout en finesse, tu viens t'accroupir devant lui, croise tes bras sur ses genoux, et repose ce regard océan sur lui. Pour la première fois, tu l'observes d'en bas. Pour la première fois, tu ne cherches pas la hauteur.

" J'ai choisi. La seconde règle sera celle du Huis Clos. Quel que soit le moment où l'un comme l'autre en ferons mention, plus rien d'autre ne devra avoir sa place parmi nous. Si je décidais de faire appel à cette règle, il n'y aurait plus de clan, plus de pseudo-ville, plus de Mighan, plus de complots, plus rien. Seulement toi et moi, enfermés dans notre petit monde, isolés du reste. Et tout ce qui se dira dans cette bulle hermétique ne pourra en sortir. Quelle que soit l'importance de l'information, si elle est mentionné pendant un Huis Clos, tu ne pourras t'en servir en dehors ou en faire part à quiconque.
Evidemment, cette règle s'applique pour nous deux. Je peux y faire appel, mais toi aussi. Quoiqu'il s'y dise, quoiqu'il s'y fasse, ce ne pourra être rien d'autre que notre petit secret.
Zéro conséquence. "


Silence. Tu l'observes. Aucune émotion ne transparaît. Les dés sont lancés. Désormais c'est à lui de jouer.


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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Dim 31 Mar 2013 - 11:28    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul] Répondre en citant

Elle lui aurait fichu la paix s'il n'avait pas été aussi intelligent ? Tiens, quelle surprise ! Ou plutôt cette déduction coulait de source. S'il n'avait pas possédé un certain potentiel pour quoi que ce soit, il était certain qu'elle ne l'aurait pas approché. Après tout, elle n'allait voir que les personnes qui lui étaient profitables, desquelles elle pouvait se jouer et qui, au final, pourraient l'aider à atteindre son but dans la vie, quel qu'il soit. La perspective d'avoir été laissé pour compte par la Haughter résonnait en lui comme un bel avenir qu'il n'avait su choisir, dès sa naissance. Il y a des choix qui ne sont pas évidents et que l'on fait à votre place sans que vous n'ayez mot à dire là-dessus. En l'occurrence, il avait manqué le choix d'être bête et de vivre comme les idiots: loin de tout soucis. Parce quand on est bête, des personnes intelligentes s'occupent de vous et font tout à votre place, par pitié sans doute.

Mais voilà qu'il s'égarait une fois de plus dans ses pensées. La discussion avait glissé sur Taylor mais cela ne semblait pas convenir réellement à Elizabeth, comme si ce sujet la tracassait et qu'elle avait peur qu'il apprenne des choses qu'elle aurait voulu garder pour elle. Aussi étrange que cela pouvait paraître, Julian s'avérait être très compréhensif face à ces secrets. Elle n'avait peut-être aucune honte à venir les lui soutirer pour les utiliser pour ou contre lui, mais le Brainstormer n'était pas de cette trempe. Il ne voulait pas disposer d'informations juste pour le plaisir d'embêter quelqu'un, même sérieusement. Il ne rassemblait que les informations qui lui étaient utiles à court, moyen ou long terme. Or, apprendre quelque chose de plus sur Taylor ne lui était pas nécessaire. Il savait comment il fallait parler à ce chef de clan et il savait être convainquant. Pas besoin d'exercer d'inutiles pressions sur une quelconque histoire où il aurait pété les plombs. Ce n'était pas son style, il s'y refusait. L'information qui fait mal n'est là que pour être monnayée et n'être utilisée qu'en dernier recours... et il détestait les derniers recours, parce que c'était synonyme d'ouvrir la boîte de Pandore. Dès lors qu'on s'attardait sur des détails compromettants, on s'assurait de finir à nu dans un quelconque journal. Et ceci était pire qu'exercer les pressions dont il avait l'habitude de faire usage. Au moins, lui se considérait comme un "gentleman", faisant comprendre à son adversaire qu'il n'était dans l'intérêt de personne que certaines choses se sachent. Généralement, cela se passait bien... sauf lorsqu'on avait à faire à Elizabeth, bien sûr.

Alors que Julian avait intelligemment redirigé la conversation vers leur petit jeu qu'Elizabeth avait eu l'audace de lancer, il remarqua que la jeune femme n'était pas disposée à répondre à celui-ci. Etait-ce un jeu à sens unique ? Dommage, il était triste de constater que l'on ne pouvait jouer à ce jeu plus longtemps. Il aurait bien aimé entendre celle-ci sortir quelques mots-clés qui révéleraient peut-être un axe sur lequel il pourrait se pencher, qu'il examinerait puis duquel il tirerait peut-être avec succès une faille à exploiter. Mais au lieu de cela, la jeune femme s'approcha à nouveau de lui, se pencha une nouvelle fois pour être plus ou moins à sa hauteur et le força à lever la tête pour qu'elle puisse déposer son regard dans le sien. Alors qu'elle répondait, une once de déception se vit sur son visage. Il s'attendait à mieux...
- Je m'attendais au moins à ce que tu essaies de noyer le poisson et que tu me gratifie de quelques mots sans aucune signification. Mais là, c'en est tout bonnement décevant. Je commençais seulement à m'amuser un peu avec tes jeux. Mais soit, tu as sans doute encore de la méfiance envers moi. Moins que je n'en ai à ton égard, mais tu te méfies, et c'est tout à mon honneur.

Il esquissa un sourire satisfait, pas autant que celui qu'il avait eu lorsqu'il avait cru comprendre le petit manège de la jeune femme, mais satisfait tout de même. Ce qui advint ensuite fut d'autant plus surprenant. Pour la première fois depuis leur entrevue, et pour aussi loin que ses souvenirs le portaient, elle s'accroupit devant lui. Ce n'en était que plus déroutant. Elle qui cherchait quelques minutes plus tôt à le regarder du plus haut possible venait maintenant d'inverser volontairement la tendance. Elle jouait avec les règles du non-verbal d'une manière toute sauf cohérente... enfin, pour elle, ce l'était sans doute, mais il ignorait encore ce que signifiaient tous ces changements soudains. Puis il comprit. Elle prononça l'énoncé de la règle qu'elle souhaitait ajouter à leur petit jeu d'intellectuels: le huis-clos. Rien que ça ! Ne pas pouvoir se servir des informations qu'elle pourrait lui offrir était synonyme de nourrir un affamé pour lui trancher la tête ensuite. Heureusement, cette règle s'appliquait à lui aussi, il en allait de soi. L'idée même de ne pouvoir utiliser les informations qu'elle pourrait lui donner sous le sceau d'un huis-clos était terrifiante. Il aurait les cartes en main mais ne pourrait les jouer... cette idée le faisait grincer des dents.
- Tu es toujours aussi exigeante. Cette règle est très lourde, aussi faudra-t-il en faire bon usage. J'espère que nous aurons la décence de ne pas mettre en péril de manière trop importante qui que ce soit ou quoi que ce soit durant ces huis-clos. Cependant, avant d'accepter, je dois te poser une question: crois-tu qu'il est possible, une fois un pavé jeté dans la marre, de stopper toutes les ondulations qu'il aura provoqué ? C'est bien cela que tu veux au travers de cette règle pourtant.

Julian laissa un instant de répit à la jeune femme pour penser aux conséquences de ce qu'elle demandait. Il savait pertinemment que si elle demandait une telle mesure, c'est qu'elle y avait réfléchi. Cependant, il craignait qu'elle use de cette règle comme bon lui semble et qu'elle l'empêche d'utiliser des informations cruciales pour aider à la remise en état de Pseudo City. Un instant de silence ayant été respecté, il ajouta:
- J'espère que tu es consciente que l'application d'un tel mécanisme pourrait non seulement nous porter préjudice à tous les deux, mais également à toute la ville et ses habitants. Peut-être même plus loin encore. Et je ne veux pas que l'on puisse l'utiliser si c'est pour mettre en danger autrui. Si ces informations doivent nous concerner tous les deux, je m'en fiche, mais je ne veux pas que l'un ou l'une soit capable d'entraver le travail de l'autre. Tu comprends mon raisonnement ?

Le chef de clan avait de sérieuses raisons de penser qu'Elizabeth ne définissait pas cette règle pour l'empêcher d'agir, mais plutôt pour se protéger des informations qu'elle pourrait lui fournir. Toutefois, il voulait s'en assurer avant d'accepter n'importe quelle règle qui, potentiellement, pourrait l'empêcher d'agir et l'obliger à regarder Pseudo City partir en fumée.
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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Lun 20 Mai 2013 - 13:42    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul] Répondre en citant

Tu lis la déception dans le regard du chef Brainstormer, et la pensée qu'il ait subit beaucoup trop de fluctuations d'émotions ce soir te traverse. Tu entends presque le tic-tac de la montre qui sertit ton poignet, rappelant à tes sens qu'il n'est pas toujours bon de s'éterniser sur de telles joutes. Il te faut laisser à Julian le temps de réfléchir, le temps de ressasser cette soirée, le temps de regretter de s'être mobilisé pour te rejoindre, ou, au contraire, d'y trouver avantage. Ayant mis fin au petit jeu, tu avais fini par t'aventurer sur le terrain houleux des lois qui encadreraient votre union temporaire. Et comme prévu, il n'aime pas vraiment cette perspective que tu lui exposes. Il a besoin d'arguments en sa faveur, il a besoin de promesses, de solennité. Tu sais qu'il voudrait pouvoir te croire d'un seul mot, et tu comprends aussi qu'il n'en soit pas capable. Peut-être que cela viendra avec le temps. Peut-être qu'il y arrivera, s'il accepte cette unique, mais contraignante, règle. Comment lui en vouloir de n'avoir pas confiance alors même que tu te refuses à lui dire ce qu'il devrait entendre pour ce faire. Car dans le fond, vos deux buts ne sont-ils pas les mêmes ? Ne vous battez-vous pas pour un monde plus serein, un monde de liberté, sans combat ? Votre vision des choses est simplement différente. Julian prévoit au moyen-terme. Ton pari joue le long-terme.
Immobile, bras croisés sur ses genoux, tu le fixes en silence tandis qu'il t'expose sa vision de ta règle. Comme tu pouvais t'y attendre, il ne se jette pas aveuglément dans le projet, cherche le potentiel piège, craint le risque énorme que cela implique.
Et ton visage reste calme, impassible et pourtant plus aussi froid qu'il ne l'était plus tôt. Le jeu n'a plus lieu d'être, vous avez désormais atteint le point culminant de cette entrevue, l'apogée de cette étrange rencontre.

" Je comprends parfaitement ton raisonnement. C'est aussi la raison pour laquelle je n'attends pas de réponse immédiate. Tu auras tout le temps d'y réfléchir, mais, en contrepartie, tu ne pourras rien exiger de moi tant que tu ne m'auras pas donné de réponse, qu'elle soit positive ou négative. "

Ton ton est conciliant, loin de vos hostilités antérieures. Tu laisses un instant de latence, ou ton regard parcourt son visage, puis reprend doucement:

" Mon but n'est pas de faire couler Pseudo City. Si tu acceptes le huis-clos, nous n'aurons pas le droit d'y mettre en jeu les informations capitales. Etant bien placée pour savoir que n'importe quelle information, même la plus insignifiante, peut mettre en péril des titans, je te propose une alternative. Si l'un d'entre nous considère que l'information mise en jeu est capitale, il suffit d'en faire mention, d'expliquer tes raisons. A l'issu du débat, que j'espère le plus objectif possible - nous sommes tout de même dotés de raison -, le sort de l'information pourra être décidé et celle-ci extraite du huis clos si nécessaire, et sous conditions des deux partis. "

Tu soutiens un instant son regard, puis retire tes bras de ses membres inférieurs.

" De manière plus claire, il est d'ores et déjà interdit d'employer cette règle pour jouer avec l'autre, tenter d'exhiber une quelconque supériorité ou encore moins entraver les plans de l'autre. "

Arguments exposés, tu attends désormais une réaction de sa part. Si cette alternative n'est pas une preuve suffisante à ses yeux, alors la règle ne verra sans doute jamais le jour. Mais de ton côté, tu espérais sincèrement qu'il accepterait. Pour soulager le poids de tes épaules et, si l'occasion venait à se présenter, soulager le sien. Car à tes yeux, cette règle pouvait signifier le début d'une véritable collaboration entre vous, le début d'une union entre deux pôles jusque là opposés, malgré leur but commun.
Tu te relèves, dégourdissant un instant tes jambes, puis rejoint le fauteuil faisant face à celui de Julian. Tes mains se déposent sur le dossier et tu avises un instant ton interlocuteur avant de continuer.

" J'aimerais simplement que tu n'oublies pas que cette règle me concerne aussi. Si tu considères que je pourrai jouer avec toi par son biais, sache que je compte jouer assez gros pour qu'elle représente une menace pour moi aussi. "

Tu refuses de lui en dire plus, car tu sais que si tu lui annonces d'ores et déjà que cette règle vise à délier ta langue pour faire de Julian un véritable allié, il pourrait accepter cette règle sans véritablement vouloir s'y tenir.
Et si lui ne te fais pas confiance, tu ne peux pas non plus te jeter dans ses bras comme si lui était un ange de pureté. Car bien qu'ayant des principes à première vue nobles, ça n'est que par ce biais que le loup parvient à se faire appeler berger.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:05    Sujet du message: Huis Clos [PV Liz-Jul]

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