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Pseudo City: Chapitre 2 - Dégats collatéraux
 
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Le temps n'efface pas tout [PV Abelle]

 
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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Sam 3 Nov 2012 - 18:05    Sujet du message: Le temps n'efface pas tout [PV Abelle] Répondre en citant


  ~ Manoir Hawksbury, sur une petite colline surplombant Mighan - 9h57


Un soupir, puis un autre. Qu'il est difficile de se lever après une si belle nuit sans soucis ! Lentement, il sortit de sous sa couverture et enfila ses pantoufles avant de se lever. Comme chaque matin, weekend ou pas, Julian s'étira longuement, faisant craquer quelques unes de ses articulations. Il se dirigea vers la salle de bains, directement annexée à sa grande chambre à coucher. La salle d'eau, faisant près de 20m2 disposait de tous les appareils que l'on eut pu désirer: une douche à jets relaxants, un grand lavabo double, des toilettes bien entendu et un jacuzzi.

S'arrêtant vers son miroir, il s'observa, encore un peu endormi. De légères rides se dessinaient sur son front et sous ses yeux, faisant penser à un homme fatigué par la vie. Après tout, il avait une petite quarantaine d'années, ce n'était pas inhabituel d'en avoir à cet âge-là. Pourquoi s'en serait-il plaint ? Tant de gens prenaient soin de leur apparence à outrance, il fallait des gens pour vivre sans trop s'en préoccuper. Bien entendu, il aimait s'habiller chichement, mais cela s'arrêtait là. Julian prit une douche puis s'habilla avant de descendre dans le salon via un grand escalier. En bas, un majordome l'attendait patiemment et le salua joyeusement:
- Bien le bonjour Monsieur, vous avez l'air en pleine forme. Avez-vous une envie particulière pour votre petit-déjeuner aujourd'hui ?
- Bonjour Edouard. Un thé noir au miel, des oeufs brouillés et du bacon iront très bien, je vous prie.

Le majordome disparut à vive allure pour aller s'exécuter tandis que Julian récupérait machinalement le journal sur la table basse du salon avant d'aller s'installer dans la salle à manger. Celle-ci, d'une taille imposante, pouvait accueillir jusqu'à une vingtaine d'invités sur sa seule et unique table de chêne, faisant penser aux tables de monastères. Il débuta sa lecture lorsque son petit déjeuner arriva. Il mangea avec appétit en lisant les nouvelles. Lorsqu'il y prêta moins d'attention, le majordome s'exprima à nouveau:
- Souhaitez-vous que je vous indique votre programme de la journée, Monsieur ?
- J'espère qu'il n'est pas trop chargé, j'avais prévu de faire soft aujourd'hui... Mais je vous en prie, Edouard, allez-y.
- Rassurez-vous, rien de conséquent. Un paysagiste vient dans environ 2h pour proposer quelques idées pour aménager votre magnifique jardin pour la saison prochaine. En milieu d'après-midi, vous aurez une vidéo-conférence avec le sénat de Mighan. Un projet de loi important j'imagine, ils n'ont rien précisé de plus.
- Très bien, Edouard. Je vous remercie, je ne sais pas ce que je ferais sans vous.


Alors que le majordome allait répondre une phrase faisant l'éloge des capacités de son célèbre employeur, la sonnette du portail du manoir retentit dans l'entrée de style ancien. Sans faire plus de cérémonie, Edouard s'éclipsa pour aller répondre à l'interphone.

A l'extérieur du manoir, face au grand portail en fer forgé où étaient gravées les deux initiales "J" et "H", se tenait une silhouette féminine. Son index venait d'appuyer sur la sonnette de l'imposant manoir aux briques rouges. Ce lieu était très respecté par les habitants, car tous savaient que s'était la demeure du célèbre mais toutefois redouté politicien du pays. A sa sortie de Pseudo City, Julian avait choisi la politique et avait progressé de manière très rapide pour arriver dans les hautes sphères de Mighan. Il avait ensuite été plus haut, au niveau de l'Etat, où il avait pu faire de grosses pressions pour démettre Treymann de ses fonctions et l'enfermer une bonne fois pour toutes dans une belle prison sans concessions. Cette région était sous sa responsabilité maintenant, il dirigeait beaucoup de choses ici.

Cela faisait peur aux citoyens qui s'aventuraient peu par ici. Des badauds avaient même accosté la jeune femme pour l'inciter à ne pas déranger "Monsieur Hawksbury". Cependant, elle n'avait rien voulu savoir et avait sonné.

L'interphone grésilla et une voix s'en échappa.
- Bonjour, vous êtes au Manoir Hawksbury. Que voulez-vous ? Monsieur Hawksbury ne reçoit de visite que sur rendez-vous.

Une caméra de sécurité tourna dans un bruit mécanique et vint se figer sur la jeune femme. Un rapide petit focus: elle devait maintenant avoir son visage clairement visible et probablement comparé à une base de données de connaissances, parallèlement à une base criminelle. Avait-elle bien fait ?
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MessagePosté le: Sam 3 Nov 2012 - 18:05    Sujet du message: Publicité

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Abelle Ginger
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MessagePosté le: Sam 3 Nov 2012 - 23:18    Sujet du message: Le temps n'efface pas tout [PV Abelle] Répondre en citant

Une petite liste de délits mineurs s'afficha. Un tempérament incendiaire - et c'était le cas de le dire - se lisait parfaitement sur les quelques inscriptions. Quelques feux avaient été déclenchés par ces petites mains qui devaient à peine avoir quinze ans mais rien n'avait été blessé, que des petites montagnes de déchets abandonnés qui avait failli causer du trouble. Aujourd'hui, elle c'était calmé. Elle voyait un monsieur qui l'aidait, un très gentil monsieur, qui lui enseignait à ne plus jouer avec le feu. Mais aujourd'hui, elle voulait encore toucher au danger.

C'était bien son genre, toujours à chercher les ennuis sans nécessairement les trouver. Elle passait toujours pour une jeune fille sage. C'était bien le cas, quand il agissait d'aider sa mère et son oncle à s'occuper de la maison, à faire les courses et à cuisiner. Jamais elle n'aurait voulu leur faire de mal, à ces deux conteurs d'histoire abracadabrante, à ces deux révolutionnaires qui gardaient sous couvert la lourde histoire de leur famille... Et aujourd'hui, elle était proche d'être l'une des dernières à savoir la vérité.

La dernière si on excluait le vieil homme qui se tenait quelque part entre les murs imposants de cette vieille demeure.

C'était pour ça qu'elle était venue, pour en savoir plus. Elle savait que sa mère lui cachait une grande partie de sa vie mais une fois, son nom lui avait échappé, le nom de celui qui en savait peut-être plus long sur l'histoire. Julian Hawksbury. Alors elle se tenait sur son balcon, les mains jointes, une moue sur d'elle et pleine d'assurance, un petit sourire en coin, de la malice qui dansait au fond des ses yeux...

Derrière ses yeux se trouvaient des plans par centaines, des idées qui ne pouvaient que transformer le monde, des petites lumières par centaine, une intelligence imagée que sa mère ne pouvait que lui envier, elle qui était loin d'être une étoile aussi brillante, à peine capable de cacher ses plans. Sa mère, dans sa jeunesse, s'était peut-être crue la plus forte, mais elle savait aujourd'hui que bien des gens avaient souffert à cause d'elle et qu'elle devait surement être l'une des plus faibles femmes de ce monde, emprisonnée dans un corps qui la contraignait à avoir toujours pensé que le physique primait dans une société qui plaçait les connaissances sur une tablette inatteignable. La petite fille ne voulait pas devenir comme sa mère, elle ne voulait être qu'une aventurière de l'esprit, une intellectuelle... Mais ses passions la poussaient aussi dehors, dans la rue, à visiter les recoins sombre, à découvrir de nouvelles choses.

Elle allait à l'école et y excellait... mais tout cela pouvait être trouvé dans ses yeux, ses yeux....

Sa petite tête dodelina, faisant danser ses cheveux bruns alors qu'elle se pencha pour répondre à la voix de l'interlocuteur :

" Monsieur, je viens poser des questions très importants à Monsieur Julian. Venez s'il vous plait. il faut vraiment que je lui parle."

Elle recula encore, ses yeux....

Aux milliard de pépites d'or dansant en direction de la porte...

Son sourire aux lèvres toutes jeunes mais qui rappelleraient des souvenirs indélébiles à la surface de la mémoire de Julian...

Juliette H. Vanhaussent attendait sur le perron de celui qu'elle croyait fermement être son père.

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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Dim 4 Nov 2012 - 20:51    Sujet du message: Le temps n'efface pas tout [PV Abelle] Répondre en citant

[HJ: Voyons, petite ingrate, je suis pas si vieux, j'ai qu'une petite quarantaine d'années pour correspondre à l'âge estimé de Juliette XD]

Edouard regarda d'un air étonné les résultats renvoyés par l'interrogation de la base officielle de la police. Ce n'était pas tous les jours que de "jeunes délinquants" venaient sonner aux portes de la demeure Hawksbury ! De plus, celle-ci semblait particulièrement calme et sûre d'elle. Pourquoi était-elle là ? Que voulait-elle ? Il était au moins sûr qu'il ne la laisserait pas poser le bout d'une seule de ses semelles dans la maison, ça non ! Monsieur Hawksbury en serait sans doute fâché.
Appuyant sur un des boutons de l'interphone, il signifia d'une voix qu'il voulu grave:
- Je suis navré mademoiselle, mais vous ne semblez pas avoir de rendez-vous avec Monsieur Hawksbury. Je vous prie de rebrousser chemin et de revenir une fois que vous aurez obtenu un rendez-vous en bonne et due forme !

Au même moment, Julian sortit de la salle à manger pour voir la cause de ce dérangement matinal. Il arriva à la hauteur de son majordome et questionna du regard celui-ci. Sans un mot, Edouard retourna le moniteur pour que le maître des lieux puisse voir de quel genre de crapule il s'agissait. Julian regarda attentivement le moniteur et les images des caméras de sécurité. Une jeune femme attendait patiemment derrière les grilles malgré la remarque de son majordome. C'était étrange, cette fille lui faisait vaguement penser à quelqu'un... un visage qui avait sans doute marqué d'une quelconque façon sa vie.

Il regarda la fiche établie par la police et là, à la lecture du nom de la demoiselle, il crut que son coeur manqua quelques battements d'affilée. Juliette H. Vanhaussen. Etait-ce bien qui il croyait que c'était ? Cette jeune femme avait-elle un quelconque lien avec cette fille avec laquelle il avait... enfin... couché avec ? Il secoua vivement la tête et se gratta les yeux avant de jeter un nouveau regard à la fiche. C'était bien toujours la même, il n'avait pas rêvé. Et si cette jeune femme était... oh non, il préférait ne pas y penser pour l'heure. Il se tourna vers son majordome et, tentant de conserver son calme, indiqua:
- Edouard, laissez entrer cette demoiselle voulez-vous ? Je vais la recevoir.
- Mais Monsieur... elle a un casier ! Et avez-vous vu son habillement, son visage...
- Il suffit, Edouard. J'ai dit que je la recevrais. Tout ira bien, rassurez-vous.

Ce fut un peu à contre-coeur que le majordome ouvrait la grille d'accès au manoir, tandis que Julian allait s'installer dans un petit salon prévu pour recevoir des invités. Sans grand entousiasme, et alors que le portail s'ouvrait, il annonça dans l'interphone:
- Veuillez m'excuser mademoiselle, Monsieur Hawksbury va vous recevoir, si vous vous donnez la peine de venir jusqu'au manoir.
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Abelle Ginger
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MessagePosté le: Mar 6 Nov 2012 - 02:45    Sujet du message: Le temps n'efface pas tout [PV Abelle] Répondre en citant

[HJ: Julian a "couché" avec Alexis - comme tu as magnifiquement qualifié - quand il avait autour de vingt ans, disons vingt-cinq, elle peut donc avoir quinze voir dix-sept ans et ses délits mineurs ont été étendus sur une très courte durée d'années alors disons qu'elle a seize ans, ça te va?]

La jeune Juliette avait une difficulté énorme à s'imaginer ce que Julian pouvait penser d'elle. Elle était le fruit d'une relation qu'il considérait surement morte et enterrée. Dans un moment d’égarement, elle avait su comme sa mère avait quitté cet homme qu'elle avait aimé de tout son cœur... Elle savait très bien que sa mère avait l'âme déchirée de savoir qu'il lui en voudrait jusque dans les tréfonds de son esprit, que plus jamais il ne la verrait de la même manière qu'il l'avait vu dans ce lit, dans cet appartement minable qu'ils aimaient considérer comme magnifique... Ils avaient vécu dans ces bulles de bonheurs et... Alexis y avait vécu toute sa vie. Jamais elle n'avait pu retrouver un homme qui l'avait aimé de cette manière. Aujourd'hui, toujours aussi belle et ensorcelante, sa mère vivait seule. Elle ne s'occupait que de son frère et de sa fille, soucieuse que la vie de son enfant soit aussi belle que possible. Pourquoi Julian ne voulait-il pas d'elle, pourquoi l'avait-il banni de son cœur alors qu'il aurait du savoir qu'elle portait son enfant...

En effet, sa mère ne le savait pas, mais au coin d'un feu, lors d'une soirée particulièrement froide en hiver, Dannik, son oncle, lui avait tout raconté. Avant de s'enfuir en coup de vent, Alexis avait laissé dans trois appartements stratégiques des lettres qui seraient surement lus par les bonnes personnes.

La première appartenait à Julian Hawsbury. Elle contenait l'explication de son départ ainsi que l'adresse ou elle pourrait être contactée s'il voulait vivre avec elle cette vie qu'elle choisissait pour leurs enfants. Son départ ne pouvait plus attendre, elle avait essayé de le contacter mais elle n'avait pas pu avant la date limite de son transport. Elle aurait tellement voulu qu'il l'accompagne... et plus jamais elle ne l'avait revu depuis.

La deuxième allait bien entendu à son chef bien aimé, Alexander Taylor, qui devait encore vivre à Pseudo City, d'après les rumeurs peu fondées. Elle lui expliquait que le je t'aime qu'elle lui avait jeté à la figure en était un véritable, qu'il méritait l'amour d'une femme qui le traiterait comme l'homme qu'il était vraiment, qu'il devait continuer de se battre pour faire respecter sa loi et qu'elle resterait, malgré son départ, toujours Synewyer dans son cœur. Elle lui avait aussi laissé un morceau de la porte qu'elle avait fracassé, un jour...

La dernière était pour qui voudrait bien un jour atteindre son appartement. Elle attendait peut-être encore aujourd'hui sur l'ancien lit de la Vanhaussen, mais elle ne le saurait jamais... Elle contenait bien plus qu'elle n'aurait jamais du dire à qui que ce soit... Et elle espérait parfois que personne ne l'avait lu.

Mais malgré la lettre qui annonçait à Julian qu'il était l'heureux père d'un enfant, il n'avait jamais pointé le bout de son nez... à part dans les journaux ou Alexis avait vu son cœur s'effondrer. Elle avait été des jours sans sortir de sa chambre. Ce n'était pas qu'il était mort ou quoi que se soit... d'après sa mère, il ne l'avait jamais aimé autant qu'elle l'avait aimé. Comment aurait-elle pu être plus qu'une simple baise aux yeux du grand Julian Hawksbury, de toute manière, disait-elle parfois alors qu'elle lavait rageusement la vaisselle à penser à son ancienne vie qui lui manquait surement.

Mais elle était heureuse... Et de savoir que sa fille allait voir le vieil Hawksbury lui ferait surement manger ses bas.

Mais elle y était alors pourquoi reculer. Quand la barrière s'ouvrit, elle hésita, avança de quelques pas hésitants avant de se faire presser par la voix grésillante qui sortait du micro. Elle se dépêcha donc, avançant d'un pas beaucoup plus vite, ses longues jambes fouettant presque l'air. Si on avait pu comparer Juliette à ses parents, elle avait la silhouette particulièrement féminine de sa mère mais le physique athlétique lui avait échappé. Elle ne possédait pas la puissance phénoménale des Vanhaussen, elle ne pouvait que se vanter de capacité intellectuelles qui dépassaient nettement celles de ses tuteurs. Elle n'en faisait pas état et préférait les garder pour elle, étant donné qu'elle ne trouvait pas de manière d'exprimer toute l'intelligence qui attendait de se faire exploiter au fond de son crâne.

Elle se rendit à la porte et cogna quelques coups avant de se faire ouvrir par un homme à qui l'envie de lui ouvrir semblait aussi désirable que celle de manger un rat mort. Elle entra tout de même, se retenant fortement de lui faire une grimace et vérifia ses vêtements - un t-shirt blanc sous une chemise grise en toile, des jeans avec une ceinture, des bottines de cuir noir, ses vêtements les plus sobres pour venir visiter ce politicien de haut niveau - et entra dans la pièce désignée par le majordome.

- Salut Papa.

Si elle avait bien reçu quelque chose de sa mère, c'était bien son talent pour faire une impression.

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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Mar 6 Nov 2012 - 17:49    Sujet du message: Le temps n'efface pas tout [PV Abelle] Répondre en citant

Edouard avait à peine coupé l'interphone et commandé l'ouverture des grilles du manoir que Julian s'en allait dans le petit salon d'accueil aux allures peut-être un peu vieillottes. Disons simplement qu'il était constitué de meubles anciens qui lui donnaient un air chaleureux mais un peu rétro. Il prit place dans l'un des fauteuils et prit délicatement une tablette tactile laissée sur la petite table à hauteur à proximité. Il l'alluma d'un geste simple et se connecta immédiatement sur le réseau de surveillance de la maison, où l'attendaient plusieurs images de caméras de surveillance, mais aussi le rapport de la police à l'égard de l'étrange demoiselle qui se dirigeait vers son manoir à présent.

Il se faisait toujours un devoir d'apprendre un maximum de choses sur ses invités avant leur venue, et ce rapport était l'occasion d'en savoir bien plus. Un point particulier attira son attention. Sur la fiche d'identité de la jeune femme, où figuraient toutes les informations privées auxquelles il avait accès tels que le nom, le prénom, la date de naissance, etc., il découvrit avec une certaine appréhension que la mention "Mère biologique" était renseignée au nom d'Alexis Vanhaussen, mais que la mention "Père biologique" était absente.
Julian interrompit sa lecture et resta songeur un instant. De qui pouvait-elle bien être la fille ? Etait-ce lui, cette grande brute de Taylor qu'il n'avait jamais vraiment recroisé ou encore un illustre inconnu qui venait s'ajouter à l'échiquier de la vie de Julian ? Il n'en savait que trop peu, mais redoutait de découvrir la vérité à ce sujet.

La porte du manoir s'ouvrit, le tirant de ses songes. Il reposa la tablette tactile - qu'il prit soin de mettre en veille - avant de boire une gorgée de thé dont il avait emmené la tasse avec lui pour le finir tranquillement. La jeune femme, 16 ans d'après son état civil, pénétra dans le petit salon, vêtue d'une manière peu convenable pour un endroit pareil, mais il n'en tiendrait pas rigueur. Sans doute Alexis n'avait-elle pas beaucoup d'économies. Espérons que cette jeune femme sache se tenir correctement. Les enfants l'ennuyaient un peu, à vrai dire.
- Salut Papa.

Si Julian n'avait pas été préparé au choc psychologique un tant soit mieux, il aurait sans aucun doute recraché tout le thé qu'il avait dans la bouche en tentant de comprendre. Heureusement, et bien que ladite gorgée eut un peu de mal à passer, il s'était préparé quelques secondes plus tôt à cette éventualité. Une expression de surprise s'afficha néanmoins sur son visage. Alors qu'il reposait sa tasse de thé, Edouard semblait avoir manqué plusieurs battements de coeur et avait lâché quelque chose dans la hall adjacent. Ce dernier accourut pour sermonner la jeune femme sur ses manières de parler au politicien lorsque Julian lui fit simplement signe de se taire.

Prenant tout son temps pour répondre à la salutation un peu scabreuse de la jeune Juliette, il posa son regard sur elle. Sans aucun doute avait-elle hérité des traits et de certaines formes de sa mère. Elle était très belle, assez grâcieuse et avait évidemment la tchatche de sa procréatrice. Il était évident au premier abord qu'elle était bien ce qu'il redoutait qu'elle soit. En revanche, il n'avait perçu aucune marque du père. Rien ne disait en l'état actuel qu'elle était sa fille. Oh, peut-être l'absence de la musculature des Vanhaussen était-elle une clé, mais ce n'était pas suffisant pour tirer des conclusions à ce stade de son questionnement. Son regard perçant finit par aller se poser dans les yeux de l'arrivante. Il y vit quelque chose qui l'effraya un instant: cette petite étincelle maline qui trahissait la présence d'un esprit vif. Pouvait-il s'agir effectivement de son propre enfant ? Alexis lui aurait-elle caché cela ? Oh, et puis, à quoi bon ! Si elle n'avait pas jugé bon de l'avertir, grand bien lui fasse... il n'était pas là aujourd'hui pour juger de ce qui s'était passé plusieurs dizaines d'années plus tôt.

Il inspira profondément, afficha un sourire un peu gêné et répondit calmement, malgré un certain agacement qui semblait prendre forme chez lui:
- Bonjour, mademoiselle Vanhaussen. Quel bon vent vous amène-t-il ici aujourd'hui ?

Sans même lui laisser le temps de répondre à sa question, il poursuivit, désignant un fauteuil en face de lui:
- Je vous en prie, asseyez-vous. Souhaitez-vous quelque chose à boire ? Et permettez-moi de vous demander ce qui vous fait croire que je suis votre père ? Je n'aimerais pas vous laisser trop longtemps dans vos illusions, ce sera mieux pour tout le monde je crois.

Le fait que Julian ait choisi de vouvoyer la jeune femme n'était pas anodin. Si elle était effectivement douée d'une intelligence redoutable, elle pourrait prendre un tutoyement pour une preuve de l'exactitude de ses pensées. Or, il ne voulait pas se permettre de faire cette erreur. Pour l'heure, et à sa connaissance, il n'était le père d'aucun enfant, si ce n'est l'un de ses nombreux textes de loi. Cette fille, et il ne savait pas exactement pourquoi, lui faisait étrangement froid dans le dos. Ou plutôt, il ne voulait pas se l'avouer... pas sans preuves accablantes. C'était d'une certaine manière une déformation professionnelle... sans doute.

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Abelle Ginger
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MessagePosté le: Mar 6 Nov 2012 - 22:32    Sujet du message: Le temps n'efface pas tout [PV Abelle] Répondre en citant

J'dois dire que tu commences à me blesser à force de traiter Alexis comme un vulgaire chausson... tu pourrais ressentir un peu plus de nostalgie, s'il vous plaît? *Mets ses mains sur ses hanches et te fait la moue*


Juliette eu un sourire amer quand elle vit la réaction de son père... Un immense vent balaya son ventre, un froid cuisant dévora ses entrailles alors qu'elle vit une forme de peur, de regret, de souffrance dans les yeux de celui-ci. Si elle aurait au moins eu la gentillesse de ne pas ouvrir sa grande gueule, de rester calme, polie, de lui montrer que sa fille n'était pas une truande, une insoumise, elle aurait peut-être eu une chance un peu plus grande de lui plaire. Elle se sentit maintenant toute petite alors qu'elle se rendait compte tu vrai objectif de sa visite. Elle n'était pas là pour protéger le sort de sa famille - elle le mettait plutôt en jeu en annonçant haut et fort qu'ils étaient survivants - mais plutôt pour découvrir sa propre identité au travers de celle de son père, de compléter le casse-tête de son identité, de deviner quelle lumière se cachait derrière les ombres que son futur lui lançaient...

Il y avait une multitude de couteaux dans son ventre qui la taillardait. Elle venait premièrement de se rendre compte de son immense faiblesse par rapport à l'image de contrôle qu'elle avait d'elle-même - côté qu'elle avait pris de sa mère, sans hésiter - et de la force qu'elle pouvait tirer de cette faiblesse... qui était minuscule. Il y avait aussi la confiance absente de son père - elle qui savait très bien qu'il l'était certainement, contrairement à ce qu'il tentait de dire - et de son dédain... Mais ce qui lui fit le plus mal, c'est quand elle vit dans ses yeux, dans ses mouvements, dans ses paroles, qu'il reniait avoir eu un jour la connaissance d'avoir un enfant sous sa coupole.

Alors toutes les parcelles de l'esprit vengeur qu'elle avait trainé avec elle, celui qui lui avait assez gonflé les nerfs pour qu'elle ose se pointer ici se morcelèrent et tombèrent sur le sol autour d'elle. Elle croyait venir ici en découvrant un homme au coeur de pierre, qui avait préféré laisser de côté la vie de sa famille pour ses occupations politiques et elle découvrait une victime du sort qui n'avait de toute évidence jamais eu conscience de sa paternité. Elle était ici pour crier à poings fermés, pour l'emmerder, pour le faire regretter... Et elle devait maintenant faire un plaidoyer en sa propre faveur... Elle devait prouver à son père qu'il l'était bel et bien... et d'après les paroles distantes de son paternel, elle ne devait pas trop compter sur sa collaboration dans l'affaire... Alors elle se dit simplement qu'elle devait se lancer, qu'elle devait faire les premiers pas, lentement l'apporter sur la voie de la compréhension...

Mais ce n'était pas dans ses veines.

Elle sortit alors de l'une de ses poches une paire de lunette mince aux verres élancés qui s'ajustaient bien à son visage et s'assit en face de son père. Elle avait peut-être tout de sa mère, ou presque, mais elle tenait à lui montrer qu'elle pouvait être comme lui aussi, fine fleur et rusée. Alors pour démontrer qu'elle était capable de jouer un jeu, qu'elle en avait la présence d'esprit, elle reprit ses paroles douteuses et houleuses malgré ses réticences.

Il fallait bien qu'il ait envie de l'amadouer pour qu'elle puisse le faire à son tour.

- Peut-être parce que ma mère n'a jamais eu d'autre mec avant toi et zéro avant que je naisse.

Elle laissait la case blanche pour après sa naissance. Ça lui déplaisait de voir qu'il savait très bien son origine, qu'elle était la fille de son amante et qu'il... accordait aussi peu d'importante à ceci, qu'il n'en était aucunement ému... Elle ragea intérieurement et continua.

- Je penses que c'est une bonne raison de douter, en premier lieu, non? demanda-t-elle en penchant la tête.

Elle avait volontairement fait fi de ses questions qui ne la touchait pas, elle qui n'avait pu quasiment que de l'eau dans sa vie et qui...

- Gardes-les pour toi, tes trucs de noble, j'ai pas soif.

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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Mer 7 Nov 2012 - 20:19    Sujet du message: Le temps n'efface pas tout [PV Abelle] Répondre en citant

Je te rappelle que c'est toi qui t'es mise dans cette situation toute seule comme une grande, hein ! Razz Bon, ok, je vais faire un effort pour ne pas trop ternir sa réputation ^^


Il était très difficile de cerner ce qui se passait devant lui et dans la tête de la jeune femme, même pour une personne habituée à analyser tout ce qui composait l'entourage direct et indirect de la personne qui avait son attention. Un certain nombre de personnes semblaient comme "au courant" des choses qu'il ne fallait pas dire, ni faire, pour éviter d'être percé à jour par des esprits comme le sien. A vrai dire, cette fille ne semblait pas faire "exprès" d'être insondable, mais devait plutôt être troublée par sa réponse. Un comble ! C'était pourtant lui, ici et maintenant, qui avait de bonnes raisons d'être troublé, non ? Enfin, qu'importe.

Cependant, après un instant, Juliette se reprit, s'installa loin de ce qui devait être "à son aise" sans doute, puis sortit des lunettes et les posa sur son nez. Il ne savait pas vraiment quoi dire ce cela. Etait-ce une lamentable tentative de lui ressembler un peu ou plutôt avait-elle réellement besoin de ces lunettes ? A vrai dire, il penchait personnellement plus pour la première solution, mais il ne releva pas. Après tout, c'était normal durant une discussion de chercher à faire comme l'autre, pour lui ressembler et mieux faire passer le courant. C'était plutôt bête, mais cela fonctionnait bien souvent. La jeune femme retrouva un peu de calme et déclara qu'elle devait forcément être sa fille puisque sa mère n'avait jamais eu d'autre amour que lui. Il manqua de lâcher un rire mal venu dans la situation, mais s'autorisa un sourire amusé. Savait-elle réellement de quoi elle parlait ? Il en doutait quelques peu.
- Théorie intéressante, mais basée sur des informations un peu trop simples, je trouve.

Elle sembla ensuite vouloir l'inviter à la réflexion en lui indiquant qu'il s'agissait au moins d'une base sur laquelle travailler, et que cela méritait mûre réflexion. Sur ce point, il fut plutôt convaincu, mais cette jeune femme n'avait pas apporté de preuve autre que sa chair. C'était courageux, sachant quel homme il était. Juliette s'emporta pourtant bien facilement en refusant une boisson qu'elle aurait sûrement pourtant apprécié. Il haussa les épaules tandis que, dans le hall, venaient d'arriver deux hommes plutôt musclés. Julian leva les yeux au ciel alors que les gardes pénétrèrent dans la salle. D'un calme religieux, mais en haussant la voix quelque peu pour être certain d'être bien compris, il fit remarquer:
- Je vous en prie messieurs, je n'ai pas besoin de vos services pour le moment. Le fait qu'une jeune demoiselle refuse de boire, même de manière peu polie, n'est pas un motif justifié pour intervenir, vous ne croyez pas ? Franchement... je saurai me débrouiller. Disposez.

Les deux grandes armoires à glaces s'en allèrent, déçus de ne pas pouvoir montrer à leur employeur l'étendue de leur masse musculaire. Julian soupira un grand coup, prit une gorgée de thé et s'assura que le majordome ait fermé la porte du petit salon pour leur laisser un peu d'intimité. D'un air subitement plus sérieux mais aussi un peu plus convivial, il se pencha un peu en avant sur son fauteuil.
- Cela dit, si tu es là et que tu viens de ton propre chef pour t'assurer que je suis ton père, c'est que ça doit te tenir à coeur, ou du moins t'intéresser un peu. Et qu'à cela ne tienne, mes "trucs de noble", je les ai obtenus par moi-même et personne d'autre. Alors aies un peu de respect je te prie.

En se penchant un peu vers la bibliothèque qui habillait le mur à sa droite, il attrapa un petite table sur laquelle était posé un échiquier et toutes ses pièces. Il semblait assez vieux et ses pièces étaient en bois non poli. Chacun de ces objets sur ce petit plateau faisait terriblement décalé, même au milieu de vieux meubles. Ils étaient... simples, sans ornement, sans artifice. Sans aucune valeur marchande, sûrement.
Il ramena la petite table à ses côtés et prit une pièce: la reine. Il la contempla un instant, pensif, puis continua sans lever les yeux vers la jeune femme:
- Je serais bien embêté pour t'indiquer si je suis bel et bien ton père puisque ta très chère mère a disparu du jour au lendemain. Impossible de savoir avec qui elle aura refait sa vie après cela. À vrai dire, et excuses ma froideur, cela ne m'importe peu.

Julian reposa la pièce sur son échiquier d'un air un peu plus énervé, une nuance tout au plus cependant. Il jeta son regard dans celui de Juliette et précisa:
- Mais ne t'y méprends pas, j'ai aimé ta mère. On s'aimait. Et puis tout est parti en éclats pour une histoire ridicule qui a dévoilé à chacun d'entre-nous la véritable nature de l'autre. Et ça n'a plus fonctionné. Bref, ça ne doit pas t'intéresser, ça, par contre.

Se remettant à l'aise dans son fauteuil et sans quitter la jeune femme des yeux, il demanda finalement:
- La vraie question est: à quoi t'attendais-tu en venant ici ?
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Abelle Ginger
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MessagePosté le: Mer 7 Nov 2012 - 22:59    Sujet du message: Le temps n'efface pas tout [PV Abelle] Répondre en citant

La question et toutes les altercations précédentes de Julian eurent l'effet d'une tempête dans le corps de la jeune fille. Il y avait tant de questions à poser et tellement de réalités à explorer qu'elle en avait le souffle coupé. Il disait des choses sur sa mère qu'elle ne voulait pas voir étalées et c'est sans vraiment penser, en emmêlant quelques pinceaux qu'elle commença sa diatribe, cette litanie qui ne cesserait pas avant qu'elle ait terminé de raconter les pas qui l'avaient apportés ici. Mais avant toute chose, elle voulait savoir si tout cela valait la peine...

Puis elle se ravisa. Elle devait simplement montrer qui elle était vraiment, et il ne semblait pas vouloir le savoir. Et elle lui entrerait de force dans le crâne s'il le fallait.

- Vous vous trompez sur ma mère. C'est la première chose que je dois mettre en place avec vous. Peut-être y a-t-il eu un accident, mais sa fuite ne découlait pas de ces incidents. Il y a toute une histoire derrière son départ, derrière sa fuite, derrière le cœur brisé qu'elle voulait pourtant garder précieux. Je vais vous raconter l'histoire d'Alexis Vanhaussen et cela, que vous le vouliez ou non. À moins que vous faisiez intervenir les gros bras qui semblent aussi nerveux que des souris devant un chat. Pourtant, je devrais représenter une bien mince menace dans votre échiquier, monsieur le Politicien.

Elle s'arrêta un moment et se leva pour se poser sur le bord de la fenêtre. Son vrai rôle dans l'histoire de Julian Hawksbury commencerait ici et se terminerait peut-être après ce discours. Elle ne savait pas ce qu'il penserait de son discours, elle ne savait qu'une chose, elle avait à renseigner cet homme sur la vérité, même si ce n'était pas le but exact de sa visite.

En parlant à cet homme, elle retrouvait une partie d'elle-même, celle qu'elle avait perdue depuis un moment, la jeune fille avide de faits, de savoir, qui s'était lentement fait gruger par la facilité d'être sauvage, d'être pleine de méchanceté, de sauts d'humeurs... Elle retrouvait la fluidité dansante de son esprit et la multitude des possibilités nées de cette parcelle de l'intelligence de son père.

- Je suis encore plus inoffensive si je vous laisse entendre que la seule raison de ma venue ici était simplement de trouver une figure de père et en ce moment, je ne peux que trouver un mur de brique armé d'un sourire. Vous n'êtes vraiment plus l'homme que m'a un jour dépeint ma mère... toutefois, passons. Je sais parfaitement que pour un homme comme vous, se faire trahir ainsi par une femme en qui on a laissé sa confiance est surement très humiliant. Mais ma mère et moi sommes très proches, vous saurez et elle m'a tout dit sur sa vie là-bas. Malgré ses réticences, elle m'a raconté plusieurs épisodes, sans jamais vouloir me révéler la fin. C'est mon oncle qui me les as dévoilées. Mais ce personnage, vous le connaitrez plus tard. Pour l'instant, je dois vous énumérer quelques uns des épisodes les plus marquants qu'elle m'ait narré. Il y eut les nuits interminables ou vous avez veillé sur un jeune homme du nom de Ben Mormax, en qui elle avait une estime extrêmement haute et qu'elle comptait comme un ami proche malgré la distance qu'ils gardaient toujours. Il y eut le meurtre, dans ce même hôpital, qu'elle perpétra sur la personne d'un militaire, celui qui avait orchestré voir perpétré l'assassinat de son père. Il y eut votre première nuit ensemble, où encore aujourd'hui elle rougit de ses expériences. Il y eut vos moments de gloires, vos passions cachées, vos promesses d'amour.

Elle se tut un moment, sachant très bien qu'elle portait un discours qui saurait surement troubler le vieux Brainstormer et qui en disait surtout très long sur elle-même. Elle savait très bien qu'il en saurait trop après tout ceci, mais elle se surprit à une passion égoîste qui voulait qu'elle se libère de tout ce fardeau, qu'elle le lui donne, qu'il comprenne enfin l'erreur qu'il avait fait, lui qui se croyait propre de toute responsabilité dans cette affaire.

- Et votre promesse d'amour a dû être marquante car je ne vois nul femme dans vos alentours. Et s'il y en a une, je ne peux qu'en éprouver un pincement au cœur car...

Elle marqua une pause, fit quelque pas vers le centre de la pièce. Maintenant qu'elle déambulait, sure d'elle même, maitresse de la situation, elle se sentait que tout était possible. Et surtout, malgré ses vêtements simples, malgré sa position désavantageuse, elle se sentait à sa place. Un regard pour son père, puis une main sur l'échiquier, le roi de la couleur dans laquelle Julian avait pris la reine dans une main, puis sur le milieu de la table.

- Peu importe vraiment... Votre égo a surement été touché par le fait qu'Alexis n'a pas respecté cette promesse d'amour. En effet, elle en aimait un autre, aussi profondément qu'elle vous aimait, mais d'une manière diamétralement différente. Elle voyait en Alexander Taylor une porte de sortie pour retrouver sa famille perdue, une sensation de connu dans un univers ou elle se sentait perdue. Et il y avait l'amour qu'il vous portait, immense, alors que vous représentiez une profondeur d'elle-même, l'homme qui faisait d'elle une femme, véritablement... qui la faisait sentir bien, celui qui la traitait comme elle avait toujours rêvé de se faire traiter. Un amour comme... Je n'ai pas à vous l'expliquer, c'est comme tenter d'expliquer la théorie de la relativité à Einstein, même si dans le cas présent, Einstein voit celle-ci comme une vulgaire broutille...

Un soupir, elle prit un cavalier de la même équipe :

- Il est certain que le fait que votre aventure ait été ébruitée la rendait anxieuse, voir terriblement instable, mais elle voulait toujours que tu la suives. La preuve réside dans une lettre, une lettre qu'elle vous avait laissée...

Elle laissa sa dernière phrase en suspens... Son histoire n'était pas terminée, mais elle devait bien laisser le temps à Julian d'assimiler l'information.

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MessagePosté le: Jeu 8 Nov 2012 - 20:08    Sujet du message: Le temps n'efface pas tout [PV Abelle] Répondre en citant

Julian eut un sourire amusé une fois de plus. Cette jeune fille avait, il devait l'admettre, quelque répartie intéressante. Oh, elle était encore loin de l'égaler mais elle se débrouillait bien. La politique avait eu le mérite de renforcer son esprit, aussi ne pouvait-il que difficilement faire le parallèle avec sa propre adolescence. Il était sûr d'une chose: s'il avait dû se trouver à la place de la jeune femme, s'affrontant lui-même, il n'aurait pas donné cher de sa peau. Bien que battant et plein d'idées, d'idéaux et de gentillesse, le jeune "lui" n'aurait pas eu de chance face à ce qu'il était devenu. Cela l'attristait, mais parfois il se surprenait à se souvenir ainsi de sa jeunesse, avec nostalgie bien entendu.
Revenons à la présente situation. Julian joignit ses mains et se mit à l'aise. Il aimait les histoires.
- Très bien, racontez-moi tout cela mademoiselle. J'ai hâte de découvrir ce que vous pensez que j'ai raté dans cet épisode. Peut-être apprendrons-nous mutuellement quelque chose de l'autre, qui sait ?

Cette demoiselle était une distraction qu'il n'avait plus connu depuis bien trop longtemps. S'amuser avec elle mentalement risquait d'être drôle. Il espérait pouvoir trouver quelques indices sur sa paternité éventuelle dans le discours de la jeune femme, mais il voulait aussi la faire trébucher, la faire douter. Ce n'était pas bien méchant... en fait, c'était plutôt un service qu'il cherchait à lui rendre. En la provoquant, il lui donnerait un maigre aperçu de ce qui l'attendrait intellectuellement parlant dans ses prochaines années.
Julian suivit sa présumée fille des yeux alors qu'elle débitait un nombre impressionnant de paroles à la seconde. En quelques phrases, Juliette avait grossièrement établi un portrait abstrait de la personnalité de l'ancien chef de clan. C'était intéressant, d'autant plus que nombre d'informations semblaient assez justes, bien que peu précises. Décidément, elle lui rappelait quelqu'un qu'il avait mieux connu que quiconque. Sans vouloir l'interrompre trop longtemps, il se permit néanmoins de préciser:
- Une belle analyse de moi-même que voilà, j'en serais presque ému. Pardonnez ma froideur, mais cela fait bien longtemps que j'ai arrêté de croire aux contes de fées. Vous n'avez pas idée de combien de prétendants sont venus me voir parce que j'étais soit disant leur ami, leur cousin ou je ne sais quoi encore. Il m'est encore permis de douter de ces paroles, les vôtres ne font pas exception malgré leur bon sens évident. Cela dit, commencer par dresser le portrait psychologique d'une personne par ses points sombres n'est généralement pas une bonne idée pour vous faire des amis, encore moins pour poursuivre une conversation. Qu'à cela ne tienne, je m'amuse toujours autant de voir les autres essayer d'appliquer sur moi ma propre technique. Poursuivez, je vous en prie.

La suite du récit de Juliette lui fit en revanche l'effet d'un couteau dans le coeur. Ce couteau et cette sensation froide qui parcours l'épine dorsale, si mordante. Cette sensation qu'il avait pourtant tenté de fuir tant d'années, elle finissait par le rattraper. Mais qui était-elle pour venir se pointer là, chez lui, et lui parler d'amour ? Elle pensait réellement tout savoir de lui mais pourtant elle était aussi adroite qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine ! "Petite garce" fut la première pensée qui traversa son esprit lorsqu'elle indiqua qu'elle n'avait pas remarqué de présence féminine dans les environs. La petite devait être absolument obsédée par ce qu'elle venait chercher pour utiliser de tels moyens. Une lueur de colère traversa son regard mais s'en alla aussitôt. Quelle importance y avait-il à qu'une étrangère vienne déblatérer sur ce qu'elle ne connaissait même pas ? Se sentirait-il réellement mieux en la brusquant, en la blessant ? Non, décidément pas. Il n'aurait aucun mérite à s'en prendre à une fille de 16 ans... vraiment.
- La promesse d'amour à votre mère n'a rien à voir avec cette absence féminine que vous avez remarquée. Et vous, un "mec" en vue, peut-être ? Où devrais-je aussi me lancer dans une théorie fumeuse sur votre sexualité ?

Il était devenu acide. Cette remarque sur son entourage ne lui avait vraiment pas plu et la jeune femme devait maintenant l'avoir remarqué. Si elle cherchait à tester ses limites, elle serait sans doute intéressée de savoir qu'elle les approchait plutôt vite. Il ne faudrait pas qu'elle poursuive sur cette voie bien longtemps avant que sa remise à l'ordre soit moins cordiale. Cependant, il respectait encore son interlocutrice et la laissa terminer son récit. Lorsqu'elle aborda le sujet de la lettre, il s'interloqua une fois de plus. Alexis lui avait-elle laissé une lettre ? C'était possible... mais qu'en avait-il fait et pourquoi cette désagréable sensation d'oubli l'avait-il prit ?
- Je ne crois pas avoir lu une telle...

Il s'interrompit brutalement, les yeux dans le vide. Une personne peu habituée à ce genre de réaction aurait pu s'alarmer de l'état psychologique ou physique du politicien. Mais, en réalité, il entrait toujours brutalement dans ce genre de "crise" lorsque son cerveau carburait à plein régime, ressassait des souvenirs, cherchait une explication logique ou encore imaginait des situations. Là, il s'agissait à la fois de souvenirs et de réflexion intense. Quelques secondes à peine s'écoulèrent, puis il releva la tête, ferma les yeux et se tourna vers Juliette.
- J'ai compris. Je comprends tout maintenant. A son départ, Alexis m'a laissé une lettre. Lorsque je l'ai vue et que j'ai reconnu son écriture, j'étais tellement excédé et emplit de rage de part son départ et ce qu'elle avait fait que je me suis empressé de la brûler, sans y prêter plus d'attention. Ce faisant, j'ai brûlé tout ce qui restait de souvenir heureux avec elle, je ne voulais plus la voir. Jamais.

Touché par cette révélation qu'il venait de faire à haute voix, il ôta ses lunettes et les posa sur la table à côté de lui avant de se laisser aller dans son fauteuil et se couvrir les yeux de ses mains, comme pour se réveiller d'un mauvais rêve. Il voulait simplement que tout s'arrête, qu'on le laisse tranquille. Sa jeunesse sembla soudain défiler devant ses yeux. Non, il en avait marre. Marre de cette vie adolescente qui le hantait depuis tant d'années. Il voulait simplement vivre dans le présent, Alexis n'existait plus, elle n'existait d'ailleurs pas et n'avait jamais existé. Qui était cette fille porteuse d'aussi horribles nouvelles ?

Un court instant s'écoula puis il reprit ses lunettes, les chaussa à nouveau puis, d'un regard soudain à nouveau calme, regarda Juliette.
- Finalement, je ne suis plus si sûr que ton histoire me plaise, fillette. Tu n'apportes pas avec toi ce que je pensais, mais c'est bien pire. Tu es en train de remettre en question ma propre vie et ce n'est pas une expérience très plaisante. Alors je préfère t'avertir: ceux qui me font cet effet le regrettent souvent très amèrement s'ils persistent. Penses-y, je te laisse deux minutes.

Julian se leva, sans plus prêter d'attention à l'adolescente qui trônait toujours dans ce petit salon. Il était troublé et il y avait de quoi. De l'eau fraîche sur le visage lui ferait le plus grand bien pour remettre toutes ces pendules à l'heure.

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MessagePosté le: Lun 12 Nov 2012 - 18:34    Sujet du message: Le temps n'efface pas tout [PV Abelle] Répondre en citant

Juliette le regarda. Elle avait enfin atteint un but qui n'était peut-être pas heureux, qui, en fait, était surement le plus malheureux des buts mais... Elle l'avait atteint, elle avait liquidé la coquille de distance et de sécheresse que le politicien avait essayé - en fait réussis à imposer - et elle pouvait enfin avoir accès à ce qui l'intéressait vraiment, c'est à dire à une conservation qui se tennait loin de la matière grise, qui conservait cet aspect froid, mais qui, pour réchauffer le coeur de Juliette, pourrait peut-être devenir plus intime, plus loin de l'affreuse joute orale qui s'était jouée depuis le début.

Elle n'était pas venue ici avec l'intention de se battre avec l'ancien Brainstormer... Elle était venu ici pour lui dire tout, pour lui avouer qui elle était et pour peut-être...

En fait, elle venait tout juste de réaliser qu'elle était venue ici bouleverser la vie de quelqu'un pour essayer de redresser la sienne. Sans vouloir se l'avouer, elle avait été, avec le temps, aspirée par un trou noir qui avait tiré avec lui toute son enfance alors qu'elle se faisait trainer dans les centres de psychologie pour enfant pour l'éloigner de ses envies pyromanes. Elle sortit donc de sa poche le Zippo de sa mère, gravé de signes cabalistiques qu'elle ne pourrait jamais comprendre, et regarda la flamme danser entre ses doigts. C'était plutôt dans ces dessins rougeoyants que résidait la solution... en tous cas, quand elle fixait son regard sur cette flamme, c'était ce qu'elle se disait...

Mais elle savait très bien que c'était un mensonge. Que la vérité se trouvait entre les murs de ce salon et que malgré le fait qu'elle détruisait tout de ce qu'était l'image de calme doux et scintillant de la personnalité de Julian, elle espérait pouvoir le reconstruire par la suite, à coup d'espoir et de calme... À coup de proximité familiale qu'il n'avait jamais connue.

Elle ne répondit pas à ses interventions acides. Ses piques lui rappelaient combien elle était dure avec lui, combien il ne méritait pas qu'elle lui mette sous le nez toutes ces choses qu'elle avait pourtant toujours prévu dire à son père quand elle le rencontrerait... Et elle se rendait aujourd'hui compte de comment ridicule elle était... Quand elle le vit quitter la salle, elle savait déjà que l'attente ne serait qu'un intermède. Elle resterait dans ce salon malgré les menaces douteuses perpétrées par le politicien sur ceux qui le déstabilisaient. Pourtant, un homme de sa trempe aurait peut-être dû admirer que...
 
Non, il ne devait pas. Elle n'avait fait qu'utiliser ses maigres connaissances pour lui montrer qu'il avait fait des erreurs. Pourtant, c'était évident, elle devait lui rappeler comment il avait aimé sa mère et pourtant, aujourd'hui, il disait clairement que tout ce qu'il avait toujours voulu avait été de l'oublier... Elle aurait tellement voulu au moins retrouver quelqu'un qui aurait eu le sourire en la voyant, qui aurait prit tout ça en acceptant au moins un peu la situation... Mais elle s'était heurtée à un mur qu'elle avait préféré fracasser plutôt que de le contourner...

Quand il revint, elle prit elle aussi sa tête entre ses mains et commença :
 
 - Je suis certaine que les coups que je vous ai lancé auraient fait plus mal si je serais partie maintenant. N'y aurait-il pas eu un écho désagréable de doute et d'incompréhension pour quelques mois, voir quelques années?

Elle laissa la question en suspens. Elle savait très bien que son changement de comportement pouvait faire douter les interlocuteurs sur leur manière de gérer une conversation. Les quelques troubles mentaux qu'elle amassait sur son CV  mental étaient surement durs à suivre. La pyromanie n'était que la plus inquiétante des choses qui hantaient sa tête et qui empêchaient son intelligence qui aurait pu briller de le faire et qui réduisait ses capacités intellectuelles au silence. L'explication de Dannick pour ces troubles était les antécédants Bersekers des Vanhaussen qui, mélangés à ces capacités intellectuelles que Julian lui avaient laissées, avaient formés un très mauvais cocktail mental... ça avait blessé Juliette mais elle avait deviné que son oncle n'avait pas voulu luifaire de mal et que ce n'était qu'une vaine tentative de lui enlever la culpabilité qu'elle ressentait d'être aussi étrange.

- Vous ne voulez pas qu'on parle de vous, ça vous trouble trop? Alors je vais parler de moi. Très brièvement. Je sais que ça n'aidera pas à votre problème et que la sensation étrange de s'être fait trahir par la vie ne partira pas dès que j'aurai parlé de ma misérable existence mais je suis certaine que vous comprendrez mieux la raison de ma visite...

Elle prit une longue inspiration et se leva pour fixer la fenêtre, encore, caressant quelques meubles au passage, perdue dans ses pensées.

 - Je suis atteinte de plusieurs maladies mentales. Je suis ce que la majorité de la population appelerait une folle, de celles qu'on enferme dans les cages... Mais je vis dans la société, bourrée de toxines qui m'aident supposément à supporter ma condition. Je n'ai donc jamais pu supporter le poids de mon propre malheur en plus de celui de ma mère et de mon oncle qui avaient été promis à une vie dorée. Bien certainement, il y avait le bonheur de vivre en famille, de vivre ensemble... Mais ils étaient tous deux célibataires et il y avait un vide... un vide certain qui créait parfois des altercations cachées entre eux. Entre autre sur le fait qu'Alexis trainait son passé.

Elle grimaca. Elle n'était pas capable d'appeler Alexis sa mère. Elle était jeune quand elle l'avait eue et l'avait élevé comme son égale.

 - Je performe bien à l'école et c'est bien ce qui me sauve de la majorité des moqueries mais... Je reste perdue. Alors j'ai décidé de mettre tout ça sur le dos d'un seul fautif et dès que je me suis rendue compte du vide que l'absence de paternité faisait naître, j'ai tout mis sur le dos de mon présumé père... c'est à dire vous...

Elle baissa la tête et regarda le bout de ses souliers.

 - Et étonnamment, en faisant mon petit discours qui n'a pas mené loin, je me suis sentie à ma place. Je me suis sentie fière de sentir sur moi un regard bienveillant qui voulait bien me voir établir des faits. Je ne sais vraiment pas pourquoi je suis venue en vérité... peut-être pour trouver une consolation à tout ça, quelqu'un qui comprendrait comment développer ce qui se cache derrière mes problèmes... Je venais surement pour trouver un père, mais...

Elle se dressa devant la silhouette de Julian et eu un mince sourire triste :

 - Je devine que vous n'êtes pas prêt à entendre tout ça... En fait, que vous ne l'êtes plus. Je comprends qu'un homme qui a cru toute sa vie être seul et heureux de cette manière parce qu'une proximité l'a blessé ne doit pas sourire quand il apprend qu'il y a une fillette qui l'attend au passage. Je dois vous dire que rien n'est de votre faute et... dites vous que je ne suis qu'une étourdie qui s'est trompée de porte à laquelle venir cogner...

Elle soupira, tourna et le regarda une dernière fois dans les yeux, droit dans les yeux...

 - Merci de m'avoir acceuilli... Je vous souhaite une bonne journée...

Elle tourna les talons et partit... Malgré le fait qu'au fond de son coeur, elle espérait qu'il la rapelle malgré le pauvre discours qu'elle venait de livrer. Elle était découragée de comment elle avait failli... Elle soupria encore et posa sa main sur le cadre de la porte en laissant une mince pause s'écouler...
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Julian Hawksbury
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MessagePosté le: Lun 12 Nov 2012 - 19:46    Sujet du message: Le temps n'efface pas tout [PV Abelle] Répondre en citant

C'était sans doute peu habituel pour un homme, mais Julian avait trouvé refuge dans une salle de bains. Certes, il s'y passa un peu d'eau fraîche sur le visage, mais il y resta un instant supplémentaire adossé au carrelage froid, pensif. Avait-il réellement procréé ? Il se souvenait maintenant parfaitement d'un détail pour le moins important: Alexis ne pouvait normalement pas avoir d'enfants. Alors comment se faisait-il qu'il en ait un ? Pourtant, en Juliette, il voyait tellement de signes le rappelant qu'il se mettait à douter sérieusement de sa propre théorie. Bien sûr, il est psychologiquement plus facile de trouver une explication à un problème sur lequel aucune hypothèse n'a encore vu le jour, mais tout de même !
Il inspira un grand coup puis retourna dans le petit salon où il trouva la jeune femme devant la fenêtre. Elle poursuivit en lui racontant un résumé de ce à quoi se résumait sa vie. Espérait-elle réellement le faire s'appapitoyer sur son sort ? Il n'était pas ce genre d'homme, ça non. Des discours sur "combien le malheur était grand dans cette vie", il en avait suffisamment entendus pour savoir les ignorer.

Sans toutefois l'ignorer complètement, Julian était peu sensible à cette histoire. Bien sûr, c'était une situation malheureuse, bien sûr cette enfant n'avait pas mérité toutes ces maladies mentales, mais il n'allait pas non plus la plaindre. Chaque personne avait ses propres problèmes et il fallait vivre avec. Ceux qui n'y arrivaient pas choisissait généralement entre se donner la mort ou se gaver de substances illicites. A son avis, aucune de ces deux situations n'était vraiment meilleure qu'une autre... mais bon, c'était un autre débat.
Julian s'ouvrit toutefois nettement plus lorsqu'elle avoua qu'elle était venue chercher ici un père et que, visiblement, il n'était pas prêt pour endosser ce rôle. Cette jeune fille semblait bouleversée à un point qui se rapprochait de la détresse. Et cette détresse, il aurait préféré ne plus jamais la voir, pour l'avoir personnellement connu. Le fait qu'elle arbore à la fois une bonne partie des caractéristiques physiques de sa mère et visiblement son intelligence le bouleversa.

C'était trop d'informations à la fois, même pour lui. Elle venait là, lui annonçait qu'elle était sa fille, lui apprenait qu'Alexis n'allait pas très bien, qu'elle non plus n'allait pas très bien et que - en bref - il n'assumait pas ses responsabilités dans cette histoire. Le pire dans cette aventure, c'est que Juliette ne l'accusait d'aucun mal en particulier. Elle voulait même croire qu'elle le comprenait. Que cherchait-elle au fond en venant ici mettre sa vie sans dessus dessous ? Souhaitait-elle lui montrer à quel point sa vie était chaotique ? Sans doute quelque chose dans ce genre-là.

Tantôt, Juliette le remercia de l'avoir accueilli et tourna les talons. Elle voulait s'en aller si vite ? Enfin, il n'en avait pas fini avec elle, où croyait-elle aller comme ça ? Alors qu'elle faisait une courte halte au palier de porte, il posa sa main sur l'épaule de la demoiselle. Une poigne forte et insistante, sans pour autant être douloureuse. N'était-elle pas rassurante, au contraire ? D'une voix désormais à nouveau plus calme, trahissant le retour de son contrôle sur la situation, il demanda:
- Tu ne vas pas déjà nous quitter, n'est-ce pas ? Ce ne serait pas une belle démonstration de l'état d'esprit Hawksbury que tu dis posséder, en tout cas. Veux-tu bien rester encore un moment, je te prie ?

Sa main se retira progressivement de l'épaule de l'adolescente tandis que, persuadé qu'elle resterait, il revenait dans le petit salon et allait se réinstaller dans son fauteuil. Il jeta un oeil au plateau d'échecs et lança, le regard un peu absent:
- Une partie d'échecs, pour détendre l'atmosphère, c'est parfait. Que dirais-tu de disputer une petite manche avec moi ? On pourra discuter encore si tu veux.

Il espérait pouvoir attirer Juliette dans ce jeu et se raprocher un peu d'elle. Cela ne voulait pas dire qu'il acceptait le fait qu'elle soit sa fille - du moins pas officiellement ni consciemment - mais c'était déjà mieux que de la jeter à la porte comme une malpropre. Il pouvait au moins lui accorder le bénéfice du doute. En plus, d'après les informations qu'elle possédait, il était impossible qu'elle ne soit pas la fille d'Alexis. Cela restait possible qu'il ne soit pas le père mais, dans ce cas, à qui appartiendrait ce potentiel intellectuel ? Il ne se voyait pas comme la personne la plus intelligente au monde, mais il estimait qu'elle tenait de lui, pour l'heure. Elle manquait simplement d'entrainement. Elle n'utilisait pas bien ces capacités. Même si ses maladies dont elle avait parlé pouvait très bien occulter une partie de celles-ci, il était impossible qu'elles la réduise à l'état d'une huître.

Se laissant un peu aller au fond de son fauteuil le temps que Juliette se décide à venir, il avoua, même si cela lui coûtait cher:
- Et tu as raison sur de nombreux points: je ne suis plus le même que ce que t'as décrit ta mère même s'il est encore en moi; la trahison de ta mère m'a bouleversé au point de ne plus avoir de relation durable avec des femmes; et finalement, je sais endosser la responsabilité d'être père, mais cela prendrait du temps... il te reste toujours à me prouver un certain nombre de choses cela dit... Enfin, si, comme je le crois, tu as cette envie irrépressible d'avoir raison.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:43    Sujet du message: Le temps n'efface pas tout [PV Abelle]

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