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Pseudo City: Chapitre 2 - Dégats collatéraux
 
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Loup. [Morgan]

 
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Alessa Tchaïkovski
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MessagePosté le: Dim 14 Aoû 2011 - 11:21    Sujet du message: Loup. [Morgan] Répondre en citant

M y . s e c r e t . f r i e n d
♫♪


Cours gamine, cours. Le grand méchant loup est à tes trousses.
Dans l'imaginaire des hommes, le loup est l'incarnation du mal et le loup est de sexe masculin. Le loup est la représentation des bas instincts de l'homme en rut. Le loup est une figure utilisée pour parler de viol. Quand on réalise ça, on commence à voir l'histoire du petit chaperon rouge d'une toute autre façon. Le loup est laid, le loup est méchant, le loup est bête. Le loup est le Mâle.
Mais et si le loup était une femme ? Vous y avez pensé vous ? Vous croyez vraiment qu'une femme se limite à le gentille figure candide d'un petit chaperon rouge un peu trop naïf ? Vous n'avez jamais songé à inverser les sexes dans la comptine du chaperon ? Ou plus osé, vous ne pensez pas qu'il serait plus drôle d'imaginer le petit chaperon en loup ? Oui le chaperon rouge est un loup, un loup diablement plus évolué. Et il est devenu loup en trempant sa cape dans le sang de cet autre loup stupide, impulsif qui a abusé d'elle. Aujourd'hui le vrai prédateur se décline au féminin. Il a évolué. Il est beau, intelligent, charismatique. Mais il reste un loup. Il est toujours aussi méchant, mais d'une méchanceté devenue subtile et travaillée. Le loup est une Femme. Une splendide de surcroît. Loup est femme et Loup hurle désormais à la lune en quête de revanche et de sang. Pour en être une, de loup, je vous garantis que ce que je vous raconte n'est pas un mythe.
Je suis une loup et mes crocs acérés n'attendent qu'un petit chaperon pour étancher ma faim bestiale.


- Chef. J'ai une Sinewyer qui galope sur les toits dans la zone 42. Demande permission d'ouvrir le feu.

Loup vit en meute. Il l'a toujours naturellement fait. Quelle sottise de voir Loup toujours agir en solitaire dans les comptines. En vérité, Loup a des larbins, des bons.
Marvin. Ce garçon manqué au crâne rasé et aux traits durs. Cette fille n'est pas un loup. Trop rangée, trop obéissante, pas assez rusée. Marvin est un chien, un bon chien de garde et je l'imagine bien, perchée sur son toit, le sniper à la main, la cible dans le viseur et le portable à côté. Avec son flair, elle repérerait un chat dans l'obscurité de la nuit. Visiblement, un chat, elle en a repéré un.


- Est-ce qu'elle a un sweat rouge ?
- Affirmatif.
- Alors tire-lui dans les pattes. Ça devrait la stopper. J'arrive.

Loup aussi sait mettre des pièges. Pas que pour les chasseurs. Pour le bétail aussi.
Un coup de feu est tiré. Quelques oiseaux de nuit s'envolent. Le bruit du moteur de la bécane redevient seule mélodie nocturne. Mais pas pour longtemps. La voix grave s'élève à nouveau des hauts-parleurs de mon portable :


- Chef. Elle est tombée de l'immeuble mais vit encore. Demande permission de l'achever.
- Calme Bouledogue. T'auras ta part du gateau. Je suis en chemin. J'arrive.

En effet j'arrive récupérer le gibier. Loup a toujours été vif. Il ne me faut pas plus de deux minutes pour arriver sur le lieu où Marvin a tiré. Dans l'ombre d'une ruelle, il y a un chat noir et rouge qui est venu s'échouer par terre. Je descends de ma moto, l'appuie contre un mur et m'avance vers le chaton qui me regarde de ses yeux en amande brillants de rage. J'aime la colère de son regard. Petite créature insignifiante agenouillée à mes pieds. Et pourtant, elle se jetterait presque dans la gueule du loup avec le vain espoir de l'étriper. Enlevant mon casque, je la contemple de haut, lui rendant cette même lueur de défi dans les pupilles avec un sourire carnassier.
Loup veut jouer. Loup a toujours été sadique. Voyez, il est rare que Loup attrape ses victimes. Vous en connaissez beaucoup des histoires où le protagoniste finit dévoré sans que Loup ne soit étripé pour autant ? Alors quand Loup a un animal entre les griffes, il aime s'amuser avec. Ça le met en appétit. Peut-être qu'elle est là, la faiblesse du loup. Ça n'aurait pas été plus simple si Loup avait simplement avalé le petit chaperon rouge sans s'être tapé la discussion avec lui dans les bois ?


- Salut Morgan. La forme ?

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MessagePosté le: Dim 14 Aoû 2011 - 11:21    Sujet du message: Publicité

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Morgan Livingston
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MessagePosté le: Mer 27 Fév 2013 - 23:36    Sujet du message: Loup. [Morgan] Répondre en citant

La chute était inévitable. Quand elle sentit la balle la frôler, Morgan perdit bêtement l'équilibre. Pourtant la nuit était son alliée. Pourtant Elizabeth avait pris la régence du quartier. Personne n'aurait du lui tirer dessus. Et elle aurait du se mettre à l'abri plutôt que vaciller. Ses jambes la lâchèrent et très bientôt elle n'eut que le vide sous ses pieds. Par un réflexe salvateur elle put se rattraper au rebord d'une fenêtre mais elle comprit à la douleur qui venait de se loger dans ses bras qu'elle devait lâcher prise. De toutes façons elle n'avait nulle part où se hisser. En jetant un coup d'oeil en bas, elle aperçut une pile de sacs poubelles. C'était toujours mieux que le béton. Alors elle se laissa chuter. Mais elle chuta mal, se coinça la cheville entre les deux sacs ou atterrit sur un truc trop dur et sentit une vive douleur dans sa cheville. L'eurasienne roula, s'accroupit les deux mains sur son mollet meurtri quand une silhouette familière se dessina devant elle. Morgan écarquilla d'abord les yeux, stupéfaite puis fronça rapidement les sourcils reprenant rapidement sa moue habituelle de fille méfiante.

- Salut Morgan. La forme ?
- Pétasse. Siffla-t-elle sous le capuchon rouge passé sur sa tête en se relevant péniblement, mains appuyées contre le mur de la ruelle où elle s'était échouée. Elle se cala le dos contre la brique froide, leva la jambe et retira sa basket, puis sa chaussette pour constater que sa cheville avait gonflé tout en prenant une sale couleur. J'aurais pu m'exploser le crâne par terre et tu me demandes si je vais bien ? Tu m'as bousillée la cheville ! Cracha l'eurasienne en lui jetant son regard le plus noir, les poings serrés.

Au fond d'elle-même, elle savait qu'elle n'aurait jamais du accepter ce job. Rends-toi au quartier rouge à telle heure, j'ai du travail pour toi. Et met un sweat rouge que je puisse te reconnaitre. C'était juste évident qu'il s'agissait d'un guet-apens ! Pourquoi avait-elle pris le risque ? Parce que de l'autre côté du combiné elle avait cru reconnaitre la voix d'une Dashinger tristement célèbre ? Elle aurait pourtant espéré ne jamais la revoir cette sal*pe. Mais elle avait cédé par appât du gain ou par curiosité. Après ne lui avait-on pas dit que c'était important ? Que ça concernait la Xinose ?
Maintenant l'adage selon lequel la curiosité avait tué le chat prenait tout son sens. Elle reposa doucement sa jambe sans quitter du regard la femme aux cheveux rouges, prête à en découdre s'il le fallait. Mais en revoyant la figure de la Dashinger supposée disparue ou morte, elle savait que sa venue ici était sûrement plus importante que ce qu'elle croyait. Quelque chose se tramait et visiblement on comptait bien la faire participer.


- J'espérais que tu sois morte et enterrée. Mensonge. Elle n'aimait pas Alessa. Elle n'aimait pas son look dépareillé, sa beauté sauvage, sa voix rauque, ses mimiques vulgaires et son regard hautain mais elle n'avait jamais souhaité sa mort. Pas pour que ce serpent d'Elizabeth prenne sa place. Pas pour qu'on donne plus de pouvoir à cette femme fourbe. Alessa était une idiote mais une idiote diablement persévérante. Morgan avait cru qu'elle aurait été capable de relever le Sud, surtout quand elle avait fermé ses frontières au quartier Ouest. Ce n'était sûrement pas pour le mieux mais au moins cela faisait de l'ombre au contrôle du Jules qui avait auparavant main mise sur le quartier. Et elle avait remis chacun à sa place. Toutefois, la Sinewyer ne s'était pas faite d'illusions sur les magouilles macabres que la Reine et sa bande avaient pu trafiquer.
Toute petite devant la grande stature d'Alessa, Morgan se sentit en position de faiblesse. Pas impressionnée comme elle avait pu l'être la première fois qu'elle s'était retrouvée face à elle mais toujours pas en confiance, pas à l'aise. Elle n'avait jamais été à l'aise devant une belle nana de toutes façons. Cependant elle avait le pressentiment qu'on ne l'avait pas amenée ici juste pour lui foutre une balle dans la tête. Le tir de sniper c'était juste la façon de faire d'Alessa. Oui c'était ça. Elle souffla. Calme.
Ceci dit, si elle n'avait pas entraperçue la figure du tireur qui était descendu pour se poster derrière son patron, elle lui aurait foutu son poing dans sa belle gueule. Pourquoi fallait-il que la Reine soit toujours accompagnée de son bouledogue ? Comment s'appelait-elle déjà ? Martin. Non. Marvin.

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Alessa Tchaïkovski
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MessagePosté le: Lun 20 Mai 2013 - 18:00    Sujet du message: Loup. [Morgan] Répondre en citant

Loup sourit, dévoile ses belles dents blanches sagement alignées dans sa gueule sertie de rouge. Je n'aime que les rouges à lèvres sombres. Elle me fait rire la Mordeuse. Mordeuse, quel joli petit sobriquet. Ça lui va bien. Le pseudonyme parfait pour cette minuscule asiatique qui savait mordre là où il fallait. Et sans prévenir. Avec ses yeux en amande, son air alerte et sa tignasse noire elle me fait penser à un chat. Pourtant elle n'a rien de félin. Le félin est féminin par nature. Et la Mordeuse n'a certainement pas l'élégance et la souplesse du chat. Tout est puissance et précision chez elle, mais elle manque de grâce à ses yeux. De toutes façons, je n'ai jamais aimé les chats. Peut-être parce que quelque part j'en suis un. Animal égocentrique qui se pavane, fait la cour, ronronne puis griffe sans raisons. 

 - Et moi j'espérais que tu sois devenue plus sexy avec le temps. J'entends Marvin qui descend et se pose doucement derrière moi, bien droite, le sniper à la main. Je sais qu'avec mon deuxième clébard favori, je n'ai pas à craindre les crocs de la Mordeuse. Elle n'osera pas. Elle sait se tenir. Pas face à plus gros qu'elle mais face à plus nombreux qu'elle. La meute a ses avantages. Nous sommes deux, elle est un. 

 - Mais on a pas ce qu'on veut dans la vie, chérie. 

Et je m'approche d'elle. Tout est dans le regard, la démarche, l'allure. Je fais claquer mes New Rocks sur le sol et j'aime ça parce qu'avec mes trois têtes de plus je sais que je l'impressionne. Quand il s'agit de nanas, l'art de la guerre est bien plus subtile, plus psychologique. Je ne fais pas d'exceptions pour l'eurasienne parce que je sais que sous ses vêtements trop grands, c'est une meuf. Moi j'aime ce genre d'affrontements masqués. J'aime rabaisser les autres filles avec un regard, un rictus dédaigneux. Ce n'est pas seulement une question de qui est la plus forte mais aussi qui est la plus charismatique, et par charismatique, entendez bonnasse. Elle n'a qu'à s'écraser devant ce que je suis : pas la Reine du quartier rouge mais avant tout une Femme. Pas que belle mais assumée. Et c'est ce qu'elle fait. Je le lis dans ses yeux. La Mordeuse a beau être connue pour ses montagnes d'impassibilité, je connais les sentiers qui mènent à sa petite cervelle. Ce n'est après tout pas la première fois que je l'ai sous la main. Dès le début j'ai vu le mélange de dégoût et d'inquiétude que je lui inspire. J'en tire une satisfaction malsaine : moi tant que je fais de l'effet, je suis contente. Et j'aime qu'on me craigne et qu'on me déteste. Disons que cela change. Mais j'aime surtout ce sentiment jubilatoire de puissance qui m'envahit quand je me penche vers elle, pose une main aux ongles rouges sur sa joue et une autre sur le mur sale derrière. Mon chaton. Chaperon. Rouge. Qui a dit que jouer avec la nourriture était mal ?
J'en profite pour la scruter un peu. J'ai menti. Elle a grandi depuis la dernière fois. Elle a quelque chose de différent. Peut-être plus assuré. Je ne peux pas mettre le doigt dessus. Mais elle n'a plus la même bouille de gamine qu'avant. Enfin moins qu'avant.


 - Quoique... Ai-je murmuré au creux de son oreille. Envahir son si cher espace personnel me procure un plaisir certain. La Mordeuse est si chère à mon coeur parce que quelque part elle est si facile à torturer. Mais elle ne le montre pas. Brave petit soldat. Je n'arrive jamais à la faire craquer. Elle est tout mon opposé. Elle me fascine. Et puis maintenant elle a quelque chose qui m'intéresse. Quelqu'un plus exactement. 
Toujours dans cette posture intimidante, la tenant coincée contre le mur, je laisse ma main glisser le long de sa joue, la passe dans la poche de ma veste et en sort une enveloppe scellée. J'adore cette mise en scène. Le loup et le chaperon rouge. Le prédateur et sa proie. Un truc de pervers. Elle déteste ça. Moi aussi dans le fond. C'est moche d'abuser des phobies des gens. Mais je ne suis pas un vrai mâle, voilà toute l'ironie. Je ne veux pas lui faire du mal. Il y a quelque chose chez la Morgan, quelque chose de bien profond en elle qui une fois ressorti à la surface vous donne immédiatement envie de la protéger. Il y a de la beauté dans la fragilité touchante de cette mioche qui joue les gros bras. Pas étonnant qu'elle soit devenue sa protégée. Je suis jalouse, la voilà la triste vérité. Si j'avais pu avoir cette innocence, cette faiblesse attendrissante et sincère... Elle est sans doute là la raison pour laquelle j'aime tant jouer avec.


 - J'ai une faveur à te demander. 

Parce qu'outre le jeu, j'ai réellement besoin d'elle.
Sur l'enveloppe, un mot, un nom : Alexander.

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Morgan Livingston
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MessagePosté le: Dim 11 Aoû 2013 - 21:26    Sujet du message: Loup. [Morgan] Répondre en citant

Ne pas bouger, ne pas ciller. Pas même un clignement des yeux. Alessa s'approchait. Près, trop près. Elle n'avait pas du tout changé. Morgan non plus. Elle détestait toujours autant son parfum lourd et sucré, sentir son souffle chaud sur elle et le contact glacé de ses ongles sur sa joue. L'eurasienne s'était figée, trop intimidée pour même esquisser un mouvement d'auto-défense quand la Rouge l'avait poussée contre le mur, nonobstant sa cheville douloureuse. Elle voulut rester impassible, empêcher sa gêne et son dégoût de transparaitre sur son visage mais ne put retenir un froncement agacé de sourcils accompagné d'une grimace. C'était un jeu. Elle perdait tout le temps. Elle s'en fichait. C'était le jeu d'Alessa. Elle ne put s'empêcher de penser à Sephy qui faisait pareil, s'amuser à envahir son espace personnel pour la foutre mal à l'aise. Sauf que dans le cas de Sephy, c'était presque supportable. Non c'était même devenu carrément supportable. Alors pourquoi c'était totalement l'opposé avec Alessa ? Elles avaient le même humour, la même dégaine vulgaire et nonchalante. Était-ce dû à l'âge ? La taille ? Ou à quelque chose de plus profond, comme s'il y avait un truc fondamentalement mauvais en Alessa qui la rendait automatiquement répulsive.
Son rythme cardiaque ralentit tandis qu'elle fixait toujours la Dashinger droit dans les yeux, retenant une envie chronique de lui foutre un coup dans l'estomac, dessous la ceinture, là ou ça faisait vraiment mal. Ses poings se serrèrent. Elle grinça des dents, laissant la Reine prendre ses aises. Pas pour longtemps. Une fois qu'elle aurait fini son petit manège, on pourrait commencer les choses sérieuses. Patience. Calme, ma vieille, c'est qu'une plaisanterie. Morgan était grande, trop grande pour répondre aux provocations sur sa soi-disante féminité. Elle n'avait plus rien à prouver à personne et surtout pas à une fille de la trempe d'Alessa. Alors elle laissa ses mains tomber derrière elle et s'appuya contre le mur, toujours le regard planté dans les pupilles de la Rouge s'engageant de mauvaise foi dans cette espèce de duel muet. Une seule règle : si elle baissait les yeux, elle perdait.


- J'ai une faveur à te demander.

Morgan fixa l'enveloppe. Perdu. Soupir. Elle crut deviner un rictus moqueur coincé entre les lèvres de la Dashinger mais en déchiffrant le nom inscrit sur le papier cela perdit son importance.
Alexander. Chef. Quoi ? Cette fois-ci elle bondit comme une pile électrique, saisissant le courrier d'une main et repoussant Alessa de l'autre. Elle se glissa sous le bras de cette dernière et fit quelque pas maladroits dans la ruelle, fixant la lettre scellée, stupéfaite. Un brouhaha d'idées et de suppositions toutes aussi farfelues les unes que les autres se mit à lui brouiller l'esprit. On ne savait jamais vraiment avec Alessa. En tout cas, elle savait qu'elle avait le don de la faire réagir. Réellement, il semblait impossible de rester totalement impassible devant la Rouge.
Il suffit d'un nouveau coup d'oeil en direction de son interlocutrice pour que Morgan comprenne ce qu'on attendait d'elle. Après tout, n'avait-elle pas été l'une des meilleures messagères de la ville ? Qui de mieux qu'elle pour délivrer une missive au Chef de l'Ouest ? La vraie question était de savoir quel était le contenu exact de ce message. Mais son instinct lui soufflait qu'elle le saurait en temps voulu. La Sinewyer hocha la tête.


- Ok. Ok. Morgan passa la lettre dans la poche avant de son sweat puis s'avança vers Alessa. Briefing ?

Il n'y avait pas que le papier qui pouvait transporter des mots. Si Alessa avait pris la peine de remonter jusqu'à elle c'était probablement qu'elle espérait mettre à profit sa relation avec Chef. Et ça lui déplaisait d'être utilisée pour le Chef et à cause du Chef, toutefois il était trop tard pour revenir en arrière. D'autant plus que désormais, elle était définitivement curieuse de connaître le fond de l'affaire.

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Alessa Tchaïkovski
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MessagePosté le: Mar 27 Aoû 2013 - 18:00    Sujet du message: Loup. [Morgan] Répondre en citant

Pas besoin d'un panier serti de galettes et d'un pot de confiture pour appâter le Chaperon. Seule la belle écriture et le sourire affamé du Loup suffisent. Si j'avais su qu'il en fallait si peu pour mettre la Mordeuse dans cet état. Comme c'est cocasse. C'est en invoquant le nom de son protecteur - et protégé, qu'elle faiblit. J'ai bien capté qu'afficher l'ombre d'une émotion est une faiblesse aux yeux de la petite. C'est si facile que j'en suis presque courroucée. Oui, comment la simple mention, non pire, neuf lettres sur un bout de papier pouvaient tant attirer l'attention de la chinoise ? Un type, un pu.ain de bonhomme et pouf, la voilà qui se jetait sur l'enveloppe. J'en salive de jalousie. Moi qui n'aurait jamais cru que de tous les habitants ce serait vers lui qu'elle se tournerait. C'est sûrement la seule chose que je lui envie. Ça et une certaine autre Reine, mais la simple évocation de cette histoire ferait presque disparaître le rictus hautain que j'ai sur les lèvres tant elle m'irrite. Tout devrait m'appartenir. Elle, compris. Personne ne devrait être plus fort que moi. Jamais.

Heureusement que je n'ai pas de mauvaises intentions. Enfin presque pas. Les chaines de mes New Rock s'entrechoquent dans un léger tintement tandis que je tape sur le bitume, impatiente. Tout comme Chaperon qui me demande des explications. L'appât a bien fonctionné. Pour peu qu'il soit un appât. Ah si seulement ce soir Loup avait pu avoir l'esprit tordu ! J'aurais pu, pour une fois, lui faire faire des choses merveilleuses à ce Chaperon. Mais j'ai d'autres desseins et certaines forces déjà à l'ouvrage requièrent cruellement que je m'en tienne au plan initial. Oui le plan.
Je pose une main sur l'épaule de la Mordeuse. C'est un geste qui se voudrait maternel, bienveillant chez certains. Moi j'aime juste ça, le contact chaud de la peau. Et chez elle j'aime sentir l'os et les muscles sous ma paume. Un vrai petit morceau d'athlète. Appétissant bout de viande décharné.


- Seulement contre un baiser, chaperon. Ai-je soufflé en la regardant droit dans les yeux, un air de défi dans les prunelles. Ma langue passe sur mes lèvres charnues tandis que je me délecte de l'écoeurement profond qui est apparu dans les iris noisettes de mon interlocutrice. Je jubile en pensant à la tête que Neuf lettres tirerait s'il était là. Et aux bleus que j'aurais sûrement par la suite.
Mais tel n'est pas le plan. Alors, non sans quelques regrets, je chantonne en la poussant en arrière :

- Je plai-san-te ! T'es chou ma cocotte, tu prends tout au pied de la lettre. Je devrais être exécutée pour un si mauvais jeu de mot.

Mes mains rentrent dans mes poches, je tourne les talons, m'en vais murmurer quelques paroles au creux de l'oreille de Marvin. Marvin s'éclipse. Elle me rejoindra plus tard. Je me demande si Morgan lui aurait ressemblé dans quelques années sans un certain Sinewyer. J'espère que oui, j'espère que non. Je n'aime pas avoir de molosses en double exemplaire. Plus de temps à perdre, j'enfourche la moto, ne m'embête pas du casque que j'ai rangé à l'arrière. C'est difficile de parler avec et de toutes façons, Pseudo City n'est pas réputée pour le nombre de ses chauffards. On meurt tous un jour. Moi si je meurs, je voudrais mourir sur scène, en moto ou au pieu.


- Monte, je te raccompagne, chérie. Je t'expliquerai en route. Personne ne me choppera à l'Ouest en moto. Trop rapide. Je ne compte pas rester en ville longtemps non plus. Ça a un rapport avec la Xinoïde.

J'aimerai que cette fois elle s'accroche à moi quand le moteur démarrera. Comme font les couples dans les films. Pour avoir le plaisir de la charrier ensuite. De le charrier aussi. Si j'en ai l'occasion.

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Morgan Livingston
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MessagePosté le: Dim 1 Sep 2013 - 21:54    Sujet du message: Loup. [Morgan] Répondre en citant

Clignement. Grimace. Pendant une demi-seconde, elle crut que la proposition d'Alessa était sérieuse. Qu'est-ce qu'elle avait celle-là à lui faire des blagues vaseuses quand elle pouvait avoir 90% de la population de Pseudo City ramper à ses pieds ? Il y avait nombre de choses chez Alessa que Morgan ne comprenait et ne comprendrait sans doute jamais. Elle imaginait pour se rassurer que ça avait un rapport avec Chef mais en y réfléchissant il lui semblait que ses avances crasseuse dataient de bien avant sa rencontre avec ledit Chef. Un tic à la Rouge sans doute. Une saleté de tic. Mais pseudo reine ou pas, Morgan ne se voyait définitivement pas échanger un "baiser" avec un monstre de la carrure de la motarde. Elle faisait bien trois têtes de plus qu'elle perchées sur ses plateformes. Et l'eurasienne éprouvait une rancoeur ardente envers toutes les créatures du sexe féminin du type "canon" ou "bonasse", classe dans laquelle se rangeait aisément Alessa. L'idée même d'un contact physique un peu plus intime qu'à l'accoutumée la révulsait au plus haut point. Si bien que Morgan lâcha un grognement mécontent, accompagné d'une moue révulsée. C'était probablement pour ça qu'elle faisait marrer la Rouge.
Aha, très drôle Einstein, pensa-t-elle en se laissant pousser en arrière, dents serrées.

Et le nom d'Alexander lui tournait dans la tête. Chef, chef. Alex', Alexander. Que venait-il foutre ici ? Elle ne lui avait pas parlé depuis l'incident. Ce puta*n d'incident qui lui avait coûté la Calamité. Elle avait toujours en mémoire les images de la Sephy en sang, un sourire moqueur sur les lèvres malgré la souffrance. Et puis le visage de Sephy qui se déforme soudainement. Sephy qui implore son nom. Sephy qui la supplie de ne pas la laisser mourir. Sephy qu'elle ne reverrait jamais. Sephy six pieds sous terre. Morte. Ou disparue. Sûrement. Et m*rde. Comment elle était censée vivre avec ça sur la conscience ? C'était sa faute, sa faute à elle et à ces deux c*nnards de Chef et de Jules. Surtout de Jules. Il payerait. Oh oui. Elle ne savait pas comment, ni quand mais un jour elle lui rendrait le plomb qui avait déchiré la jambe de la Calamité.
Il l'avait abattue sur place. Comme un vulgaire pion sur l'échiquier. Une poupée de chiffon qu'on jette. Et ça, elle ne lui pardonnerait jamais.
Soupir. Ne pas penser à ça. D'autres choses sont désormais en jeu. Elle espérait seulement que l'autre c*uillon de Chef s'était pas mis en danger. Que lui allait bien. Elle l'aurait volontiers vérifiée elle-même si seulement elle n'avait pas cette culpabilité au coeur. Peut-être était-ce le temps de faire le point là-dessus. Qui aurait pensé que ce serait Alessa qui la pousserait à la confrontation fatidique ? Alessa qui la forcerait à remettre les compteurs à zéro avec le Chef. Elle avait la gorge serrée rien que d'y penser.

L'eurasienne enfourcha à son tour la moto, sans hésitation. Sa cheville la lançait. Elle savait bien que si Alessa l'avait faite tomber c'était dans le seul but de l'emmener avec elle sur son engin. Contrarier les plans de la Dashinger n'étaient pas dans ses intentions. Pour le moment. Puis, elle voulait tellement savoir. D'autant plus qu'on venait de lui mettre l'eau à la bouche en évoquant la "Xinoïde".


- Xinose. C'est Xinose le nom exact. M*rde, il s'était pas vraiment fourré là-dedans pas vrai ? Elle détesterait savoir que Taylor était impliqué dans cette affaire sordide. Elle ne le supporterait pas. Elle avait essayé de faire l'impasse sur cette foutue de drogue. Elle avait cessé de s'embarquer dans les trafics de stup', avait refusé les offres qu'on lui avait proposées jusqu'à présent, avait fermé les yeux quand elle croisait un énième junkie agonisant dans la rue. Malheureusement, il lui faudrait elle aussi se salir les mains. P*tain de ville.

Ce n'était pas la première fois que Morgan se retrouvait sur ce deux roues. S'il y avait bien une chose pour laquelle elle lui faisait confiance, c'était ses capacités au guidon. Alessa n'était pas mauvaise sur sa moto. Assez pour ne pas les tuer toutes les deux. S'accrochant à l'arrière, elle laissa la Reine démarrer et frissonna en sentant le vent glisser sur sa joue tandis que l'engin accélérait. Comme toujours, elle se surprit à trouver la sensation agréable. Et à peine se furent-elles éloignées de la ruelle que la Sinewyer se pencha un peu vers la conductrice et insista une nouvelle fois, trahissant son impatience grandissante :


- Bon alors balance ! Qu'est-ce qu'il y a entre toi et Alexander ?

Mais ça, elle n'était pas si sûre que ça de vouloir le savoir.

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MessagePosté le: Mer 4 Sep 2013 - 11:22    Sujet du message: Loup. [Morgan] Répondre en citant

Xinose, Xinoïde, qu'importe ! C'est pas comme si je m'en battais les c.uilles du nom de code de cette m.rde !

- C'est pas parce que t'es à moitié chinetoc que tu dois faire ta je-sais-tout ! Et puis au départ elle voulait l'appeler la Dementia ! Me suis-je exclamée en faisant vrombir le moteur de ma bécane.
Ouais je suis sûre que c'est sa faute. La faute à Gossamer. Elle m'en parlait souvent en plus la c.nne. Elle voulait fabriquer un truc pour zombifier la planète qu'elle disait. Un truc mortel, vicieux. « Pire que la peste noire. Dementia. Elle s'appellera Dementia. » Et le pire c'est qu'elle voulait le nommer après une chanson ! Une p.tain de chanson ! Moi je croyais qu'elle délirait. Elle était souvent sous acides la Gossamer. Je la trouvais chou avec ses airs de satanique shootée. Limite carrément attendrissante.
M.rde Gabrielle ! T'étais comme une gosse pour moi ! Ma gosse ! Comment t'as pu ? T'avais juré que toi et moi on serait toutes les deux les maîtresses de l'Apocalypse ! T'avais dit que ce serait moi la Reine Mère des zombies. Mais t'as appuyé sur le bouton rouge sans moi ! T'avais promis ! Et maintenant je suis obligée de te loger une balle dans ta petite tête noire pour avoir tout vendu à Mighan. Le pire c'est que crois-moi, ma poupée de suie, je le ferais. Tu sais très bien que je le ferais. Y'a que moi qui puisse le faire. C'est moi qui t'ai donné tout ça. C'est à moi de le reprendre. Tu sais comment sont les clébards. Tu sais comment je suis. Loup n'abandonne jamais sa proie. Parole de chienne.
Qu'est-ce que Mighan a pu t'offrir de plus que moi ?

La magie de la chose c'est qu'alors que je m'apprête à tout lui expliquer, la Mordeuse me pose une colle sur un sujet tout autre. Qu'elle est trognon la môme à me demander ce qu'il se passe entre Alexander et moi. Enfin ce qu'il s'est passé plutôt. Alors y'a vraiment ça qui l'intéresse ? Plus que la drogue ? Je dois me faire vieille si ce que je raconte n'intéresse plus les jeunes. Je souffle. Par où commencer ? Tant à dire, si peu de temps. Avec un relent d'énervement dans la voix, je la remballe et débute mes explications :


- T'as vraiment pas le sens des priorités. J'ai pas l'temps pour ça. Demande au mec en question, il sera ravi de t'expliquer. Maintenant ferme-la et écoute. J'avais quelqu'un sous la patte, quelqu'un de sacrément doué pour fabriquer du crack. Gabrielle Faust mais on l'appelait Gossamer dans le milieu. Elle travaillait avec moi au salon. Un jour comme ça, elle s'est évaporée. Et pas longtemps après on comptait les premières victimes de la Xino-machin. D'une façon ou d'une autre, je sui sûre que c'est de sa patte. Si on retrouve la source de ce bordel, y'a sûrement moyen d'y mettre fin. Un antidote ou un truc du style tu vois ? Mais comme tu t'en doutes je suis plutôt occupée pour le moment. J'essaye de la chopper en dehors de PC mais pas moyen de lui foutre la main dessus, alors avec la clique on se venge sur les cargaisons de drogue. C'est là que j'ai besoin de toi et d'Alexander. Premio, on commence à être à court d'armes et si y'a bien un glandu dans ce quartier qui puisse encore en avoir après la bataille contre Mighan c'est ce bon vieux Alex. C'est expliqué dans la lettre. J'vais pas mendier auprès du Jules quand même. Et tout le monde sait que l'Est est dirigé par Liz. La même Liz qu'est également à l'origine de ce foutoir.
- Deuzio, il me faut des gens pour traquer Faust. C'est pas dit qu'elle refoute les pieds sur Pseudo City mais on sait jamais. J'ai rajouté une photo de Gossamer pour t'aider. Enfin, tertio, j'ai récupéré toutes les notes restantes dans son labo mais j'ai pas encore eu de prix nobel de chimie : j'y comprends rien à son bordel. Si tu connais quelqu'un de confiance qui puisse plancher dessus je dis pas non. À condition que ce soit pas un c.nnard d'homme de Julian. Sinon je pourrais aussi avoir besoin d'une personne pour les mettre en sécurité. Au cas où.

Un silence un peu pesant s'installe. Concentrée sur la route, je peux pas me retourner mais je devine que la Mordeuse est plus que pensive. On arrive dans la zone minable du Quartier Ouest, là où la moitié des immeubles sont pas finis. Je me suis toujours demandée si elle habitait vraiment dans la coin où si c'était juste un mytho de sa part. Mais on s'en fiche. J'arrête l'engin dans une rue déserte, pose un pied à terre et laisse ma passagère descendre. Je la fixe d'un regard étrange. Est-ce que j'ai pas fait une c.nnerie en lui disant tout ? J'ai pas trop le choix, non plus. Alors qu'elle s'apprête à se tirer sans un mot de plus, je la retiens, une main sur l'épaule et la ramène vers moi. Doucement, je lui chuchote :


- Pour répondre à ta question initiale, tout ce que j'ai envie de te dire c'est qu'Alex est un très très mauvais coup. Presque le pire de ma vie.

Très fière de moi, je redémarre en trombe, non sans lâcher un dernier adieu :

- Prends soin de toi, ma chérie ! Et passe le bonjour à Alex !

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    We had it all. We have fucked up bigger and better than any
    generation that came before us. We were so beautiful...
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 07:57    Sujet du message: Loup. [Morgan]

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