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Pseudo City: Chapitre 2 - Dégats collatéraux
 
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[Seph - Momo] Un trou à la patte

 
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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Sam 24 Sep 2011 - 20:29    Sujet du message: [Seph - Momo] Un trou à la patte Répondre en citant

Walking. Waiting.
Alone without a care.
Hoping and hating.
Things that I can't bear.

I see hell in your eyes
- ♫♪ -



Journée morose, ciel teinté de plomb. Les jours défilent, et la vie ne t'apporte aucune satisfaction. Tu tisses ta toile, prend au piège, détruit, mais rien ne t'excite plus autant qu'avant. La délectation d'un coeur rongé par le remord ou la culpabilité, d'un corps mutilé sous la souffrance mentale, ou de mots de haine crachés à ton visage. Plus rien n'a d'effet sur toi. Pire qu'avant. Tout est pire qu'avant. Toi qui jubilait à l'idée d'exercer la pression fatale sur les gens faibles, tu ne trouves plus aucun jouet digne de ton intérêt. Le vampire psychique n'a plus de quoi se nourrir. Tu te meurs. Petit à petit. Seule. Meurtrie au plus profond de toi, rongée par ton propre ennui, mortifiée par la monotonie qu'est devenue ton insupportable petite vie. Tu cherches en vain une source de plaisir, mais la route te semble incroyablement longue, déserte, morte. L'ennui. L'ennui de ne pouvoir jouir de la douleur des autres ; de ne plus pouvoir pousser le misérable petit être humain dans ses derniers retranchements, puis de le voir sombrer dans l'ombre de sa propre déchéance, se soumettre à sa propre folie.
Peu importe où tes pas te portent, l'ennui te ronge, l'amertume t'emporte. Quelque chose manque à ton étrange quotidien. La jubilation de l'intrigue, l'ivresse de la manipulation, l'extase du complot. Ou quelqu'un. Oui ; quelqu'un.

Bip, bip...


Un son désagréable, strident, tel l'écho d'une vieille machine trop archaïque pour pouvoir encore fonctionner. Un son qui stimule quelque chose en toi que tu ne mets que quelques dixièmes de seconde à comprendre. C'est le signal d'un message, un message reçu sur un terminal privé jeté aux oubliettes depuis plusieurs années. C'est d'abord la surprise qui s'éprend de toi, puis plus rien. L'ennui, à nouveau. Tu sais qui ça peut être. Seules deux personnes connaissent ce terminal. Et une seule d'entre elles continue de l'utiliser dans l'espoir vain d'une réponse. Tu sais que c'est un message qui vient de lui. Tu ne sais pas ce qu'il contient, mais tu imagines bien. Depuis la réunion des chefs, un an auparavant, tu en as déjà reçu un ou deux de sa part, comme s'il tentait inutilement de retrouver le fantôme du passé que tu es devenue à ses yeux mais qui continue encore de le hanter. Lasse. C'est tout ce que tu es. Tu ne lui reviendras pas, quoi qu'il fasse. Tu as décidé de te séparer de lui, et de ne plus intervenir dans sa vie. Un choix dont toi seul connaît les raisons. Un choix cruel, mais justifié. Tu ne reviendras pas dessus. Plus maintenant. "Qu'il aille donc au diable". C'est tout ce que tu penses. Mais quelque chose t'empêche de tourner le dos à ce message. La curiosité s'éprend de toi, te fait oublier ton ennui. Et en un instant, tu découvres quelque chose que tu n'aurais pas imaginé. Un appel au secours, venant de celui que tu n'aurais pas cru capable de te demander ça. Tu ne sais même pas si derrière ce message se cache un plan démoniaque pour enfin parvenir à te voir en privé. Ce serait possible, après tout... C'est toi qui l'a éduqué. Comment ne pas devenir diabolique quand on est élevé par la Reine des Enfers en personne ?


Citation:
From: Alex
To: Lili
Situation politique critique; j'ai une blessée par balle que je ne peux pas envoyer chez les Brainstormers. Besoin de toi. En échange de ta coopération, tu pourras poser les questions que tu voudras, et obtenir réponse. Je l'envoie au Centre, zone D4 selon tes critères, appartement 18.
PS: Si tu es en possession de drogues dures, amènes-en. Désolé pour tout.


Il a besoin de toi. Intrigue. Politique. Critique. Brainstormers. Coopération, réponse. Alex. Alexander Taylor. Chef des Sinewyers. Alexander Taylor... Alex.
Ton coeur s'emballe, tes lèvres s'étirent en un sourire digne du Malin. Il a besoin de toi. Toi. Toi...
Tu as attendu ça tellement longtemps. Qu'il te demande son aide, qu'il s'abaisse à ce niveau pour te retrouver, renouer avec toi, toi qui lui a fait subir tant de maux, toi qui lui a infligé souffrance physique, mais surtout mentale. Toi qui aurais pu le détruire complètement, si tu ne lui avais pas aussi donné sa part de bonheur en échange. Ton coeur bat comme jamais. Tu sens chacune de tes veines pulser dans ton corps. Quelle exaltation. Oui, l'exaltation.
Ce n'est pas de le voir se rabaisser qui te mets en transe. C'est de le voir oser te demander de lui rendre un service que tu lui dois depuis plusieurs années maintenant. De le voir se mettre au même niveau que toi, lui qui toujours était resté derrière, sans mot dire, content d'exécuter chacun de tes ordres. Enfin l'animal de compagnie s'émancipe. Enfin il ose devenir quelqu'un. Et grâce à ce message... Tu sais que tu pourras le revoir. Tu sais que tu pourras enfin entrapercevoir son regard osbidien, provoquer ce sourire bienveillant que tu as toujours connu. Retrouver cette figure chaleureuse... qui contre toute attente, était l'unique chose dont l'absence te rongeait. L'ennui... C'est de n'être pas avec lui.

Tu ne sais pas quelle est cette situation politique critique dans laquelle il s'est fourré, mais tu jubiles à l'idée de pouvoir goûter au jeu de la politique Sinewyer et Braisntormer. Enfin quelque chose d'alléchant à faire, enfin des complots à monter, enfin, l'Opportunité. Tu vas te saisir de l'occasion pour empoigner le pouvoir de cette ville de ta main de fer. Comme le jeu peut être attrayant... Comme la vie peut réserver de sublimes surprises.
En un rien de temps, tes yeux sont cernés de noir, un débardeur noir enserre ton buste avec concupiscence, un jean de même couleur, tes jambes fines, et tu empaquettes barrettes de drogues de la Baltringue et matériel médical dans une même mallette, prête que tu es à sauver la vie d'une Sinewyer visiblement prise dans le tourbillon dévastateur de l'intrigue politique. Ton arme à feu, chargée, repose dans le double-fond de la mallette, quant au terminal sur lequel tu as reçu le message, tu le fais disparaître de ton ordinateur, l'enfermant à nouveau dans les oubliettes desquelles il s'était échappé, puis rejoins le point de rendez-vous, si brillamment fixé.
Tu pourrais douter de la sincérité du message, et t'attendre à te retrouver face à un Taylor déchaîné n'ayant trouvé que ce seul moyen pour t'attirer à lui. Mais ta confiance en lui semble indemne, inébranlable, peu importe le nombre d'années qui a passé. Tu sais qu'il n'utiliserait pas ce moyen perfide pour te retrouver. Tu sais que s'il vient à toi pour implorer ton aide, c'est uniquement parce qu'il en a besoin. Parce que la situation doit être trop critique pour qu'il puisse la gérer seule. Lui, qui pourtant a été éduqué par toi aux sciences de la sournoiserie et de la politique, lui qui n'aurait certainement pas sa place à la tête de son clan si tu ne lui avais pas appris tout ce qu'il sait, quelques années plus tôt. Il a réellement besoin de toi. Et tu te dois de lui rendre ce petit service. Surtout après tout ce que tu lui as fait subir...

L'appartement n'a pas bougé depuis la dernière fois que tu y es venue. C'était bien avant que tu intègres toi-même Pseudo City, alors même que tu n'avais pas encore renié ce type qui est désormais chef de clan. Vous vous retrouviez là, toi qui était dans l'illégalité, et lui qui avait alors tant besoin de ta présence à ses côtés. Depuis, tu n'étais rien de plus qu'un fantôme à ses yeux, inexistante, toi qui avait disparu sans laisser de traces, sans donner de nouvelles, comme ça, du jour au lendemain, et qui n'était réapparue que trois ans plus tard, à une réunion de Chefs, aux côtés de son pire ennemi. Toi. Qui était alors sa seule véritable alliée. Tu l'avais abandonné pour le camp adverse. Il te hait. Tu le sais. Et tu ne le lui reproches pas. Après tout ce que vous aviez pu vivre, ensemble.
Tu défait les draps du lit, ouvre en grand les fenêtres, vérifie l'électricité, puis tu installes une nouvelle literie, propre, et tu aseptises la pièce du mieux que tu peux, avec ce que tu as comme produits dans ta mallette. Les soins seront rudimentaires. Tu ne connais pas encore l'étendue des dégâts. Peut-être - sûrement - te faudra-t-il l'aide de Mighan. Mais s'il t'as demandé ton aide... c'est qu'il sait que tu peux gérer ça. Que lui aussi a encore un semblant de confiance en toi. Et cette simple idée fait à nouveau pulser ton coeur dans ta poitrine. Boum, boum, boum...

Boum, boum, boum !

Ton coeur semble battre d'unisson avec la porte. Tu as eu le message vite. Tu y as répondu vite. Et le dénouement est proche. Derrière cette porte restée si longtemps fermée, les personnes qui te permettront de pénétrer un milieu duquel Julian ne voudrait jamais te voir appartenir. Et tu jubiles. Puis reprends ton sérieux. La vie d'une Sinewyer va être entre tes mains. Outre tes aspirations politiques, sa santé est désormais ta priorité. Tu as étudié la médecine avec ce que tu pouvais, tu t'es servi de Taylor comme cobaye, tu as éxercé sur le Jack, désormais, sauve une vie. Respecte ce serment que tu n'as pas encore fait: celui de faire ton possible pour sauver la vie de tes patients. Celui que tu ne feras certainement jamais...
Tu approches de la porte, dépose ta main sur la poignée, puis ouvre, dans un grincement résonnant.

Morgan Livingston.

Tu ne laisses pas apparaître ta surprise, ni même ton mécontentement. Mais franchement... Quel connard de t'envoyer quelqu'un qui te connait et sait la place que tu occupes au sein du clan ennemi !

Soupir. Tu les fais entrer. Tu refermes la porte. Tu sens le regard de Morgan peser sur toi, tandis que tu préfères observer la blessée. Une gamine que tu ne connais à peine, trop fraîchement arrivée, pas assez d'informations à son sujet.
Tu attaches tes cheveux. Puis, presque chaleureuse, tu déclares :


" Installe-la sur la lit. Votre Chef m'a demandé de rapporter de la drogue. Alors, c'est pour qui ? "



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MessagePosté le: Sam 24 Sep 2011 - 20:29    Sujet du message: Publicité

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Morgan Livingston
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MessagePosté le: Dim 9 Oct 2011 - 16:07    Sujet du message: [Seph - Momo] Un trou à la patte Répondre en citant


Si Sephy mourrait, ce serait assurément en martyr. D'un point de vue tout à fait pragmatique, c'était pas si mal que ça comme mort. Elle aurait tout gagné cette nouvelle Calamité : devenir l'étincelle qui allait faire exploser toute la ville lui apporterait sans doute la gloire dont elle avait toujours rêvé. Après tout, beaucoup disaient que s'il y avait bien une chose pire que la mort c'était l'oubli. À se demander si elle n'avait pas tout calculé la peste.
Mais Morgan refusait. Les clans, la guerre, la ville, les chefs, tout ça, elle s'en foutait. Héroïne d'une tragédie ou malchanceuse accidentée, Sephy restait Sephy. Une ado, une autre fille avec tous son paquet de rêves, d'ambition et d'amours niais. Il y avait une vie à sauver, une vie entre ses mains et quels que soient les sacrifices, Morgan ne comptait pas laisser la vie d'une personne humaine lui filer entre les doigts, ses mêmes phalanges, ongles, prolongements de ses paumes qui avaient tant cogné et parfois même ôté des vies. Quelque part, l'existence trouve toujours un moyen de nous rendre la monnaie de la pièce.
L'eurasienne releva la tête, croisa le regard de Taylor, prêt à partir. Dans la noirceur de ses prunelles tourmentées par la rage, elle y vit quelque chose comme un semblant de déception, comme s'il s'attendait à ce qu'elle lui balance quelque chose. Mais sur quoi ? Sur lui ? Sur elle ? Sur eux deux ? Est-ce qu'il y avait vraiment un truc entre deux quand elle avait cru pendant peut-être une année qu'il n'y avait qu'elle à ses côtés alors que la réalité était toute autre ? Elle se contenta de soutenir son regard, nonobstant la rancoeur qu'elle éprouvait envers elle-même pour l'avoir plongé dans un tel pétrin, sans rien dire.

-
Oublie pas que t'as une guitare à me ramener...

Elle ne broncha pas. C'était pas le moment. Il lui fallait mettre de côté l'Alexander, le bisounours tendre et laisser ressortir Taylor la bête, le chef craint de toute la cité. Le regard de Morgan se durcit mais elle ne répliqua rien. Il était gonflé de sortir ça dans un tel moment.
Il faudrait encore que tu restes en vie pour l'avoir cette guitare Chef. Et que tu la mérites.

Il fallait se concentrer sur Sephy. Morgan posa une main sur son front couvert de sueur avec une douceur qui contrastait avec la froideur des traits de sa figure. Elle se releva, fit le tour de la pièce en pestant contre Taylor qui ne lui avait donné aucun moyen de transport.

-
Et comment je fais moi pour t'amener ? Je te mets dans un panier à vélo et je pédale ? Il est mignon le Chef...

Enfin, en ouvrant un tiroir, elle trouva une paire de clefs. Ça devait être celle du deuxième pick up de Louis. Bon sang, on était pas dans la mouise. Passant le trousseau dans sa poche, elle revint à Sephy et lui fit passer ses deux bras par-dessus ses épaules avant de la soulever du matelas non sans quelques difficultés en raison de son genou toujours blessé. Pour se donner du courage, elle se dit que la douleur ne devait pas être pire que celle de sa protégée maintenant grossièrement hissée sur son dos.

-
Accroche-toi comme tu le peux. On va descendre en bas et aller rejoindre ce super doc secret. Mais t'as pas le droit de crever en route, je veux pas avoir à faire un détour par la morgue et expliquer au Chef que t'as pas eu les tripes de rester en vie.

Au vu de la lenteur avec laquelle elles descendirent les escaliers, Morgan ne put s'empêcher de penser que Taylor était vraiment un crétin pas fini pour lui avoir demandé à elle et à elle seule d'aller déplacée une blessée dans l'incapacité de marcher. Si elle avait été une armoire à glace, ça se serait. Question de confiance ou pas, d'un point de vue logistique elle était sûrement la dernière personne apte à ce genre de mission. Mais il était hors de question de renoncer.
Après avoir installé Sephy sur le siège avant du pick up garé en bas du bar, elle prit la place du conducteur et alluma l'engin, non sans faire démarrer au passage la radio jouait au passage un morceau d'un groupe qu'elle exécrait. Super la discrétion Louis. Pour ne pas inquiéter Sephy, elle prit soin de pas lui mentionner le fait qu'elle n'avait jamais conduit de sa vie autre part que sur sa PS3 et fit avancer plus ou moins adroitement la camionnette, faillit rentrer dans un panneau puis après quelques tours de volant et la découverte du frein à main et des vitesses, lança le véhicule à fond sur la chaussée en espérant faire assez de bruit pour qu'aucun idiot ne se jette sous ses roues. Heureusement, elle avait sa petite idée de l'endroit où se situait le point de rendez-vous.

Quelle que soit la personne censée s'occuper de la blessée, elle dut très distinctement entendre les bruits de crissement de pneus annonciateurs de leur arrivée. Arrêtant le véhicule dans un dérapage loin d'être vraiment maitrisé ou même volontaire, Morgan sauta en dehors du pick-up puis revint chercher Sephy qu'elle rehissa sur son dos de la même façon qu'auparavant avant d'aller frapper du pied la grosse porte du garage.
Quand la porte s'ouvrit dans un grincement métallique, ce fut à peine si Morgan haussa un sourcil en tombant face à face avec Elizabeth. En voilà une qui prenait un malin plaisir à apparaître de façon totalement aléatoire à n'importe quel moment critique. C'était presque trop beau comme coïncidence. À se demander si elle n'avait pas non plus sa part de responsabilité dans tous les désastres qui s'abattaient sur la ville. Quoiqu'il en soit, après la guerre contre Mighan elle n'avait pas revu Elizabeth, seulement entendu les rumeurs de sa montée en puissance auprès de Shin. Comme si elle avait jamais été ailleurs que derrière les ficelles du chef de l'Est, celle-là. Ceci dit, Morgan fut soulagée de trouver un visage familier. Les compétences de Liz n'étaient plus à mettre en doute et en cas de pépins, elle saurait clairement qui blâmer.

-
Installe-la sur la lit. Votre Chef m'a demandé de rapporter de la drogue. Alors, c'est pour qui ? Avant même qu'elle n'ait eu le temps d'assimiler que le chirurgien apparemment attitré de Taylor était bien Elizabeth, cette dernière avait pris la parole. Sans discuter, Morgan exécuta sa consigne et allongea avec le plus de délicatesse possible Sephy sur le lit propre, sûrement installé pour l'occasion, avant de se poser dans un coin.

-
C'est pour elle.

Drogue. Elle n'aimait pas ce mot. Elle détestait l'idée que Chef lui-même en avait demandé à Liz même si c'était pour Sephy. Elle détestait cette réalité abrupte qui était celle que Sephy était dépendante au point même d'en avoir réclamé alors qu'elle allait peut-être mourir. Elle suivit du regard les mouvements de la Haughter sans rien dire, une série de questions défilant dans sa tête.
Pourquoi Elizabeth ? Pourquoi lui avait-on dit se méfier, de ne pas lui faire confiance ? Qu'est-ce qu'il en savait le Chef ? Parce qu'elle était dans un clan ennemi ? Parce qu'elle était fourbe, manipulatrice ? Est-ce qu'en échange des soins prodigués à Sephy il lui faudrait déballer des infos à l'Est ? C'était purement politique comme marché ? Ou bien est-ce qu'il y avait autre chose ? Morgan s'accouda sur ses genoux et fronça les sourcils, visiblement très contrariée. Ça ne lui plaisait pas de se retrouver au milieu de quelque chose qu'elle ne comprenait pas, quelque chose de plus grand dont elle n'avait pas pleinement conscience. Elle n'avait jamais vu Chef mentionner et encore moins côtoyer Liz, alors pourquoi elle ? Pourquoi instinctivement elle et pas un autre ? En dehors des Brainstormers, il y avait sûrement d'autres jeunes qualifiés sur le tas pour soigner ce genre de blessures. Au moins dans le Sud puisqu'on parlait que la nouvelle leader trainait avec une fille qui maniait les scalpels. Mais les relations Ouest/Sud étaient loin d'être parfaites en ce moment. En y réfléchissant, il était vrai qu'Elizabeth devait bien, en la situation actuelle, être la seule personne capable d'effectuer ce genre d'intervention médicale. Mais il n'y avait pas que ça. L'instinct de l'eurasienne lui soufflait qu'il y avait autre chose : Quel genre de relation pouvait-il exister entre Elizabeth et Alexander ?

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Dernière édition par Morgan Livingston le Sam 24 Déc 2011 - 18:27; édité 1 fois
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MessagePosté le: Dim 30 Oct 2011 - 18:17    Sujet du message: [Seph - Momo] Un trou à la patte Répondre en citant


Ce qui était écrit et ce qui était conté, voilà deux choses qui n'ont vraiment rien en commun. Tout ce que j'avais rigoureusement planifié dès mon arrivée ici ... Je crois que je l'ai déjà perdu. Ou peut-être est-ce meilleur ainsi ? Comment pourrait-on qualifier une mort d'évènement victorieux, vous me demanderez ? C'est une défaite, quoiqu'il arrive, c'est ce que vous pensez ? Même si c'est une mort des plus glorieuses, sur le champ de bataille ... ou après avoir donné sa vie pour la Vérité ? Bien sûr, ce n'est pas exactement le genre de mort dont je vais être honorée, mais je peux toujours prétendre que j'ai été une citoyenne modèle, que j'ai protégé le Chef des Sinewyers (même si la balle m'était destinée), que j'ai empêché un conflit immense d'éclater (même si c'est finalement moi qui y ai mis feu), et tous ces trucs-là ... Ouais, ça me va de penser de cette manière. C'est positif, et ça m'empêche de pleurer comme une débutante sur mon triste sort. Où suis-je déjà ? Je ... Je ne sais plus. Il y a quelques instants, il me semble que j'étais ... Avec qui déjà ? Ah, ça commence à me revenir. J'étais avec Alexander Taylor dans ... Bon, c'est peu important pour l'instant (comme si j'avais le temps d'y réfléchir plus tard, oui) ... Ensuite, Morgan est venue m'emmener chez quelqu'un pour me soigner je crois ... Et me voilà ici ? Je ne parviens même pas à ouvrir les yeux, mes paupières sont trop lourdes, immuables même, et elles ne m'obéissent pas. J'entends le bruit de pneus vraisemblablement plutôt robustes sur une route de mauvaise qualité. C'est Morgan qui conduit, oui, j'en suis sûre maintenant. Je venais justement de lui parler de ses compétences, mais j'ai mal à la tête à présent, je suis incapable de comprendre pourquoi nous sommes ici. Je me sens si faible, je ne vais surement pas tenir très longtemps. Tout mon corps frisonne, et pourtant, aucune douleur mécanique ne semble m'opportuner. Est-ce parce que j'ai perdu trop de sang ? Mon cerveau refuse de cogiter là-dessus. Je ne sais même plus ce qui m'est arrivé.

J'ai l'impression qu'on est arrivées. Quelqu'un me hisse sur son dos, ça doit être Morgan. Pourquoi veut-elle toujours m'aider ? Est-elle naïve à ce point pour croire que l'on peut encore m'aider ? Pour quelle raison perd-elle son temps en ramassant les miettes de ce foutu vase en porcelaine, quand elle ne va de toute façon jamais être capable de le recoller ? Foutaise, foutaise, tout ça n'est rien que de la foutaise. J'en ai assez de devoir réfléchir à ma mort. Je n'ai jamais prévu de mourir si jeune. Je voulais vivre encore un peu, jusqu'à mes 27 ans au moins, afin de figurer dans le club 27 dans ma propre conscience. Ça m'aurait évité d'être reconnue comme étant une adolescente rebelle et dévergondée tuée quelques jours après son arrivée dans la ville, tant elle était contrariante. Pourtant, je voulais une mort qui ait un sens plus profond. Je m'imaginais bien sûr des tas de trucs banaux, comme par exemple mourir dans une fusillade légendaire. Maintenant, je ne peux que rêver de vivre de tels moments à Pseudo City. Tout est terminé, et je suis tellement misérable que je ne connais même pas l'emplacement de la balle qui m'a touché. Je ne sens rien, absolument rien. C'est vraiment lamentable. Tandis que l'autre Sinewyer par exemple, Alexis Van-machin, elle au moins, si jamais elle meurt ici, elle sera toujours connue comme étant la bombe qui a fait éclater la guerre entre les Sinewyers et les Brainstormers en amadouant les deux Chefs. C'est une sacrée garce celle-ci, quand même ... Elle m'aurait presque rendue jalouse, si elle n'avait pas levé ses faux ongles sur Morgan. Et voilà, ça revient vers Morgan et la question vitale: pourquoi m'aide-t-elle ? Tout ce que j'ai fait dès le début, c'est contrecarrer ses plans. Peut-être ne l'a-t-elle pas encore remarqué ?

Quelqu'un vient d'ouvrir une porte ... Est-ce le fameux guérisseur qui devait réaliser le Miracle du siècle et me rendre ... ce qui m'était enlevé ? Je ne parviens toujours pas à me rappeler ce qui m'était arrivé. Je dois absolument connaître la nature de mon décès ! Voyons voir ... Les hommes de Julian Hawksbury voulaient me faire taire avant que j'aie la chance de lui dévoiler la vérité, et ont donc choisi la solution la plus délicate: mort par balle. Je ne sens néanmoins aucune blessure très distincte. Qu'est-ce que ça peut signifier ?

- Installe-la sur la lit. Votre Chef m'a demandé de rapporter de la drogue. Alors, c'est pour qui ?

Je ne reconnais pas cette voix. Elle est féminine, mais son timbre est plutôt amer, ce qui est sûrement dû à la très joyeuse situation dans laquelle elle et Morgan sont entraînées par ma faute. Un instant ... Vient-elle de parler de drogue ?! C'est pas possible, elle a de la poudre de vie ? Je n'arrive pas y croire. Alexander Taylor tient vraiment ses promesses, en dépit de mes espérances peu avantageuses à son égard ! Cependant, ça m'a aussi permis de découvrir une chose très inquiétante: cette fille-là n'est pas une Sinewyer. Qui diable peut-elle bien être ? Il ne m'a quand même pas envoyée chez une Brainstormer ? Et puis je m'en fiche maintenant, rien n'est important à présent. Je n'ai même plus envie de savoir ce qui m'arrive. Je vais mourir. Je le sais. Je ne serais jamais apte de revoir Will pour lui déballer tout ce que j'avais à dire à propos de son manque de courage et lui demander pourquoi il n'a jamais voulu m'aider, et s'est laissé influencer par ses stupides copines au lieu d'être pour une fois de mon côté. Je ne serais jamais apte de retrouver l'amour de ma vie, le garçon qui a été le prélude de toute une histoire, celui qui m'a sauvé lorsque j'étais encore une gamine candide et ignorante, et que j'ai décidé de chercher ici, à Pseudo City, nonobstant tous les obstacles qui pouvaient m'obstruer la vue. Je ne serais jamais apte de revoir Mike, et de lui cracher à la figure pour m'avoir enterrée dans le trou infernal de l'héroïne et m'avoir ensuite laissée seule dans le tourbillon d'une vie qui ne vaut d'être vécue qu'à une seule condition: d'avoir une raison de la continuer, une personne pour laquelle on peut risquer quotidiennement tout ce qu'on a, car on sait que l'on finira toujours par revenir auprès d'elle, et qu'elle nous attendra quoiqu'il arrive. Mais toutes ces choses-là n'ont pas le droit de m'obnubiler maintenant. Je mentirais si je disais que je n'ai aucun regret. Je dois pourtant bien me résigner à partir, et ce sans pathos superflu.

- C'est pour elle, siffle Morgan avec un ton des plus neutres, tout en exécutant l'ordre de l'inconnue.

Alors c'est comme ça que va se terminer ma vie ? Morgan m'a amené jusqu'à mon lit de mort pour que l'autre inconnue m'offre mon nirvana final ? Rien ne me plaît. Personne ne pleure sur moi, personne ne félicite mes exploits. C'est énervant, je déteste ça. Suis-je trop capricieuse ? Non, c'est impossible d'être trop capricieux, je suis en train de mourir, oui ?! J'ai le droit d'avoir une mort décente ? ... Mais sans pathos superflu, bien entendu.

- Morgan ! Je ne veux pas mourir ici ... Emmène-moi quelque part loin d'ici. Emmène-moi à Mighan ! soupirais-je avec une voix que je ne reconnais pas, à peine audible, et assez rouillée pour être celle d'une vieille grand-mère dans la même situation. Prends l'héroïne et distribue-la à des enfants pauvres. Ou ... envoie-la en Afrique ! Au moins, j'aurais été généreuse avant ma mort, achevais-je avec un rire très maladroit mêlé d'une toux qui me déchirait la poitrine.

Je commençais à raconter n'importe quoi. Fichtre ! Pourquoi devais-je être à ce point stéréotypée ? Ma mort doit être épique ... épique ...

Un retard ? Où çaaaa ? Je ne vois aucun retard, moi. Désolée ._.
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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Mar 29 Nov 2011 - 21:42    Sujet du message: [Seph - Momo] Un trou à la patte Répondre en citant

Ô, Quiétude... Pourquoi t'échapper ainsi de mon modeste monde, et laisser place au trouble et au désordre ? La misérable enfant que je suis ne mérite-t-elle pas la sérénité qui lui est due, même pas après tout les événements tumultueux auxquels elle a assisté ? Non, bien sûr que non ! J'aime l'agitation, la confusion, les situations désespérées aussi bien que celles désespérantes. J'aime les appels au secours tel que celui que j'ai reçu quelque demi-heure plus tôt. J'aime voir les visages tendre au désespoir, à la folie. Et ce sang qui coule sur cette cuisse blanche. Et cette Morgan qui se reclut dans un coin de la pièce, en proie à je-ne-sais quel démon des esprits. Sont-ce là l'inquiétude et l'angoisse qui la rongent ? Ou une partie d'anxiété, et une autre d'incompréhension...
Qui suis-je à ces yeux, si ce n'est un élément perturbateur ? Je me délecte en silence, dissimulée derrière mon masque de cire, de ce sentiment de puissance. Je détiens des informations qu'elle ignore et dont elle ne soupçonne même pas l'existence. Elle qui semblait si proche de ce petit chef qui s'est hissé au sommet, et qui, pourtant, semble perturbée à la simple idée que je puisse faire partie de son monde, pire, que je sois plus proche de lui qu'elle-même ne le serait jamais...

Seringue à la main, c'est sans mot dire que je pique la jeune fille alentour de sa blessure. Elle aura beau hurler et hurler encore, je ne lui laisserai ingérer aucune substance illicite d'ici à ce qu'elle soit complètement remise. Au vu de son état, ce sera difficile, insupportable, pire que la souffrance qu'elle avait à endurer en ce moment même, peut-être. Mais je n'en ai que faire. Il paraît que tous les médecins ont une part de sadisme en eux. Peut-être ai-je alors choisi la voix idéale pour moi ?
Compresses imbibées de sang, je fais pression d'une main sur sa cuisse, me penche sur son visage d'albâtre enlaidi par l'agitation et le manque ; je place une main sur son front, mon regard plongé dans ses deux yeux perdus, angoissés, mon visage si près du sien, si près...


" Je ne te laisserai ni mourir ni finir infirme. Tu es la nouvelle protégée de ton Chef, à ce qu'on dirait... Et personne n'a envie de l'avoir à dos. Si jeune, et pourtant déjà si bien gardée... Tu as dû en réaliser des exploits pour qu'il prenne si bien soin de toi. "

Je chuchote presque, d'un calme intangible, d'une chaleur apaisante, prévenante. Mes iris bleus tentent tant bien que mal de soutenir les siens, de les garder à vue, de les posséder. Quelques longues secondes, avant que l’anesthésiant partiel ne fasse effet sur sa jambe. Comme si j'avais pu l'anesthésier complètement avec cette addiction idiote à laquelle elle semblait s'adonner... Idiote. Pauvre, misérable petite idiote. Pourrir sa vie aussi inconsciemment... Fuir la réalité, s'enfermer dans un monde de songes constant. C'est d'une telle lâcheté. Si faible.

Sans perdre une seconde, les mains enveloppées de leurs gants stériles, je m'attelle à l'observation de cette blessure. Le sang ne semble pas se décider à arrêter de couler, peu importe les compresses, et je commence à craindre que l'artère fémorale ne soit touchée. Désinfectant, constat de la présence de la balle à l'intérieur, distance, position. L'os n'est a priori pas touché, ce qui est déjà une bonne chose. Mais si l'artère est en miette, autant lui couper la jambe dès maintenant. Même si je connaissais la procédure pour reconstruire un vaisseau de cette taille, je n'ai de toute façon pas le matériel adéquat. C'était facile sur le Jack, Alex, parce que je savais que si c'était toi qui avait tiré, tu avais certainement visé l'endroit que j'avais moi-même choisi pour te loger une balle des années plus tôt. Tu ne voulais pas le tuer. Juste lui faire peur. Ne donner à la balle que l'opportunité de traverser la chair, sans toucher un seul des points vitaux, un seul des vaisseaux importants, ou même un seul os. Abîmer le cartilage à la limite. Quelques longues semaines de réhabilitation. Mais là, que pouvais-je faire à part lui offrir les premiers soins ?


" Morgan ? Dans la mallette sur le bureau il y a un bipeur, dans le coin à gauche, à côté du matériel stérilisé. Compose le 201 et attrape le téléphone qui est dans le double-fond. Il devrait sonner d'ici quelques minutes. Elle a un nom cette charmante jeune fille ? Et je ne parle pas d'un nom d'emprunt... Posant alors à nouveau son regard sur la blessée en question, j'ajoute, calmement: il me faut l'identité civile sous laquelle tu es enregistrée à Mighan, sur ta carte d'identité, et tout le reste. Ça va être très important pour la suite. "

D'une main habile, habituée, je pompe le sang, stoppe finalement l'hémorragie, cautérise. Sans visuel de la balle, je ne peux pas me permettre de la retirer. Le moindre faux pas n'est pas permis. Pas cette fois. Prendre mon mal en patience, refermer, arrêter l'afflux du sang vers l'extérieur, sécuriser, et obtenir assistance, matériel. Si tout s'organise bien, que l'on fait ça dans les temps, elle ne devrait pas en porter de séquelles irrémédiables. Attelle, immobilisation du membre blessé.
Puis une question. Essentielle. Évidente. Nécessaire.


" Avant les détails sur ce qui s'est passé... L'une de vous deux sait avec quel genre d'arme elle s'est faite blesser ? "

Peu importe que le mensonge soit le plus beau du monde, si au final la balle extraite dément tout, ce ne serait qu'une partie de perdue, une crédibilité anéantie, l'honneur d'une famille entière qui serait entaché. Et ça, je ne peux absolument pas me le permettre, pas après tout le mal que j'ai eu à hisser les Hidwell à la place qui leur était due. L'histoire que nous serions obligés d'inventer pour permettre à cette jeune fille d'accéder aux soins Mighanais se devait de tenir la route. Du début jusqu'à la fin. Ce sont les compétences de mes informateurs que je mets à l'épreuve, mon crédit, mais par-dessus tout celui des Hidwell, car c'est de leur influence que j'allais user pour lui faire passer les portes de la ville. Sortir le grand jeu, une fois de temps en temps... C'est tellement excitant.

" Quand le téléphone sonnera, réponds et décline ton identité, puis la sienne - désignant Sephy d'un vague geste de la tête, tout en continuant de s'affairer -, demande-lui de modifier temporairement toutes les attestations de manière à ce qu'elle n'ait que quinze ans sur tous ses documents officiels. Ne t'occupes pas de savoir qui est au bout du fil, de toute façon il ne dira pas un mot. Dès que ce sera fait tu pourras raccrocher. Il rappellera quand il aura des nouvelles. "

Un calme impénétrable, aucune confusion, pas même un tremblement au bout de mes doigts. Je suis maîtresse de moi-même, maîtresse de la situation. Cette jeune fille devra accepter d'être envoyée à Mighan et d'y rester quelques semaines, le temps d'être au minimum stabilisée, au mieux remise sur pieds. Seule dans cette ville qui l'avait rejetée, elle ainsi que tous, nous autres. Je serai sans doute la seule à pouvoir lui rendre visite. Quant à Alex, il me détestera sûrement pour n'avoir rien pu faire de mieux. Mais à quoi s'attendait-il, celui-là, à requérir mon aide aussi subrepticement ? Et moi qui ait été incapable de lui dire non... Quelle douce ironie.

" Maintenant je vais avoir besoin des détails. Alex m'a parlé d'une situation politique critique. Je suis bien curieuse d'entendre ça... "

Vague sourire tandis que j'administre quelques antibiotiques et calmants à la jeune demoiselle avant qu'elle ne perde définitivement la tête. Prévention d'infection, septicémie: tout doit être parfait, rien ne doit être omis.
Je repose une fois de plus ma main chaude sur son front, la glisse à peine dans ses cheveux, assise près d'elle tandis qu'une fois encore mon regard cherche le sien.


" Pseudo City est emprunte d'une folie que même le plus grand des chefs ne pourrait guérir... Faire ça à une si charmante enfant... Certaine tête mériterait vraiment de tomber... "


J'aurais mis le temps, mais je pense avoir mis le principal o__o



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Morgan Livingston
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MessagePosté le: Sam 24 Déc 2011 - 19:32    Sujet du message: [Seph - Momo] Un trou à la patte Répondre en citant

Il n'y avait rien de plus horrible que de devenir le spectateur muet d'une tragédie dont le déroulement nous échappait. Morgan avait fait ce qu'elle pouvait pour sauver Sephy, le reste revenait à Elizabeth et l'eurasienne détestait ça. Laisser s'échapper la vie de quelqu'un pour la glisser entre les bras d'une personne à propos de laquelle on lui avait dit de se méfier. Mais l'horrible réalité c'était qu'il n'y avait rien d'autre à faire et plus Morgan le réalisait, plus ça la mettait en rogne. Devoir regarder passivement Sephy sombrer dans des délires imbéciles pendant que la Haughter s'occupait d'elle la rendait à la fois nerveuse et profondément irritable, bien qu'elle s'efforçait de conserver sa neutralité habituelle. Mais le pire, c'était que la Haughter en question le savait très bien. Morgan lisait dans le regard de la belle brune combien elle était consciente de sa supériorité et combien elle voyait très bien à quel point la Sinewyer était confuse en cette situation critique.
Morgan voulut répondre aux inepties de la Calamité mais préféra détourner le regard, frappée d'une soudaine faiblesse qui l'interdisait de parler. Mieux valait se taire que de sortir une bêtise de son niveau. Et Elizabeth s'était penchée sur la malade pour lui murmurer quelques paroles qu'elle n'entendait pas et ne voulait, de toutes façons, pas entendre. À cran, dans son coin de la pièce, comme un animal paniqué en cage, elle s'était raidie pour observer la scène avec ce désagréable sentiment d'impuissance. Si ça n'avait pas été Sephy, si Chef n'était peut-être pas en train de trouer la peau de Jules ou de se faire trouer la peau, si ça n'avait pas été Elizabeth, elle se serait sans doute approchée pour mieux observer les gestes de la chirurgienne improvisée. Oui, soigner une blessure par balle, elle n'avait jamais autant souhaité à ce moment même être capable d'accomplir une telle prouesse médicale. L'eurasienne répugnait cette façon qu'avait Elizabeth de regarder avec une tendresse vomitive la Calamité comme si elle cherchait à la rassurer. Sans doute était-ce là une preuve de jalousie, une preuve qu'elle tenait bien à la Sephy. En dépit de cette soudaine aversion éprouvée à l'encontre de la Haughter, elle fut tout ouïe quand celle-ci lui adressa ses instructions. Beaucoup d'instructions d'ailleurs. Des consignes dont elle préférait ne pas en connaitre la nature et les conséquences exactes mais qu'elle allait s'empresser d'exécuter si cela pouvait sauver une vie.

Un nom. Le sien elle en était sûre mais elle n'aimait pas l'idée de le donner à un inconnu pour une magouille obscure. Qu'est-ce qui se passerait si on remontait jusqu'à son père ? Ou alors si on la notait dans un dossier foireux pour lui ressortir à la figure quand elle aurait l'âge de revenir sur Mighan ? Et Sephy, Sephy Hunter. Était-ce son vrai nom ? Mais à entendre les paroles d'Elizabeth, il semblait bien qu'elle avait le moyen de la mettre en contact avec quelqu'un de suffisamment puissant pour faire rentrer Sephy à Mighan et lui procurer des soins décents. La question était alors de savoir qui disposait d'un tel pouvoir et qu'est-ce qu'Elizabeth avait à faire là-dedans. Mais il fallait se concentrer sur la tâche actuelle : le téléphone. En fouillant la mallette indiquée par la jeune femme, elle n'eut aucun mal à trouver le cellulaire et le bipeur en question qu'elle activa en composant les chiffres qu'on lui avait dicté. Une fois la chose faite, il convenait maintenant de répondre aux interrogations d'Elizabeth en ce que l'état actuel de Sephy ne lui permettait pas vraiment de mener la conversation.


- Elle m'a dit qu'elle s'appelait Sephy Hunter mais j'ignore si c'est son vrai nom. Quant à sa blessure je pense qu'il s'agit d'un sniper. Le coup a été tiré par un Brainstormer, mais je ne sais pas quelles armes ils ont l'habitude d'utiliser. En dépit de sa bonne volonté, Morgan se sentait profondément inutile. Inutile et incapable de répondre correctement aux demandes d'Elizabeth, de lui fournir les éléments nécessaires à la survie de la Calamité.

On lui demanda de raconter ce qu'il s'était passé mais Morgan ne se sentait pas le coeur à expliquer en détails la suite d'événements qui avait mené à ce désastre. Heureusement, une sonnerie inconnue décala à quelques minutes le moment où elle devrait déballer son histoire. Bondissant sur le portable, elle répondit et se hâta d'exécuter les ordres d'Elizabeth, faisant de son mieux pour articuler. Mais au moment même où elle allait prendre la parole, quelque chose se bloqua dans sa gorge. Vraiment, devait-elle donner son nom ? Pourquoi ? Ne pas savoir, ne pas comprendre, ne pas chercher. Elle rageait intérieurement de faire partie de cette magouille infernale sans connaitre les détails de son fonctionnement. Comment avait-elle pu se retrouver dans un tel foutoir quand elle avait pris des semaines à planifier sa visite chez Alexis ? Le destin était vraiment un pur salaud.
- Morgan Livingston. Finit-elle par lâcher après quelques secondes d'hésitation sur un ton qui laissait bien transparaitre sa réticence à décliner son identité. Tutoyer ou vouvoyer ? Bon sang, ma vieille, pourquoi tu te prends la tête sur des détails aussi stupides alors que Sephy est en train de crever juste à côté de toi ? J'aurais besoin que tu t'occupes de Sephy Hunter. Il faut que tu changes temporairement sa date de naissance sur ses papiers d'identité de façon à ce qu'elle ait moins de 16 ans. C'est vital.

Ne trouvant pas quoi rajouter d'autre devant cet inconnu silencieux à l'autre bout du fil, elle raccrocha et reposa le téléphone en se tournant vers Elizabeth. Elle ne put retenir un regard noir, tant la hargne, l'incompréhension et l'angoisse la foutaient sur les nerfs. Mais plongée dans les pupilles sombres de la blessée, elle douta qu'Elizabeth ne se rende compte de la façon mauvaise dont elle était dévisagée.

- Certaines têtes ? Même si c'est celle de Julian ? Tentant de reprendre un peu son calme, Morgan se rassit à nouveau, croisa les bras et ne retint pas une grimace narquoise. C'est Hawksbury qui est responsable de cela. Sephy allait révéler à Taylor qu'il couchait avec sa favorite, la Vanhaussen. Alors ce dernier n'a rien trouvé de mieux que de la faire fusiller sur place. Résultat ? Non seulement Taylor est quand même au courant de l'affaire et cette idiote de Sephy est blessée. Je te laisse imaginer à quel point Alexander doit être content de savoir que sa chérie se tape son pire rival et que ce dernier s'amuse à flinguer une nouvelle pour une affaire aussi... triviale.
Il y avait de l'amertume, du dégoût dans la voix de Morgan. Une répulsion envers le responsable de cette affaire, ou plutôt les responsables. S'il n'y avait pas eu Alexis, s'il n'y avait pas eu elle, alors Sephy ne se serait pas retrouvée dans cet état. Elle détestait la Vanhaussen comme elle se détestait d'avoir entrainé une gamine dans cette histoire puérile. Le Jules, elle arrivait pas vraiment à lui vouloir mais ça ne l'empêchait pas de le trouver sacrément con. Ne cherchant pas à révéler de son propre chef son implication dans un tel foutoir, elle se tut et dévisagea Hidwell, la figure sombre mais prête à répondre à ses questions, si autres questions il y avait.
Si un accord ne semblait pas avoir été passé entre le Chef et la Haughter, nul doute que Morgan ne se saurait pas privée, en faisant fi de son habituelle prudence, pour mener elle-même l'interrogatoire car plusieurs choses la laissaient perplexe. Et vraiment, il y avait cette question qui lui brûlait les lèvres, cette envie de savoir qu'est-ce qui unissait Elizabeth à Taylor. Morgan détestait l'idée qu'il y avait peut-être encore une fille proche de Taylor. Une autre fille contre laquelle, elle ne pouvait en aucun cas rivaliser. Vraiment, c'était débile de penser à ça quand la vie de Sephy était en danger, quand c'était la jalousie qui l'avait poussée à déclencher un pareil borderl. Mais c'était comme ça. Si elle n'avait pas eu le sens des priorités, Morgan n'aurait pas hésité à faire savoir qu'elle voulait connaitre la nature de la relation entre la Haughter et le Chef Sinewyer.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:19    Sujet du message: [Seph - Momo] Un trou à la patte

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