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Pseudo City: Chapitre 2 - Dégats collatéraux
 
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[PV Lessa-sama]

 
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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Ven 10 Juin 2011 - 21:52    Sujet du message: [PV Lessa-sama] Répondre en citant

Rachmaninov. La douleur. L'agonie. L'émergence d'une torpeur de laquelle il aurait préféré rester à jamais prisonnier. Puis la démence. Une gigantesque anamnèse, les souvenirs d'un passé tortueux qui défilent. Si beau. Si sinueux. La magnificence d'un génie russe. C'est le Concerto pour Piano n°2, Do Mineur. Moderato. Et je tressaillis, fébrile, sous cette amalgame de beauté et de sentiments. La tourmente va si bien aux artistes. J'en suis encore en émoi, alors que la musique s'est arrêtée. Un court instant de silence, puis s'amorce l'Adagio Sostenuto.

Je baissai le volume de ma chaîne hi-fi, offrant à mes voisins un instant de répit. La plus belle partie du concerto était la première. A mon sens en tout cas. Peut-être parce que j'estimais la douleur, et la violence dans la musique, la tristesse et la vésanie. Si délectable, j'en frémissais encore.
Un coup d'œil à l'horloge accrochée au mur, et je constatai l'heure avancée de ce que je croyais encore n'être que le matin. Bientôt quatorze heures. C'était le moment ou jamais, plus tard il y aurait peut-être trop affluence dans les rues de la ville et s'y balader n'en deviendrait qu'une corvée des plus harassantes.
Allongée à moitié nue sur le parquet du séjour, je fixai le plafond encore un instant, désespérément blanc, puis me relevai pour rejoindre ma chambre. J'enfilai un slim noir, ornai mon buste d'un corset de même couleur rehaussant avec concupiscence ma poitrine blanche, cernai mes yeux de noir, arrangeai vaguement mes longs cheveux, puis filai jusqu'à l'entrée de l'appartement. Rachmaninov exprimait sur son piano la délivrance de son mal, et, bien que ne préférant pas cette partie là du concerto, je décidai de rester encore un instant, les yeux clos, à écouter ce morceau empli du soulagement d'avoir pu échapper à la géhenne. Il était si bon de s'abandonner au chant sinueux du piano sur lesquelles dansaient les mains de ce génie abattu. Encore quelques longues secondes, je me laissai bercée, avant de laisser là mon amour inconditionnel pour la musique. Carton à dessin sous le bras, j'enfilai mes escarpins noirs, puis quittai l'appartement, perchée sur mes talons.
Au dehors, c'était un temps presque orageux qui alourdissait le ciel de ses sombres nuages. J'aimais ce genre d'atmosphère, lourde...
Le pas vif, je me hâtai de rejoindre les rues du quartier sud, pour finalement arriver là, devant ce magasin, ou plutôt ce salon bien particulier.
C'était la première fois que je venais la voir depuis qu'elle était devenue la nouvelle Reine des Dashingers, incarnant la beauté des siens avec une perfection pour ainsi dire déconcertante.
Bercée par les battements lents de mes talons fins cognant sur le sol, je pénétrai dans le local puis cherchai des yeux la grande, la magnifique Alessa Tchaïkovski. Et elle se tenait là, dans un coin du local, sortant d'on ne savait où, et sa prestance, sa vénusté, m'en faisait presque chaud au corps.
Je souris, imperceptiblement, attisée par tout ce qui faisait d'elle une femme désirée.


" Il paraît que tu as asservi le monde depuis la dernière fois que l'on s'est vues. "

Je m'avançai vers elle, déposai mon carton à dessin contre son comptoir puis m'y accoudai. C'était quelque chose que je ne contrôlais presque pas, ce désir constant de flirter avec elle. C'était un jeu addictif auquel je ne décrochai plus. Il me suffisait de la voir, et je la voulais. C'était Alessa Tchaïkovski. N'importe qui d'autre aurait pensé la même chose que moi.

" Je t'ai ramené mes dernières esquisses... "



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MessagePosté le: Ven 10 Juin 2011 - 21:52    Sujet du message: Publicité

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Alessa Tchaïkovski
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MessagePosté le: Ven 24 Juin 2011 - 23:55    Sujet du message: [PV Lessa-sama] Répondre en citant

C'est une journée de m.rde. Il fait lourd et surtout j'ai les oreilles assaillies par d'affreux bourdonnements. Un peu comme si un nid de frelons s'était installé dans mon crâne. Ou bien comme si on avait branché mon cerveau à une sono en panne qui grésille. C'est ultra désagréable comme sensation, vous savez ? Encore, ça, ça va. On s'y fait avec le temps et puis ça finit toujours pas passer. En revanche, l'écho dans ma tête, c'est pas la première fois que je l'ai, mais c'est toujours aussi ch.ant. Non, je ne déc.nne pas, j'entends comme un écho quand je parle.

- Plus jamais les concerts sans bouchons d'oreilles.

Dans ces conditions, vous vous imaginez bien qu'aujourd'hui je ne peux pas me permettre de tatouer ou de percer. Le salon reste quand même ouvert. Après tout j'ai d'autres tatoueurs de disponibles. Gossamer par exemple. Il faudrait que je lui parle d'un truc d'ailleurs à celle-là. Et puis je prends quand même les rendez-vous et répond au téléphone. Ce n'est pas que je sois particulièrement en manque d'argent, bien au contraire, c'est juste que je mets un point d'honneur à bien entretenir le salon qu'Artion m'a laissée. Mine de rien, il y a beaucoup de choses, de gens qui m'ont toujours paru futiles, superflus. Et puis il y a le reste. Ces autres petites choses qu'on zappe d'habitude ou qu'on fout en second plan la plupart du temps, mais quand on prend la peine de s'arrêter dessus on remarque qu'elles nous sont bien plus précieuses que le reste. Par exemple ce briquet en forme de collier Vivienne Westwood autour de mon cou. C'est plus qu'un bijou de marque. C'est un présent. Comme ce salon. Et ils viennent tout deux de personnes à qui je souhaite du bien. Ne cherchez pas. Je suis trop fière pour admettre aimer ou même avoir de l'affection pour quelqu'un. En revanche, je pense pouvoir affirmer que ça me ferait plutôt c.ier de perdre ou de voir crever. Entre autres...
Je passe une main dans ma tignasse que j'ébouriffe un peu. Est-ce moi ou mes mèches sont de plus en plus ternes ? Il me semble bien que le rose tire maintenant sur une espèce de rouge un peu roux. C'est pas dégueu, mais je préfère mon rose pétant qui n'allait avec rien du tout. Sortant un paquet de clopes de ma poche, j'attrape le grand cahier noir dont la couverture est recouverte de photos de tatouages et le feuillette vite fait. Heureusement pour moi, y'a pas grand chose aujourd'hui. Il faut dire que l'été c'est pas trop la saison des tatouages et piercings parce que les amateurs ne viennent pas se faire trouer ou encrer après le mois de juin étant donné qu'on déconseille la bronzette et la piscine à nos récents clients. Ceci dit, y'a un nom soigneusement écrit et même souligné en rouge. Ça veut dire que c'est quelqu'un d'important.


- Elizabeth Hidwell.
Ça fait un moment que je l'ai pas vue celle-là. En relisant son nom, un sourire apparait machinalement sur mon visage. J'ai hâte de voir ce qu'elle a à me montrer. Ses dessins se vendent bien. Même si j'aime pas encrer des modèles déjà tout faits à la chaîne, je dois dire que j'apprécie beaucoup son travail.
La clochette de la porte d'entrée sonne. Missile vient file accueillir le nouveau venu en remuant la queue... Ou devrais-je dire la nouvelle venue ?



- Il paraît que tu as asservi le monde depuis la dernière fois que l'on s'est vues.
Quand on parle du loup tiens. Le sourire sur mes lèvres s'étire un peu plus, révélant une paire de quenottes parfaitement blanches et alignées.

- Tout à fait ma belle. Mais tu sais, dominer le monde c'est crevant comme boulot alors j'ai laissé ma place.
Elle s'approche de moi, sensuelle. Beaucoup plus qu'auparavant. C'est sûr, elle a changé ma magnifique Elizabeth. En mieux. Je n'ai plus besoin de chercher en elle pour y trouver la sublime jeune femme qu'elle cachait autrefois. Un peu plus de maquillage, des vêtements plus saillants, de l'élégance dans les manières, la gestuelle. Tant de petits plus qui font le charme d'une femme. Ce qui n'a pas changé, c'est bien la lueur mutine de son regard. Je prends toujours un malin plaisir à essayer de sonder toutes les nuances, les reflets qui scintillent dans ces yeux céruléens. Inéluctablement attirée par le bleu de ses iris, je me penche sur ma somptueuse Elizabeth et m'arrête de son visage à quelques centimètres à peine.
- Mais pour toi, je mettrais le monde à feu et à sang si tu me le demandes gentiment.
Plus qu'une habitude, c'était devenu un jeu entre nous. Jeu ô combien dangereux mais trop tentant pour être abandonné et qui jusqu'ici, n'avait jamais eu de conséquences. Nous nous cherchions toutes deux, sans cesse, mais sans jamais tirer de conclusions. Implicitement, cela devait être une des règles de notre petit manège. Règle essentielle pour que ce dernier continue de tourner sans dysfonctionnements je suppose. Au fond, c'en était presque innocent.

- Je t'ai ramené mes dernières esquisses...

Me détachant à demi-regrets de son hypnotisant regard, je prends la pochette qu'elle a posé sur le comptoir et fais mine de l'ouvrir, geste qui trahit mon impatience.

- Je brûle de curiosité. Que m'as-tu apporté cette-fois ci ? Je peux ?

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MessagePosté le: Lun 8 Aoû 2011 - 19:13    Sujet du message: [PV Lessa-sama] Répondre en citant

Au dehors, j'entends le ciel chargé de nuages gronder. On dirait bien que j'ai évité l'averse de justesse, désormais en proie à une prédatrice vorace et certainement plus hargneuse que n'importe lequel des orages; certainement plus houleuse, plus forte, plus impressionnante. Plus apaisante.
Je te fixe alors que tes exquises prunelles se plongent dans les miennes, et je me maudis presque de ne pas être revenue te voir plus tôt. Ta beauté, ta concupiscence, ta présence... Les retrouver ainsi imprègne mon corps d'une indicible chaleur. C'est difficile de se l'avouer. Mais tu m'as manquée.
Moi, qui suis pourtant si insensible, découvre soudainement l'attachement, aussi infime soit-il. C'est que nous avons vécu tellement de choses, plus insensées les unes que les autres, toi et moi... Je serai bien incapable de tirer un trait définitif sur tout cela. Le passé est ce qui fait de toi celle que tu es aujourd'hui. Alors d'une certaine façon, peut-être es-tu un de ces éléments qui m'a permis d'être la Elizabeth que tu connais. Ou peut-être l'ai-je toujours été. Qui sait...
Je regarde tes lèvres s'étirer et offrir à ton visage une expression aussi splendide que ton petit être, et je souris à mon tour, inexorablement. Comment rester insensible à telle vénusté ? C'est tout bonnement impossible. Et ta voix s'élève dans les airs, cette voix à la fois douce et rauque, à la fois tendre et violente. Tu es si parfaite.


- Tout à fait ma belle. Mais tu sais, dominer le monde c'est crevant comme boulot alors j'ai laissé ma place. Mais pour toi, je mettrais le monde à feu et à sang si tu me le demandes gentiment.

Tu as gardé cette façon de parler qui t'es propre, cette tendance à prouver ta valeur tout en séduisant. Tu manipules si bien les mots... Pas étonnant que tu sois parvenue à décrocher la couronne et que tu sois sacrée Reine Rouge. Tu as le charisme nécessaire à cela. D'une certaine façon, je crois que j'ai toujours su que tu atteindrais cette place qui t'es due.

" Mh ! Je pourrais t'offrir mon corps pour certain laps de temps... Tu penses que ce sera un geste assez gentil pour justifier de plonger le monde dans la destruction pour mes beaux yeux ? "

Je te souris, mystérieuse, amusée, aguicheuse. Ce jeu, encore et toujours. On se cherche, on se joue l'une de l'autre, mais on ne se touche pas. Tu es comme un fantasme à mon sens. Et le fantasme n'a plus lieu d'être s'il devient une réalité.
Je m'éloigne doucement de ton visage et me détache de l'emprise de tes prunelles sur les miennes. Alors que je te sens brûler de curiosité quant à mes nouvelles esquisses, je détaille les courbes de ton corps, comme pour me rappeler Ô combien elles étaient belles, comme pour m'assurer de n'en avoir rien oublié durant tout ce temps. Et je souris. Encore. Parce que ceux qui m'entouraient ont obtenu le pouvoir, la puissance. Deux amis, deux chefs de clan. Et je suis fière d'être celle qui aura permis cela. Mes deux trésors ont bien grandis... Ils ce sont épanouis.


- Je brûle de curiosité. Que m'as-tu apporté cette-fois ci ? Je peux ?

Un sourire en coin, un vague hochement de tête. Je suis incapable de décrocher mes yeux de ton corps, de tes propres prunelles. Je porte à peine attention à Missile, qui pourtant m'a accueillie comme une reine. La seule, la véritable, elle se tient là, devant moi.
Je te laisse découvrir mes nouvelles esquisses. Les premières sont des anciens modèles que j'ai pris la peine d'améliorer. La douzaine suivante reprend des esquisses un peu plus trash, gothiques. Des esquisses originales au trait fin. Pour tout dire, je me fiche que tu les utilises vraiment ou pas dans ton travail. Ce rendez-vous représente pour moi une occasion de venir te retrouver. Parce que nous savons l'une comme l'autre qu'il pourrait être malsain que nous nous voyions régulièrement. Toi qui est reine des Dashingers. Et moi, qui suis l'ombre de Shinji.
Quoique désormais je n'en aie plus que faire... Tu as dû le remarquer en me voyant pénétrer les lieux. Je suis redevenue la Lizzie d'autrefois, celle qui met en valeur ses formes et se fait remarquer. Je ne me cache plus. Il n'y en a plus besoin. Les pions sont en place. Les dés sont lancés. Ma patience fut une vertu, et désormais je n'ai plus besoin de garder le secret de mon identité.


" Je vais avoir une faveur toute particulière à te demander, ma Reine. "

Je souris, t'avise, puis baisse les yeux sur le carton à dessin. Je rassemble les esquisses que tu viens de voir, et les dépose à côté, sur le comptoir. Au fond du carton à dessin, une pochette, mise à l'écart. Lorsque je m'en saisis, je devine la curiosité te brûler de l'intérieur. Et j'aime ça, te faire attendre. Alors je dépose la pochette sur le comptoir, te regarde, te souris, glisse une main lascive sur ton visage d'albâtre. Puis après un court silence, vient susurrer à ton oreille.

" Je vais avoir besoin de tes mains d'expertes... Pour ceci. "

D'une main gracile, je tire une feuille de la pochette. Une autre esquisse. Tellement plus travaillée que les précédentes.
Une reproduction de la Dame de Coeur, possédant les mêmes délimitations que la carte à jouer elle-même. Dessinée dans un style gothique, une reine aux yeux cernés de noir et aux lèvres teintées, déformées par un sourire mesquin ; de longs cheveux sombres retombant sur tout son être avec élégance, deux cornes graciles de chaque côté de sa tête ; un décolleté aguicheur, un pendentif serti d'une rose descendant sur sa poitrine, et présentant entre ses mains un coeur. Humain. Baigné de sang. Le même que les deux, se tenant aux extrémités diagonales de ce qui délimiterait la carte à jouer, ceux-ci étant plus petits, et accompagné du Q de Queen, calligraphié en beau style gothique.
Une carte à jouer, celle de la Dame de Coeur. Celle d'une reine incitant au désir charnel, et menant à la géhenne. Un démon. Une succube, peut-être...


" Vois comme c'est ironique... Je demande à ma Reine Rouge de marquer ma peau de l'emblème de la Reine de Cœur. Es-tu prête à accepter ? J'ai de jolies choses à te proposer en échange... "

Je pose mes lèvres sur le lobe de ton oreille, en effleure ta joue, puis me recule doucement. Qu'il était étrange de te revoir après si longtemps. Et de te désirer autant.



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MessagePosté le: Jeu 22 Sep 2011 - 22:44    Sujet du message: [PV Lessa-sama] Répondre en citant

I would have killed everyone on our road.
♫♪

Mes doigts tapotent la pochette mais mes yeux sont figés sur la Souveraine. Mes paupières tombent, se renferment sur mes yeux pailletés d'or puis s'ouvrent. Elle me fait cligner des yeux. Comme un mirage. Cette nana est un mirage. Si j'essaye de la saisir, elle filera entre mes doigts comme de la fumée. Ça fait bien longtemps que tu t'es faite à l'idée, alors en attendant tu continues le jeu. Tease but don't touch. Tu taquines mais tu ne touches pas. Jamais. Parce que tu t'y brulerais les doigts. Tu le sais ça. Elle est pas de ton niveau et elle le sera jamais. Alors je la fixe avec un sourire cette déesse inaccessible, ce monument imprenable, cette catin impénétrable qui t'allume, te refroidit puis te réchauffe comme un briquet. Clic. Clac. Allumé. Éteint. Si j'étais un homme, elle m'aurait rendu fou. Il lui suffit d'un regard, d'un geste, d'un souffle pour qu'elle me rappelle à quel point je suis ridicule à ses côtés. Près d'Elizabeth, tu n'es plus rien. Que tu sois chef, larbin, maire, roi, empereur ou président. Quand elle se pointe, c'est à peine si tu lui arrives à ses délicates chevilles blanches. Qui que tu sois, tu te traines à ses pieds. Que tu veuilles l'admettre ou non. Si j'avais été un homme, si je n'avais pas été aussi fière avec ma peau encrée, mes orifices percés et mes cheveux colorés, je lui aurais tout donné sans rien attendre en retour. J'aurais vendu mon âme au Diable pour simplement pouvoir ramper derrière elle. Mais après tout, c'est peut-être elle le Diable.
Une fois de plus, elle m'a prise au piège de ses charmes. Je m'emmêle, me perds dans la toile de sa majesté. Je pourrais me noyer dans la pureté de ses iris. J'y plongerais sans maillot, sans bouée de secours, sans pompe à oxygène dans son océan oculaire si je ne me l'étais pas interdit. J'avais attaché mon âme sur cette barrière invisible qui nous séparait encore pour ne pas courir dans le chant mortel de cette belle sirène. Mon regard revient au carton à dessins. Je l'ouvre, enfin, y découvre ses esquisses soigneusement dessinées.


- T'as fait du progrès.

Il n'y a pas de mots, pas de phrases pour lui dire ce que j'en pense réellement. C'est beau. Simplement. Mais c'est ridicule de lâcher « C'est trop magnifique Liz ! » parce que ça n'exprime pas un centième de la réalité. La réalité c'est que ce sont une partie d'elle ces dessins. Dans chaque trait on devine la souplesse du poignet de l'artiste et les formes ont été placées avec cette minutie et cette sagesse qui lui sont propres. Et même dans les ébauches les plus gores, il y a ce mélange de délicatesse et de raffinement qui la dissocie également des autres. Chaque fois c'est la même. Quand je vois son travail, je me dis que c'est parfait et puis après, elle débarque avec d'autres oeuvres d'arts et ma vision de la perfection est de nouveau altérée. Où va-t-elle s'arrêter ? D'accord, je vois toujours des imperfections, des petits détails faux mais quand je regardais ce qu'elle faisait, je reconnaissais son personnage, sa personnalité, son charisme. Et à mon sens, c'était ça qui était parfait.
Je lève les yeux, les baisse, les relève. Je pourrais m'agenouiller et me redresser mille fois devant elle tant sa magnificence m'est grandiose. Cela fait longtemps que je ne l'ai pas vue comme elle l'était autrefois ma Liz. Et c'est douloureux de réaliser, de se souvenir à quel point elle est sublime. Je ne l'ai jamais oubliée sa prestance des beaux jours qui précédaient Pseudo City mais ça fait toujours étrange de baigner à nouveau dans cette espèce d'aura divine.


- Je vais avoir une faveur toute particulière à te demander, ma Reine.

« Ma Reine ». Quelque part ça sonne faux. Dans sa bouche, on dirait que ça me rabaisse. Je ne suis pas Reine, Liz, et tu le sais très bien. Pas par rapport à toi, l'Impératrice, la Conquérante. Mon trône est fait de plastique et de paillettes, de tout ce superflu grotesque et encombrant de cette ville alors que le tien, le tien est incommensurable. Elle domine tout. Sans couronne, sans trône, sans avoir besoin de ces accessoires, de ces titres prétentieux des suzerains habituels.
Je la laisse reprendre ce qui lui appartient. Elle trie, remet en ordre et lentement, très lentement pour me tenir en haleine sort une pochette cachée qui m'a échappée. J'étais trop éblouie par le reste pour oser rêver d'une autre de ses précieuses esquisses. Doucement, elle défait les élastiques. Je plains son amant, ses courtisans et tous ses lointains admirateurs. Elle sait si bien te tenir en haleine la Lisbeth, te mener en bourrique et torturer ta patience. C'est bien pour ça que je ne me risquerais pas à trop entrer dans son jeu. Je souffre bien assez de sa grandeur comme ça.
Fut un temps où je me demandais s'il y avait une chance pour nous deux. Ou plutôt pour moi. J'avais vite réalisé que Liz était comme moi. En pire. Dénuée d'amour sous les caresses et les belles paroles. L'âme sèche, le coeur vide sous cette belle poitrine blanche. En admettant que j'eusse réussi à l'aimer, elle ne m'aurait sûrement pas aimée en retour ou du moins que physiquement. Et j'avais déjà donné trop de fragments de mon coeur, moi l'avare, la cupide amante des nuits qui se veut tentatrice, pour me risquer à la laisser prendre plus de place dans mon coeur. Elle me rongerait de l'intérieur. Plus lentement, plus cruellement que n'importe quel autre être aimé. Et elle ne sortirait pas de moi avant d'avoir brisé mon coeur, d'en avoir broyé les morceaux et jeté les miettes par la fenêtre.
J'admire tellement cette femme dont je suis l'imparfaite copie. Imparfaite mais assez réussie pour ne pas qu'elle ne me fasse trop tourner la tête.

Le dessin apparait. J'en ai presque le souffle coupé. Avant même qu'elle ne m'explique ce qu'elle veut, je devine sa demande.


- Ça te correspond bien. On t'y reconnait.

Oui. On y voyait Liz dans toute sa complexité. Une Elizabeth percée au grand jour. Belle mais tellement dangereuse avec ses fines mains douces capables de se saisir du coeur de n'importe qui comme de le déchirer ensuite, son sourire moqueur, presque innocent mais terriblement attirant qui appelait à la passion et tous les vices qui s'y accompagnait.
Je prends la feuille avec grand soin. Ce dessin c'est comme un miroir direct vers l'âme de Liz. Peu de gens se connaissent aussi bien. Moi-même je serais incapable de me représenter, de me dépeindre ainsi en une seule esquisse.
Son souffle chaud résonne et chatouille mon oreille, puis je sens ses lèvres glisser sur ma joue. Mon sourire s'étire machinalement et je ferme les yeux quelques fractions de seconde, profitant de cette minuscule caresse. Il faut savoir profiter de ce que Liz donne.


- Tu sais que rien ne me ferait plus plaisir que de transpercer ta jolie peau de poupée, ma belle. Ai-je répondu sur un ton narquois. Mais oui, je n'avais tatoué qu'une fois Liz mais j'avais adoré. Pour une raison toute bête et même un peu malsaine. La seule fois de ma vie où je l'avais sentie à ma merci c'était quand j'avais percé son épiderme avec mes aiguilles. Mais elle n'avait pas cillé, pas tremblé sous le joug de mes instruments. Elle avait reçu son tatouage, son dessin, sa marque de mes mains sans trembler cette brave Majesté. J'avais jalousé cette aisance, cette assurance avec laquelle elle avait rendu les armes sur la chaise de ce salon ce jour-là.

- Tu veux la faire où ? Je pense qu'elle serait bien sur tes cotes. Ou au centre de ton dos, au niveau des dorsales.

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MessagePosté le: Lun 28 Nov 2011 - 18:18    Sujet du message: [PV Lessa-sama] Répondre en citant

Des perles d'or flottent dans son regard, et tu ne te lasses pas de les contempler, encore, encore... Elle est si belle. Son âme est si belle. A tes yeux, elle t'apparaît comme le plus pur des diamants. Brillante de magnificence, insaisissable, parfaite sous tous les angles. Sa capacité à aimer, tu l'as toujours jalousée. Sa liberté. Son insouciance. Elle a eu une vie pourrie. Bien plus pourrie que la tienne. Mais tu t'es toujours sentie prisonnière de ta propre vie, prisonnière de ton propre monde. Elle représente ce à quoi tu aurais aspiré si tout avait été différent. Sa vie a été pourrie. Mais elle en a profité. Elle en profite. C'est l'impression qu'elle te donne. C'est l'image amère qu'elle te renvoie. Vous êtes identiques elle et toi. Seules vos vies ont été différentes. Les circonstances. Tu as si souvent jalousé sa liberté... Tu aurais pu l'aimer autant que tu la détesterais, cette poupée de chiffon aux allures de porcelaine. Si belle.

- Ça te correspond bien. On t'y reconnaît.

Un sourire vague, encore cet air mystérieux sur ton visage. Tu l'avises l'air de dire "Ça correspond bien à l'image que tu as de moi, pas forcément à celle que je suis réellement". Tu la cherches. Tu veux soutenir son regard et enserrer son coeur de tes mains. Mais tu te contentes simplement de soutenir son regard. Ses deux perles d'or que tu contemples avec tant d'insistance. Tu as si souvent voulu posséder ses perles là, cette reine sublime. Sa beauté, son corps, elle t'a si souvent incitée au désir charnel. Et toi, tu as si souvent résisté à la tentation. Mais Dieu, ce que tu aurais voulu la posséder toute entière. Une fois. Une seule. Rien qu'à toi.
Tu la contemples dans le moindre de ses faits et gestes. Elle observe tes dessins, montre à peine son admiration. Elle est si forte pour cacher ses sentiments, cachée si loin et derrière tant de barrières invisibles et pourtant incassables. Tu aurais sans doute pu l'aimer. Mais ai-je seulement le coeur nécessaire à cela....


- Tu sais que rien ne me ferait plus plaisir que de transpercer ta jolie peau de poupée, ma belle. Tu veux la faire où ? Je pense qu'elle serait bien sur tes cotes. Ou au centre de ton dos, au niveau des dorsales.

Tu finis par quitter son visage du regard ; ce serait presque une insupportable déchirure de ne plus pouvoir contempler ses traits sublimes, pourtant tu restes maîtresse de toi-même, tu tires les ficelles, tu es la meneuse de ce terrible face à face: c'est toi qui décides quand plonger ton regard dans le sien et la faire sombrer dans le bleu océan de tes prunelles envoûtantes, toi qui décides quand séparer cet infime lien qui unit vos deux corps, toi qui décide quand elle doit se délecter de ce que tu lui offres, et ne pas montrer sa déception lorsque, cruelle, tu t'arraches à elle.
Et lentement, tu fais glisser une de tes mains fines et graciles sur la pochette gardienne de tes œuvres. Un sourire malin s'éprend de tes lèvres aguicheuses, et tu opines, brièvement. Elle sait y faire, la belle reine rouge. Elle connaît bien son métier. Elle a un excellent sens de l'esthétique. Tu aurais presque pu lui laisser cette esquisse de toi-même et ton corps, en toute confiance ; elle ne t'aurait pas déçue.


" Je me disais qu'orner mes cotes de cette déesse infernale était une option plaisante... Il est agréable de constater que nous pensons de la même façon. "

Tes lèvres s'étirent à peine plus, tu te délectes de ta propre ironie. Jamais elle et toi ne penserez de la même façon. Elle le sait. Tu l'espères. Trop différentes pour être similaires, et pourtant trop similaires pour être opposées.
"Quelle douce antinomie toi et moi créons, ma douce... Si délectable et pourtant si amère à la fois..."
Tu te détaches du comptoir, t'approches des murs du salon où de nombreuses esquisses sont exposées en guise d'exemple et de trophées. Tu les observes, un instant sujette au mutisme, mais ce rare sourire sibyllin ornant ton visage.
Un silence long flotte dans l'air ; tu cherches à attiser sa convoitise, sa curiosité. Tu tournes à peine le regard vers elle.


" Quand penses-tu pouvoir m'appliquer ce nouvel être d'encre ? "

Une visite anodine. Un rendez-vous pris de longue date. Pourtant, tu as des tas de questions à lui poser, des tas de choses à lui dire. Peux-tu nier l'évidence en ne lui exposant que des faits futiles ? Ou déterreras-tu les fantômes du passé pour aborder des sujets plus captivant ?
Tes pas te guident à nouveau vers elle. Tu fais le tour du comptoir, langoureuse, impénétrable, effleure la peau de son visage du bout de tes doigts, sans même la regarder. Puis, lui tournant presque le dos, tu rajoutes, calculatrice:


" On dit que tu as fermé tes portes aux petits occidentaux... Depuis quand Alex ne t'a-t-il pas donné de nouvelles ? "

Alex. Sujet délicat. Le sourire malicieux qui tu arbores n'augure rien de bon. Tu sais pertinemment qu'Alessa n'a jamais vraiment porté cet homme dans son coeur, elle qui connait le lien étrange qui vous a uni, cette insupportable complicité, comme si vous n'aviez toujours formé qu'un, comme si vus n'aviez toujours été fait que pour être avec l'autre. Elle, avec qui tu n'avais plus abordé le sujet depuis cette fois où tu lui avais fait promettre de ne donner aucune information te concernant à celui qui avait partagé vos vies quelques années durant. Toi qui avais alors décidé de disparaître aux yeux de cet homme à qui tu avais tant donné en dépit d'Alessa, toi qui lui avais laissé croire qu'il n'était plus rien pour toi - si seulement il avait représenté quelque chose auparavant -, tandis qu'elle avait le droit d'encore exister dans ton monde.
Avais-tu joué avec elle, alors ? Tu avais simplement fait un choix. Celui d'abandonner complètement Alexander, et de continuer à vivre sans lui.
Alors... Pourquoi mentionner à nouveau son nom, pourquoi, après ces années de silence à son sujet ?


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:14    Sujet du message: [PV Lessa-sama]

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