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Pseudo City: Chapitre 2 - Dégats collatéraux
 
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Deal si tu oses [Libre]

 
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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Mer 2 Jan 2013 - 11:34    Sujet du message: Deal si tu oses [Libre] Répondre en citant

La matinée approchait son milieu tandis que quelques étudiants flânaient comme à leur habitude dans la cour de récréation. A vrai dire, il y avait à proprement parler peu de jeunes qui prenaient la peine de s'instruire par la voie académique. Il s'agissait la plupart du temps de Brainstormers, mais pas uniquement. Beaucoup de jeunes venaient aussi là pour s'amuser, rencontrer des gens, donner des rendez-vous, bref que des choses très banales et joyeuses. Mais si le chef du clan du Nord était présent ici aujourd'hui, légèrement en retrait dans un coin, ce n'était ni pour apprendre, ni pour enseigner et encore moins pour s'amuser. Non, il était là pour chercher ces salopards qui vendaient cette drogue, la Xinose. Les autres drogues, elles, ne l'intéressaient que moyennement. C'était celle-là qui retenait son attention et qui devait provoquer le même effet chez les dirigeants des autres clans.

Julian soupira et se frotta les yeux. Voilà trois bonnes heures qu'il était là à scruter inlassablement la cour d'école pour déceler le moindre comportement suspect et toujours rien ! A croire que les dealers s'étaient tous donné le mot comme quoi il allait venir aujourd'hui. Certes, il ne s'agissait stratégiquement pas du meilleur endroit pour vendre, mais c'en était un facilement accessible et où aucun chef de clan en particulier n'avait le cran de venir imposer sa suprématie, au risque de s'attirer les foudres des autres. Pas de patrouilles, pas de vidéo-surveillance, pas de gorilles armés jusqu'aux dents. Rien, aucune surveillance. Un brin agacé par ce temps perdu, il leva sa main discrètement jusqu'à son oreillette et demanda dans le petit microphone attaché à sa poitrine, qu'il déclencha par ce geste:
- Alors, du neuf de votre côté ? C'est d'un ennui aujourd'hui...

Trois retours lui revinrent dans les oreilles, tous négatifs. Quel temps perdu... enfin, jusqu'à ce qu'il remarque une silhouette s'approcher de lui par la droite. Etait-ce un ami ou un ennemi ? Trop tôt pour le savoir encore.


Dernière édition par Julian Hawksbury le Dim 27 Jan 2013 - 15:28; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer 2 Jan 2013 - 11:34    Sujet du message: Publicité

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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Mer 2 Jan 2013 - 15:44    Sujet du message: Deal si tu oses [Libre] Répondre en citant

Un hiver aussi lugubre que les autres; Ô combien rafraîchissant. Ta gorge pâle emmitouflée sous une épaisse couche de laine, tu te demandes combien de temps encore va-t-il rester planter là, à attirer l'attention plus qu'autre chose, lui et ses quelques gars.
C'est depuis l'étage d'un des bâtiments que tu l'observais depuis déjà plus d'une heure. Fenêtre ouverte, tes cheveux glissaient comme à leur habitude sur les vagues de vent que l'hiver menait jusqu'à toi. Et tes prunelles, exquises, brillant dans la lumière hivernale, fabuleuse, du soleil qui pointait à l'horizon, elles étaient rivées sur lui, les flâneurs, les couples qui se bécotaient, lui, ses gars, encore lui. Tu te surpris un instant à te remémorer ces quelques instants passés avec lui, quelques années plus tôt. Des souvenirs qui te laissèrent pourtant indifférente, des souvenirs qui ne te faisaient, pour l'heure, ni chaud ni froid.
Tu savais ce que Julian faisait ici. Tu le savais, et pourtant, tu trouvais ça terriblement stupide de sa part. Croyait-il vraiment pouvoir trouver quoi que ce soit s'il allait chercher les informations en personne ? Les dealers ne sont pas cons... Ce sont même pour ça qu'ils sont dealers. Certains sont même des génies à ce qu'on en dirait... Tu es tellement bien placée pour le savoir.
Quoiqu'il en soit, tu te riais de le voir s'acharner autant, alors qu'il était évident qu'il ne trouverait rien de cette façon. La nouvelle avait déjà fait le tour de la ville maintes et maintes fois: les deux chefs antagonistes faisaient la guerre à cette drogue, et tous deux menaient une lutte pour le moins acharnée... Si c'était en espionnant ou s'infiltrant que Julian pensait trouver des réponses, il était plutôt mal parti. Ces quelques erreurs étaient-elles alors volontaires, ou le désespoir le guettait-il déjà...?

" Long, long, long time no see... Chief... "

Les tintements de tes talons contre le carrelage du couloir, des escaliers puis du hall, réguliers, sourds, imposants. Tu laisses tes pas te mener, lentement mais sûrement, vers ce chef du Nord que tu n'as plus revu depuis si longtemps maintenant. Bien sûr, cela ne t'as pas empêché de continuer à le surveiller de temps à autres, tout comme il a du le faire pour toi. Après tout, il avait su cerner ton côté manipulateur, et il est bien connu dans l'underground de Pseudo City que s'il y a une reine de l'information, c'est bien toi. Ta réputation te précèdes à nouveau. Et Julian ne peut laisser un élément perturbateur tel que toi sans surveillance. Car s'il ne s'est pas encore posé la question, alors il le fera après ce court entretien, car s'il n'a pas encore réalisé que tous les événements récents pouvaient ne profiter qu'à une seule personne, alors il devinera que tout est lié quand de toi il n'apercevra plus que la silhouette. Malsaine, cruelle, insensible, ambitieuse petit reine, insatiable petit démon.

Te voilà enfin à bonne distance de lui. Il a remarqué que quelqu'un venait à lui, son visage te fait désormais face. Mais pour lui, tu n'afficheras pas un sourire, pas un seul signe de rancoeur non plus. Juste l'indifférence qui lui est due, le détachement, la désinvolture.
Pour l'instant, tout du moins.

" Tu devrais laisser ce travail aux pions, Julian. Ici, tu es comme Zeus au milieu de la fourmilière, on ne voit que toi. Tes ennemis ne viendront pas à toi aussi bêtement... J'imagine que tu le sais, non ? "

Tu glisses tes mains à ton cou, resserres ton épaisse écharpe autour de ta gorge, esquisses encore quelques pas, sans encore croiser le regard du chef du Nord.

" J'ai entendu que Taylor avait trouvé une ou deux choses intéressantes. Mais il est aussi celui qui essuie le plus de pertes jusqu'à maintenant... Est-ce que c'est pour ça que tu ne te mouilles pas trop dans tes recherches, Julian ? Tu cherches enfin son regard, puis le soutiens, provocante ; Les dealers viseront son clan tant que c'est lui qui les mettra le plus en péril... Alors, après tout... Qu'as-tu à gagner à la jouer fine et chercher pour de bon ?

Enfin un sourire. Vague, à demi absent, rebelle. Tu joues sur les rivalités, tu joues sur sa fierté. Et tu n'attends qu'une seule chose en retour... Qu'il te réponde. Qu'il te réponde, pour qu'enfin, plus tard, tu puisses lui dire les choses qu'il n'attend pas, ces choses là que tu sais, celles que tu as apprises dans les bas-fonds de cette maudite ville...



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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Jeu 3 Jan 2013 - 21:56    Sujet du message: Deal si tu oses [Libre] Répondre en citant

Le temps se faisait long. Il perdait gentiment patience. Il n'y aurait probablement rien de plus aujourd'hui, pas plus qu'hier ni demain. Était-ce le désespoir qui le faisait venir jusque là ? Non, sans aucun doute. En revanche, il avait besoin de prendre l'air, de savoir qu'il faisait quelque chose de concret et d'utile. Certes, il n'était pas forcément la personne de la situation, mais au moins il se sentait bien. C'était un sentiment qui devenait rare chez lui en ce moment. Trop de pensées négatives s'acharnaient sur lui, comme des guêpes sans pitié sur un pot de confiture oublié malencontreusement sur la table d'un petit balcon. Bien heureusement, ces pensées avaient la même faculté à mourir étouffées que ces pauvres insectes une fois entrés dans le bocal maudit... c'est ça qui lui permettait de rester sain d'esprit: sa capacité à oublier. Elle n'était par contre pas forcément la bienvenue en ce temps de crise... mais l'on ne choisi guère le lieu, l'endroit et la situation pour ce genre de pensées. Il pensait à Ben, à ce qu'il devait aussi endurer lorsqu'il lui arrivait de "toucher le fond". Ce n'était pas facile, il ferait plus attention à lui la prochaine fois, il se le promit mentalement... et les promesses, il ne les oubliaient pas.

La silhouette féminine venait de capter son attention. Avant qu'il n'eut pu l'identifier formellement, il entendit la voix de celle-ci. Douce et à la fois amère, presque insolente mais sachant rester parfaitement dans les limites de la politesse. Elle laissait transparaitre toute la complexité de sa propriétaire, les mécanismes qu'elle savait enclencher sans difficulté pour palier au pire désastre, à toute réponse désagréable. Il ferma les yeux. Pendant tous ces mois, il avait cherché à l'éviter pour oublier. Allait-elle encore lui rappeler ce qu'ils avaient fait ou était-elle là pour autre chose ? Elle ne manquerait en tous les cas pas une seule occasion pour le faire regretter tout ce qu'il aurait pu avoir fait. Et s'il y avait quelqu'un d'autre dans cette ville que les personnes concernées qui devait être au courant pour sa "bavure" dans le quartier Ouest, cela ne pouvait être qu'elle. Bon Dieu, qu'avait-il fait pour un jour recroiser sa route, encore ? Il redoutait à chaque rencontre de se mesurer à cet esprit tordu et génial, ne souhaitant pour rien au monde risquer de remarquer qu'il ne pourrait pas la contrer, une fois de plus. S'il devait y avoir quelqu'un d'aussi intelligent que lui dans cette ville, cela devait sans doute être elle. Et il détestait se l'avouer, raison supplémentaire pour tenter de l'oublier sans vraiment la quitter des yeux. Parce que oui, il la surveillait comme elle, elle le surveillait. Mais chacun restait sagement de son côté, accumulait du savoir et évitait d'aller trop se remuer sous le nez de l'autre pour risquer d'en dévoiler un peu trop.

Julian rouvrit les yeux et accorda un regard à Elizabeth. Elle avait considérablement changé depuis l'attaque de Pseudo City par Mighan. Qui n'avait pas changé d'ailleurs ? Mais chez elle, c'était bien plus marqué. Elle avait passé d'une apparence de demoiselle de l'ombre, que l'on ne voyait jamais, à celle d'une jeune femme mûre assumant parfaitement son statut et s'affichant lorsque cela était nécessaire. Mais son changement d'apparence ne démontrait que l'évolution de sa personnalité. Vraiment, que lui avait-il prit de sortir aujourd'hui ?

Le chef de clan sortit ses mains des poches de son manteau noir, vérifia l'heure sur sa montre de manière machinale, ajusta ses gants et répondit un peu froidement:
- Bien que ta comparaison avec Zeus me flatte, je n'apprécie en revanche que moyennement le terme de "pion". C'est assez vulgaire, tu ne crois pas ? Quant à ma présence, dis-toi que j'avais envie de prendre l'air et de voir si j'étais si visible. Il me semble que j'ai eu ma réponse.

Julian déclencha à nouveau le microphone attaché à son torse et indiqua à ses hommes qu'ils pouvaient poursuivre seuls. Elizabeth plongea son regard dans le sien et le maintint. Il avait oublié à quel point son regard pouvait être perçant. Il en était désagréable au point que nombreux devaient être ceux qui détournaient les yeux rapidement, persuadés qu'elle allait les mettre à nu sans se forcer. Mais Julian n'était pas ce genre de personne. Son regard à lui était aussi glacial que pouvaient le lui permettre ses yeux marrons. Et aussi étrange que cela pouvait le paraître, la lueur d'intelligence qu'on pouvait y lire suffisait également à effrayer. Ex-aequo.
- J'imagine que la présence de la personne la plus informée des bas-fonds de Pseudo City n'est pas dans le seul et unique but de m'apprendre des choses que je sais déjà, me trompe-je ? Cela dit, je reconnais là ton mode opératoire habituel... et il fonctionne toujours aussi bien. Si sa majesté l'impératrice de l'information veut bien se donner la peine de m'accompagner dans un lieu plus approprié à ce genre de discussion, je lui accorderai toute mon attention.

Julian se redressa et intima Elizabeth de le suivre. L'autre bout de la cour, légèrement en retrait et dissimulé, offrait un bien meilleur endroit pour parler que de s'exposer comme il l'avait été jusqu'à maintenant. Tout en marchant à bonne distance des autres adolescents - ce n'était pas difficile car ils s'écartaient assez volontiers pour laisser passer les deux personnes au regard flamboyant - il poursuivit:
- Je ne te ferai pas l'affront de te demander quand est-ce que j'ai des motivations claires à quoi que ce soit. Nous avons déjà eu cette discussion par le passé et elle s'est avérée stérile. Si tu le veux bien, Elizabeth, nous passerons les insultes réglementaires... je ne suis pas franchement d'humeur avec ce qui se trame dans nos rues. Mais ça, tu l'auras remarqué.

Il s'amusait toujours d'éviter les remarques cinglantes de celle qu'il considérait comme sa rivale. C'était de bonne guerre habituellement et aujourd'hui ne faisait qu'une légère exception. Il ne souhaitait pas tomber dans son piège et montrer qu'il contrôlait tout de même un peu la discussion. En revanche, il n'éprouvait pas cette joie qu'il avait habituellement lorsqu'il contrait les piques verbales de quelqu'un. Aujourd'hui, c'était différent. Aujourd'hui, des gens mourraient par centaines dans ses rues et il ne pouvait rien faire d'efficace... et si elle l'avait approché, c'était qu'elle avait des informations qu'il n'avait probablement pas.

Ils arrivèrent à l'endroit un peu plus calme qu'il avait précédemment désigné, puis se retourna vers la jeune femme comme pour signifier le début de leur conversation. Evidemment, les deux personnes fonctionnaient la même chose: une information contre un autre. C'était la règle, et ils n'y dérogeraient pas. De plus, il la savait relativement friande du savoir qu'il possédait. En retour, il attendait impatiemment de connaître ce qui avait suffisamment d'importance pour la faire ressurgir alors qu'il espérait ne jamais devoir s'y confronter à nouveau.
- Pour répondre à ta question, si je ne me mouille pas trop, c'est parce que je n'ai pas les "armes" pour le faire. Taylor a des moyens pour débusquer les dealers. Chaque brute qu'il a sous ses ordres est ses yeux et ses poings. Si l'un d'entre-eux tombe sur quoi que ce soit, le massacre commence. Quant à moi, je mets mes hommes sur le coup également, mais bien plus virtuellement parlant. Pour l'instant, nous n'avons que peu de traces de ces dealers sur le territoire du Nord, malgré notre vidéo-surveillance et bien d'autres moyens à notre disposition. De véritables fantômes... il y a quelques hypothèses sur leurs déplacements par contre.

Croisant les bras, il indiqua qu'il avait terminé de répondre à sa question et que, si elle voulait savoir autre chose elle devrait passer à table aussi.

[HJ: Owi un RP avec ma vile modératrice... que pouvait-on demander de plus machiavélique ? Very Happy]
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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Ven 4 Jan 2013 - 18:01    Sujet du message: Deal si tu oses [Libre] Répondre en citant

La musique fait office dans ta tête, une douce mélodie au piano qui s'enchaîne, ostinato, adagio, puis se tait, lentement, doucement, peu à peu sourde, un lointain écho, puis le silence. Ce regard qu'il te jette pour répondre au tien, tu saisis de nouveau ce côté effrayant qu'il possède lui aussi, ce côté que tu avais oublié à force de ne plus le côtoyer, celui-là même qui fait de toi et lui deux êtres profondément similaires. Ex-aequo, comme il semble le penser. Et tu acquiesce intérieurement, parce que tu sais Ô combien il a raison. Tu n'es pas supérieure à lui, et lui ne l'est certainement pas à toi. Vous êtes deux entités puissantes, effrayantes, imposantes. Vous avez su imposer vos lois, mais vous avez chacun vos propres raisons, et je te sais qui doute que celles-ci aussi soient similaires. A-t-il déjà investigué à propos de ton passé à Mighan, a-t-il mis la main sur des témoins de ta cruauté de l'époque, a-t-il découvert que tu étais alors déjà celle que tu es aujourd'hui ? Quelle importance... Que tu sois un monstre depuis hier ou depuis dix ans... Quelle importance...

Ses paroles sont froides, il n'a pas l'air ravi de te voir. Au vue des circonstances dans lesquelles se sont soldées vos dernières rencontres, comment le blâmer pour cet accueil... Il te sens hostile, certainement persuadé de devoir s'attendre au pire avec toi. Peut-être a-t-il raison, ou peut-être a-t-il tort... Peut-être verra-t-il les minutes, les heures à venir comme un fardeau atroce, ou alors peut-être se saisira-t-il de la chance qui lui sera offerte... Nul n'est maître de son destin, ni ici, ni nulle part ailleurs. Tu as appris cette dure réalité de nombreuses années plus tôt. Désormais, la roue tourne...

" Ne joue pas aux idéalistes, Julian. Le mot n'est pas flatteur parce que les gens en font un mauvais usage. Mais si je ne m'abuse, tu es un des mieux placés ici pour connaître l'importance du pion. Que ce soit dans la vie comme sur l'échiquier. Un chef ne devrait pas s'en passer sous prétexte de fierté mal placée. "

Vos prunelles se croisent et s'entremêlent, il n'y a nulle tension, pourtant tu sais que la situation finira à un moment ou un autre par se détériorer. La langue bien pendue et peu avare sur les surnoms qu'il te donne, il finit par t'attirer dans un endroit plus propice "à ce genre de discussion", comme il le dit lui-même. Tu n'aimes pas sa façon de s'adresser à toi, multipliant des éloges qui n'en sont pas, mais tu ne dis mot car tu n'es pas ici pour débattre d'arrogance avec lui. Ton attitude est d'ailleurs très solennelle, les rares sourires que tu as laissé transparaître jusqu'alors s'étouffant dès leur apparition, tes expressions restent formelles, nonchalantes, presque désabusées. Ce n'est pas une attitude inhabituelle de toi, et Julian doit d'ailleurs déjà le savoir. Mais il était rare en ces temps que tu ne fasses ni montre de sournoiserie ni de cette cruauté chaleureuse qui semblait avoir refait surface.
Chacun de tes pas accompagnant les siens tintent sur le sol goudronné de la cour. Evidemment, vous ne passez pas inaperçus, ni toi, ni lui, beaucoup commencent à te connaître, quant à Julian il n'a jamais vraiment été un inconnu en ces lieux. Votre présence semble écraser celle de tout autre, et pour une fois, cela ne vient pas uniquement de toi. Julian avait toujours eu ce pouvoir, ce charisme... Ce n'était rien de nouveau. Dès lors qu'il avait pris les choses en main à Pseudo City, tout le monde s'était mis d'accord pour le laisser gouverner. C'est quelque chose qu'il avait en lui. Et il l'aura certainement toujours.
Ses pas s'arrêtent, à distance de la foule, puis il se tourne vers toi, signifiant que l'heure est désormais à la discussion. Et comme tu l'avais deviné, il se jette droit dans ton piège, se confond en excuses correctement formulées, se noyant de sa propre arrogance. Il refuse d'admettre qu'il fait les choses de la mauvaise façon, il refuse d'admettre que Taylor pourrait mieux gérer cette histoire que lui. Vague soupir de ta part. Il est bien connu que c'est toujours celui qui a l'habitude de gagner qui déteste le plus perdre. Mais une fois de plus, tu n'es pas là pour l'enfoncer. Tu n'es pas là pour jouer avec lui. Pas cette fois...

" Julian. Ne me dis pas des choses comme 'Taylor a des moyens pour débusquer les dealers'... Il n'a pas plus de moyens que toi, mais il se les donne. Vous êtes tous les deux des enfants qui veulent protéger leur famille. La seule différence qu'il y a entre vous, c'est que Taylor n'a pas peur de se salir les mains. J'ai appris que toi non plus, selon les circonstances, mais il ne me semble pas être là pour discuter de ça. "

Tes mains se glissent dans les poches de ton manteau, cherchant la chaleur qu'elles y avaient laissé. Tu avises Julian, ayant laissé derrière toi cette attitude revêche que tu avais en l'abordant. Ton ton est désormais plus neutre, aussi solennel que ton attitude. Tu ressembles plus à une conseillère avisée qu'à la garce qu'il connait.

" La vidéo-surveillance ne te sera pas très utile dans cette histoire, Julian. D'une, la moitié des dealers au moins connaissent chacune de tes caméras, et pour ceux qui les ignorent, ils sont assez intelligents pour passer entre les mailles du filet. Mais d'après ce que tu me dis, ce n'est pas une surprise... De véritables fantômes. J'imagine que tu n'as pas pu tirer beaucoup d'informations à propos de cette drogue, dans ce cas... Est-ce que tu as pu travailler sur la substance en elle-même ? Certaines composantes sont totalement inconnues... J'imagine que tu n'es pas sans l'ignorer... "

Un silence, un instant. Tu avises les environs, laisse de moins en moins transparaître tes attentes.

" Tu ne vas pas aimer ce que je vais te proposer, Julian. Mais je vais te demander d'évaluer cette proposition malgré tout, et de le faire le plus objectivement possible.
En fonction de ta réponse... L'impératrice pourrait se faire vassale et te dévoiler tout ce qu'elle sait... "


Pas un sourire, pas un signe de fourberie. Tu es... atrocement sérieuse. Des semaines, des mois... si longtemps que nous ne t'avions plus vue comme cela.
Tu l'avises de nouveau. Un long silence pour le laisser se préparer à l'idée. Et la machine se met en route...

" Le quartier Dashinger est pour l'instant livré à lui-même dans cette histoire de drogue. Depuis quelques temps Alessa n'a plus fait acte de présence, et son clan est petit à petit en train de couler. En attendant son retour, j'aimerais assurer la régence du quartier sud. "

Silence, encore. Tu soutiens son regard, le laisse digérer un peu. Puis tu argumentes...

" Les Dashingers n'ont eu de cesse de changer de chef depuis la création du clan, et tu sais aussi bien que moi qu'Alessa est de loin la meilleure qu'ils aient jamais eu. Elle était là pour son clan, quoiqu'il se passe, et je sais de source sûre qu'elle n'est pas partie définitivement. Je ne veux pas qu'un chef comme elle soit remplacé parce qu'elle n'aurait plus donné signe de vie. D'un autre côté, on ne peut pas laisser le clan sans leader.
Avec les tensions récentes, ni un Sinewyer ni un Brainstormer ne feraient l'affaire pour la tête du clan, j'imagine que tu ne me contrediras pas à ce sujet. Shinji n'a pris parti pour aucun autre clan dans cette histoire, et il n'aura de toute façon pas d'impact sur moi si tu accèdes à ma requête.
Ce que j'essaie de te dire, c'est que les Haughters ont depuis le début joué le rôle du clan le plus neutre de la ville, celui qui ne se mêle jamais aux affaires des autres. Un représentant Haughter marquerait la neutralité de la régence, et on n'accuserait personne de vouloir se substituer à la Reine Rouge.
Aussi, tu sais que je suis la plus à même de me fondre dans le moule des Dashingers, comme dans celui de n'importe quel autre clan. Il va sans dire que je ne prendrais aucune décision importante sans l'accord des trois autres chefs, puisque je n'aurai pas moi-même le statut de chef. Je ne serai là que pour garder chaude la place d'Alessa. Je la connais depuis longtemps et je sais ce qu'elle attendrait de moi vis-à-vis de son clan.
Réfléchis à la question, Julian.
Mais n'oublie pas... Une demande aussi grande ne peut être formulée que si le paiement est équivalent. Je serais désolée que mes informations n'aient pas leur place à Pseudo City. Je n'aime pas plus que toi l'idée d'une ville de morts-vivants... "


Ce n'est pas en information que tu veux être payée cette fois. Tu sais que tu as l'avantage sur lui. Tu en sais forcément plus que lui. Tu sais peut-être tout, qui sait... Seulement, verra-t-il l'urgence de cette demande, ou préférera-t-il garder le sud pour lui, ignorant ton offre, pour le meilleur, mais surtout le pire...?


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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Ven 4 Jan 2013 - 22:04    Sujet du message: Deal si tu oses [Libre] Répondre en citant

Cela lui faisait froid dans le dos de penser qu'elle pouvait être "similaire" à lui, mais il devait forcément s'y résoudre à chacune de leurs rencontres. Comment ne pas le constater, honnêtement ? Ils avaient tous deux des manières différentes d'appréhender l'information, de l'obtenir et de la restituer. En revanche, ils avaient cela en commun de savoir la trouver, se l'approprier et surtout en faire un excellent usage. De véritables éponges à savoir, chacune à sa manière. Était-ce parce qu'ils étaient si semblables qu'ils "jouaient" tant avec l'autre et qu'ils se méfiaient à en mettre sérieusement en péril la vie d'autrui ? Les voilà qui marchandaient une information visiblement cruciale sur cette drogue. C'en était risible, pathétique même ! Comme il pouvait se dégouter parfois.

Et voilà qu'elle le prenait à nouveau de haut en insinuant qu'il avait sans doute quelque chose à se prouver en accomplissant lui-même une tâche qu'elle devait qualifier d'inadéquate pour son rang de chef. N'en avait-elle pas marre à la fin de juger les actions des autres avec aussi peu de recul ? N'avait-elle donc pas compris que sa présence sur le terrain était le fruit d'un raisonnement plus profond que de simplement vouloir faire montre d'utilité ? Enfin, cela était partiellement vrai au fond, mais cela l'ennuyait de l'avouer. Comme toujours. Il jugea bon de ne rien rétorquer à cette boutade futile afin de la remettre à sa juste place dans cette discussion: le néant. Ils avaient suffisamment joué à l'enfant tous les deux pour aujourd'hui. D'ailleurs, cela l'étonna qu'Elizabeth passe auss
i rapidement à un air plus sérieux. Cela ne faisait qu'accentuer l'importance de l'information dont elle disposait et rendait tout cela des plus curieux. Qu'avait-elle de si important que cela à dire ? C'était presque inquiétant.

Lorsqu'elle rétorqua que Taylor n'avait pas plus de moyens que lui pour contrer cette arrivée massive de drogue sur la ville, il se retint de grimacer. Il n'aimait décidément pas qu'on lui agite la vérité qu'il tentait de dissimuler sous le nez. Cependant, il ne put retenir un mouvement de la mâchoire inférieure, trahissant sa réprobation quant à la remarque qu'elle venait de faire concernant le fait de salir les mains. C'était sournois, mesquin et un peu inutile aussi... mais elle l'avait dit intentionnellement. Au moins, maintenant il était fixé sur le fait qu'elle était au courant.
- Le problème, c'est que tu n'as pas idée des moyens dont je dispose et de ce que je suis capable de faire. Et j'espère sincèrement ne jamais devoir en arriver jusque là. Cela dit, tu as raison sur le fait que je n'y ai pas mis toutes mes tripes. Sans vouloir te faire la leçon, je te rappelle que les liens avec les autres clans me laissent une marge de manoeuvre assez réduite pour éviter de me faire aboyer de tous les côtés.

Elle glissa ses mains dans son manteau tandis qu'il soufflait un peu dans les siennes. Il ne faisait pas particulièrement chaud ce jour-là. Une légère brume s'échappa de ses paumes jointes alors qu'il répandait la chaleur de son souffle sur ses gants. Elizabeth attira son attention sur la consistance de la drogue après avoir brièvement confirmé que les dealers savaient par où passer. En l'occurrence, oui, certains de ses gars avaient pu travailler sur la consistance et le bilan était peu encourageant.
- Je ne l'ignore pas en effet. La consistance de cette drogue relève d'un certain mystère. N'étant pas chimiste, j'ai laissé mes hommes faire. Mais je m'attendais un peu au résultats. Cependant, il y a un petit quelque chose désagréable qui me trotte dans la tête depuis un instant...

Julian plongea sa main dans sa veste, arracha le microphone qui le dérangeait un peu, ôta les piles de celui-ci et jeta le tout un peu plus loin pour s'assurer qu'il ne serait définitivement pas entendu. On n'était jamais trop prudent, même s'il y avait à peu près une vingtaine de possibilité de les espionner à distance de là où ils étaient. Enfin... une quinzaine n'était réalisables que par un esprit particulièrement tordu comme il n'en existaient que deux à Pseudo City. Les deux individus en questions étaient présentement en train de se parler, rendant la tâche plus compliquée par conséquent. Julian plongea ses yeux dans ceux de la jeune femme et demanda:
- Je sens que je vais encore devoir attendre pour la réponse, mais je me disais que tu disposes d'un peu trop d'informations sur tout ça pour ne pas être un minimum impliquée. Et mon petit doigt me donne quelques hypothèses alléchantes.

La mâchoire de Julian se crispa à nouveau lorsqu'elle commença à énoncer les termes de l'échange d'informations. Non, il n'aimait vraiment pas ce qui était en train de se préparer. Sa tête lui tourna légèrement lorsqu'elle ne lui demanda pas moins que les clés du quartier Dashinger. Elle voulait prendre la place d'Alessa ? Et puis quoi encore ? Lui donner en prime les trois autres quartiers et les clés de la ville pendant qu'on y était ? Il manqua de s'étouffer avec sa propre salive, mais se retint sans trop le laisser apercevoir. Ne pas se laisser décontenancer était un art difficile, surtout lorsqu'on avait une manipulatrice pareille en face de soit.

En attendant, sa demande semblait réaliste et envisageable. C'était sans doute cela qui mettait Julian dans tous ses états. En jugeant pareillement sa demande, n'avait-il pas fait une erreur quelque part ? S'était-il laissé influencer pour envisager d'accepter cette offre ? Le jeu en valait-il la chandelle ? Lorsqu'elle eut terminé de parler, il leva brièvement la main pour faire signe à Elizabeth d'attendre un instant. Il lui fallait réfléchir et assimiler tout ce qu'elle venait de demander. Cela semblait simple, mais il lui fallait tout de même calculer son coup. Donner son accord ou son refus trop tôt pourrait menacer plus gravement Pseudo City que le sauver.

Le chef de clan s'éloigna un instant en se massant les tempes. Si, comme il le redoutait, elle avait quelque chose à voir avec l'arrivée de la drogue depuis Mighan - parce qu'il était au courant au moins qu'elle venait de là-bas - il risquait de faire une grosse bourde en acceptant n'importe quoi. Sa cogitation dura quelques minutes, deux ou trois sans doute. Pendant ce temps, il assurait un spectacle à toute personne ayant tourné sa tête par là. Il déambulait un peu dans tous les sens, sans but précis mais en bredouillant plusieurs mots incompréhensibles et dans tous les cas qui n'auraient aucun lien les uns avec les autres... du moins en apparence. Il finit par se redresser, retrouver un regard un tant soit peu fixe puis s'en retourner vers Elizabeth pour énoncer son verdict.
- J'ai réfléchi, Elizabeth, et en toute objectivité comme tu l'as souhaité. Si tu as une demande si grande, j'imagine que tu dois avoir évalué avec attention ton information et je te fais confiance sur sa qualité. Ta réflexion est bien faite et logique, bien que dangereuse pour beaucoup de gens, tu me l'accorderas. Le clan des Dashingers a besoin d'un chef qui sache le diriger tant qu'Alessa n'est pas de retour et tu dois avoir ce qu'il faut pour le faire. Pour avoir fait le tour de la question, je peux te donner ma réponse maintenant.

Julian reprit sa respiration. Ce qu'il s'apprétait à dire, il avait redouté le dire un jour. Comment pouvait-il faire confiance pareillement à cette manipulatrice ? Peut-être parce qu'il savait qu'elle lui ressemblait et que si elle s'engageait pour cela, si elle avait tout calculé, c'était qu'elle allait se tenir à ses engagements pour cette crise à passer. De toute manière, le quartier sud avait besoin d'un meneur pour aider tout Pseudo City à s'en sortir. Il avait potassé sur la question plusieurs fois durant ces derniers jours, pour savoir s'il devait lui-même s'imposer comme chef des rouges, mais n'avait pas été grand vainqueur de ses calculs. Trop de risque de faire des vagues néfastes pour lui. Exposer quelqu'un d'autre n'aurait pas fonctionné à long terme non plus. Il n'y avait décidément que peu de stratégies victorieuses... et celle-ci faisait visiblement partie du lot.
- J'accepte ton offre, si trois conditions sont remplies: la première est que tu consultes les autres chefs, comme tu l'as dit. Je sais que tu ne l'as pas encore fait, et je sais pourquoi tu es venue me voir en premier. La deuxième est que tu t'engages à rendre le clan à Alessa lorsque sera venu le temps de le faire. Et la dernière est que je puisse être assuré de ta bonne foi. Ta parole me suffira, mais j'espère que tu auras la présence d'esprit de ne pas trahir ma confiance. On ne joue pas, cette fois, Elizabeth.

Le chef de clan termina sa phrase en tendant sa main, invitant la jeune femme à la serrer pour conclure l'affaire. Cela pouvait passer un peu pour du vieux jeu, mais Julian tenait beaucoup à la valeur de la parole d'une personne. Et surtout, il savait que Elizabeth comprendrait la valeur de celle-ci et la respecterait. Du moins c'est ce qu'il en attendait.
- Quand tu auras récolté l'accord des deux autres chefs, je ferai jouer mes relations au quartier sud. Cela ne posera pas de problème à ce niveau-là.
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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Dim 20 Jan 2013 - 20:47    Sujet du message: Deal si tu oses [Libre] Répondre en citant

Strade son' cambiate. Faccie son' diverse. Era la mia città.
Tanti, anni son' passati. Vite son' cambiate.


Le goût amer de la victoire. Comme il a dû exécrer cet entretien, comme il a dû souhaiter ne jamais être venu ici, comme il a dû regretter de t'y avoir rencontrée. Chacune de ses petites mimiques que tu traquent trahissent son malaise, sa gêne, et tu te ris de l'y enfoncer encore plus. Il n'apprécie guère ta propension à en savoir autant que lui, peut-être même plus, et il te le fait comprendre dans son attitude, bien qu'il tente au possible de s'en garder. Mais qu'as-tu d'autres à faire que l'observer minutieusement tandis qu'il réfléchis à tes propos ? Tu vois tout de lui. Tout ce qu'il n'essaie pas de cacher, et tout ce qu'il essaie de ne pas montrer. Et tu sais qu'il déteste t'avoir vue en ce jour fatidique. Il se déteste pour être sorti de chez lui.
Pourtant, il va savoir, en ce jour, il va prendre connaissance de nombres d'informations dont il ne disposait pas, et qui pourraient une fois de plus le qualifier, à l'avenir, de sauveur de la ville. N'était-ce pas là son rôle, après tout ? Il était le premier chef, celui qui avait régné le plus longtemps à ce jour, celui qui avait tout instauré: son image devait se graver dans les mémoires des monuments de cette ville et son souvenir devenir légende urbaine, mythe. Et toi, petit démon, toi, tu vas contribuer à cette ascension. Tu vas le pousser sur des voies qu'il ne faisait peut-être encore qu'envisager, mais qu'il finira par trouver nécessaire. Tu dois faire de lui plus que le légendaire Chef Brainstormer de Pseudo City ; tu dois le préparer pour le trône de Mighan.
Tels sont les ordres...

C'est alors que le verdict tombe. Après avoir ressassé encore et encore ta requête, après s'être torturé les méninges dans l'espoir de trouver une solution plus adéquate à ses yeux, il finit par annoncer son bilan, il finit par te céder la victoire. Les clés du Royaume Rouge sont à toi. Il ne demande aucune autre condition que celles que tu as déjà évoquées, il se plie complètement à ton idée. Mais ce n'est pas là le fait de manipulation, non. Cette idée en question était mûrement réfléchie, et largement travaillée, lui-même le sait, si tu as osé demander si gros, c'est que tu étais sûre de toi, que tu savais que ta solution était, et de loin, la meilleure de toutes celles envisageables.
Mais aucun sourire ne s'esquisse sur ton visage de porcelaine à l'annonce de cette victoire. Julian ne le sait pas, mais pour toi, la couronne d'un quartier n'a aucun avantage direct. Tu seras exposée, tu n'auras plus ta liberté pour aller, venir, écouter, observer. Les gens te connaîtront officiellement, et ce ne sera plus par véhémence et admiration qu'ils s'écarteront à ton passage, mais parce que tu auras un statut officiel, parce que tu seras porteuse d'une couronne, même temporaire. En gagnant un pouvoir, tu en perdras un autre, plus précieux. Mais ce n'est pas ton plan, Lily, tout n'aurait été que trop beau si l'on t'avait rendu la tâche facile. Pourquoi Alessa avait-elle dû abandonner son clan, pourquoi avait-elle mis en péril ce que tu avais mis si longtemps à construire: un pion à l'ouest, un pion à l'est, et un au sud. Elle t'avait laissée seule, mettant à bas tes plans, laissant son quartier, joyaux du sud, en proie aux convoiteurs de trônes. C'était pour cela que tu avais dû reprendre les choses en main, pour cela et... Pour d'autres raisons.

" Merci d'avoir examiné ma proposition avec recul et objectivité. "

Une main tendue que tu observes un très court instant, avant de t'en saisir.

" Je t'ai proposé l'affaire en premier parce que je sais que tu tires la plupart des ficelles du quartier sud, et que convaincre les autres partis ne sera pas le plus difficile. Mais si je prends cette régence, Julian, ce n'est pour satisfaire les intérêts de personne d'autres que les Dashingers. Je peux te faire gage de ma bonne foi, mais elle ne s'appliquera qu'à la régence du quartier. Pour le reste... N'attends pas de miracle quant à mon comportement. "

Les choses se doivent d'être mises au clair. Julian et toi, deux géants qui s'opposent en guerre froide. Toujours à veiller sur les agissements de l'autre, et toujours au mieux de son propre intérêt. Cette poignée de main, cet accord soudain, ce n'est ni une promesse de paix, ni un gage d'amitié. Et je te sais qui te ronge de l'intérieur, bouffée par une étrange colère destinée à une entité plus grande, plus puissante encore que Julian, que toi, ou même que vous deux réunis. Le chemin sera long, ma Lily, mais bientôt, de plus en plus, tu toucheras au but. Et en attendant... Tu n'es nulle maîtresse de ton destin, seul le placement de tes pions compte.

" J'imagine que désormais tu vas vouloir ton dû. Si tu as un quelconque appareil encore branché, il serait judicieux de lui réserver le même sort qu'à celui que tu as jeté plus tôt. De mon côté, j'ai pris les mesures nécessaires pour que nous n'ayons à craindre personne. Notre conversation sera plus sûre ici que dans un quelconque bâtiment de la ville. "

Une main se glisse dans ta chevelure devenue bien longue, et tu t'éloignes de quelques pas pour t'adosser contre un petite murette abîmée par l'âge et le temps. Tu attends, silencieuse, que Julian te rejoigne, l'avisant de ce regard inexplicablement envoûtant, de cette paire de prunelles aux couleurs de l'océan. Tu laisses transparaître une certaine forme de compassion, mais, comme toujours, il est difficile d'être bien sûr que ce soit là tes véritables émotions. En tout cas, tu sembles assagie, bien loin du cynisme de tes premières remarques lancées à son égard. Mais cette attitude recèle toujours d'une certaine forme de mystère, flottant autour de toi comme l'aura d'un fantôme, et tu te sais qui, aux yeux de Julian, n'apparaîtra jamais comme celle que, dans le fond, tu es véritablement.
Il te déteste déjà. Et il te détestera sans doute plus encore...

" La Xinose, comme elle est appelée ici... Elle est développée par un laboratoire pharmaceutique, Medicis Pharma Corp, à une trentaine de kilomètres sur l'autoroute sud de Mighan. On ne peut pas attaquer le laboratoire, et on ne doit pas l'attaquer, alors oublie-moi ça tout de suite. Il est sous le joug d'un groupe contre lequel ni toi, ni moi, avec nos moyens actuels, ne pouvons faire face.
Je voudrais te dire que je ne connais pas leurs raisons, mais c'est faux. Cela dit, je ne peux pas te garantir que ce soient là les raisons officielles, parce que pour une fois, je ne suis pas moi-même sûre de mon information. Mais d'après ce que j'en sais, le produit final sera destiné à l'armée. Ils essaieraient de créer une toxine nouvelle à partir de multitude d'autres composantes à des fins militaires. Le produit n'est évidemment pas terminé, puisque toujours en phase de test. Sur nous. "


Un instant de silence, pour qu'il intègre l'information. Pseudo-citoyens transformés en cobayes, tu es certaine qu'il en sortira de ses gonds à un moment ou un autre.

" Contrairement à ce qu'on a pu observer ici, la toxine agit sur le corps de deux façons: elle crée une addiction, comme toute drogue, mais pas seulement. Par cette addiction, elle crée un besoin vital, c'est-à-dire que l'overdose est le principal danger, mais le manque aussi, puisqu'il détruit le système nerveux au lieu de le stimuler comme c'est le cas quand on ingère la substance. "

Détournant pour la première fois ton regard de lui, tu le perds un instant alentour, puis reviens sur ton interlocuteur.

" Voilà ce que je sais sur l'origine du produit. Maintenant, on passe à la phase de distribution.
Les dealers ont été choisis de manière très méthodique. Seules des personnes assez intelligentes ou expérimentées ont été retenues, et toutes, sans exception, ont accepté de plein gré. Les émissaires de la Xinose ont joué sur leurs connaissances des dealers pour leur proposer un marché auxquels ils ne pouvaient dire non. Autrement dit, ils ont été achetés. Peut-être par l'argent, peut-être par des promesses d'emplois, ou peut-être par des moyens plus sombres et plus tyranniques. Je pense en l'occurrence à la jeune Moïra, une combattante Sinewyer hors pair, décédée la semaine dernière de manque - et non pas d'overdose. J'ai découvert hier soir qu'elle s'était faite transmettre la drogue par ce que je pense être un des premiers dealers à l'avoir faite circuler, et le big boss de l'opération l'a faite marcher à coup de menaces vis-à-vis de sa famille. Je ne t'en dis pas plus à son sujet, ce serait irrespectueux envers elle. Quoiqu'il en soit, les méthodes pour s'assurer de la "fidélité" des dealers sont diverses et variées, et portent visiblement leurs fruits, puisqu'à ce jour les seuls dealers dont nous connaissons l'identité sont ceux qui sont morts, pris à leur propre jeu. Et à ce que j'en sais... Ceux qui ont voulu parler ont finit par se sur-doser alors même qu'ils savaient qu'il ne fallait pas toucher à la came... "


Ou comment insinuer que le réseau qui a infiltré Pseudo City est sans doute plus vaste et puissant que ce que l'on aurait pu imaginer. Tu as envie de lui dire tout ce que tu sais, tu as envie de le prévenir de ce qui attend la ville... Mais tu n'en as pas le droit, ma Lily. Tu n'en as pas le droit. Tu dois te contenter de faire ce que l'on attend de toi que tu fasses. Tu ne dois ni en dire trop, ni pas assez. Juste ce que l'on t'a dit de lui dire. C'est là le choix que tu as fait. Vivre avec les loups, quitte à devoir faire du mal à ta chère bergerie. Vivre avec les loups... pour mieux les détruire ensuite.

" Enfin, dernière chose... Ne te fie à personne dans l'histoire. Si tu cherches les dealers... Regarde autour de toi. S'ils sont choisis sur un critère en particulier, c'est l'intellect.
Un grand nombre vient de chez toi. Et parmi ce grand nombre, certains viennent même de tes services rapprochés. Ils ont choisi ceux qui leur seraient le plus avantageux, c'est-à-dire ceux-là même qui pourraient leur ouvrir les portes de tout Pseudo City. Et si dans cette ville il y a quelqu'un qui a toutes les clés... C'est toi.
Je ne te demande pas de paranoïer plus que tu ne le fais déjà. Tu ne peux pas blâmer ces personnes qui sont prises, pour certaines, à la gorge. Ce qu'il faut faire, c'est prévenir. Prévenir, et contrôler tout ce qui entre dans la ville, tout ce qui vient de Mighan, ou qui y va. Ce qui est déjà ici, on ne pourra pas le faire disparaître. La Xinose qu'ils ont déjà fait entrer, elle ne disparaîtra qu'en étant ingurgitée. Je sais que c'est affreux. Mais c'est comme ça.
Il faut interdire l'entrée de marchandises, mettre la ville en quarantaine. Je sais qu'on sera limités en stock de nourriture principalement, mais il faudra faire avec le temps que la drogue s'épuise.
On risque de fait de devoir faire face à une situation de crise, le manque de drogue créera peut-être des émeutes, voire même des meurtres, et si on fait embargo sur la ville, le manque de nourriture ne fera qu'accentuer la violence et la colère.
Mais on ne peut pas attaquer le géant qui fait de nous ces cobayes.

...

Tu ne dois surtout pas l'attaquer pour l'instant. "



(Bon, je m'arrête là ce soir, histoire que tu puisses me répondre dans l'année XD Encore navrée du retard, Chef, mais promis je fais ce que je peux pour me rattraper \ô/)

Au fait, ça te dis pas de rajouter un 's' à "oseS" dans le titre du fofo ? Je peux pas éditer les messages du Chef Ultime et je saignes des yeux dès que je viens là xD


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MessagePosté le: Dim 27 Jan 2013 - 17:10    Sujet du message: Deal si tu oses [Libre] Répondre en citant

Julian n'était pas vraiment fier de céder si facilement à une proposition délicate comme celle proposée par Elizabeth. Cependant, il n'était bon pour personne qu'il refuse cet accord. Il y aurait des gens qui ne seraient pas satisfaits - il y en a toujours - et il y aurait peut-être même des victimes, mais en moins grand nombre que s'il laissait le quartier Sud aller à sa propre perte. Prendre la régence de celui-ci ne l'enchantait pas personnellement: s'il était vrai qu'il avait de nombreux contacts et qu'il savait appuyer sur les bons boutons dans ce quartier, il n'y était pas pour autant populaire et toléré comme chef. Les responsabilités cumulées des deux clans auraient d'ailleurs probablement raison de lui, au final. Non, il n'y avait vraiment pas d'alternative raisonnable autre que de confier le clan des Dashinger à Elizabeth, temporairement bien sûr. Et ça, ça ne lui plaisait absolument pas. Ne pas avoir de plan de secours, être pris au dépourvu et savoir ne pas avoir le choix de ses actes était pour lui le plus frustrant des châtiments. Qu'avait-il dont bien fait pour mériter cela ? Avait-il à ce point fait du mal en tentant de garder sa relation "secrète" avec Alexis, quelques mois plus tôt ? Etait-il puni pour ça ? Julian n'était pas croyant, mais tolérait des hypothèses divines. Après tout, cela permettait bien à certaines personnes de se libérer de lourds fardeaux.


Rien que le fait d'accepter une telle proposition amenait Julian à se détester. Cette lueur de victoire qu'il avait vu - ou du moins avait cru voir - dans les yeux de la demoiselle lui firent comprendre encore plus l'ampleur de l'échec qui se profilait devant lui. Mais il savait qu'il avait encore des cartes à jouer... les jouer finement et intelligemment pourrait peut-être, à défaut de sauver la situation, limiter les dégâts. D'un air pensif, il se limita à répondre au gage de la bonne fois d'Elizabeth par un simple:
- Mmmh, je n'en attendais pas moins.


Lorsqu'elle signifia qu'elle allait le rétribuer pour son acceptation et qu'il ferait mieux de débrancher tous les appareils qui pourraient se révéler compromettants pour leur sécurité, il sortit instinctivement son téléphone portable, le démonta et en sortit la batterie pour ranger le tout dans deux poches différentes de son long manteau noir. A sa connaissance, aucun autre instrument en sa possession ne pourrait provoquer ou aider à leur écoute.
- Bien, je crois que je suis fin prêt. C'était le dernier périphérique capable de nous embêter.


Le chef de clan avait beau chercher à piéger le plus efficacement Elizabeth et s'assurer qu'elle ferait tout à la lettre sans se permettre d'obtenir autre chose, il n'en était pas non plus au point de tenter désespérément de retourner les propos de la jeune femme contre elle. Son heure viendrait... une autre fois.


Julian écouta attentivement les informations que la Haughter lui prodiguait, non sans quelques signes çà et là de désapprobation. Décidément, cette affaire commençait très mal et il risquait réellement d'y avoir de nombreux problèmes. Peu à peu, durant le récit d'Elizabeth, la tête de Julian commença à lui tourner. Beaucoup d'informations, toutes plus importantes les unes que les autres et surtout d'une amplitude qu'il n'avait pas soupçonnée. En quelques instants, il apprenait non seulement que cette drogue provenait d'une instance pour l'heure indétronable, mais en plus, qu'elle était distribuée par les membres de son propre clan.


Un peu déboussolé mais cherchant à tout prix à continuer d'écouter et d'assimiler toutes les données qu'on lui donnait, il se dirigea vers un banc à proximité et s'y assit. Il avait réellement besoin de s'asseoir. Quelques secondes de plus et ses jambes n'auraient probablement plus pu supporter le poids de son corps face à toutes ces paroles. Il passa ses mains sur ses tempes, comme pour atténuer l'effet du trop plein d'informations avant que cela ne provoque une migraine.


Lorsqu'elle eut fini de parler, Julian n'avait qu'une envie: hurler. Comment était-il possible que tant de choses si abominables aient lieu dans cette ville, prodiguées par des adultes ignobles et perpétrées par ses propres camarades, ceux en qui il avait toute sa confiance ? Pourquoi ? Mais il retint sa colère sourde encore un peu. Il l'extérioriserait ailleurs et seul. Il ne voulait pas se permettre de craquer pareillement devant Elizabeth, surtout pas devant elle ! Sans ouvrir les yeux, il demanda:
- Si je résume la situation jusque là, tu es en train de me dire que tu es responsable de l'arrivée de la drogue ici, que les membres de mon clan en font la distribution au détriment de ma confiance et qu'il m'est impossible de faire quoi que ce soit de raisonnable pour l'instant...


Il inspira fort. C'était très douloureux pour lui d'entendre de pareilles choses. Lorsqu'il reprit la parole, ce fut malheureusement plus colérique qu'il ne l'aurait souhaité, il s'était aperçu un peu tard qu'il criait déjà.
- ... et par-dessus le marché, tu te permets encore de venir me dire quoi faire ?


Julian se reprit. Il ne fallait pas qu'il craque maintenant. La faire descendre n'arrangerait rien non plus. Il lui faudrait réfléchir lorsqu'il en serait capable à nouveau. Comment était-il possible d'éviter une catastrophe qui décimerait possiblement la population de Pseudo City ? Du calme, il lui fallait du calme. Un peu de musique classique serait parfait... mais il n'en avait pas pour l'instant. Il inspira à nouveau profondément avant de relever la tête et de regarder à nouveau Elizabeth, sans aucun sentiment en particulier.
- Pour ce que je vais entreprendre, cela attendra un moment. Je dois encore y réfléchir. Est-ce que tu as autre chose en réserve comme ça, histoire qu'on fasse toutes les mauvaises nouvelles en un seul coup ?

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MessagePosté le: Sam 2 Fév 2013 - 11:09    Sujet du message: Deal si tu oses [Libre] Répondre en citant

Il se décompose devant toi, lentement, et aussi sûrement que tu te dégoûtes, inéluctablement, en ce moment-même. Tu détestes la tournure que prennent les événements, mais aussi fidèle qu'est le chien à son maître, tu te dois d'encaisser, encaisser et ne jamais reculer. Tu as déjà été si loin, ma douce, tu as déjà été si loin... qu'il t'es désormais impossible d'envisager de faire marche arrière. Tu as abandonné trop de choses pour en arriver là. Et quelques vies ôtées à des ado innocents ne devraient pas être un frein pour toi.
Alors, pourquoi...? Pourquoi ce dégoût, cette sensation amère et insipide à la foi...?

# Je ne suis pas une meurtrière #

Combat intérieur, joutte entre toi et toi. Antinomique. Et Julian en qui tu lis la haine grandir encore et encore envers toi. Vous qui auriez pu mener Pseudo City à la pérennité, désormais belligérants, antagonistes au point de ne faire que creuser davantage le gouffre qui avale cette ville sans que personne ne puisse rien y faire. Toi aussi tu te détestes pour cela. Comment pourrais-tu t'aimer, après tout... Comment le pourrais-tu.
Et les accusations fusent. Les yeux clos, il finit par ouvrir la bouche, résumant les choses à sa façon, de son point de vue borné, sans recul. Subjectif. Il a encaissé trop de colère.
Et ton regard sur lui se fait ferme, le genre de regard hautain que porte une maîtresse mécontente sur un enfant qui a fait une bêtise. Et ta voix s'échappe d'entre tes lèvres sanguines, ni froide ni chaleureuse, mais peut-être un peu rude.

" Je ne te fais pas part de mes informations pour que tu réagisses comme un humain lambda à la première frustration, Julian. Ouvre un peu les yeux. A moins que tu n'aies rien saisi de ce que je t'ai dit, j'aimerais que tu m'écoutes en mettant ta colère de côté. Tu auras tout ton temps pour te venger sur moi plus tard. Mais ces informations sont trop importantes pour que tu te méprennes par ton aveuglement. "

Regard froid, attitude sèche, tu prends un moment de silence, réfléchis un quart de seconde à ce que tu peux lui dire et ce que tu ne peux pas, mais tu ne parviens pas à faire le vide. Ces mots qu'il a prononcé se jouent de toi, et, chose rare, il a attisé une once de colère en toi.

Froide.

" Je n'ai jamais dit que tu ne pouvais rien faire de raisonnable, au contraire. Je t'ai dit ce qu'il était déraisonnable de faire, et je t'ai proposé une solution mais tu n'en veux pas. Si tu veux accepter mes informations mais pas mes solutions parce que tu doutes encore de ma confiance, Julian, alors tes réactions sont puériles. Si tu dois douter de la solution, doute aussi des informations. Ne va pas croire que je te propose ça sans y avoir réfléchi.
Ensuite, je n'ai pas dit que tes hommes étaient les uniques responsables de la distribution de la drogue. Ils en font partie, comme beaucoup d'autres dans tous les clans de cette ville. Je te fais simplement remarquer que tu ne peux te fier à personne, et que les meilleurs dealers viennent soin de chez toi, soit de chez moi.
Et pour finir... "


Un regard fixé sur lui, on sentira presque l'océan bouillir dans tes prunelles.

" Ne me fait pas dire ce que je n'ai pas dit. Ne m'accuse pas... de crimes qui vont contre mes lois. "

Silence. Tu détournes le regard, te ronge intérieurement. Erreur, Lily. Erreur. Tu en as peut-être trop dit. Tu as peut-être été trop loin. Julian est aussi tordu que toi, et s'il y réfléchit, il envisagera peut-être - ou peut-être pas - que tu puisses être liée à cette histoire d'une toute autre façon. Que bien que tu aies fait partie du plan de base du "Boss", tu fais des sacrifices dont le Chef Bleu et tous les autres Pseudocitoyens pourraient t'être redevables. Bien sûr, Lily, tu aurais aussi pu éviter tout ça. Bien sûr, tu aurais pu empêcher que la drogue n'entre en ville. Mais...

# C'est un mal pour un bien... Non... ? #

Julian se reprend alors. Il repose son regard sur toi, indifférent, ayant enfin rangé ses émotions dans un coin scellé de son cerveau. Et les phrases qu'il prononce ne te plaisent guère... Mais c'est à lui que revient ce choix. Il ne veut pas agir tout de suite, parce que tu sais qu'il va d'abord vouloir trouver une solution de lui-même, chercher quelque chose qui ne te plaira pas, quelque chose qu'il aura l'impression qu'il n'ira pas dans ton sens. Et tu le comprends. Tu savais qu'il finirais par agir comme cela. Alors tu ne dis rien. Tu te contentes de soutenir son regard, jusqu'à ce qu'il te pose une nouvelle question, jusqu'à ce qu'il te demande si tu as d'autres surprises dans le genre en réserve.
Et tu secoues lentement la tête, ayant repris l'attitude que tu arborait avant ses accusations, ressemblant finalement presque à une gamine qui n'a pas de réponse à la question du maître.
Les rôles s'inversent.

" Si la régence m'est accordée, les informations supplémentaires dont je ferai l'acquisition seront ouvertes aux chefs. Je ne garderai rien pour moi à propos de la Xinose. Tu seras donc mis au courant des nouveautés. "

Un léger frisson s'éprend de toi alors qu'un petit courant d'air frais passe entre vous. Tu te détaches de ta petite murette, fais quelques pas.

" Je sais que mon avis t'importunes. Mais j'estime que tu ne devrais pas chercher de solution tout seul. C'est peut-être l'occasion de faire quelque chose d'utile pour la ville et de renouer avec Taylor. Il aura peut-être plus de réponses que tu ne le croies. Surtout si tu lui donnes tous les détails. "

Tu t'éloignes alors un peu plus de lui, lui tournes le dos, fixe un instant un point fixe de l'horizon. Tu as envie de faire une chose dangereuse. Tu as envie de faire une chose que tu pourrais regretter, que tu pourrais ne jamais te pardonner.

Tu restes un instant ainsi, puis au bout d'un certain temps, tournes ton visage vers le Chef Brainstormer. Tu l'avises de tes perles de saphir, puis te rapproches de lui. Ton attitude est différente, car tu n'es plus là pour les informations. Un léger sourire en coin, mystérieux mais inexplicablement charmant, se dessine sur tes lèvres.

" On a beaucoup trop en commun pour pouvoir se supporter, toi et moi... Mais si un jour tu as besoin d'un adversaire, quel que soit le domaine, tu peux faire appel à moi. "

Tu sors une de tes mains de la poche de ton manteau, tenant en son sein une feuille de papier à lettre pliée en quatre. Sans jamais lâcher le regard de Julian des yeux, tu déplies le papier, puis l'offre à sa vue, dévoilant quelques mots en complète contradiction avec le thème actuel. Et tu continues, étrangement aguicheuse.

" Cela dit... Je fais aussi une très bonne partenaire, au besoin... "

Tu le laisses intégrer le sous-entendu, et ton regard se fait de nouveau sérieux. Tu t'assures qu'il ait bien lu le message, et lorsque ses yeux terminent de lire ces quelques lignent, ton autre main sort de la poche de ton manteau, briquet en main, et met feu à la lettre.
Tu l'avises un instant, laisse tomber l'immondice en flammes au sol. Ton regard est perçant, comme souvent, mais pour une fois, on peut aussi y lire une forme de solitude, une forme de chagrin. Pourtant, ce n'est pas un regard supposé attiré compassion, puisqu'étrangement, ces émotions sont volontairement ressenties.
Tu replonges alors tes mains dans tes poches, puis t'en retournes, silencieusement.


" Je ne demande pas l'absolution
Même les empereurs ont un Dieu pour guider leurs méfaits
Et tous les dieux tombent un jour
"




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MessagePosté le: Lun 11 Fév 2013 - 21:39    Sujet du message: Deal si tu oses [Libre] Répondre en citant

Julian détestait perdre, surtout face à celle qui semblait se jouer de lui en lui dévoilant des informations qu'elle savait cruciales et intenables pour une personne normalement constituée. Le chef de clan avait beau avoir des nerfs adaptés à la plupart des situations, celle-ci semblait être par trop émotive. Mais qu'à cela ne tienne, ses sentiments ne firent pas long feu en apparences. S'il était vrai qu'il bouillonnait de l'intérieur et qu'il rêvait de sortir un révolver afin de coller une balle entre les deux yeux de cette femme si froide, il n'en faisait plus par au monde entier. Après tout, à quoi cela servait-il de lui montrer ses sentiments ? Pourquoi diable se résignait-il à se laisser submerger par ceux-ci alors qu'il savait pertinemment que, même sans le montrer ostensiblement, la jeune femme comprenait parfaitement ce qu'il éprouvait ? Elle le savait; il le savait... et pourtant cette discussion n'avait pas d'avenir radieux pour autant. Quelle ironie... cette discussion avait des débouchés aussi sombres que ceux que laissaient présager les informations d'Elizabeth.

Alors qu'elle le sermonnait sur son attitude, qu'elle devrait pourtant comprendre si elle prétendait pouvoir prendre autant de recul, son esprit se calmait, du chaos naissait l'ordre. Petit à petit, les informations qu'il avait ingurgitées si âprement venaient se classer finement dans tous les recoins de sa mémoire, ne laissant aucun détail pour compte. C'était aussi cela qui faisait sa force: sa mémoire. Une information n'est rien si l'on ne sait la retenir convenablement. Pire encore, elle peut être mal exploitée et avoir d'affreuses conséquences ! Les reproches de l'informatrice de l'Est ne l'affectaient pas, ou plutôt ne l'affectaient plus. C'était comme s'il s'était constitué une carapace mentale en quelques secondes, renfermant en même temps les informations, les sentiments et le préservant d'attaques extérieures. Il n'avait plus d'oreilles que pour ces données cruciales qu'il percevait de multiples manières. Le toucher, l'odorat, la vue, l'ouïe et le goût. Aussi extraordinaire que cela pouvait le sembler, ses cinq sens étaient en alerte et enregistraient tout de ces instants afin qu'il soient à jamais gravés dans sa mémoire pour lui permettre d'en faire bon usage.

Soudain, quelque chose se passa. Un murmure, la voix d'Elizabeth... elle venait de lâcher une phrase qui pouvait en dire long sur ses pensées profondes, qui trahissaient le malaise de celle-ci face aux révélations qu'elle venait de lui faire. "Des crimes allant à l'encontre de ses lois". Cela laissait sous-entendre que cette affaire était plus vaste qu'elle ne voulait bien le laisser entendre, et accessoirement, qu'elle y était bien plus impliqué qu'elle ne le prétendait. Cela n'était d'ailleurs pas étonnant, il aurait lui-même bien dissimulé son jeu dans une pareille affaire. Il eut un petit sourire satisfait et remarqua:
- C'est fort dommage pour toi que ne pas savoir tenir sa langue soit un crime également dans notre "métier". Cela dit, j'imagine aisément que tu ne voudras pas mentionner ta véritable implication dans ce projet, ne souhaitant pas forcément que je commette une acte fort regretable pour nous deux. Tu comprendras aussi que je veuilles arriver à mes propres conclusions et que je me refuses à appliquer celles que tu m'as préparées. Prends-moi pour un paranoïaque si tu le veux, mais je préfères encore envisager moi-même les possibilités à donner à ce drame qui se déroule maintenant à Pseudo City. Tu en arriverais toi-même à la même déduction que moi dans pareil cas.

Le chef de clan inspira, laissa quelques secondes de répit à leur conversation, puis reprit sur un ton calme, mais pas amical pour autant.
- Qu'à cela ne tienne, tu n'as pas à t'inquiéter de moi, même si tu te méfies forcément et je ne peux t'en blâmer. Je ne suis pas celui qui te lancera la première pierre. Plus important, le fait de connaître ta véritable implication dans tout ce terrible spectacle que nous offre la rue chaque jour ne m'intéresse pas. Je m'en contre-fiche tant que l'on peut améliorer la situation. De toute manière, nous portons tous des fardeaux bien lourds, rien ne sert de se les jeter à la figure. Cela dit, on doit tous en tirer des conséquences, et j'espère sincèrement pour toi que ce sera rapidement... car plus la sentence tombe rapidement, moins les coûts sont grands. A toi de voir...

Laissant sa dernière phrase en suspens et sans attendre quoi que ce soit, Julian opina de la tête un peu pensivement lorsqu'elle enchaîna sur le fait qu'elle partagerait immédiatement toute information sur la Xinose avec les chefs de clans. Il était inévitable - bien qu'il se refuse ouvertement à le déclarer - qu'elle était un atout indéniable dans cette affaire, même si elle semblait avoir une forte implication dans le projet qui avait amené cette saleté en ville. Mais trop de conclusions hâtives pourraient l'emmener sur un terrain peu propice pour lui et pour tout le monde. Cela dit, lorsqu'Elizabeth mentionna le fait qu'il serait bon de renouer avec Taylor pour partager des informations à propos de cette drogue, Julian eut une légère grimace. La dernière entrevue qu'il avait eue avec Alexander, même si elle avait été moins sanglante que prévu, ne s'était pourtant pas soldé sur une excellente relation. Il avait été interdit de séjour à l'Ouest sous peine d'être abattu à vue. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça avait mal tourné pour lui. Alors renouer ainsi n'était peut-être pas la solution qu'il envisagerait en premier, même s'il se doutait ne pas trop avoir le choix.
- Je réfléchirai attentivement à ta proposition d'alliance avec Taylor, mais je préfère déjà te laisser entreprendre un premier contact. Tu n'es pas sans ignorer qu'un certain froid s'est installé entre nos deux clans. Et aller me pointer chez lui équivaudrait sans doute à me mettre en plein milieu d'un champ de mines... J'imagine que ça en vaut la peine pourtant.

Tel fut la fin de leur discussion sur le propos de la Xinose. Elizabeth l'avait clairement montré en changeant d'attitude, optant pour quelque chose de plus en symbiose avec ce qu'elle aurait simplement toujours dû être: une adolescente comme tant d'autres, vivant une vie paisible et agréable, ne se souciant que de ses prochains achats, d'une sortie lors d'une soirée arrosée ou que sais-je encore. Ses paroles étaient elles aussi sur un ton bien différent du professionnalisme dont elle avait fait preuve jusqu'à présent. Elle s'approcha du Brainstormer puis lui dévoila le contenu d'une feuille de papier, l'accompagnant allégrement de phrases au sens tellement évident qu'il en devenait presque insultant. Elizabeth ne quitta pas le regard de Julian lorsqu'il prit connaissance du contenu qu'elle avait inscrit sur la feuille. Lorsqu'il la quitta du regard pour venir interroger silencieusement la jeune femme, celle-ci mit le feu à la seule preuve qui n'avait jamais existé de cette proposition. Il soupira, un peu dérouté par ce changement brusque, puis répondit après s'être raclé la gorge:
- Je garde très attentivement cette remarque dans les tréfonds de mon esprit et je saurai m'en souvenir... même si à tout jeu - partenaires ou adversaires - , nous risquons chacun d'y laisser quelques plumes. Mais je ne crois pas me souvenir qu'à un seul moment cela à paru nous sembler problématique.

Il soutint le regard d'Elizabeth jusqu'au dernier instant, quittant celui-ci lorsqu'elle se détourna, se penchant pour ramasser quelques cendres et les garder dans l'une de ses poches. Cela lui servirait à se souvenir d'autant plus précisément des paroles qu'elle avait eue. Alors qu'elle s'éloignait, il commenta, la rappelant en quelques sortes:
- Dans les cas nous occupant ces prochains temps, j'espère néanmoins pouvoir compter plus sur une partenaire que sur une adversaire, cela va de soi.
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