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Pseudo City: Chapitre 2 - Dégats collatéraux
 
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No Hope, I'm Merciless [PV Sid]

 
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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Mar 5 Juil 2011 - 22:15    Sujet du message: No Hope, I'm Merciless [PV Sid] Répondre en citant


Poupée de cire sur fond apocalyptique; vénusté de chair arrachée à son monde de douceur et de phantasmes, désormais délaissée à celui de la haine et de la violence; petit être charnel, perdue au cœur des Enfers.
Tes longs cheveux auburn se laissent bercer par un vent léger, les saphirs de tes yeux brillent et s'agitent, vifs comme le diable et ton corps se balance au rythme de tes pas, au rythme d'un chant sourd que susurre ton esprit à l'intérieur de tout ton être, un chant funèbre, macabre mais aussi somptueux que celui de la mort elle-même.
Et c'est sans but que tu erres, au milieu de ce monde hostile qu'est le monde extérieur, loin de ton clan, loin des tiens, loin de la sécurité. Mais tu n'as rien à craindre, belle enfant... Car même ici tu ne saurais mourir. Et tes pas te guident, inconscients de leur raison d'être, au travers de ce territoire que tu as déjà si souvent arpenté. Tu en connais chaque recoin, tu connais presque chaque visage que tu croises. Tu connais presque chaque histoire.
Tes sombres talons tintent sous chacun de ces pas assurés que tu exécutes, et ta démarche est si gracieuse qu'à te regarder l'on croirait pouvoir entendre le chant funeste qui anime ton corps.
Sans même te soucier de la présence des gens autour de toi, tu continues d'avancer, sans jamais t'arrêter, ni te retourner. Tu n'as pas de but, mais ton assurance jurerait que tu sais parfaitement ce que tu fais, et où tu vas. Tu es maîtresse de ton corps, reine d'un monde de songes. Et les pas que tu fais te mènes dans des coins de rue bondées, sous les regards menaçants ou alanguis des mâles en rut qui se tiennent là. Mais tu n'as pas peur, car tu as beau être Haughter, tu n'as que l'allure d'une femme qui incite au désir charnel, tes jambes fines enfermées sous le noir d'un jean usé, et ta poitrine blanche et gracieuse réhaussée, exquise, par un de ces corsets que tu adulais tant dans ta jeunesse et que tu as abandonné en foulant les terres de cette ville maudite, le jour où tu as décidé de devenir invisible. Mais désormais tu es là, de nouveau toi-même, renouant avec ta véritable identité, offrant ton corps voluptueux à la vue d'êtres soumis à la vénusté et à leurs désirs sexuels. Le bordeaux de ton corset déteint sur tes lèvres suaves, et comme si tu voulais te jouer du monde, un pâle sourire y trône, révélant le sentiment d'étrange excitation qui te tenaille, ton audace, et peut-être même ta félonie.
Les Sinewyers n'ont aucune raison de garder leur distance, tu n'es qu'une femme que leurs vertus rêvent d'embrocher, pourtant, nul ne te touche ni ne s'approche. Ils préfèrent rester entre eux, à se questionner sur cette inconnue langoureuse qui passe devant Chez Louis sans même s'y arrêter, qui s'en éloigne même, pour mieux y rester.
Car tu es là, poupée de cire, la peau blanche comme l'opale et le regard vif comme le diable; tu t'assois à bonne distance sur une murette abîmée et, jambes croisées, tu observes, de toute ta grandeur et ta concupiscence cette antre infernale où les mâles sinewyers se saoulent et s'empalent contre des femmes comme dans un bordel misérable. Tu observes cette bestialité qui semble animer ce quartier, et tu te délectes, cruelle, de cette violence et ce mépris qui en émanent.
Tu as beau être seule, tu te sens emplie d'un pouvoir étonnant. Tu te sens comme reine des lieux, parce que les regards glissent sur toi avec indolence, et les visages se transforment sous l'ignorance de ton identité. Toi qui semblerais presque Sinewyer, ainsi vêtue, toi qui porte cette doucereuse arme à feu ceinturée à tes hanches libertines.
Tu es là pour passer le temps. Pour observer. Et être observée... Il est si tentant de jouer avec le feu, pour toi, diablesse licencieuse... Et lorsqu'à tes côtés tu vois apparaître la silhouette diaphane d'un quasi macchabée, ton sourire s'étire encore, et ton regard, enfin, se fixe sur lui. Son visage mutilé semble se rire de cette beauté dont tu essaies de faire montre, et toi tu souris, simplement, parce que ton homme est là. Ce n'est pas pour lui que tu es venue, mais le rencontrer enfin te délie la langue. Tu avais tant entendu parler de lui, dans le quartier, de ce type au visage crâmé qui venait d'arriver, que tu t'étais sentie incapable de ne pas aller le trouver.
Et lorsque son regard croise le tien, tu sens qu'il s'agit bien de la personne que tu crois, de ce môme - avec quelques années de plus - qui avait subi l'enfer de nombreuses années plus tôt. Une histoire troublante qui n'avait pourtant pas réussi à choquer ton esprit adolescent. Tu as toujours été si insensible... Mais maintenant qu'il se tient devant toi, tu hésites presque sur la démarche à suivre.
Et finalement, les mots s'échappent d'entre tes lèvres fines, seuls maîtres d'eux-mêmes.


" Le temps peut estomper les blessures mais certaines restent toujours plus visibles que d'autres... Pauvre trésor. "

Tu laisses échapper un vague rire perfide, et ton sourire laisse apparaître son cynisme. Car tu es d'humeur joueuse, en ce jour. Joueuse, mais pas dans le meilleur sens du terme...



Bon, ça dit pas grand chose, mais t'étais prévenu Rolling Eyes


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MessagePosté le: Mar 5 Juil 2011 - 22:15    Sujet du message: Publicité

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Sidney Sercen
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MessagePosté le: Mer 6 Juil 2011 - 11:27    Sujet du message: No Hope, I'm Merciless [PV Sid] Répondre en citant

La douleur qui s'était abattu sur son nez n'était rien. Juste une petite tâche blanche dans un néant de souffrances engourdies dans le néant. Le liquide vermeille qui coulait sur ses lèvres n'avait aucune saveur, aucun goût. Juste celui du fer. Alors que le néant qui logeait quelque part dans son corps avait de multiples odeurs... Les effluves des souvenirs au parfum de chair brûlée, d'huile, de javel. Et une odeur nacrée, brisant cet équilibre macabre. Une petite odeur sucrée, et délicate. L'odeur d'une peau féminine, l'odeur d'un corps pendu. Ce corps pendu qu'il voyait dans ses cauchemars. Toujours le même. Comme une malédiction, il semblait destiner à voir ce cadavre dans des hallucinations, qui apparaissaient n'importe quand, sur un bruit de grésillement. Fermer les yeux devenait dangereux.
Comme dans F.E.A.R.
Oui toujours, changer le cours de ses pensées. Éviter de trop songer à ces horreurs réelles. Songer à celles des jeux vidéos étaient moins dérangeant, moins morbide. Tandis que le nez du balafré saignait, il essayait tant bien que mal de stopper cet écoulement. Ses vêtements avaient échappé au fluide par on ne sait quel miracle, mais désormais, ses mains étaient recouvertes. Il avait un mouchoir mais il était si minuscule et imprégné, qu'au milieu de ce sang, il ressemblait à une particule. Un truc minuscule.
Les bagarres à l'improviste.. Plus jamais. D'autant plus qu'il n'y avait pas la jouissance de l'adrénaline. Prévoir une bagarre, oui, c'était jouissif. Quand on s'y rendait, terrorisé ou excité, il y avait toujours cette adrénaline qui faisait tambouriner votre cœur, et faisait battre vos tempes aussi fort qu'une batterie lors d'un concert. Mais ce genre de baston au coin de rues, en pleine journée.. Vraiment nulle.
Sidney avait prit un méchant coup sur le nez, il avait du le.. remettre en place dans un craquement sourd qui lui avait arraché un cri étouffé. Mais désormais, le sang allait à flot. Ce soleil n'arrangeait rien.
Même si, aux bouts de plusieurs longues minutes à laisser ses mains tourner au rouge, son nez cessa de saigner. Les autres Sinewyers qui passaient lui lançaient soit des regards mauvais, moqueurs ou effrayés. C'était des bagarreurs, pas des psychopathes qui éviscéraient leurs victimes à mais nues. Enfin.. pas tous. Après tout, personne ne connaissait les habitudes de personne.. Qui sait, peut-être un Dexter se cachait-il parmi les brutes qui pensaient avec leurs poings ? (ou autre chose...).
Le jeune homme avança dans la ruelle du quartier ouest où il se trouvait, et tomba par chance sur une fontaine d'eau potable. Pressant le bouton avec son coude, il se rinça les mains un long moment, observant l'eau qui s'était teintée de rouge, disparaître dans les égouts.
Puis, il remonta encore la ruelle, d'une démarche lassée, pour arriver dans un coin un peu plus fréquenté. Il y avait un bar pas loin. Au moins, il se fondait un peu dans la foule et personne ne le remarquait. Sa cicatrice le brûlait toujours légèrement là où la peau s'était fendue lors d'une rencontre avec une Dashinger pour le moins spéciale. Celle qui, dans ses souvenirs, aimait bien recevoir des tabourets entre les omoplates. Et qui se traînait avec cet énorme chien qu'il avait trouvé.. adorable.
Le sourire qui vint fendre ses lèvres était ironique. Un rottweiler n'était pas adorable. Mais Sidney adorait ces gros chiens qui n'étaient jamais agressifs avec leur propriétaire. Qui semblait même les comprendre, même leur parler, selon les mouvements qu'ils faisaient. Les gros chiens étaient peut-être dangereux, mais c'était souvent les plus fidèles, et ceux dont la perte était réellement douloureuse.
Sa gorge était sèche. Et il avait le goût du sang dans le palais, ce qui était vraiment désagréable. Oubliant alors le chien et sa maîtresse toute tatouée et toute percée, il se dirigea vers ce fameux bar dont il oubliait le nom à chaque fois. C'était le nom du propriétaire, un prénom à la française.. Mais pas moyen de s'en souvenir. Son regard croisa son reflet dans un vitrage, son t-shirt bleu nuit était légèrement déchiré à deux endroits, et son jean lui, était déchiré de toutes parts, à l'origine. Il ressemblerait presque à un SDF. Sidney soupira, exaspéré, et entra. Directement, quelque chose le frappa.
Parce que pour une fois, il n'y avait quasiment aucuns regards scrutateurs tournés vers lui. Tout le monde était attiré par quelqu'un d'autre. Tant mieux. Et puis, il ne resterait pas. Juste histoire de prendre une bière ou quelque chose de ce genre et de repartir à l'auberge pour fumer avec son casque sur les oreilles. Fumer. Tiens.. C'était une bonne idée. Il tira son paquet de sa poche, tout aplati, et tira une cigarette. Son briquet était toujours accroché à une longue chaîne en argent, il se mordit la lèvre en l'allumant et détourna le regard jusqu'à ce que la flemme disparaisse. Inspirant une longue bouffée, il l'expira longuement, et avança vers les tabourets. Sauf qu'une femme l'observait.
Elle n'était pas bizarre mais, elle dégageait quelque chose d'étrange. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle était plutôt belle. Sidney s'aperçut que c'était elle que tout le monde regardait. Au fond de son regard, il y avait cette lueur de vérité. Elle aimait ça, elle en jouait. Bonne mentalité, d'une certaine façon. Mais alors qu'il s'apprêtait à passer son chemin, la cigarette entre les lèvres, à juste prendre quelque chose à boire, et à se tirer, elle prononça plusieurs mots qui l'irritèrent et l'attristèrent. Tout à la fois. Tout mélangé. Comme d'habitude. Sauf qu'il ne laissait transparaître d'un froncement de sourcils.


- Le temps peut estomper les blessures mais certaines restent toujours plus visibles que d'autres... Pauvre trésor.

Ces mots là ne passaient jamais bien. Tout ce qui avait rapport avec sa cicatrice et son passé, ne passaient jamais. Il détestait qu'on lui en parle directement. Comme ça, alors qu'il ne connaissait rien de cette femme. Nerveusement, il expia une nouvelle bouffée, sans détourner le visage de façon à ce qu'elle reçoive la fumée sur le sien.
Vainement, le balafré essayait de retenir sa colère. Cette colère-même qui remplaçait une tristesse maladive au fond de ses entrailles. Ce monstre de chagrin et de douleur qui lui aurait fait verser des larmes, larmes qui auraient tiraillées ses joues. Cercle vicieux. Souffrance, colère, chagrin, mélancolie, et même amnésie. L'amnésie s'apparentait à une maladie non ? Alors Sidney en souffrait.
Comme toujours, tout ces sentiments se réunissaient en une boule d'épines. Mais il ne fallait pas qu'elle explose. Surtout pas. Il ne fallait, jamais, qu'elle explose.
Sidney, adoptant une froideur et une sécheresse peu connu de lui-même, s'accouda au bar, les traits durs, et la gorge nouée, cracha..


- Qu'est-ce que tu penses connaître de mes blessures, toi ?


T'as raison, le gris c'est plus joli *pique les mises en page de tout le monde*

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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Lun 15 Aoû 2011 - 09:41    Sujet du message: No Hope, I'm Merciless [PV Sid] Répondre en citant

Fumée dense et dégueulasse, volette de sa bouche à la mienne. Il me hait. Il exècre mes propos. Et moi, j'aime ça. J'aime ce regard qu'il me lance, cette provocation qu'il croit m'asséner. Je plonge mes prunelles bleues dans son regard, et je lui offre un sourire à la foi cynique et doucereux. Il est encore si jeune... Et sa vie est pourtant déjà presque foutue. Je me souviens de cette histoire comme si elle datait tout juste d'hier. Ce genre de nouvelles, c'était les seules choses qui me faisait vibrer, quand j'étais môme. On n'en avait pas entendu plus parler que ça, juste un article ou deux dans le journal, peut-être quinze seconde d'attention dans le journal de vingt heures. Quelle sottise...
Je lui souriais, et lui, il me dévisageait avec colère. Pourquoi est-ce que ce genre de choses pouvait me faire un tel effet ? J'aimais voir la haine que les gens ressentaient pour moi. J'avais toujours aimé ça. Sans vraiment comprendre pourquoi. Et je vivais de cette haine. C'était mon unique plaisir.

Peut-être que je n'étais pas humaine, dans le fond...



- Qu'est-ce que tu penses connaître de mes blessures, toi ?


Rire mielleux. Il est tellement adorable. J'aime le voir retenir le flot de violence qui l'assaille. Lire sa rage dans son regard. C'est contrariant d'entendre des choses qu'on veut oublier de la bouche d'une inconnue, n'est-ce pas, Sid ?
Je descends de mon piédestal, et lui fait face. Ce sourire, que j'arbore encore et toujours, je sais qu'il le confortera dans son agacement. Et mon regard, perçant, irritant, qui le fixe inlassablement.
Ce que je pense connaître de tes blessures ? Ça me paraît évident...



" Ça... Une de mes mains se porte à son visage. Je sais qu'il pense que je parle de sa cicatrice. Mais ce n'est pas elle qui me crève les yeux. Ce qui se cache derrière ton regard. Vide. Derrière les tâches de sang sur tes fringues. Je fais courir mes doigts sur sa joue, sous son oeil. Je n'ai pas cessé de le fixer. Intense. Si proche. Puis je me retire, et ce vague rire mielleux s'empare encore de moi. Bien sûr, il y a aussi cet immondice qui recouvre ton corps. Mais... Ça, c'est une cicatrice. C'est guéri. Ça n'a rien à voir avec les blessures... n'est-ce pas ?


J'aime me jouer de lui, le faire hésiter entre colère et chagrin. Je veux le voir craquer. Éclater. Peut-être pas ici. Peut-être pas maintenant. Mais un jour, je veux voir cette bombe à retardement qui vit au cœur de ses entrailles exploser. Je veux le voir se perdre dans la folie de sa propre déchéance, je veux le voir tomber au fond du gouffre abyssal des enfers, et y traîner avec lui le plus de monde possible. Et moi avec, pourquoi pas... L'enfer. C'est peut-être là que j'habite vraiment. C'est peut-être là que résident mes attaches. Comment savoir...
Je glisse ma main de son visage à son épaule, suivant le chemin tracé de sa peau calcinée. Je m'arrête sur son coeur. J'exerce une pression légère du plat de la main.
Un instant de silence.
Puis je lui fiche la paix. Me retourne vers le bar.
Les cicatrices cachent toujours d'anciennes blessures. Je sais que celle de Sid est encore béante, dans le fond. Que son coeur continue d'en saigner toujours plus chaque jour.
Soudainement, le poids du regard des autres sur moi me dérange.
Je passe une main lascive dans mes cheveux. étire mes lèvres en un sourire mesquin. Il est forcé, mais moi seule le sait.



" Peut-être que tu n'aurais jamais dû sortir vivant de cet incendie. T'aurais dû crever avec elles. "



Froide. Dure.

Déteste-moi.


Je suis là pour ça...





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Dernière édition par Elizabeth Hidwell le Mar 6 Sep 2011 - 20:08; édité 1 fois
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MessagePosté le: Sam 27 Aoû 2011 - 14:50    Sujet du message: No Hope, I'm Merciless [PV Sid] Répondre en citant

Son corps bouillonnait. Non, il ne tremblait pas, il respirait le plus calmement possible. Mais il bouillonnait à l'intérieur. Au fond de son ventre, comme une source de poison à vif, qui se mettait à chauffer, à brûler, calcinant les moindres parcelles de son être. Pourtant, il restait stoïque, accoudé au long bar brun, tirant de longues lattes de sa cigarette, ne cherchant toujours pas à tourner la tête. La fumée se rependait, encore et toujours. Rappelant à chaque seconde, ce fameux jour, le couloir à la porte brisée, empli d'huile, cette bassine d'eau croupie où gisait un visage pur, détruit par des mains démentes. Et ce corps accroché au lustre, laissant voir l'intérieur du ventre. Comme si le poison avait explosé, mais non. Son corps à elle, n'avait jamais été empoisonné, toujours pur, et douce. Rien n'était de sa faute, tout était de la leur. Eux deux. L'une était morte, l'autre errait encore, damné.
Elle était toujours là, l'autre. Petit corps au sourire mesquin et provocateur. Il ne jouait pas avec elle, il avait la haine. C'était bien l'une des premières fois que l'envie de frapper une femme lui venait à l'esprit. Ce visage aux traits si parfaites, ça en devenait tellement répugnant. Qu'est-ce qu'elle savait de lui d'abord ? Elle avait lu le journal, ou écouter la radio ? Mais ces enfoirés de journalistes, est-ce qu'ils parlent des séquelles laissées sur le mioche qu'était Sidney à l'époque ? Est-ce qu'ils parlaient de la douleur qu'il portait en lui aujourd'hui ? Il avait une cicatrice à l'extérieur, mais aussi en lui. Il était meurtri. Alors, est-ce qu'ils le disaient ça, dans un putain de journal ?
La fille se rapproche de lui, le corps du blond se contracte, il ne veut pas qu'elle le touche, non. Il ne veut pas sentir son parfum miteux, ni sentir le contact froid et nacré de ses doigts. Il ne veut plus entendre sa voix si destructrice. Elle le répugne. Elle a perdu sa beauté. Laide et détestable. Le pire, c'est qu'il sent, que c'est ce qu'elle cherche. Elle ne veut pas qu'on l'aime. Ça ne l'intéresse pas. Sidney non plus.


- Ça... Ce qui se cache derrière ce regard. Vide. Derrière les tâches de sang sur tes fringues.

Ses doigts, doux et fins se baladent sur son visage. Il serre les dents. L'envie de lui arracher la main le démange, lui fait envie, le fait rêver. Il aimerait voir son visage se tordre dans une douleur hideuse. Voir sa laideur s'approfondir, exploiter chaque petite imperfection qui pourrait naître si ses traits changeaient subitement. Il se retient pourtant, le balafré attend de voir la suite des évènements. Elle se s'en sortira pas avec un simple regard de chien affamé, non. La haine qui coule en lui est trop forte aujourd'hui, pour qu'il réussisse à la contenir indéfiniment. Et elle continue, la vipère.

- Bien sûr, il y a aussi cet immondice qui recouvre ton corps. Mais... Ça, c'est une cicatrice. C'est guéri. Ça n'a rien à voir avec les blessures... n'est-ce pas ?

Désormais, sa voix résonne comme une fausse note au milieu d'une mélodie divine et parfaite. Ce corps aurait pu être la perfection, la mélodie même. Non, elle l'a gâchait. Elle venait triturer une blessure ouverte de ses doigts sales. La garce. Sidney se mordit violemment la lèvre, gardant la cigarette entre son index et son majeur. Il se retenait. Lui foutre le mégot dans l'œil, saccager son visage, comme le feu avait saccagé le sien. Un besoin viscéral de détruire, de faire du mal, mais pas de tuer. Non. Lui, il n'était pas mort, alors personne ne mourrait. Il voulait offrir de belles cicatrices aux autres, les défigurer. Détruire. Détruire. Surtout elle. Elle et ses traits parfaits. Il devenait fou. Complètement dément. Comme l'autre. Mais il ne tuerait pas. Non. Il était plus subtil.
Cheveux châtains, peau pâles, prunelles bleues. Harmonie. Bientôt, tout cela ne serait plus que du passé. Bientôt, cette harmonie deviendrait apocalypse. L'envie se faisait oppressante. Sa main se mit à trembler, si bien que le squelette de cigarette entre ses doigts glissa sur le comptoir. Encore une fois, sa voix immonde se fit entendre, dans des mots qui brisèrent la dernière parcelle de retenue que le balafré tentait de garder en lui pour ne pas lui arracher le cœur à mains nues. Avec ce même sourire...


- Peut-être que tu n'aurais jamais dû sortir vivant de cet incendie. T'aurais dû crever avec elles.

Il éclate. Sans pouvoir se retenir, sans pouvoir réfléchir, sa main vient saisir la gorge douce et froide de cette femme qui sort tout droit du berceau d'immondices. Sa poigne se resserre. Mais pas trop. Il ne faudrait pas qu'il l'étouffe avant d'avoir pu voir ses traits changer. La peur. C'est elle qu'il voulait voir. Sur ce visage qui semblait avoir trop connu le regarde des autres. Il voulait qu'elle ait peur. Mais son visage n'était qu'un masque de porcelaine, surfait. Il aurait voulu le jeter à terre, et voir sa face, laide et brisée. Se fichant de tout le reste autour de lui, il l'a fixa dans les yeux, sourcils froncés, lèvres pincés. Une rage si immense, une douleur si béante, un besoin si inextricable. Il eut envie de lui cracher à la figure. Au lieu de ça, il puisa au fond de lui, un peu de force, et sa voix à lui résonna, rauque et coléreuse.

- Toi, peut-être que tu aurais dû regarder ta laideur avant de venir exhiber ce visage putréfié. Souillure. La perfection ne va qu'à ceux qui n'ont rien en eux. Tu es vide.

Sa voix sifflait. Il serra les dents. Tant de mots, aussi mauvais les uns que les autres se bousculaient dans sa gorge. Mais il ne voulait pas tout déballer maintenant. Elle savait quoi dire, elle. Tout le temps. Si vide, et si pleine. Remplie de choses futiles, néfastes. Mais vide de sentiments, et de conscience. Il réussit tant bien que mal à lâcher sa prise sur la gorge de la poupée froissée, même s'il aurait voulu lui tordre le cou, une bonne fois pour toute...

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MessagePosté le: Mer 7 Sep 2011 - 21:49    Sujet du message: No Hope, I'm Merciless [PV Sid] Répondre en citant

Je te sens bouillonner. Être charnel, dénué de raison, aux seuls instincts primaires. Tu sais que je me joue de toi, mais toi, que fais-tu ? Tu te jettes dans le piège à pieds joints ? Je suis presque déçue tant c'était prévisible. Un être tel que toi est-il donc incapable de voir à quel moment il faut ou ne faut pas répondre aux provocations ? Tu es faible. Fragile. Chétif. Les piliers qui te soutiennent ne sont que de frêles brindilles, peu importe que ta cicatrice ou ton regard perçant veuille nous faire croire à une indicible force intérieure. Tu n'as en fait rien de surprenant. Tu n'es qu'un faible petit être humain. Qui ploie devant la provocation, et casse face aux menaces. Je sentais ton sang bouillir dans tes veines, je lisais la haine monter dans ton regard. Et je prévoyais presque qu'au moment où je songerais à tourner le dos, tu te jetterais sur moi. Verbalement, ou physiquement. Tu as choisi la deuxième option. Ta main enserre ma gorge pâle avec une force que je sais retenue. Et je lis en ton regard tous ces mots que tu te garderas de prononcer. Parce qu'il te faut quelque chose de cinglant, quelque chose d'assez fort pour me renvoyer mes propres remarques amères en pleine figure. Tu souhaites ardemment que je souffre. Tu souhaites ardemment me rendre la douleur des quelques mots que je t'ai infligée. Et si mon visage ne sourit plus, tu devines en mon regard cette chose indicible, innommable, incompréhensible. Cette lueur qui gêne. Parce qu'elle semble à la fois dénuée de sentiment, et pleine de convictions contraires. Pourquoi ces deux prunelles bleues sont-elles si perçantes ? Pourquoi en plongeant ton regard dans le mien, ne te vient qu'une seule envie: celle de le détruire une bonne fois pour toute ?
Tu le sais déjà toi-même. Je n'ai rien besoin de te dire, tu as déjà tout appris de ce court intermède avec moi.


" [...] Tu es vide. "

Et lorsque tu prononces ces mots, tu me sens te fixer avec plus d'ardeur, et peut-être même de l'intérêt. Mes lèvres ne semblent toujours pas décidées à se déformer encore en ce sourire pernicieux qui était mien avant que ta main n'enserre ma gorge comme elle le fait actuellement. Tu as tout simplement raison. Je suis vide. Une coquille vide, dénuée de sentiments, peut-être même d'âme, qui sait. Je e suis qu'une poupée de cire au visage d'albâtre, dont les yeux semblent taillés dans le plus pur des minerais, dont l'expression qui trône sur son visage est splendide tant la chose est belle ; mais dont on aurait oublié de créer le cœur, ou oublié de le lui donner. Ou peut-être en ai-je eu un un jour, mais qu'un être plus perfide que moi me l'aurait volé. Comment dire... J'ai moi-même oublié.
Et la pression sur ma gorge disparaît. J'imagine la peine que tu as dû avoir à retirer cette main de ma peau. J'imagine la peine que tu as eu à te persuader de ne pas serrer plus fort, au contraire, de ne pas me briser la nuque. Je suis là pour que tu me haïsses. Je suis là pour ça. Je suis née pour ça. Je suis tout simplement tellement détestable. Je m'en hais moi-même. Mais je ne sais me complaire dans aucune autre attitude. Je ne suis bien que comme ça. Brûlée par les regards haineux des personnes qui me connaissent ; et bercée par les regards alanguis de celles qui n'ont pas encore eu cette chance.
Je suis vide. Et je ne me sens accomplie que lorsque les autres ont leur attention rivée sur moi, que lorsque je sais que j'ai du pouvoir sur leur vie, que lorsque je me délecte de les mener au paradis, ou lorsque je jouis de les traîner en enfer. Suis-je enfant de géhenne ?
Je suis vide. Et il n'y a que ça de vrai.
Je te fixe, et sans même passer une main sur l'endroit où la tienne faisait pression, je te crache ma rancœur au visage. Des mots qui ne sont que du venin. Perfide, bas. Digne de moi.


" Je suis vide. C'est une certitude. Alors tu devrais savoir que quoi que tu me fasses, tu n'en tireras jamais aucune satisfaction. "

Car je ne gémis pas lorsque j'ai mal, je ne hurle pas lorsque je souffre à en mourir, je ne pleure pas lorsque la tristesse m'envahit, je ne souris pas lorsque...


Tu mens.


Je détourne le regard. Me retourne vers le bar. Avais-je déjà commandé quelque chose ? J'ai presque oublié. Je ne veux plus jouer. Les regards alentours sont lourds. Je sais que la plupart sont là pour me supporter plus que me détruire. Mais je ne les supporte plus. Qu'ils se jettent sur Sidney pour lui faire payer l'affront qu'il ma fait, qu'ils se jettent sur moi pour me dépecer jusqu'à la moelle, ça n'a plus d'importance. Je me suis souvenue d'une chose que j'avais oubliée. Son visage chaleureux, son regard attendri, son attitude bienveillante. Je souriais pour lui. Pas de ces sourires commerciaux que je vends à tout va, non... Je souriais véritablement, pour lui. Le seul.


" Tu as dû manquer beaucoup de choses durant ces années où tu as été absent. Pourquoi ne pas te trouver quelqu'un qui t'aide à rattraper le temps perdu...? Les gens ont ce pouvoir fascinant de détourner l'esprit des idées noires. Tu devrais y réfléchir. "

Le verre plein qui se tient devant moi est certainement le mien. Et même si ça n'est pas le cas, alors désormais il le sera. Je tire la paille de c qui semble être un cocktail sans alcool jusqu'à mes lèvres, et je me délecte, dans ce court instant de silence, du goût fruité et exotique du liquide.
Mon ton n'avait plus rien de provocateur, et je sais que tu t'en es rendu compte aussitôt. Tu ne comprendras certainement pas. Je ne suis même pas sûre de comprendre moi-même. Mais les choses sont ce qu'elles sont. Même un être détestable peut parfois se lasser de se faire détester. Peut-être était-ce mon cas, ou peut-être pas. Je sais juste que ce sourire au bonheur amer dont je me suis souvenue, c'était le mien. Et que c'est à Lui que je le devais. Lui, que je ne puis plus admirer, désormais.
Je tourne vaguement la tête en ta direction, t'observe, encore froide, mais pourtant doucereuse.


" Tout le monde n'est pas comme moi. "

Et le monde s'en porte certainement mieux...




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Sidney Sercen
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MessagePosté le: Dim 18 Sep 2011 - 09:58    Sujet du message: No Hope, I'm Merciless [PV Sid] Répondre en citant

Une musique. Encore. Une chanson, presque effacée dans sa mémoire. Une mélodie familière, enfantine. Une boîte à musique ? Oui. Elle tourne, lentement. Emplie d'espoir brisé et de chagrin. Il est sale. Il a mal. Et il essaye de se souvenir. Cette petite musique. Ne l'entendait-il pas, la nuit ? Dans la chambre au fond de la maison. Là où les mains de cette femme brisée avait noyée le visage pâle de Judith ? Ce nom. Ce mot. Douleur. Son visage plié sous la colère se déforma. Il baissa les yeux, presque stoïque. Les yeux grands ouverts, les lèvres pincées. Il se souvient. La musique. Elles. Le feu. L'eau. La corde. Les boyaux. Le crâne chauve. Le noir. Les rires. Comme si sa vie défilait soudainement sous ses yeux. Mais il ne mourrait pas. Non bien sûr. Il allait vivre pour se souvenir inlassablement, avoir mal à chaque nouvelle inspiration. Souffle abîmé. Souffle épuisé.
Désormais la poupée d'insolence ne le touche plus. Elle ne l'atteint plus. Plus rien ne peut l'atteindre. Perdu dans les souvenirs macabres et sombres. Il s'oublie dans la complainte de la chanson qu'elle écoutait. Il se perd dans les paroles, dans la profondeur de la musique. Il ne respire presque plus. Il suffoque. Son souffle est mort. Son cœur pourri. Les mots que ses oreilles perçoivent n'atteignent pas son esprit. Il est loin, si loin. Dans un paysage morne, identique sur des kilomètres. Landes insipides. Douleur. CREVES. Les cris. Les supplications. Pars sans moi...

Pars sans moi... Attends moi... Elle était belle... Pourtant son visage s'efface...

Il relève la tête. Meurtri. Mais il étouffe ses souvenirs et sa peine au fond de son cœur. Il l'observe, elle. Elle qu'il ne touchera plus. Belle, pâle. Trop de points communs, sur ce visage insolent. Ses traits ont soudainement changés, eux aussi. Elle ne semble plus aussi cruelle. Comme si elle s'était souvenue elle aussi, de quelque chose. Son cou porte une infime marque de rougeur. Il a serré fort l'air de rien. Il serre les poings. La violence reste vive en lui. Il la tuerait bien.

Elle sourit. Elle sourit sincèrement. La cruauté s'en est allait. Sa voix s'élève encore. Il ne l'aime pas, cette voix nacrée. Il la hait. Oui qu'il la déteste. Il serre les dents cette fois. Sa voix le dégoûte. Dieu qu'elle le dégoûte. Mais il endure. Comme il l'a toujours fait. Il endure, le dégoût, la rage. Il endure. Il s'endure lui-même. Elle était belle... Une autre voix. Hanter. Il est hanté. Sale. Mal. Merde quoi.


- Tout le monde n'est pas comme moi.

Elle a mal. Elle est sale à l'intérieur. D'une certaine façon, une manière très très abstraite, ils se ressemblent. Masque. Douleur. Tendresse peut-être. Sauf que lui, il l'a oublié sa tendresse. Elle est là, endormi comme une fleur dans son esprit. Mais pour lui, elle est morte. Lassé. Dégoûté. Il crache en allumant une autre cigarette..

- Tu es qui, toi, en fait ?


... Je suis mais DÉSOLÉE pour ce truc absolument court et nul. Je te promets que je me rattraperais au prochain coup. *part mourir de honte*.

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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Sam 8 Oct 2011 - 09:23    Sujet du message: No Hope, I'm Merciless [PV Sid] Répondre en citant

Désolée pour le retard, et le post minimaliste


Tu penses que le calme se fait dans ton esprit, mais ça n'a rien à voir. Les sons ne te parviennent plus que de manière sourde; tu ne veux plus entendre. Tu as seulement envie de te retrouver seule à nouveau, enfermée dans ton monde de chimères; ou seule, face à une personne qui te hais et veut t'infliger mille sévices. Mais alors... Pourquoi te sens-tu lasse ? Il y a quelqu'un comme ça juste là, tout près de toi. Les doigts qu'il a posé sur ta peau fragile ont même laissé la marque brûlante de leur passage, et son regard, quoique perdu dans le vague ou l'infini de son esprit en ce moment-même, transcrit la colère que tu as éveillé en lui, l'amertume et la rancoeur. En voilà un qui te déteste, Lili... Tu sais que c'est aussi facile de se faire haïr par les gens: une mauvaise première impression et le tour est joué, et celui-là ne fait pas exception. Alors pourquoi n'es-tu pas satisfaite ?

Ennui...


Tu ne le regardes même plus, tu te fiches même de savoir ce qu'il peut être en train de faire. Qu'il pointe le canon d'une arme sur toi, ou qu'il te fuie ne semble avoir aucune importance à tes yeux. Tu es lasse. Excessivement vide. Tu sens quelque chose, comme un flot houleux, qui tente de te ronger les entrailles, mais même au plus profond de ton corps, même au plus profond de ce qui fait ton humanité, tout se réprime, guidé par la seule force de ton inconscient. Parce qu'Elizabeth Hidwell ne craque pas, ni ne s'emballe, ni même ne choie. Parce qu'Elizabeth Hidwell a perdu son humanité depuis bien longtemps déjà. Tu te demandes pourquoi tu t'entêtes à rester ici, alors que l'ennui te submerge, mais aucune réponse sensée ne semble s'imposer à toi. Alors que comptes-tu faire ? Rester ici, prisonnière de ton silence, alors que tu avais un si beau spécimen avec qui jouer ?

Beau spécimen... Il ne faut pas exagérer.


Tu termines ton verre - ou peut-être n'était-ce pas le tien, après tout -, puis ton regard finit par se tourner vers ton interlocuteur. Il te semble pris au piège de son propre esprit, confronté à des souvenirs sinistres sur lesquels tu lui aurais ouvert les portes. Mais même ça ne te satisfait point. Tu as pourtant réussi à atteindre ton but, mais même ce qui devait être une victoire a un goût de... Rien.
Et il finit par parler. Il crache des mots sur un ton froid, mais ça ne t'affecte même pas. Il te demande qui tu es. Qui es-tu, alors ? Tu ne sais même pas si tu as envie de le lui dire. Qu'est-ce que ça peut bien lui foutre de toute façon...
Tu finis par te tourner complètement vers lui, et un autre de ces sourires mystérieux et qui ne présagent rien de bon dont toi seule à le secret, apparaît sur tes lèvres couleur de sang. Je sais ce que tu essaies de faire, Lili... Tu essaies de tromper ton ennui. Tu te mens à toi-même. Tu te dis que, peut-être, tu retrouveras le goût du mal en t'en donnant la peine. Mais cela en vaut-il vraiment le coup...


" Qui je suis. Quelle importance ça peut avoir ? Que je sois une des chiennes de ton Chef, une inconnue Brainstormers, l'ennemie de la Reine Rouge ou la cousine de Maeda, franchement... A quoi ça peut bien t'avancer de savoir qui je suis ? Ça ne te fera pas oublier ce que j'ai fait ressurgir. Au contraire, en fait. Tu veux passer ton temps à penser à moi, pour essayer de me retrouver et me faire payer, ou même simplement m'éviter ? Ça ne te fera que penser davantage au flot tourbillonnant d'immondices qui tenaille ton esprit et ton petit cœur meurtri. "


Court silence. Tu passes une main nonchalante dans tes longs cheveux bruns; détournes le regard.


" Quoique, je serai ravie d'être ainsi au coeur de ton attention. Quel privilège ce serait, alors ! "


Rire mielleux. Empoisonné. Vipère...


" Beaucoup de gens savent qui je suis. Tu n'auras qu'à les trouver, et leur demander. "

Tu tournes la tête vers lui. Plonge ton regard dans le sien, tandis que ce sourire vil déforme tes lèvres, sans rien enlever de sa beauté à ton visage. Tu laisses de la monnaie sur le comptoir, puis vient effleurer du revers de ta main fine, le visage calciné du Crâmé, tandis que tes pas t'éloignent de lui. Ta voix s'élève alors, prise entre facétie et abjection, sournoise.

" Je ne m'amuse plus ici... Tu as été un bien piètre jouet. "

Et les tintement de tes talons retentissent, puis se perdent, s'éloignant de la créature qui jusque-là n'était qu'une proie comme une autre. Tu es cruelle, vile chatte qui joue avec ce qui lui est vital. Mais malgré tes mots, tu n'espères qu'une chose, lorsque tu passes la porte du bar pour te retrouver dehors: que la faible petite proie t'arrête, et tente d'échanger les rôles.

Violence...



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MessagePosté le: Jeu 2 Mai 2013 - 20:39    Sujet du message: No Hope, I'm Merciless [PV Sid] Répondre en citant

Bon désolée pour une reprise de rp, c'est pas super long et ça fait pas trop trop trop avancer mais je trouvais l'attitude de Sid trop épique et j'me suis trop marré en écrivant alors voilà xD on reprend en beauté !



Putain, elle fait que parler. Désormais accoudé au bar, soutenant sa tête d'une main, il désespérait. La fatigue s'immisçait, le contre coup du sang perdu suite à la bagarre, le contre coup de cette montée de nerfs intense. Dans sa tête, une seule question, dont l'écho rebondissait sur chaque parois de son crâne. « Qui c'est ? ». Pourquoi en une seule phrase, elle avait réveillé tout le désarroi qui dormait dans le corps du blond. Putain mais pourquoi elle était là, pourquoi elle lui avait parlé. La journée avait déjà été bien merdique. Complètement nulle. Voilà qu'une fille de satan venait les lui briser avec sa petite voix sensuelle, complètement viciée. Il tira nerveusement sur sa cigarette, se retenant d'envoyer valser tout ce qui lui tombait sous la main.

Elle avait terminé son baratin, Sid n'avait même pas écouté. Il en avait marre. Il était fatigué, et tout semblait soudainement être plus bruyant, plus lourd. Comme pour exacerber sa fatigue encore plus, et le faire craquer d'avantage. Malgré son détachement de la réalité, le balafré saisit quelques mots au passage, et se risqua à y prêter une légère attention.

- Quoique, je serai ravie d'être ainsi au cœur de ton attention. Quel privilège ce serait, alors !

Il ria, sous cape. Faisant tomber un petit mégot dans le cendrier.

- Tu peux rêver ma vieille.

Nouvelle bouffée. Ses pensées se calmaient, il arrivait à faire bouclier. Peu à peu, malgré son agacement, il parvint à retrouver le calme. Ses muscles se détendirent, sa respiration se fit moins saccadé. Ouais, ça allait mieux. Doucement mais sûrement. Il évita même de repenser à la crise précédente, se focalisant sur l'instant présent, même s'il était chiant. Un petit mouvement sur le côté, tournant légèrement les yeux, il vit la brune se lever, poser des pièces sur le comptoir, et se diriger vers la sortie.
Sidney eut le malheur de croire que c'était enfin terminé quand il sentit une main froide sur sa cicatrice faciale. Il esquissa un violent mouvement de recul, saisissant au passage le poignet de la fille.

- Dégage putain!..

Sa voix était très faible, mais il ne s'en rendit même pas compte.

- Je ne m'amuse plus ici... Tu as été un bien piètre jouet.

Lui tournant le dos, elle avança de nouveau la sortie. Emportant avec elle ses mains froides et sales, malgré leur blancheur à l'apparence enchanteresse. Par curiosité, tenant toujours sa cigarette entre les doigts, il compta combien elle avait laissé en monnaie, pour son cocktail pourri. Elle avait mit quelques pièces en trop, et histoire d'être chiant lui aussi, il lui lança sa pièce de trop sur l'arrière du crâne tandis qu'elle allait sortir.

- Ça coûte pas autant un cocktail aussi dégueu !

Sur ses mots, il tira encore sur sa cigarette, avant de l'écraser dans le cendrier. Pour une fois, il n'en alluma pas une nouvelle immédiatement. Il laissa le temps à la nicotine d'agir longuement. En fait, il avait la flemme d'ouvrir son briquet. Assez d'emmerdes pour la journée, c'était bon, il avait le quota.
Il commanda juste une bière.

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MessagePosté le: Sam 25 Mai 2013 - 17:21    Sujet du message: No Hope, I'm Merciless [PV Sid] Répondre en citant

Bruit sourd, étau de métal, ta tête est sous l'emprise de ce mal abject et te tenaille, pareille à l'étreinte funeste de millions de bris de verre. Mais rien n'a le pouvoir d'ôter ce sourire malsain qui étire tes lèvres sanguines, rien, ni la douleur, ni la colère, ni le chagrin ; pas même le vide. Et comme si le temps s'était arrêté, tu te retournes, insensible au monde qui vous entoure, fixe ce mâle, ce balafré, de tes prunelles océanes... Il n'y a plus que vous deux. Toi, et lui, perdus au milieu d'un monde qui feint d'avancer mais que tu perçois immobile, silencieux, comme mort. Ton regard pèse sur sa silhouette fine alors qu'il se tourne à demi vers le bar, et je te sais attentive à ces sons étranges qui te parviennent, l'écoulement saccadé de ton sang dans tes veines, les battements, sourds, de ce coeur enchaîné aux tréfonds de tes entrailles. Et cette mélodie funeste s'élève en un écho vague dans ta tête, lamentation d'un esprit tortueux prisonnier d'un corps fou. Et ce sourire qui persiste...
Ça n'était qu'un geste vain pour regagner un peu de son égo perdu, un caillou lancé au géant de pierre après qu'il ait eu le dos tourné. Mais le géant est loin d'en avoir terminé avec la vermine qui lui servait de jouet. Le géant a besoin de tellement plus encore pour assouvir son désir d'exécration.

# Bien, bien, bien, Sidney... On dirait que tu ne veux pas me laisser partir impunément... #

Et j'entends tes pas raisonner de nouveau sur ce sol de béton, démarche langoureuse, bercée par la mélodie qui tient ton esprit en éveil. Sirène des terres, tu t'avances jusqu'à lui, sens son attention revenue à toi, son exaspération refluer de tout son être, et tu poses une main sur le comptoir, tiens face à cet adolescent au regard rugueux et la mine encore mutine. Tu approches ton visage du sien, lui force ce sourire pernicieux qui est le tien, n'affiche ni colère ni haine, juste cette lueur, cette même petite lueur qui animait les perles de tes yeux à tes tous premiers mots pour lui. Le désir du jeu.

Cliquetis métallique. Petit bruit sourd. La flamme jaillit entre toi et lui, s'échappant d'un zippo tenus entre tes doigts fins, et je te sens bouillonner intérieurement, tressaillir à l'idée de voir comment le petit homme du feu réagira face à l'élément destructeur qui a rongé sa chair et sa vie.

" On dirait que tu n'as pas tant envie que je te laisse à ta solitude, trésor... Mais il va falloir me jeter bien plus qu'une misérable petite pièce pour t'acheter ma compagnie. Envie de tenir le pari ? "

Susurrés dans un murmure, tu éloignes alors lentement ton visage de la proximité qui vous unissait, puis fait danser la flamme du zippo au bout d'un bâtonnet de nicotine venu s'insérer entre tes lèvres. D'un mouvement limpide, gracieux, tu viens de nouveau t'adosser au bar. Ton regard court sur le visage du jeune Jenkins/Sercen, et tu effaces alors lentement ce sourire sournois qui ornait ton visage depuis lors. Un instant, tu détaches ton attention de lui pour t'intéresser au monde alentour, laissé sur Pause, et la vie reprend. Tu ouïes les mots qui se lancent, accroches les regards, observe les quelques mâles prêts à s'offusquer du comportement que ce gamin a eu envers toi. Et tu as envie de te rire d'eux, tous, ces vermines insignifiantes, car ce gamin, pour toi, a bien plus d'importance et de signification que chacun de ces misérables petits vers. Lui a su attiser ton intérêt, lui a ce vide en lui qui t'attire comme un aimant. Il est un de tes semblables, bien que lui soit déjà détruit au plus profond de son être.

" Je me demande si en continuant mon petit jeu je vais réussir à te faire perdre de pied. "

Ton regard se pose de nouveau sur lui, profond, sondeur, perçant même. Et sans esquisser un seul sourire, ces lèvre de géhennes reprennent, alors que ton corps tout entier bascule à nouveau vers lui. Et dans un murmure, susurré à son oreille...

" Est-ce que je saurai te faire sombrer dans la violence et emporter tout ce bar dans un bain de sang...? "

Petit rire. Vague. Tu te retires. Sourire mesquin.

" Ce serait bien présomptueux de ma part, n'est-ce pas... Car... Tu es capable d'endurer beaucoup plus de mal que ça, me semble-t-il... "

Ta main libre vient de nouveau se poser sur sa poitrine, cette cicatrice encore béante malgré les apparences. Et tu attends le rejet. Et tu attends la réaction.

# Que tu tombes, ou non, dans mon piège, tu es déjà prisonnier de ma toile... #


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:17    Sujet du message: No Hope, I'm Merciless [PV Sid]

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