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Pseudo City: Chapitre 2 - Dégats collatéraux
 
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[RP Sephy] Nameless Topic

 
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Alexander Taylor
Chef des Sinewyers

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MessagePosté le: Sam 2 Avr 2011 - 20:50    Sujet du message: [RP Sephy] Nameless Topic Répondre en citant

Air chaud. Nuages s'amassant au-dessus du quartier ouest. Atmosphère lourde.
Taylor se traînait dans les rues sordides de son quartier. Cigarette à la main, il venait de quitter le bar de Louis où il avait eu quelques comptes à régler avec un certain Gary qui se vantait un peu trop de faire dans le trafic d'armes. Personne ici ne touchait aux armes. Personne, parce que c'était Taylor qui fournissait. C'était bien connu qu'ici, c'étai lui qui en possédait le plus, et de bien belle qualité. Jouer sur son terrain, c'était signer son arrêt de mort. Gary ne devait pas être au courant pour avoir joué à ça. Le dernier à avoir essayé s'était fait éclater la cervelle dans les chiottes de Chez Louis. Taylor n'avait pas manqué de faire remarquer les traces de sang séchées sur le carrelage moisi des toilettes puantes de l'établissement, à Gary. Et ce dernier n'avait d'ailleurs pu voir qu'elles, étant donné la manière avec laquelle le leader de l'ouest y avait écrasé sa face galeuse de mauvais trafiquant ; et le caïd ne s'était arrêté d'appuyer sur sa tête que lorsqu'il n'avait plus rien entendu craquer: ni le nez qui s'enfonce dans la face, ni les dents qui se détachent de leur réceptacle, ni la mâchoire qui se fissure - à moins que ça n'ait été le crâne.
Une fois encore, ça avait fait sérieuse impression. Taylor se demandait combien de fois Louis avait eu à nettoyer le sang qu'il avait répandu dans son bar. A lui tout seul, il y avait bien de quoi remplir un fourgonnette ou deux des établissements de don du sang.
Mine de rien, ça faisait du bien de cogner un peu, de refaire la loi dans ce quartier pourri parti à la dérive.
Une latte sur sa cigarette, et voici que notre leader arrivait sur une petite place où plusieurs groupes s'adonnaient à la même et habituelle oisiveté: quelques pétards, de l'alcool, des putes - peut-être n'étaient-elles que de simples filles du clan, mais à les regarder, Taylor ne voyait pas la différence -, des insultes, quelques coups, certains balancés dans le vide, et d'autres pas. Bref. Une journée comme les autres dans ce quartier comme les autres.
Portant sa cigarette à ses lèvres, le caïd observa un des groupes en silence. Parmi eux un type qui avait bien trop souvent tenté de le descendre. C'était sans doute une mauvaise idée de rester dans le coin. Pourtant, quelque chos ele clouait sur place. Un combat de plus, ça le tentait bien notre caïd... Tirant sur sa cigarette presque terminée, un sourire carnassier s'étira sur ses lèvres. Après tout, il ne s'était pas tant battu aujourd'hui. Juste une crâne fracassé contre les carreaux blancs de chiottes puants, ça comptait pas comme de la baston, si ?
Et il semblait presque inutile de chercher à provoquer cet abruti d'Evan. Son simple sourire de merde avait suffit à le ramener devant le colosse qu'était son chef. Taylor ne supportait pas ce type, sa vanité, son impression de croire qu'il était le roi du monde, son besoin viscéral de croire que même son chef ne pouvait pas le battre.
Et voilà qu'un premier coup de poings s'abattit dans l'estomac du caïd. Le chef se laissa faire, se penchant sous l'effet du choc. Puis un rire mauvais s'empara de lui tandis qu'il se relevait. Il fixa Evan d'un regard assassin, puis tira une nouvelle latte de sa cigarette.


- Tes coups font toujours aussi mal, petit merdeux.

De l'ironie. Il se foutait littéralement de sa gueule. Evan ne sembla même pas le comprendre. Taylor l'avisa, approcha son visage du sien et lui cracha sa saloperie de fumée dans la tronche.

- T'en as pas marre de te faire éclater ?

Et le premier coup partit. Le même direct dans le bide que celui que venait de lui flanquer ce petit con d'Evan, mais avec une force deux, trois, ou même quatre fois supérieure. Et comme s'il considérait qu'il avait pas le droit de s'effondrer après si faible coup, il enchaîné avec un crochet direct au visage. Sentir les os craquer sous ses poings, y avait rien de plus jouissif.
Il plongea une main dans sa poche. Le type était sur le point de s'écraser sur le sol. Taylor l'aida à y atterir plus vite: avec rapidité, il déposa une de ses rangeos sur le bas ventre d'Evan et en un mouvement le plaqua avec force contre le goudron chaud.
Ting, ting, ting. Fin du combat. C'était même plus drôle de se battre avec ce type. Une dernière latte sur sa cigarette et il lui écrasa le mégot sur le front pour terminer sa séance d'humiliation publique.

# Putain, et parmi ses pourris de potes, y'en a pas un qu'est fichu de venir l'aider... Clan de merde ! #

Le temps de se détacher d'Evan, il tira une nouvelle cigarette de son paquet. Sérieusement, un jour faudrait vraiment qu'il réponde aux conneries de Shin et qu'il se paie un bon combat avec lui. Fallait croire qu'ici y avait plus personne capable de se mesurer à lui. Peut-être que parmi les nouveaux un jour il trouverait son bonheur...
En parlant de nouveau... La fille qui venait de débarquer sur la place, il se rappelait pas l'avoir déjà vue auparavant. Putain, mais c'était quoi ça, encore une pute venue écarter les jambes au premier mec capable de lui fournir sa came ? C'était pitoyable, toutes ces gamines à moitié à poil dans la rue.
Il tira son zippo de la poche de son treillis. Un cliquetis et une flamme qui se balance au bout de l'objet en argent. Bientôt, elle crame la cigarette que le caïd tend entre ses lèvres. Ca sonnait comme le début d'un nouveau moment épique de sa journée. Ou une nouvelle merde qui lui tomberait sur le coin de la gueule... Quoiqu'il en soit, il était pas enocre prêt de se reposer.


Bon, je t'annonce que je meurs de faim et que j'ai pas le courage de relire, alors tu te débrouilles avec ça.
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MessagePosté le: Sam 2 Avr 2011 - 20:50    Sujet du message: Publicité

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Sephy Hunter
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MessagePosté le: Lun 11 Avr 2011 - 18:25    Sujet du message: [RP Sephy] Nameless Topic Répondre en citant

Je souffrais. Tous mes membres étaient non seulement douloureux, mais aussi incroyablement lourds, comme si les lois de la Physique n'intéressaient plus mon corps. Les effets du manque de poudre de vie n'en avaient que faire du fait que j'étais en train de me tracer un chemin bien périlleux, dans une jungle de malades tous prêts à me démonter, pour les informations très précieuses, que je détenais. J'avais la chair de poule, un détail qui me rappelle fréquemment Mike. Avant tout, c'était Mike qui m'avait fait découvrir les plaisirs de la drogue dure. Et rien de plus sacré que la Reine des Drogues, s'affichant dans une robe de blancheur éclatante, que je préfère savourer par injection intraveineuse. L’aiguille pénètre dans notre veine, et nous ressentons l'extase presque instantanément. Maligne, elle nous fait alors doucement perdre le contrôle ... La seringue se fracasse contre le sol dur et immuable, mais nous, nous nous envolons vers un monde plus avantageux, tout en défiant le temps, le stress, et toutes les autres choses qui nous exaspèrent à longueur de journée. L'euphorie qui s'empare de notre être entier s'éteint généralement après quelques heures. Bien évidemment, certains cas démontrent que l'on peut réellement passer une journée entière à profiter des qualités de la poudre de vie. Malencontreusement, je ne me suis jamais trouvée dans une situation pareille. Peut-être que les doses que je prends ne sont pas assez abondantes ? Je n’en sais rien. Pour l’instant, j’aurais tout fait rien que pour quelques petits grammes. Je fouillais mes poches … vides. Pareil pour mon sac. Je pouvais donc en conclure que je n’avais pas une tune sur moi. A quoi étais-je en train de penser ? Je ne pouvais pas réfléchir à me procurer de la poudre maintenant, je devais trouver le Chef des Sinewyers et lui filer les photos ! Mais à quoi ressemblait-il ? Et où pouvais-je le trouver ? J’étais complètement perdue.

Les gens me reluquaient bizarrement dans la rue. J’étais pourtant éblouissante, comme toujours … Quel était leur problème ? J’avais mal aux jambes et au dos, comme jamais auparavant. Mes muscles brûlaient, comme si les flammes avaient dévoré le sol pour les lécher avec gloutonnerie. Je m’arrêtais, et j’examinais mes jambes, inquiète. Rien. Pourtant, j’avais toujours mal. Combien de mètres s’étaient déjà étirés derrière mes pas ? Probablement très peu … A ce moment-là, mon regard heurta la vitrine d’un magasin quelconque, et je vis la source des regards indiscrets qui venaient dans ma direction depuis quelques minutes. Mon teint hâlé était devenu une pâleur digne d’un zombie du pire des films d’horreur à petits budgets. Quant à mes yeux ébène, ils étaient vitreux, et entourés de larmes immondes qui faisaient couler mon maquillage. Mais quelle était cette aliénation ? Je passais mes mains sur les paupières, et frottais ma peau pour effacer ne serait-ce qu’un peu de mascara. C’est à ce moment-là que mon portable vibra dans l’une des poches de ma jupe plissée. Merde, qui était apte à m’envoyer un SMS à un moment pareil ? A priori, je n’avais pas le droit de communiquer avec Mighan. C’était donc la Livingston qui voulait me remercier de lui avoir sauver la vie ?

Citation:

From: Morgan
To: Sephy
Tâche de pas créer une catastrophe de plus Princesse.


Sympas les remerciements. Si je comprenais bien, elle me demandait de ne pas ramener ses clichés à son Chef ? Mais pourquoi ? Elle était venue chez la Vanhaussen pourquoi au juste, si ce n’est pas pour l’encourager d’aller lui avouer la vérité ? Elle avait raté son coup, alors c’était ma chance. Non, malgré tout le respect que j’avais pour Morgan, je ne pouvais pas m’abstenir de jouer la balance. Cette possibilité était beaucoup trop tentante, et puis … Je ne pouvais plus faire marche arrière. Je m’apprêtais à lui répondre lorsque je remarquais que des spasmes prenaient le contrôle de mes doigts. Elle devait se contenter d’un silence, espérons non éternel. Je rangeais promptement mon portable dans ma poche, et nonobstant la douleur qui naissait dans mon ventre, je me remettais à courir jusqu’à arriver dans une rue plus peuplée. Je fonçais sur le premier venu, en espérant qu’il sache où se trouvait l’autre Don Juan.


- Hé toi, le morveux !

Le mec se retournait, et me jaugeait avec des yeux de cannibale. Il devait être plus âgé que moi d’à peu près deux ans, mais ça ne l’empêchait pas de posséder le plus angoissant des regards. Toutefois, pour l’instant, je n’en avais pas grand-chose à faire de son humeur. J’espérais seulement recevoir une réponse conforme.

- Tu saurais pas où je peux trouver Alexander Taylor ?

Il se leva, écrasa sa cigarette sur le sol, et croisa les bras en serrant les poings contre ses flancs, pour me reluquer longuement, un rictus écœurant collé aux lèvres. J’étais vraiment pas d’humeur à jouer avec lui …

- Tu m'offres quoi si je te le dis ?

Je suppose qu’il ne voulait pas que je lui offre un paquet de bonbons bien mérité ? Je pouffais, lui faisant croire que j’allais lui répondre sagement ce qu’il voulait entendre. Je m’approchais de lui, et pointais un de mes deux revolvers sur son front, en gardant une rapidité remarquable pour une junkie en manque d’héroïne.

- Je peux t'offrir une balle dans le crâne si jamais tu refuses de me le lire.

J'observais son expression angoissée, complètement blasée.


- Ça va, c’est bon … J’ai vu le Chef en face de Chez Louis il y a quelques minutes. Il voulait taper mon pote alors je me suis barré. C’est … là-bas, lâcha-il en pointant un bâtiment au loin du doigt.

Effaçant mon expression stoïque, je lui souriais, rangeais mon revolver dans mon holster de cuisse, et me remettais à courir, en laisser un vulgaire « Merci » derrière moi. Il était bien loyal pour avoir tant aidé son ami.  Bientôt, j'apercevais une inscription qui indiquait que le bar dont le type m'avait parlé se trouvait ici. Il ne m'avait donc pas mentit. Je plaçais mes mains sur les hanches, essayant de trouver un homme qui ressemblait au Chef des Sinewyers dans la foule. Je n'ai même pas eu besoin d'interroger les passants innocents. Au milieu de toute cette agitation, se trouvait un homme, qui paraissait très hautain vis-à-vis d'un autre bouseux du genre de mon informateur. Il avait l'air de cacher le plaisir que lui procurer le fait de tabasser ce pauvre type. Sa force était loin d'égaler la sienne, ce qui pouvait facilement le forcer à le laisser tranquille. Et pourtant, il continuait de le frapper, nonobstant les bruits distinctifs d'os cassés. C'est avec un regard de braise que je bousculais toute personne qui m'empêchait de rencontrer Alexander Taylor.

- Je devine que vous êtes Alexander Taylor ?


J'examinais tout d'abord le mec en agonie parterre, puis je plantais mon regard dans celui de la personne qui était manifestement mon Chef. C'était vraiment dégoutant. Si c'était bien lui, je n'avais décidément pas l'aptitude de comprendre mes deux Sinewyers préférées. La Vanhaussen, je veux bien, vu sa gentillesse immense. Cependant ... Pourquoi Morgan ? Cette fille fabuleuse  était bien la seule personne, qui m'avait aidé ici, depuis que je suis arrivée. Sa beauté et ses talents divers ne faisaient d'elle qu'une femme fatale idéale. Et ce mec qui s'éclatait à frapper un des siens, sans doutes trois fois plus faible que lui, ne lui arrivait même pas à la cheville. J'étais fatiguée, déçue, mais surtout jalouse.

- Je vois que vous êtes très occupé à massacrer vos vassaux. J'en conclus donc que vous ne voudriez  probablement pas découvrir ce que fait votre Sinewyer préférée derrière vos dos ... Même si cela représente une trahison de plus haute importance ...

Je riais doucement, assumant mon manque de discipline face à un Chef qui n'avait pas l'air d'aimer mes plaisanteries.

  
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MessagePosté le: Dim 17 Avr 2011 - 19:55    Sujet du message: [RP Sephy] Nameless Topic Répondre en citant


Quartier Sinewyer.
Au même moment, sur un toit voisin à la localisation de Sephy.

Le commando brainstormer envoyé par Julian pour intercepter une informatrice potentiellement dangereuse pour le clan arriva en quartier Sinewyer. Pas très difficile d'estimer le point de rendez-vous avec Taylor, il était toujours au même endroit en ce jour pour fracasser quelques têtes. En quelques minutes, les 7 membres du petit commando armé furent sur place. Néanmoins, deux problèmes de taille furent rapidement localisés: le premier était que c'était un endroit public... pour les Sinewyers, ça veut dire un endroit bourré de gars prêts à se battre; le deuxième était que Sephy était déjà sur place et venait d'engager la conversation avec le chef de clan.

Posté sur un toit, Luke Bornwitch, fidèle Brainstormer et commandant de ce petit commando de miliciens Brainstormers, évaluait la situation sans vraiment être optimiste. Pour lui, rien n'était jamais gagné, mais là ça dépassait les problèmes habituels. Le cadre n'était pas non plus des plus accueillants. Soudain, son talkie-walkie grésilla, un homme prit la parole.
- Commandant Bornwitch, les unités sont en place, attendons les ordres.

Bornwitch hésita un instant... surtout ne pas prendre de décision trop à la hâte où c'était l'échec assuré. D'un autre côté, cette demoiselle était armée, dangereuse et disposait d'informations que Taylor ne devait pas recevoir d'après Julian. Il soupira, fit un signe de croix et adressa une courte prière avant de décrocher son outil de communication. Les ordres de base étaient clairs: la cible ne devait pas parler.
- A toutes les unités: je vous rappelle que la cible est la jeune fille à côté de Taylor. Elle dispose d'informations dangereuses pour le chef de clan. La cible est en interaction, nous avons ordre de l'empêcher de parler, que ce soit pacifiquement ou par la force. Nous n'avons plus de choix.

Le commandant arrêta un instant son engin et poussa un nouveau soupir. Des ordres pareils étaient difficiles à appliquer. Tuer n'était pas facile pour tout le monde et disposer du droit de tuer n'était pas plus rassurant. Diable, pourquoi cela n'avait-il pas pu être un gros malabar salaud qui avait violé des petites filles ? ça aurait simplifié sa décision, mais là ! C'était une jeune fille !
Ne pas juger par l'apparence se répétait-il. C'était dûr et parfois impossible.

Il inspira un grand coup et donna ses instructions:
- A toutes les unités, protégez l'unité 4. Unité 4, autorisation de tir... mettez cette cible au tapis tant qu'elle n'a encore rien dit ! Feu à volonté.

Le résultat ne se fit pas attendre très longtemps. Les membres de l'unité sortirent de leur cachette et pointèrent le bout de leurs fusils pour protéger leur collègue qui, lui, se leva, arma et tira sur Sephy. Malheureusement, l'homme n'était pas un parfait tireur, il avait été formé sur le tas et c'était sa première mission... mauvais.

Le coup partit en direction de Sephy et la toucha, mais ne la tua pas. Bornwitch jura. Cible à terre et bientôt d'autres viendraient. Il empoigna son talkie-walkie et hurla dedans:
- Bon sang unité 4, ou avez-vous appris à tirer comme ça ? A toutes les unités, en formation défensive !

Quartier Sinewyer oblige, d'autres gars arrivèrent tantôt armés pour contrer cette attaque qu'ils eurent certainement pris pour un assaut sur leur chef.

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Alexander Taylor
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MessagePosté le: Mar 19 Avr 2011 - 11:42    Sujet du message: [RP Sephy] Nameless Topic Répondre en citant

Une flamme orange vacillait au bout de son zippo argenté; la gamine qu'il avait aperçu un peu plus tôt, blafarde jusqu'au fond des yeux, vint alors à lui, armant sa frêle personne de tout le mépris et l'arrogance qu'il lui était possible de communiquer.

- Je devine que vous êtes Alexander Taylor ?

Présomption. Elle tentait tant bien que mal de jouer les dures de par cette insolence que l'on pouvait lire dans ses mots. Alors pourquoi le vouvoyait-elle ?
Il embrasa sa cigarette, écoutant avec une certaine délectation les petits crépitements qui en émanaient, puis jeta un coup d'oeil à la jeune fille.
De près, elle ressemblait à un zombie. Des yeux presque vitreux cernés d'un noir dégoulinant, rehaussant la pâleur cadavérique de son visage. Elle devait être jolie, en temps normal - sans les blessures de la drogue et ses cuisses mises à nues aux regards de tous.
Elle prenait de grands airs, était d'une insolence désagréable, alors que quand on la regardait bien, elle ne devait même pas avoir l'âge légal pour se saouler. C'était affligeant de voir une gamine si jeune déjà rongée par la vie.


- Je vois que vous êtes très occupé à massacrer vos vassaux. J'en conclus donc que vous ne voudriez probablement pas découvrir ce que fait votre Sinewyer préférée derrière vos dos ... Même si cela représente une trahison de plus haute importance ...

"Massacrer vos vassaux". C'était qui cette gamine, pour interpréter les choses aussi mal ? Si Taylor avait vraiment voulu massacrer ce type, il y aurait eu des membres brisés, des cris, et sans doute même du sang. Le type qu'il avait éclaté dans les chiottes de Chez Louis... Là on pouvait parler de massacre. Tous les Sinewyers le savaient, aux seules exceptions des petits nouveaux: Taylor ne massacrait jamais personne sans raison. Cette petite baston avec Evan ? Ca c'était la routine. Les Sinewyers sont des bêtes sauvages; il faut toujours que les mâles trouvent à se cogner dessus, et que les femelles collectionnent les parties de baises, et s'en vantent après.
Pour ne pas savoir ça, elle devait être fraîchement arrivée. Elle devait avoir tout juste seize ans.
Il tira une latte sur sa cigarette.
Elle avait prononcé des mots qui le dérangeaient. "Préférée", "Derrière votre dos", "Trahison". Sa première pensée avait été pour Morgan. Mais de quel genre de trahison parlait-on ? Honnêtement, à part en déballant ce dont ils avaient tous deux parlé la dernière fois, elle ne pouvait pas vraiment le trahir. A part peut-être en volant dans les réserves d'armes ? C'était vrai qu'elle en avait toujours la clé... Mais il peinait à imaginer Morgan le trahir d'une quelconque façon que ce soit. Il avait peut-être placé trop de confiance en elle, trop vite. En s'attachant à elle, il était devenu faible.
Et puis il pensa à Lexi. Mais là, c'était la même chose. Quoiqu'elle eut été une parfaite manipulatrice, il était bien curieux de savoir en quoi elle aurait bien pu le trahir.
Et puis à quoi bon chercher... La trahison n'est jamais quelque chose que l'on attend, ça tombe généralement du ciel sans qu'on n'ait pu le voir venir.
Tout de même... Il ne connaissait pas cette gamine qui se tenait face à lui, et quand bien même elle était en train de lui raconter des conneries, elle avait au moins réussi à le mettre mal à l'aise.
Quant à son insolence, il avait bien envie de la lui faire ravaler avec amertume. Elle se pointait, comme ça, lui déballait des propos dont il se serait bien passé, et se moquait de lui très ouvertement. Elle était tout simplement en train de lui gâcher sa journée.
Il recracha la fumée de sa cigarette.


- Et t'es qui, toi, pour prétendre savoir ce genre de choses ? J'imagine que t'es là depuis, allez quoi, disons un mois, tout au plus... T'as baisé qui pour ce soi-disant scoop ?

C'était bas, c'était puéril, mais il s'en foutait. Il ne voulait qu'une seule chose, se débarrasser d'elle et reprendre le cours de sa journée comme elle avait commencé. Pourtant, cette histoire de trahison le taraudait. Et même si tout s'avérait n'être qu'un pur tissu de mensonges, il ne perdait rien à l'écouter. Parce que si au contraire, il se trouvait qu'elle avait raison...
Il tira une autre latte.


- Je t'écoute.

Si elle voulait lui faire avaler quoi que ce soit, il faudrait qu'elle ait pensé à s'armer de sacrées preuves... Parce que sans ça, il ne croirait pas un mot de ce qu'elle lui dirait.
Mais quelque chose lui disait qu'elle savait parfaitement ce qu'elle faisait. Peut-être un coup tordu pour essayer, à son tour, de dégommer le chef de l'ouest, ou tout simplement l'annonce d'une nouvelle terrifiante pour le déstabiliser au mieux.
Il appréhendait. Quoi de plus normal... Il n'avait pas besoin de trahison. Pas maintenant. Il n'était pas sûr de pouvoir se contrôler, s'il s'avérait que ce qu'elle s'apprêtait à lui dire était vrai. Et s'il finissait par perdre ses moyens... Et si la trahison que l'une ou l'autre de ses Sinewyers dites 'préférées' le menait à vouloir les voir mourir ?

Et le bruit sourd d'un coup de feu retentit sur la place, faisant sursauter chacune des personnes qui s'y trouvaient. Très vite, des armes furent sorties de leur holster, tandis que des regards hagards parcouraient la place à la recherche de l'auteur de ce coup de frayeur.

Pour Taylor, ce fut différent.
Tout se passa comme si le temps était sur le point de s'arrêter. Alors qu'après un vague sursaut causé par la surprise de ce tir, il tournait la tête vers l'endroit d'où l'on avait tiré, la fille avec qui il parlait tituba avant de s'effondrer.
Sa main dirigée vers l'intérieur de son trench de cuir en quête de son arme, rebroussa subitement chemin, alors que le caïd se précipitait pour rattraper la gamine avant qu'elle ne touche le sol. Le sang coulait d'une de ses cuisses qu'il avait tant critiquées, et il semblait difficile de croire qu'elle pourrait marcher dans l'immédiat.
Il laissa sa cigarette s'échapper d'entre ses lèvres et tomber à terre.
Sans perdre de temps, alors que les sinewyers sur la place n'avaient pas même encore commencé à tirer, il hissa la gamine sur son épaule, avant de s'écrier:


- Que tous ceux qui ne peuvent pas se défendre aillent se mettre à l'abri ! Tous les autres, protégez la place !

Il avait à peine finit de prononcer ces mots que déjà les tirs pullulaient de part et d'autre de la place. C'était comme si tous ces types qui lui avaient toujours cherché des noises craignaient tout de même pour la survie de leur chef. Parce que ce premier tir ressemblait à une tentative pour le descendre, lui. Et si Taylor n'avait pas entendu la gamine lui parler d'une information importante concernant une histoire de trahison, il aurait certainement cru aussi être la cible de ce premier tir.
Mais ça ne collait pas. S'il avait été la personne à abattre, le tireur ne l'aurait certainement pas manqué, parce qu'on ne rate pas une occasion aussi belle de tuer Alexander Taylor. Mais alors, si cette gamine était véritablement la cible de ce tireur... Alors l'information qu'elle détenait devait être bien plus précieuse qu'il n'aurait pu l'imaginer.

Laissant à ses hommes la tâche de débusquer ce tireur et de le mettre hors d'état de nuire, Taylor se saisit d'Evan, toujours à terre, par le col, et, ainsi chargé, rejoignit en vitesse l'intérieur déjà chaotique de Chez Louis. Il se fraya un chemin jusqu'à l'arrière boutique, grimpa au premier étage, défonça une porte ou deux à coup de rangers et s'arrêta dans une des chambres de ce qui était actuellement l'appartement du-dit Louis.
Il laissa Evan quelque part dans un couloir, à l'abri derrière diverses cloisons, et déposa Sephy dans un coin de la chambre, à l'écart des fenêtres.
Retirant son trench, il le laissa à côté d'elle, avant d'aller retourner le lit, debout sur son flanc et de le placer entre Sephy et l'unique fenêtre de la pièce.
Il la rejoignit ensuite. Il était clair qu'elle n'avait certainement pas apprécié de se faire trimballé sur une épaule comme ça, et que sa foutue fierté avait dû en prendre un coup. Pourtant, c'était loin d'être terminé.
Toujours aussi silencieux, Taylor s'accroupit devant elle, il regarda l'endroit où la balle s'était enfoncée sans jamais ressortir, défit le holster qui entourait son autre cuisse, l'appliqua sur celle blessée, et serra la sangle de manière à lui donner une nouvelle fonction: celle de garot.


- Va falloir que tu me dises qui t'es, maintenant.

Il se releva, sortit ses deux flingues de leurs étuis d'épaule, et alla rejoindre la fenêtre.
Au dehors, les coups de feu n'avaient toujours pas cessé, et certains Sinewyers étaient déjà à terre, touchés, blessés, ou peut-être même déjà morts.
Taylor sentit une vague de colère monter en lui. C'était quoi ce massacre ? Pourquoi fallait-il qu'une fusillade de cette ampleur ait lieu ici, sous son nez ? Et c'était qui ces putains de petits cons qui avaient ouvert le feu ?
Jurant, il donna un coup dans la fenêtre, avant de l'ouvrir et de prêter main forte à ses hommes. En face, ils devaient être tout au plus sept ou huit. Déjà deux avaient été mis hors d'état de nuire, contre quatre pour les jaunes.
C'est alors qu'il l'aperçut, sur le toit d'en face. Luke Bornwitch. Vassal Brainstormer. Fidèle de Hawksbury.
Son sang ne fit qu'un tour. Il rechargea son 9mm, visa et tira un premier coup. Dans le bras moteur. Puis un second. L'autre bras. Et un troisième, pour faire éclater son genou en morceau.
Sur le dernier tir, il avait eu l'occasion de croiser vaguement le regard de ce salopard. Il réarma son flingue, et visa la tête cette fois-ci. Mais avant qu'il n'ait pu tirer, Bornwitch, tombé à terre, disparut alors de son champ de vision. Quelques minutes après, les derniers Brainstormers rebroussaient chemin, laissant la place en proie au désarroi et à un calme morne.
Quelques intrépides entreprirent de suivre le commando ennemi pour le mettre définitivement hors d'état de nuire.
D'autres restèrent pour panser leurs compagnons.
Taylor, blasé, n'en revenait toujours pas de ce qui venait de se passer.
Des Brainstormers.
Cette fille avait les Brainstormers à dos.
Il se tourna vers elle, rabattit le lit dans sa position initiale et la fixa, à la fois désemparé et enragé.


- Qu'est-ce que t'as bien pu foutre pour que Julian t'envoie un commando armé si peu de temps après ton arrivée ici...?!

Les mots refaisaient surface dans sa tête. "Sinewyer préférée", "Trahison", Brainstormer, Exécution. Ca n'avait pas de sens. Rien n'avait de sens ! Julian ne pouvait pas avoir envoyé une gamine se faire tuer, juste pour qu'une information ne soit pas divulguée !

# Attends... Julian ? Est-ce que ça veut dire que Morgan ou Lexi traiterait avec lui ? Est-ce que ça veut dire qu'il a toutes les informations qu'il cherchait grâce à elle ? #

Il se souvint de la petite Raphaëlle venue enquêter sur son territoire. Julian cherchait quelque chose. Il l'avait peut-être trouvé...
Il avisa Sephy.
Elle était sans doute celle qui détenait la réponse.


- C'est quoi cette histoire de trahison ?

Il était grave, sérieux.
Si ce que ce petit bout de femme avait à lui dire déplaisait au Chef Sinewyer... Ce serait sans doute bien plus que l'avenir d'un homme qui se jouerait.
Avec cet assaut Brainstormer, il fallait s'attendre à ce que toute forme de diplomatie et de paix éclate entre les deux clans.
Si c'était ce que Julian cherchait, alors il aurait la guerre.

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Sephy Hunter
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MessagePosté le: Ven 22 Avr 2011 - 21:28    Sujet du message: [RP Sephy] Nameless Topic Répondre en citant



Je dévisageais Alexander Taylor pendant quelques longues secondes, attendant vraisemblablement une insulte de sa part (ou plus si affinité). Une chose était certaine: il était loin d'être laid. Ses traits réguliers, étirés avec une précision de génie, nous présentait une expression blasée, sans oublier de garder une touche de sadisme. Grand et manifestement très athlétique, son corps devait être l'objet de plus d'une dispute, à part les petites chamailleries de Morgan et Alexis, bien évidemment. Il m'aurait presque plu, s'il n'y avait pas ce pauvre garçon tout cassé à ses pieds, les sentiments de Morgan, et ma fierté sans failles. En fait, il représentait parfaitement bien son clan. C'était à ce point frappant, que je commençais même à me demander si je n'étais pas allée trop loin dans mes propos. Après tout, en bon Sinewyer, il m'aurait éclatée comme le type parterre, non ? Cette possibilité ne me réjouissait pas vraiment. Ce n'est pas vraiment le fait que j'avais envie de garder un corps intact, toujours désiré et convoité, mais vu les circonstances, il serait dommage que je n'aie pas le temps de lui annoncer la nouvelle. Cependant, je ne pouvais pas non plus venir chez lui et tout lui dévoiler en quelques secondes ... Je devais aussi en profiter un peu, n'est-ce pas ? Parce que même si certains penseraient probablement que j'ai envie de risquer ma vie uniquement pour voir son expression, lorsqu'il apprendra que l'une de ses petites chéries couche avec le Chef des Bleus, je n'étais pas à ce point dupe. Non, il me fallait bien quelque chose en échange. Toutefois, d'après ce que les gens disaient, il était très proche de ses deux favorites. S'il apprenait que l'une d'elles "le trompe" (puis-je le comprendre de cette manière, ou est-ce déplacé ?), il serait immanquablement le plus furieux des hommes. Il devait l'apprendre à petits pas ... Si possible.


Who knows the cost and what may escape you and I,
Cause it's a long way down from here.
I have a feeling that we won't be landing soon.


- Et t'es qui, toi, pour prétendre savoir ce genre de choses ? J'imagine que t'es là depuis, allez quoi, disons un mois, tout au plus... T'as baisé qui pour ce soi-disant scoop ? Je t'écoute.

J'éclatais de rire. C'est tout ce qu'il avait à me dire ? Eh bien, me voilà encore plus déçue ! S'il souhaitait qu'on parle de ma vie sexuelle, il pouvait le dire avant. Ignorait-il donc le fait que je n'étais qu'une adolescente de 16 ans, pure et innocente ? J'avais peut-être un corps trop attirant pour encore ressembler à une gamine tout droit sortie de son petit lycée ... Quoiqu'il en soit, j'avais au moins la chance de frôler une plaisanterie bien sagace. J'allais répondre ce qu'il souhaitait entendre. Après tout, j'étais Sephy Hunter, la mirifique déesse des Cieux. Ma déclaration avait tout ce qu'il y a de plus franc.

- Mais Morgan Livingston, pardi ! Qui d'autre pensais-tu que j'aurais envie de baiser dans ce clan de laiderons ? Elle ...

Mais je n'avais plus le temps d'expliquer la suite. La chose la plus inattendue au monde arriva. De très anciennes cicatrices refirent surface. Le genre de choses que j'avais enfin d'enterrer très profondément dans la terre, et de les abandonner à la merci des insectes. Pourquoi fallait-il que je me fourre dans une telle merde ? C'est seulement maintenant que je me posais la question. Lorsqu'il est déjà trop tard ...


We're standing at these doors, whether cowards or conquerors.
They make no promises, they just provide an opening.


Une balle ... qui m'est destinée ? Un cri ... c'était donc le mien ? Mais ... Pourquoi ? Je ressens la douleur qui me réveille de ce doux cauchemar héroïque. Brutale et cruelle, elle s'empare de ma cuisse. Je sens le projectile pénétrer ma chair, il n'en ressort point. Mais qui oserait me tirer dessus ? Et où se trouvait-il ? Mes yeux parcoururent promptement mon champ de vision, essayant d'apercevoir la source de cette haine. Paniquée et étourdie, je vois ce qui m'apeurait le plus. Ils étaient là. Tous prêts à m'éliminer. Je vacille, et bientôt mon visage, ainsi que le reste de mon corps, toucheront le sol. Est-ce la fin ? Après tout, combien de balles m'avaient déjà blessée ? A peine trois. C'est difficile à croire, n'est-ce pas ? C'est néanmoins la dure réalité. Et je me rappelle encore trop bien de la première fois que cette horreur m'avait touchée. C'était un jour pluvieux de Septembre ... Je me sauvais de chez moi, trempée par la pluie battante. C'est à ce moment-là qu'ils me virent ... et qu'ils firent de moi leur cible adorée. Je courais le plus rapidement possible, en entendant leurs voix m'appeler.Là, un coup de feu, presque trop net. J'étais touchée. Alors que je me pliais de douleur, parterre, ils se rapprochaient de moi en ricanant. Je palpais ma poitrine, pour apercevoir que mes paumes étaient écarlates. Je saignais. Et une autre surprise vint étourdir mon être. Cet homme, à priori détestable, me rattrapa alors que je chutais. Et les souvenirs enfouis dans mon cœur revenaient à la vie.

- Que tous ceux qui ne peuvent pas se défendre aillent se mettre à l'abri ! Tous les autres, protégez la place !

J'étais celle autour de laquelle tout tournait, à présent. Ils me fixaient tous, inquiets et choqués ... N'était-ce pas ce que je cherchais, nombriliste comme je suis ? Un faible rictus se dessina sur mes lèvres. Ce garçon qui m'avait sauvée ce jour-là ... M'avait aussi hissée sur son épaule et ... Il lui ressemblait presque. Ou pensais-je à ça, parce que j'avais presque oublié son merveilleux visage ? C'était possible. Tout à coup, je me sentais à nouveau si vulnérable. Qu'étais-je par rapport à eux ? Rien qu'une gamine qui se mêlait de ce qui ne la regardait pas. Cependant, dès que Alexander Taylor me vint en aide, l'affaire se tourna vers un but complètement différent. Celui de laisser cet homme savoir ce qui se passe derrière son dos. Pas pour exaspérer Alexis, ou attirer la panique ... Plutôt pour l'aider, lui. Nous ne pouvons pas constamment vivre dans l'ignorance.


And your speech is a thunderous noise,
And my ears are catching a dreadful static.


Il m'emmenait à l'intérieur de Chez Louis. Dans son l'appart' de ce dernier, pour être plus précis. Manifestement, ce coup de feu était la preuve parfaite de l'importance de mes propos ... Mais la douleur ne cessait pas, malgré son soudain intérêt pour moi. Il me déposa dans un coin de la chambre, en sécurité. Taciturne, il s'accroupit devant moi, observant les dommages. J'ouvrais déjà la bouche pour affirmer que ce n'était rien de grave, ironiquement, bien sûr, lorsqu'il serra la sangle de mon holster sur ma blessure. Médusée, je rougissais malgré moi. Ce n'était pas un acte digne de Sephy Hunter. Il ne pouvait pas me voir rougir ... Je baissais la tête, serrant les dents de douleur. Je ne pouvais pas non plus le remercier ...

- Va falloir que tu me dises qui t'es, maintenant.

Ça n'avait pas d'importance, à présent ... Pourquoi me le demander ?

- Ça n'a plus tellement d'importance, maintenant que tout le monde veut me tuer, n'est-ce pas ? riais-je presque, en oubliant ma blessure. Mais comme vous m'avez gentiment aidée, je vais vous dévoiler mon identité secrète ... Les plaisanteries n'étaient plus au rendez-vous, grâce à cette misérable balle. Chaque mouvement me faisait souffrir ... Je suis Sephy Hunter, une amie de Morgan.

Nous nous connaissions depuis combien de temps au juste ? Je ne sais plus ... En tout cas, pas assez pour dire qu'elle était mon amie. Toutefois, c'est bien ce qu'elle représentait à mes yeux. Le Chef se releva, et partit vers la fenêtre. Il tirait sur quelqu'un. Mais ... Sur qui ? Celui qui m'avait tiré dessus ? Ou encore un de ses potes qu'il avait cessé d'apprécier. Voilà une chose que je ne saurais peut-être jamais.

- Qu'est-ce que t'as bien pu foutre pour que Julian t'envoie un commando armé si peu de temps après ton arrivée ici...?!

Il se moquait de moi ? Le chef des Brainstomers avait envoyé tout un commando armé à mes trousses ? Juste parce que je savais qu'il avait couché avec Alexis ? J'étais comblée ! C'est donc eux qui m'avaient tiré dessus ... Mais quel commando de merde dans ce cas ! Quel incapable n'aurait pas su tirer sur une cible aussi facile que moi ?

- Sérieusement ? Tout un commando pour moi toute seule ?! Je riais, sans dissimuler ma satisfaction. J'étais au centre de l'attention. Mais quel tireur pourri a donc essayé de m'éliminer dans ce cas ?

Mon rire fut stoppé par une voix bien trop sérieuse.

- C'est quoi cette histoire de trahison ?

Je vis dans ses yeux la détermination. Il souhaite connaître la vérité ? Eh bien il la connaîtra.

- Vous voulez vraiment le savoir ... ? Soit. Je vous le dirais contre un paquet de cigarettes. J'ai paumé le mien quelque part en venant ... Marché conclus ? sifflais-je en arrachant un sourire adorable. Mais quand j'y pense, vous auriez pas un peu d'héroïne aussi ? C'est bizarre, les deux dealers que j'ai rencontrés ici n'en avaient pas ...

Capricieuse ? Moi ? Jamais.
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MessagePosté le: Mar 26 Avr 2011 - 10:27    Sujet du message: [RP Sephy] Nameless Topic Répondre en citant

Non mais d'où tu baises Morgan, toi, fais gaffe, ou je te casse la tête ! >_<


Le calme était pour ainsi dire revenu dans le quartier. Les tirs avaient cessé, et ne restaient plus que les échos lointains des aboiements des sinewyers partis à la suite des tireurs.
Taylor rangea ses armes; il n'était plus nécessaire de les garder en mains. S'éloignant de la fenêtre, il vint retrouver Sephy. Elle était d'une pâleur à rendre jaloux Edward Cullen (XD), et il fallait s'attendre à ce que ça s'accentue encore avec la perte de sang. Elle avait besoin de soins, et vite. De nos jours, on ne meurt pas d'une balle dans la jambe, à condition de s'y prendre assez tôt.
Elle prétendait s'appeler Sephy Hunter, et être une amie de Morgan. Qu'elle soit son amie ou pas, en tout cas, elle la connaissait, et ça faisait plus craindre encore à notre caïd que ce soit sa chère eurasienne la soi-disante traîtresse.
Le caïd passa ses mains à l'arrière de son crâne et soupira, partagé entre la colère et l'inquiétude. Il retourna à la fenêtre, alors que la gamine riait d'avoir eu un commando pour elle toute seule.
Il avisa ses hommes, en bas, qui portaient assistance aux blessés - ou aux morts -, et se décida à tirer son téléphone miteux de sa poche.


- Mais quel tireur pourri a donc essayé de m'éliminer dans ce cas ?

- J'en sais rien, mais tu devrais aller lui offrir des fleurs pour le remercier de t'avoir ratée.


Il avait prononcé ces mots avec une certaine ironie, tandis que ses doigts tapaient un message sur le clavier de son cellulaire préhistorique et cabossé d'un peu partout.
Il détestait la tournure qu'avait prise sa journée. Il détestait le fait de devoir envisager d'aller casser la gueule à Hawksbury, et pire que ça, il détestait l'idée qu'une de celles en qui il avait placé tant de confiance ait pu le trahir et engrener tout ça.
Un dernier coup d'oeil aux blessés de dehors, et son pouce heurta le bouton 'Envoyer'.


Citation:
From: Taylor
To: Hawksbury
J'envoie mes blessés se faire soigner chez toi.
Je te jure que t'as pas envie de les refuser ou de mal t'en occuper.


Il rangea le cellulaire dans son treillis et jeta un oeil aux types en bas. Hawksbury ne pouvait pas interdire l'accès au centre de soins à des hommes qui en avaient besoin et qu'il avait lui-même blessé. Il ne pouvait pas faire ce genre d'erreurs. Il en avait déjà fait bien assez comme ça.
Attendant une réponse du chef Brainstormer, il retourna voir Sephy. Il était temps de mettre toute cette histoire au clair une bonne fois pour toutes.
Mais malgré l'humeur du chef, elle semblait encore vouloir le faire patienter un peu.


- Vous voulez vraiment le savoir ... ? Soit. Je vous le dirais contre un paquet de cigarettes. J'ai paumé le mien quelque part en venant ... Marché conclus ? Mais quand j'y pense, vous auriez pas un peu d'héroïne aussi ? C'est bizarre, les deux dealers que j'ai rencontrés ici n'en avaient pas ...

Elle était jolie, même derrière sa face de déterrée, et elle le savait bien.
Silencieusement, il se baissa pour ramasser son trench laissé au sol. Il en sortit un paquet de cigarette neuf qu'il dépouilla de son enveloppe plastique, avant de le tendre à la jeune fille.
Qu'elle fume, d'accord... Mais la drogue... C'était moche de la voir, si jeune, si jolie, sans doute intelligente aussi, se pourrir avec des conneries pareilles. Il glissa entre ses mains son zippo en argent gravé.


- Tu te contenteras de ça pour l'instant. J'ai pas d'héro, et j'ai pas envie de courrir la ville pour aller t'en chercher. Si t'es sage, avec de la chance, t'auras de la morphine au centre de soins.

Il était patient, avec elle, certainement plus qu'il ne le devait. Mais elle possédait une information qui avait la capacité de démanteler le peu de paix qui subsistait encore entre son clan et celui de Julian.
Elle ne devait certainement pas se rendre compte de la tension que ça allait engendrer, du poids que ça plaçait sur les épaules du caïd, pesant, lourd, toujours plus lourd.
Il ne supportait pas de devoir déclarer la guerre ouverte aux autres clans, parce que c'était pas seulement lui que ça impliquait mais aussi tout le reste de son clan. Pourtant, sur ce coup, il savait qu'il n'aurait certainement pas le choix. D'abord parce que les gars, au dehors, criaient déjà aux combats, persuadés que c'était leur chef qu'on avait voulu descendre et qu'heureusement une gamine de seize ans s'était interposée. C'était presque eux qui demandaient à voir le sang des brainstormers couler. Et s'il ne voulait pas que cette colère se déverse sur les propres membres de son clan, Taylor allait devoir les autoriser à la déverser sur ceux de Julian.

# Allez, gamine, dis-moi ce qui se passe, bordel ! #

La colère, toujours la colère. Il la réprimait, mais de plus en plus difficilement. On avait tiré sur une gamine, entraîné une fusillade en plein coeur du quartier, des types étaient morts !
Et lui, il devait garder son calme, parce que ça ne serait pas en criant sur Sephy qu'elle lui dirait quoi que ce soit, parce que ça ne serait pas en devenant fou qu'il règlerait le problème.
Mais il ignorait tout des raisons de cette fusillade. Et ce qu'il ignorait aussi, c'était la douleur qui résulterait de cette foutue histoire.



C'est carrément plat, faut croire que j'étais pas super inspiré x)
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Sephy Hunter
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MessagePosté le: Ven 29 Avr 2011 - 15:47    Sujet du message: [RP Sephy] Nameless Topic Répondre en citant

Heart Shaped Box
Attention, petite, tu joues avec le feu.

Je fais ce que je veuuux, c'est ma Morgan à moiii Razz !

Et rapidement, les tirs cessaient, et le silence s'installa à nouveau dans le quartier des Sinewyers. Était-ce simplement une accalmie, ou la fin d'un malentendu nébuleux ? La première possibilité était sans doute la plus envisageable, ce qui était loin de me rassurer. Et qu'allait-il se passer quand le Chef apprendra la vérité sur Alexis Vanhaussen ? Je n'avais pas vraiment réfléchi à sa réaction. Et s'il se cassait pour tuer Hawksbury et laissait là, toute seule et blessée ? Je n'avais probablement pas marcher avant un certain temps, grâce à ces connards de bleus, ce qui faisait de moi la cible parfaite. Mais lorsque Taylor apprendra tout ce que je sais, ils n'auront plus besoin de me tuer, n'est-ce pas ? Ou voudront-ils m'éliminer quand même ? Je n'avais pas envie de mourir si jeune. En plus, je me suis toujours promis d'être un beau cadavre. Néanmoins, avec cette pâleur, j'étais loin d'être au sommet de ma magnificence. Il fallait donc absolument qu'il m'emmène à l'hôpital le plus proche. Le fait savoir que ma vie dépendait de lui, était la plus sombre des frustrations.

Mais la douleur qui persistait dans ma jambe m'accaparait bien trop pour continuer de réfléchir à ce genre de choses. Alexander Taylor écrivait manifestement un SMS à un de ses potes. C'était effectivement le moment rêvé pour prendre de ses nouvelles. Il écrivait peut-être à un médecin pour qu'il vienne me soigner ? Non, c'était trop beau pour être vrai. Ce type n'avait pas l'air assez aimable pour aider une pauvre gamine de mon genre. Soudain, une idée me frappa: écrivait-il à Morgan ou Alexis ? Cette dernière chose ne me réjouissait pas du tout. Si jamais Alexis découvrait où nous étions, elle allait sûrement venir me tuer. Je n'avais plus beaucoup de temps ... Mais je ne pouvais tout de même pas le laisser apprendre toutes ces choses sans en tirer d'intérêt, non ? Alors que la curiosité accroissait follement dans mon cœur, le Chef me tendit un paquet de cigarette, accompagné d'un briquet qui m'avait l'air d'être franchement coûteux. Formidable, au moins, je me sentirais un peu mieux ...


- Merci ! lançais-je avant de porter une cigarette jusqu'à mes lèvres et de l'allumer.

Et c'est pendant que l'odeur âcre de la fumée s'installait dans la pièce, que je commençais enfin à me calmer. Un peu de nicotine, et me voilà aux anges. Bien évidemment, j'attendais toujours mon petit présent pour lui dévoiler des choses si importantes. Son prix avait monté, vu la vilaine blessure que j'avais maintenant sur une de mes cuisses idéales. Alors il avait intérêt à me filer de la bonne qualité, pour une fois que je pouvais me l'offrir. Les cigarettes étaient bonnes pour déstresser un peu, mais ensuite arrivaient les drogues dures, qui étaient la véritable raison de notre présence sur cette terre. Les gens pouvaient bien prétendre un tas de trucs stupides à leur sujet, elles restaient toujours au sommet. Présentes dans chaque religion, elles nous emmenaient vers le doux Nirvana, uniques et légendaires, chose dont ces clopes ne pouvaient que rêver.

Je lui rendais le briquet, après l'avoir analysé pendant quelques secondes.


- Tu te contenteras de ça pour l'instant. J'ai pas d'héro, et j'ai pas envie de courrir la ville pour aller t'en chercher. Si t'es sage, avec de la chance, t'auras de la morphine au centre de soins.

C'était pas du tout ce que j'avais planifié ! Il me prenait pour qui, Jésus, qui vient prêcher la bonne nouvelle sans rien demander en échange ? Il était hors de question que je fasse ma gentille. Puis d'où il me sortait la morphine ? J'avais bien demandé de la poudre de vie, non ? Soit il ne connaissait pas l'ironie, soit il voulait me mener en bateau.

- Attendez, vous croyez vraiment que je vous présenterais l'information de l'année, sur un plateau d'argent, en échange d'un paquet de clopes ? Mais vous vous foutez de moi, là, c'est ça ? ricanais-je, pas très sûre d'avoir été assez claire. Parce que vous savez, je détiens la réponse à toutes vos questions, que portent deux traîtres qui se partagent vulgairement vos secrets, impunis. Mais qu'est-ce que je reçois en échange si je vous la dis ? C'est à vous de décider si vous voulez connaître la vérité, ou continuer de nager dans le mensonge. Si vous avez pas d'héroïne, vous me présentez autre chose, concluais-je.

Quoique ça aurait été le moyen de paiement le plus idyllique, continuais-je sans le dire à voix haute. Mais j'abhorrais déjà l'idée de lui déballer tout en échange d'une petite quantité de tabac.

Désolée du post super court et ennuyeux O_O. Dans le prochain, Sephy va tout avouer, promis ! <3
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MessagePosté le: Mar 3 Mai 2011 - 08:23    Sujet du message: [RP Sephy] Nameless Topic Répondre en citant

Les choses ne se passaient pas comme prévu. Rien ne se passait comme prévu. Et puis qu'est-ce qui était prévu, d'ailleurs ? Le calme ? La tranquillité ? La pérennité de ses affaires, alors même que c'était le quartier ouest qu'il tenait sous son joug ? Il était fou de croire que les choses pouvaient se passer comme prévu, par ici, ou même qu'elles puissent se prévoir, tout court.

La gamine avait allumé sa cigarette après avoir vaguement observé le zippo que Taylor li avait mis entre les mains. Il n'arrivait pas à la comprendre. Elle savait être polie, et pourtant elle s'efforçait de passer pour la pire garce du monde. Alors qu'est-ce qu'elle était... Schizophrène ou tout simplement manipulatrice ?
Il se détourna d'elle un instant pour aller jeter un autre coup d'oeil au dehors. Les types qui s'en étaient sortis - deux de la bande à Evan et quelques autres qui étaient sur la place ou dans le bar -, commençaient à ruminer, se lançant les uns les autres injures et menaces, alors que leur seule préoccupation devrait être de sauver les vies de ceux qui avaient eu moins de chances qu'eux dans cette fusillade. C'était une tension palpable qui régnait un étage plus bas.
Et Julian qui ne répondait pas.
Il serra son cellulaire avec force dans sa main, contrôlant tant bien que mal le trop-plein d'émotions qui affluait en lui. Il fallait soigner ses gars, et vite, mais il ne les enverrait pas au centre de soins si cela devait signifier les emmener à l'abattoir. Et Sephy, cette Sephy... Qu'est-ce qu'il était censé faire d'elle ? Il lui avait dit qu'il l'enverrait au centre elle aussi, mais était-ce véritablement une bonne idée ? Qu'est-ce qui pouvait lui assurer que Julian ne voudrait pas étancher sa colère de l'avoir ratée la première fois, en réessayant ? Après tout, là-bas, il aurait toutes les opportunités de le faire. Il pourrait la faire empoisonner à coup de médocs, ou de repas malsains, essayer de faire d'elle un légume, incapable de penser par elle-même, ou alors, pire, capable de penser, mais incapable de bouger.
Il devait chasser ces idées de sa tête. Julian ne ferait jamais ça... Alors pourquoi avait-il l'estomac noué à la seule idée d'envoyer cette gamine dans ce centre infernal ?


- Merde..., s'entendit-il jurer à voix basse.

Les choses allaient mal tourner. Si mal... La gamine qui s'était faite tirer dessus était un parfait prétexte pour aller enfin casser la gueule à ce Hawksbury, pourtant ça n'était déjà plus une simple histoire de baston... Il avait tiré sur une gamine ! Qui serait capable d'un truc pareil, à part un Chef désespéré ?
Il soupira. Un long et profond soupir las. Il ignorait des choses visiblement grave pour qu'une fillette soit la cible des tireurs d'un chef qui se voulait pacifiste. C'était le monde à l'envers...


- Attendez, vous croyez vraiment que je vous présenterais l'information de l'année, sur un plateau d'argent, en échange d'un paquet de clopes ? Mais vous vous foutez de moi, là, c'est ça ? Parce que vous savez, je détiens la réponse à toutes vos questions, que portent deux traîtres qui se partagent vulgairement vos secrets, impunis. Mais qu'est-ce que je reçois en échange si je vous la dis ? C'est à vous de décider si vous voulez connaître la vérité, ou continuer de nager dans le mensonge. Si vous avez pas d'héroïne, vous me présentez autre chose.

C'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Il serra les poings, et plongea son cellulaire dans la poche de son treillis. Le pas déterminé, il revint jusqu'à la gamine, le regard figé sur elle, noir, malsain, rageux. C'était quoi son problème à elle, sans déconner, elle se rendait pas compte de la situation ou quoi ?
Il s'accroupit à ses côtés, empoigna sa cuisse meurtrie juste en dessous de sa blessure, de quoi la faire grimacer un minimum, puis s'adressa à elle, froid, sec. Elle le poussait à bout.


- Ecoute-moi bien, petite. J'en ai rien à foutre que tu te crames le cerveau à coup de drogues dures, ou que tu prennes ton pied à t'habiller comme une pute dans ce quartier de dégénérés, mais je te jure que si tu continues de te foutre de ma gueule comme ça, tu vas très vite comprendre ton mal.
La paix ne tenait qu'à un fil dans cette ville, et toi tu débarques et tu fait tout claquer. Et tu oses me demander de te récompenser ?! Je crois que t'as pas bien saisi la situation dans laquelle t'es, ma vieille...
Il rapprocha son pouce de sa plaie et fit pression sur sa chair. T'as une balle dans la cuisse, et aucune possibilité de te faire soigner ça correctement. T'es consciente que sans bons soins tu pourras plus jamais ni courir ni même marcher correctement ? T'es consciente que si je te trouve pas un bon médecin dans les deux heures tu pourrais soit perdre ta jambe à cause du garrot, soit te vider de ton sang parce que je l'aurais enlevé ?
T'es pas en mesure de négocier. Je me casse le cul à essayer de trouver une solution pour te faire soigner sans dangers pour ta petite personne, j'estime que c'est même presque trop bien payé pour la merde dans laquelle tu nous as tous foutu, toi, moi, et tout le clan !
Alors maintenant, tu vas me dire pourquoi Julian a ordonné qu'on te descende, et essaie pas de te foutre de ma gueule une fois de plus !


Il relâcha sa jambe, non sans violence. Ses deux iris noirs n'avaient pas cessé de la fixer avec cette insistance malsaine qui le caractérisait. Il la haïssait. Parce qu'elle se foutait en l'air, parce qu'elle se croyait supérieure en tout, parce qu'elle avait l'air plus proche de Morgan qu'il ne le serait jamais, parce qu'elle foutait la merde à peine arrivée, parce qu'elle lui parlait comme à un chien, parce qu'elle avait beau être polie, dans le fond elle se foutait des convenances. Il la haïssait parce qu'elle avait fait éclater en morceau le peu de paix qui subsistait entre son clan et celui de Julian. Et il savait que s'il devait déclarer la guerre à ce type, il ne pourrait compter sur aucune alliance, contrairement à lui. Parce que les Dashingers avaient toujours été de son côté, et parce que Shinji le haïssait encore plus que Lucifer hait celui qu'on appelle Dieu...

- Et arrête de me vouvoyer.

Il récupéra son zippo, se releva et se détourna d'elle. Shinji... Il ne pouvait pas lui faire la guerre. A cause de... De quoi, déjà ?
Il s'alluma une cigarette.
Il était torturé par l'inquiétude, le désir de violence et la haine.
Et Julian qui ne répondait toujours pas... Son cellulaire demeurait muet comme une tombe, et l'expression était bien choisie.
Il fit défiler sa liste de contacts; de A à L; puis s'arrêta sur un nom qu'il n'avait plus pris la peine de regarder depuis des années maintenant.
Il était dans la merde. Et cette personne était peut-être la solution à une partie de son problème. Il voulait la contacter. Lui rappeler qu'elle lui en devait peut-être une et qu'il était temps de payer sa dette. Mais... Avait-il vraiment le droit de faire appel à elle... ?
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Sephy Hunter
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MessagePosté le: Mar 3 Mai 2011 - 22:18    Sujet du message: [RP Sephy] Nameless Topic Répondre en citant

En revanche, ce n'est pas une proposition équitable que je reçus. Bien sûr, je pouvais m'en douter, non ? Hormis le fait qu'il venait de m'aider, il restait Alexander Taylor, Chef des Sinewyers. Un type qui n'était franchement pas aimable, et qui venait de tabasser un gars qui ne lui avait absolument rien fait. Il fallait être aveugle pour croire qu'il veuille être honnête, pour une fois. Après tout, on ne change pas une équipe qui gagne, non ? Une question plutôt saugrenue me vint à l'esprit: l'avais-je provoqué ? Peut-être un peu ... C'était si plaisant, je ne pouvais pas m'en empêcher. Mais tout de même, j'en avais bien le droit, avec toutes les informations que je trimballais ! Ou étais-je trop gourmande, face à un conflit qui était en ce moment même en train de se dérouler ? Non, je pense plutôt qu'il était trop avare pour me donner quoique ce soit. Toutefois, je dois bien avouer que ce qu'il m'offrit en échange était plutôt satisfaisant ...

Alors que je finissais mon petit monologue, je remarquais que ses pas avaient nettement accélérés. Étonnée, je le dévisageais précipitamment, pour découvrir qu'il me portait un regard des plus obscurs. Il faut que je pense à lui demander de devenir acteur, pour jouer des monstres dans les films d'horreur à petit budget, lorsque je sortirais d'ici. Parce que ce regard-là, c'était quand même une bonne récompense pour avoir risqué ma vie ! Il s'accroupit à mes côtés, et agrippa furieusement ma cuisse blessée. Ma cigarette rencontra le sol, pendant que je lâchais un cri, en me mordant vivement les lèvres. Connard, jurais-je intérieurement. Mes vaisseaux sanguins allaient éclater s'il continuait !


- Ecoute-moi bien, petite. J'en ai rien à foutre que tu te crames le cerveau à coup de drogues dures, ou que tu prennes ton pied à t'habiller comme une pute dans ce quartier de dégénérés, mais je te jure que si tu continues de te foutre de ma gueule comme ça, tu vas très vite comprendre ton mal.

Mais quel goujat ! De quel droit osait-il me sortir des trucs pareils ? Je lui avais pourtant pas dit que ses fringues étaient à chier, que son air de gros méchant était kitsch à mort, et que ses petites manières de mafioso me donnaient la gerbe ! Devais-je obligatoirement me plier à ses exigences, seulement à cause du fait qu'il était mon supérieur ? Hors de question ! Il allait bientôt comprendre de quel bois je me chauffe ...

- La paix ne tenait qu'à un fil dans cette ville, et toi tu débarques et tu fait tout claquer. Et tu oses me demander de te récompenser ?! Je crois que t'as pas bien saisi la situation dans laquelle t'es, ma vieille... T'as une balle dans la cuisse, et aucune possibilité de te faire soigner ça correctement. T'es consciente que sans bons soins tu pourras plus jamais ni courir ni même marcher correctement ? T'es consciente que si je te trouve pas un bon médecin dans les deux heures tu pourrais soit perdre ta jambe à cause du garrot, soit te vider de ton sang parce que je l'aurais enlevé ?
T'es pas en mesure de négocier. Je me casse le cul à essayer de trouver une solution pour te faire soigner sans dangers pour ta petite personne, j'estime que c'est même presque trop bien payé pour la merde dans laquelle tu nous as tous foutu, toi, moi, et tout le clan !
Alors maintenant, tu vas me dire pourquoi Julian a ordonné qu'on te descende, et essaie pas de te foutre de ma gueule une fois de plus !


Il relâcha ma jambe, et m'ordonna d'arrêter de le vouvoyer. Non mais, je fais ce que je veux, oui ? Un rire sournois, effrayant et glacial s'enfuit alors de mes lèvres. J'en avais marre de devoir me taire. Ce gars-là, j'allais lui arracher ses putains d'yeux, et le démembrer le plus lentement possible, pour finalement l'empailler, et l'envoyer aux Brainstomers. J'imaginais pas une seconde qu'il allait me sortir un truc à ce point paradoxal. Alors qu'il relâcha ma jambe, un flot de paroles suivirent mon rire théâtrale.

- Non mais c'est l'hôpital qui se fout de la charité ? De quel droit oses-tu me dire que c'est moi qui ai fait claquer votre soit-disante "paix" ?! T'es vraiment assez con pour croire que c'est ma faute ? Je te signale que je suis venue ici de mon plein gré, alors que je pouvais très bien me taire et rentrer chez moi. Mais je suis venue ici, alors que ça ne me concerne mais alors PAS DU TOUT. T'imagines ?

J'arrachais un rictus moqueur: j'avais à présent envie qu'il sache toute la vérité. Toute l'estime que j'avais pour lui avait disparu. Qu'il souffre, je n'en avais rien à faire ! Je voulais les voir s'entretuer. Je voulais qu'Alexis paye pour ce qu'elle a fait à Morgan. Je voulais que Hawksbury bute Taylor une bonne fois pour toutes. Parce que j'adulais la vérité, et que je ne voulais pas vivre dans un univers brouillé et incertain, qui n'est construit qu'avec des mensonges plus lourds les uns que les autres. Parce que j'étais Perséphone, déesse des Enfers, et j'apportais non seulement le chaos, mais aussi la clarté.

- C'est à cause de toi que tes Sinewyers chéries s'envoient en l'air avec n'importe quel Brainstomer fortuné ! Je ne suis que le témoin de la discussion qui m'a dévoilé combien t'es aveugle !

Aujourd'hui, Alexander Taylor apprendra à quel point il est naïf. Je savais que le fait que l'une des siennes l'avait trahi le décevrait. Et cela m'encourageait encore plus à le lui dire. Des rumeurs bien biscornues couraient au sujet de la relation qu'il entretenait avec Alexis. Cependant, devais-je les croire ? Après tout, la plupart des choses que les gens disent à mon sujet est fausse. Mais ... Cela me tracassait. Car si la rumeur était fondée, et que Vanhaussen et Taylor étaient amants, ce que je lui dirais le blesserait encore plus. Et le seul moyen de le découvrir se trouvait entre mes mains tremblantes.

- Dernièrement, Morgan m'a dit qu'elle avait des affaires à régler avec une certaine Alexis Vanhaussen. Elle m'a demandé de venir avec elle, au cas où les choses tournaient mal ... Je lui souriais malicieusement, et continuais mon récit. Par conséquent, je suis arrivée chez elle, et cela, au moment idéal. Elles se ... "disputaient" ... un peu violemment, disons, au sujet de deux photos qui en disaient long sur l'innocence de la charmante Alexis. Je les sortais de mon sac, et les lui jetais au nez, stoïque. Comme Morgan est vachement gentille, elle voulait qu'Alexis vienne te le dire de son plein gré. Mais voilà que la vilaine refusait, et la menaçait pour qu'elle se taise. D'ailleurs, Morgan a failli y passer, la pauvre. Heureusement que je suis arrivée à temps ! J'avais du mal à imaginer ce qui aurait pu se passer, si je n'étais pas intervenue. Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu de femme si sauvage ... On dirait que ta si mignonne Alexis se tapait Julian Hawksbury depuis un certain temps, et que ni elle, ni lui, n'avaient l'intention de t'en informer. Elle se foutait de ta gueule depuis le début, tu sais ... Et tu imagines la suite, non ? Tu croyais quand même pas que les Brainstomers possédaient toutes vos informations, parce qu'ils ont le pouvoir de lire dans vos pensées ?
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Alexander Taylor
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MessagePosté le: Sam 7 Mai 2011 - 09:51    Sujet du message: [RP Sephy] Nameless Topic Répondre en citant

- Non mais c'est l'hôpital qui se fout de la charité ? De quel droit oses-tu me dire que c'est moi qui ai fait claquer votre soit-disante "paix" ?! T'es vraiment assez con pour croire que c'est ma faute ? Je te signale que je suis venue ici de mon plein gré, alors que je pouvais très bien me taire et rentrer chez moi. Mais je suis venue ici, alors que ça ne me concerne mais alors PAS DU TOUT. T'imagines ?

Ca, pour imaginer... Elle voulait lui faire croire qu'elle était venue auprès du Chef déballer ce qu'elle avait découvert par pure générosité ? En effet, c'était l'hôpital qui se foutait de la charité; elle était pas mieux lotie que lui.
Pourquoi était-elle venue le trouver, alors, pour pouvoir se fournir en drogue ? Pour se gagner une place dans l'estime du caïd dès son arrivée à Pseudo City ? Pour avoir l'impression de tenir l'avenir du clan entre ses mains ? Pour avoir le plaisir de voir des relations se démanteler et des clans s'entretuer ? Ces deux dernières options étaient sans doute les plus proches de la vérité. Encore une gamine sadique venue foutre le bordel dans le clan qui en avait le moins besoin... C'est que ça manquait pas de tarés dans le coin.
En tout cas, elle avait raison sur un point: il ne pouvait pas l'accuser d'avoir décimé le peu de paix qui subsistait entre Sinewyers et Brainstormers. La menace était là depuis longtemps, telle une épée de Damoclès au dessus du petit fil de paix qui reliait les deux clans. Ca devait claquer un jour ou l'autre. Et mieux valait que ce soit maintenant que bien plus tard. Mieux valait que ce soit grâce à une gamine venue ouvrir les yeux de chacun, aussi insupportable soit-elle, qu'un chef qui découvre de lui-même qu'on se joue de lui depuis trop longtemps déjà.


- C'est à cause de toi que tes Sinewyers chéries s'envoient en l'air avec n'importe quel Brainstomer fortuné ! Je ne suis que le témoin de la discussion qui m'a dévoilé combien t'es aveugle !

Il sentit son corps tout entier se figer et ses mains se crisper sur son vieux cellulaire dont l'écran affichait ses contacts en L.
Ces mots qu'elle avait prononcé, bien qu'ils ne prouvaient rien, lui avaient fait le coup d'un choc électrique. Il ne savait pas de laquelle de ses soi-disantes "Sinewyers chéries" elle parlait, ni même de quel "Brainstormer fortuné", mais l'appréhension était là, grandissante, écrasante, suffocante. Parce que tout d'un coup il avait peur. Peur de connaître la vérité, peur de ne pas la supporter, peur de ne plus se contrôler... Peur de devenir ce monstre.
Il se savait possessif, même parfois outre-mesure. Il n'était pas sûr de vouloir qu'elle parle, finalement. Il avait cette envie lâche de fuir la vérité, parce qu'il ne supportait pas l'idée de devoir se séparer d'une autre de ses proches.
Mais c'était trop tard. La machine était lancée. Et elle prenait plaisir à lui raconter sa petite histoire; ça se lisait sur son visage.


- Dernièrement, Morgan m'a dit qu'elle avait des affaires à régler avec une certaine Alexis Vanhaussen. Elle m'a demandé de venir avec elle, au cas où les choses tournaient mal ... Voilà déjà un détail qui n'annonçait rien de bon... Par conséquent, je suis arrivée chez elle, et cela, au moment idéal. Elles se ... "disputaient" ... un peu violemment, disons, au sujet de deux photos qui en disaient long sur l'innocence de la charmante Alexis. A ces mots, elle sortit les photos en question de son sac et les jeta vers son chef. Il ne cilla pas, et laissa les deux clichés tomber en silence sur la moquette de la chambre. Alexis, devant la porte d'un appartement. Alors c'était elle qui avait trahi ? Les yeux baissés sur ces photos, il sentit une boule lui nouer l'estomac. Elle s'envoyait en l'air avec un Brainstormer; et depuis combien de temps déjà ? Comme Morgan est vachement gentille, elle voulait qu'Alexis vienne te le dire de son plein gré. Mais voilà que la vilaine refusait, et la menaçait pour qu'elle se taise. Il reconnaissait bien là Alexis. Têtue comme une mule, incapable de se rendre compte de ses erreurs ou de celles à venir, incapable de mettre sa dignité de côté, toujours persuadée d'avoir raison. Il avait toujours craint après son immaturité, sachant qu'elle était sa lieutenante, et finalement, les choses finissaient par mal tourner. Quant à Morgan... Elle était finalement la seule lueur qui subsistait, soucieuse pour le clan, soucieuse pour la ville, peut-être même soucieuse pour lui... Il pouvait au moins compter sur elle. Il aurait dû le faire depuis le début, ne compter que sur elle et elle seule. Au final, n'était-elle pas celle en qui il avait eu le plus confiance, pour parvenir à lui parler comme il l'avait fait plus tôt ? ... Il était temps de se remettre en question... D'ailleurs, Morgan a failli y passer, la pauvre. Heureusement que je suis arrivée à temps !

- Quoi !

Ca avait été plus fort que lui, des mots qui s'étaient échappés et aucune chance de les retenir. Morgan avait été dans une sale position, simplement parce qu'elle voulait protéger le clan. Et lui, où était-il à ce moment là ? Nulle part. Loin d'elle. Mais pourquoi est-ce les gens s'évertuaient tous à vouloir lui faire du mal ! Ca n'était plus qu'une simple boule qui nouait l'estomac du caïd, désormais il se sentait tressaillir sous l'envie qu'avait sa colère de s'extérioriser. Alexis était allée trop loin, si elle pensait s'en sortir, après avoir essayé de mettre Morgan au tapis alors que c'était elle et elle seule qui était en tort... Ca n'allait pas. Ca n'allait pas du tout. Et il savait que Sephy le voyait, parce qu'il n'avait même pas pris la peine d'essayer de cacher cette rancoeur et cette colère qui s'emparaient petit à petit de lui. En aurait-il seulement été capable ?
Et ça n'était pas encore terminé... Le pire restait à venir.


On dirait que ta si mignonne Alexis se tapait Julian Hawksbury depuis un certain temps, et que ni elle, ni lui, n'avaient l'intention de t'en informer. Elle se foutait de ta gueule depuis le début, tu sais ... Et tu imagines la suite, non ? Tu croyais quand même pas que les Brainstomers possédaient toutes vos informations, parce qu'ils ont le pouvoir de lire dans vos pensées ?

Le coup fatal avait été donné. Il se sentait si faible, si impuissant. Il n'avait rien vu venir. Il avait été naïf, oui. Naïf de croire qu'une fille comme elle pouvait lui rester loyale.
Sur son visage devait planer l'incompréhension et le désarroi. Il ne s'attendait pas à quelque chose comme ça, pas quelque chose d'aussi gros. Pourquoi Hawksbury... Pourquoi ce type, merde ! Ils faisaient un couple si pitoyable elle et lui, pourquoi l'avoir choisi lui, parmi tous les Brainstormers de la ville ! Savait-elle seulement dans quelle position ça le mettait ? En plus de mourir de jalousie d'imaginer sa lieutenante s'abandonner aux bras d'un autre, il fallait qu'elle le fasse avec le chef le plus influent de la ville !
Dire qu'elle avait osé prétendre l'aimer, lui, à peine quelques jours plus tôt, alors qu'en vérité elle se tapait déjà l'autre pourriture de Brainstormer. Ah ça, il devait être bien fier d'avoir pu se jouer de Taylor avec autant de facilité... Il le haïssait, il la haïssait, il haïssait tous les brainstormers !
Et c'est alors que son cellulaire vibra dans sa main. Le caïd baissa les yeux pour apercevoir le nom de Julian s'afficher sur son écran. C'est là que la colère monta si vite qu'il ne se sentit plus capable de la réprimer.
Un ignoble petit message s'affichait, témoignant toute l'hypocrisie et la malhonnêteté de ce salopard de chef bleu.

Citation:
From: Hawksbury
To: Taylor
Sois-en sûr, ils seront bien accueillis et traités en priorité.
Désolé pour cette pagaille, faut qu'on parle.


Désolé, ça il pouvait l'être, ça ne serait jamais assez suffisant pour réparer les dommages causés ! C'est alors qu'une vérité éclatante et d'autant plus effrayante lui sauta au visage. Hawksbury n'était en fait qu'une véritable ordure. Contrôlant encore tant bien que mal sa rage, Taylor avisa Sephy. Il n'était pas très difficile de deviner sa colère, tout en faisait montre, dans sa voix, dans son regard, dans son attitude...

- Est-ce que... Tu es en train de me dire que Julian a ordonné de te descendre... A cause d'une histoire de cul ?

Il n'attendait pas vraiment de réponse. Il savait que c'était le cas. Il savait désormais que si ce petit merdeux avait une si bonne réputation, c'était parce qu'il n'hésitait pas, justement, à éliminer tous ceux qui pouvaient lui nuire. C'tait bas, et lâche. En fait, il avait tout du politicien, il était exactement le même que ce connard de Treyman qui les avait tous envoyés dans cette foutue ville. Il se donnait de grands airs, mais il n'était en rien mieux que lui ! Le pouvoir lui était monté à la tête, et ça devenait n'importe quoi. Merde, mais il avait peur de quoi, pour aller descendre une gamine de seize ans ! Il pensait que Taylor viendrait faire un massacre dans son beau petit quartier, juste parce qu'une putain de son clan couchait avec l'ennemi ? C'était n'importe quoi. N'importe quoi, n'importe quoi !! Jurant, le caïd balança son poing contre le mur rugueux de la chambre. Il grimaça sous le coup, mais se fichait bien de la douleur, ou du sang qui perlait de ses phalanges. Il avait mal, comme un chien, mais les circonstances en étaient les seules coupables.
Il aurait voulu avoir Hawksbury sous la main, il aurait voulu pouvoir lui planter ce poing dans sa face, le cribler de balles pour qu'il comprenne la douleur que ça engendre, pour qu'il comprenne qu'on ne joue pas avec la vie des gens aussi facilement, qu'il fallait de bien meilleures raisons pour prétendre au droit de faire tant de mal. Une simple histoire de baise ne pouvait pas être un motif pour faire tuer une jeune fille de seize ans, bordel ! C'était insensé ! On ne tue pas les gens par intérêt personnel, pas quand on est chef de clan, encore moins quand on l'est du clan Brainstormer ! Ca dépassait les limites de l'entendement !
Il fallait agir. Il ne pouvait pas rester là sans rien faire.
Il rejoignit la fenêtre et fit signe à un des hommes qui se trouvait plus bas de monter le rejoindre. Et en attendant qu'il n'arrive, il s'attela à la rédaction d'un autre message. Peu improtait qu'il n'ait pas le droit de la contacter. Peu importait qu'elle lui en veuille à mort pour avoir osé faire ça. Il n'avait pas le choix. Pas cette fois.

Citation:
From: Alex
To: Lili
Situation politique critique; j'ai une blessée par balle que je ne peux pas envoyer chez les Brainstormers. Besoin de toi. En échange de ta coopération, tu pourras poser les questions que tu voudras, et obtenir réponse. Je l'envoie au Centre, zone D4 selon tes critères, appartement 18.
PS: Si tu es en possession de drogues dures, amènes-en. Désolé pour tout.


Sephy avait besoin de soins. Il espérait qu'elle accepterait de les lui donner.
Puis le type qu'il avait interpelé plus tôt déboula dans la chambre. Avant même qu'il n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, Taylor s'adressa à lui.


- Mettez-vous à deux valides par blessés, embarquez-les dans le pick-up de Louis, et rejoignez au plus vite le centre de soins. Julian a promis de s'occuper de nos blessés, mais je préfère que vous restiez pour surveiller leurs chambres, c'est compris ? Allez, file. Je passerai au Centre plus tard.

Le type acquiesça puis se dirigea machinalement vers Sephy.

- Non. Pas elle. Elle reste avec moi.

Le type en question afficha un air incompréhensif, mais ne chercha pas à connaître la raison d'une telle décision. S'en demander son reste, il rejoignit les autres et ils exécutèrent les ordres de leur Chef.
Taylor, quant à lui replaça son téléphone dans son treillis. Il soupira longuement, tentant tant bien que mal d'évacuer sa colère, sans grand succès.
Il passa ses mains dans ses cheveux, puis derrière sa nuque, avant de regarder du coin de l'oeil la jeune fille qui se tenait toujours à terre.
Après un long silence, il lâcha alors à son attention un vague
Merci. Pour Morgan. Et pour ça.
Il le lui devait bien. Il se foutait bien de devoir mettre sa dignité de côté en admettant qu'elle avait raison, parce que c'était tout simplement le cas: elle avait raison, et lui n'avait fait que se voiler la face depuis le début.
Il avait beau ne pas franchement apprécier cette gamine, elle avait quand même ce côté honnête et polie qui pouvait la rendre agréable.


- Voilà ce qui va se passer, maintenant: on va te dénicher quelqu'un pour t'accompagner. Tu vas rejoindre le quartier central. Là-bas, quelqu'un qu'on pourrait apparenter à un médecin va te prendre en charge. Considère-la comme une alliée du clan. Si elle t'interroge, tu es autorisée à lui dire la vérité, quelle que soit la question. Est-ce que ça te va ?

Il valait mieux que ça lui aille, parce que c'était ça ou le centre de soins. Et pendant qu'elle irait rejoindre le point de rendez-vous, Taylor, lui, irait saluer son vieil ami Hawksbury.
Il ne restait plus qu'à trouver quelqu'un pour accompagner Sephy jusqu'au Centre et assurer sa défense dans le cas où Julian repasserait à l'attaque.
Reprenant son téléphone, il envoya un message à celle qu'il jugeait la plus apte pour ce faire: Morgan.

Citation:
From: Taylor
To: Morgan
Viens Chez Louis, j'ai besoin de toi pour escorter Sephy chez quelqu'un qui pourra la soigner. Merci. Pour tout.


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Morgan Livingston
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MessagePosté le: Dim 21 Aoû 2011 - 22:11    Sujet du message: [RP Sephy] Nameless Topic Répondre en citant

L'air encore frisquet du mois de mai lui fouettait la figure. Cavalant sur les toits du quartier, Morgan avait les yeux rivés vers le bas. Mauvais réflexe pour une runneuse. Quand on court sur le bord du vide, on ne regarde pas ce qu'il y a sous ses pieds et encore moins ce qu'il y a derrière soi. Quand on court, on regarde droit devant, vers l'avenir et on se focalise uniquement sur son point d'arrivée. Mais l'anxiété qui la rongeait la rendait confuse dans sa course. Au fur et à mesure qu'elle s'approchait du bar où se trouvaient Chef et Calamity, sa gorge se serrait à la vue de la masse de jeunes armés regroupée dans les parages. Elle avait aperçu des Brainstormers positionnés sur les toits dans des endroits stratégiques et bien qu'elle ait pris soin de les éviter, elle avait de la chance que ces derniers aient cessé le feu et ne semblaient pas hostiles - pour le moment -. Même Morgan aurait du mal à échapper saine et sauve à une escouade de Brainstormers d'élites armés jusqu'aux dents. En sortant de chez Alexis, elle avait entendu la fin de la fusillade et ne pouvait qu'espérer que le silence grave qui régnait sur le quartier ne dure encore et encore et ne soit brisé que par les jurons des Sins' touchés qui étaient embarqués dans la camionnette de Louis.
L'eurasienne avait beau ruminer encore et encore son ressentiment envers le couple félon à l'origine du désastre à venir mais dans le fond, quelque chose lui répétait cruellement qu'elle était toute aussi coupable qu'eux. Elle pouvait bien se répéter que c'était pas sa faute, qu'Alexis n'avait jamais du coucher avec Jules et qu'inversement celui-ci n'avait pas à se taper la préférée de son pire ennemi dans son dos, ses jambes devenaient de plus en plus lourdes à l'approche du point de rendez-vous sous le poids de la culpabilité. Elle aussi se sentait traitresse. Un peu à elle-même, un peu à Chef, un peu à Jules. Peut-être que si elle avait rien fait, que si elle en avait parlé au Jules ou à Taylor, ça aurait pas tourné comme ça. Peut-être...
Soupir. Ses pensées se tournaient vers Sephy. Quelle idiote. Elle n'avait pas écouté la Calamité. Elle portait bien son surnom. En même temps, qu'est-ce qui t'a pris de lui faire soudainement confiance ? Plus que tout, elle s'en voulait d'avoir impliqué une nouvelle dans cette histoire épineuse. Par sa faute Sephy, cette Sephy qui lui avait peut-être sauvé la peau en intervenant plus tôt chez la Vanhaussen, était blessée. Et ça, Morgan avait du mal à le digérer. Qu'une autre se fasse tirer dessus par sa faute. Maintenant qu'elle y songeait, la compassion qu'elle éprouvait envers le Jules s'était immédiatement envolée. Quel c*n. Il pensait à quoi en essayant de la faire descendre celui-là ? Et puis m*rde. Après tout, si une guerre éclatait entre l'Ouest et le Nord, il l'aurait mérité.
Sauf que voilà, en fait, ça l'emm*rderait un peu qu'indirectement, à cause de son petit plan de génie loupé, des dizaines d'habitants de Pseudo City ne soient massacrés. Pour une histoire de cul en plus. En plus, Casse Briques était un Brainstormer. Elle était une Sinewyer. Bien qu'elle ne veuille pas être impliquée dans un conflit de gangs, il y avait toujours un risque de le retrouver de l'autre côté du champ de bataille. Une perspective qui lui retournait l'estomac.

Ce fut donc l'esprit encombré de remords et de suppositions désastreuses que Morgan arriva sur le toit du bar miteux avec plusieurs mois de retard, mais que voulez-vous ? La pauvre s'était paumée entre temps dans ses idées foireuses. Se laissant glisser le long du gouttière, elle sauta par la première fenêtre à sa portée et débarqua, par chance, dans la pièce où Taylor avait placé la Calamité blessée. Son regard tomba d'abord sur le Chef qui ne semblait pas l'avoir entendu arriver. Elle chercha un premier instant à le dévisager, à comprendre exactement dans quel état émotionnel il se trouvait. Colère, frustration, rancoeur, fatigue, déception, jalousie. Elle supposait qu'il y avait sans doute d'un peu tout cela dans les iris charbons du Chef. Mais lorsque ses yeux rencontrèrent les siens, elle baissa immédiatement la tête, ne se sentant pas la force de soutenir son regard qu'elle devinait plein de rage. Son coeur s'était enflammé dans un rythme effréné. Pas à cause de sa course. Mais parce que, en dépit de tous ses efforts, elle sentait la fureur blessée du Chef à l'instar de cette fois où il lui avait parlé de sa mère. C'était prétentieux à dire mais elle avait l'impression de ressentir sa douleur comme si c'était la sienne. Et ça la rendait encore plus confuse. Et un peu rageuse avec ça. Contre lui et contre elle-même. Ça lui avait fait mal de se rendre compte qu'il y avait une autre fille dans les proches du Chef, une fille plus belle, plus forte et sûrement plus intime avec Taylor qu'elle ne pourrait jamais l'être. Ça lui faisait mal de réaliser qu'il en avait une autre de confidente. Elle se faisait mal à foutre en l'air sa froideur et sa fierté pour jalouser la Vanhaussen. Au point d'aller lui faire du chantage et de se retrouver en plein coeur de ce bordel là. Elle ne savait pas si dans les motivations qui l'avaient poussé à rendre visite à Alexis il n'y avait pas plus d'égoïsme que d'affection envers le Chef. À supposer que les deux ne soient pas liés. Si elle n'avait pas essayé de forcer Alexis à se confesser par rivalité et non pas par inquiétude envers le Chef.
La bouche sèche, les dents serrés, ce fut à peine si elle le salua d'un hochement de tête avant de courir vers Sephy et de s'agenouiller à son chevet pour examiner son état. Morgan ne put retenir un léger soupir soulagé en constatant qu'aucun point vital n'avait été touché et qu'à condition de recevoir rapidement les premiers soins, elle s'en sortirait. Encore fallait-il qu'elle les reçoive ses premiers soins.

- Pardonne-moi, je ne voulais pas...
Non. C'est pas comme ça qu'il faut s'y prendre. Assez avec tes accès d'émotions. C'était pas le moment de perdre ses moyens et de se répandre en excuses larmoyantes. Surtout qu'elle apportait à la Calamité une délicieuse occasion de se moquer d'elle avec son cynisme grinçant. Se ressaisissant rapidement, l'eurasienne fronça les sourcils. Si l'adolescente n'avait pas été touchée, elle l'aurait sans doute baffée.

- Voilà ce qui arrive quand on suit pas le plan. Sa voix avait subitement changé pour devenir plus grave, presque sèche mais il y avait toujours une vague expression de soulagement dans son regard qui trahissait sa joie de retrouver une Calamité pas trop trop atteinte physiquement parlant. Elle n'osa pas en ajouter plus, ne sachant aucunement ce que Sephy avait bien pu dire au Chef et ne souhaitant en aucun cas empirer la situation car il était fort probable que la blessée ne soit pas gênée pour ajouter deux-trois mensonges, ou du moins exagérations, dans son récit, histoire d'embellir ses propos.
Se relevant, elle se résolut à affronter le Chef et se tourna vers lui pour lui lancer avec un peu de froideur forcée :

- Je crois qu'Alexis t'attend avec Julian dans son appartement. Tu devrais t'y rendre au plus vite. Elle baissa les yeux vers la Calamité et sa cuisse meurtrie. Si on ne se dépêche pas, sa jambe est foutue. Qui est-ce qui va la soigner et où ?

C'était court, direct. Pourtant, elle voulait lui déballer tant d'autres choses. Lui dire à lui aussi qu'elle était désolée. Que c'était sa faute. Qu'elle aurait du lui en parler directement. Ou encore lui dire qu'elle le soutenait. Ou tout simplement lui demander si ça allait, s'il allait tenir. Mais elle ne s'autorisait pas à en dire plus, à laisser le désordre de sentiments qui bouillonnait dans son crâne à lui en donner mal à la tête prendre le dessus. Surtout devant quelqu'un d'autre. Il fallait rester maître de soi-même. Calme. Impassible.

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MessagePosté le: Lun 12 Sep 2011 - 20:43    Sujet du message: [RP Sephy] Nameless Topic Répondre en citant

Colère. Frustration. Consternation. Taylor commençait à être à bout. Les ennuis s'enchaînaient, se succédaient, et le blessaient un peu plus à chaque fois. N'y aurait-il donc aucun instant de répit ? Aucun bon moment duquel il pourrait profiter, pour souffler un peu, oublier toutes les calamités qui lui étaient arrivées ? Il se sentait las. Fatigué. Epuisé. Si bien, qu'il ne savait même plus s'il aurait encore la force de craquer définitivement, de tout foutre en l'air de sa petite vie de Chef, de tout plaquer, de déchaîner sa colère sur quelques ahuris aussi bien coupables qu'innocents, et de se barrer définitivement de ce bordel de pays.
La colère ne s'amenuisait pas, elle était toujours là. Mais, fixant la blessure rougeoyante de la jeune Sephy, il se demandait combien de temps encore il parviendrait à supporter tous les affronts qui lui étaient fait. On lui avait appris à ne pas flancher, à ne jamais baisser les bras, à toujours aller de l'avant quel que soit le mal qui était fait. Mais il sentait la limite arriver. Après tout, derrière l'image de brute qu'il dégageait, il n'en restait pas moins humain. Un pauvre petit être humain, aussi fragile que tous les autres. Comment était-on supposé avancer quand rien, absolument rien ne vous aidait à le faire ?
Il observait Sephy, la pièce plongé dans un silence d'après-guerre. La douleur dans sa main le lançait, et il se doutait que ses phalanges devait rougeoyer de s'être une fois de plus enfoncé dans le crépi du mur. Pourquoi avait-il toujours autant de mal à réprimer ses émotions, ses pulsions, ses excès de colère...
Le poing serré, il sentit la douleur se réveiller un peu plus, et le sang perler. Être impulsif... Il détestait ça. Tout comme des tas d'autres choses à son sujet. Notamment la colère. Celle qu'il devait réprimer. Tant bien que mal. Plus bien que mal. En vain... Ce n'était pourtant pas d'imaginer Alexis dans les bras de Julian qui l'exacerbait. C'était de revoir Alexis lui raconter des mensonges ; c'était de revoir Sephy s'effondrer d'un coup sans comprendre ; c'était de revoir toutes les conséquences désastreuses qu'une simple histoire de cul avait pu engendrer. Où donc cette gosse avait-elle la tête quand elle a fait ça ? Et à quoi pensait Julian en voulant éliminer une Sinewyer juste sous les yeux de son Chef ? Il devait le savoir mieux que quiconque, que Taylor était possessif et que quand bien même lui se permettait de toucher à ses jaunes, il ne tolérait pas que les autres clans s'en prennent à eux. C'était viscéral. Et ça le frustrait encore plus quand c'était une gosse innocente de tout juste seize ans qui payer pour les crimes d'un autre. C'était tellement dégueulasse...
C'est alors que Morgan déboula dans la pièce. A vrai dire, elle se tenait devant la fenêtre, immobile, la tête baissée. Depuis combien de temps était-elle là, à attendre ? Il n'en savait rien. Mais il pensait que la voir ainsi, en bonne santé, le réconforterait. Ce ne fut pas le cas. Pourquoi ce regard baissé vers le sol, pourquoi lui n'avait pas droit à une seule attention de sa part ? Immédiatement elle était allée se jeter vers Sephy pour la cajoler, puis se reprendre, mais... quelle importance ? Au moment où il se disait qu'il n'avait plus qu'elle, il avait cette désagréable de ne l'avoir en réalité jamais eue. Il n'était rien. Il était seul. Désespérement seul. Pourquoi est-ce que c'était vers cette gosse qui ne devait pas avoir rejoint la ville depuis plus de quelques semaines qu'elle dirigeait toute son attention ? Pourquoi est-ce qu'elle s'inquiétait pour elle, plus que pour lui...
Il s'en voulait de penser ça. Sephy était en mauvaise posture, elle perdait beaucoup de sang, et chaque minute qui passait condamnait un peu plus sa faculté à courir librement. Il était évident que Morgan s'inquiéterait d'abord pour elle. Mais... Il avait si mal. Un pincement au coeur, une déchirure, un profond sentiment d'amertume. C'était lui qui avait besoin d'être cajolé ! Sephy, elle, elle aurait des soins, sa putain de drogue, et tout irait bien pour elle, l'hstoire serait oubliée, parce que dès que Taylor irait voir Julian, elle serait sortie d'affaire, et plus jamais ce connard ne viendrait lui chercher d'emmerde ! Mais lui... Lui... Il n'avait pas d'échappatoire. Il allait simplement se retrouver seul. Un peu plus. toutes... Elles disparaissaient, les unes après les autres, sans même qu'il ne puisse les supplier de revenir. Et il finissait toujours seul. Devait-il se complaire dans cette putain de solitude, sans jamais rien dire de ce qu'il en pensait, sans jamais se plaindre de sa condition ?
C'était dégueulasse... Foutue vie.


- Je crois qu'Alexis t'attend avec Julian dans son appartement. Tu devrais t'y rendre au plus vite.

Il jeta son regard de jais sur Morgan. Comment pouvait-elle lui dire ça comme ça ? Il le savait que Julian l'attendait. Et il savait aussi qu'il ne l'attendait certainement pas tout seul. Mais de là à penser qu'Alexis serait avec lui ?
Ses poings se serrèrent encore.
Il avait comme une irrepressible envie de tuer Julian. Lui faire ravaler ses conneries, et le buter une bonne fois pour toute. Ca n'était plus un simple désaccord entre chefs. Ils ne s'étaient jamais vraiment portés dans le coeur l'un de l'autre, mais là, c'était différent. Taylor haïssait Julian. Littéralement. Au point de le tuer s'il en avait l'occasion. Au point de le pendre avec ses propres organes si la situation de son clan n'en dépendait pas. Il se détestait, à ce moment précis, pour être chef. Parce que ça le limitait. Terriblement. Il n'avait aucune liberté. Il ne pouvait pas faire payer à Julian pour ce que Sephy avait dû subir. Il ne pouvait pas faire payer à Julian pour avoir agi de manière aussi insensée, aussi inhumaine !


Si on ne se dépêche pas, sa jambe est foutue. Qui est-ce qui va la soigner et où ?

Il avisa Morgan un vague instant, puis Sephy, un peu plus longuement. Est-ce qu'il pouvait dire à Morgan qui allait s'occuper de son amante ? Est-ce qu'elle ne le prendrait pas pour un fou de la confier à quelqu'un d'un autre clan ? Quelqu'un qui tenait d'ailleurs cet autre clan dans la paume de sa main ? Lui avait confiance. Confiance en une personne qu'il savait indigne de confiance, mais dont il était persuadé qu'elle lui rendrait ce service. Elle le lui devait. Après tout ce qu'elle lui avait fait voir... Elle n'avait pas le droit de refuser.

- Pour ce qui est du qui, tu le sauras bien assez tôt. La seule chose que vous avez besoin de savoir, toutes les deux, c'est qu'il ne faut en aucun cas que vous lui accordiez confiance trop vite. Elle s'occupera de Sephy, plus que bien, mais en dehors de ça, vous ne pourrez pas compter sur elle. Et... Concernant le dû, si elle vous pose des questions, vous n'aurez pas le droit de lui répondre que vous ne pouvez pas lui répondre. Dites-lui ce qu'elle veut savoir. Même si c'est à propos du clan, et même si c'est à propos de choses qu'elle n'est pas censée savoir. Quant à l'adresse...

Il attrapa le petit bloc-note qu'il y avait dans chacune des chambres de Chez Louis et y griffonna quelques mots. L'adresse qu'il avait donné à son contact, et l'adresse où le rendez-vous était fixé.
Il ne savait même pas si elle serait là. Et si elle ne trouvait jamais le message ? Et si elle décidait de l'ignorer parce qu'il venait de Taylor ?
Aussi amer qu'il l'était depuis l'arrivée de Morgan, il lui tendit le post-it sans presque lui adresser un regard.
Il s'avança vers la porte, puis jeta un coup d'oeil à Sephy.


- T'as intérêt à te remettre... Parce que je vais peut-être pas pouvoir casser assez la gueule à Julian pour lui faire payer ce qu'il t'a fait. Alors... Reste en forme pour au moins lui faire l'affront d'être encore debout.

S'il n'était pas encore en train de réprimer sa rancoeur, il aurait peut-être sourit pour cette Sephy qui avait reçu plus que de nécessaire pour son information. Il avait détesté son attitude, sa façon d'être, de parler... Mais il fallait avouer qu'elle en avait reçu un peu trop en un seul coup. Et pour ça... Il devait se sentir coupable... et reconnaissant.
Puis, après une vague hésitation, il tourna la tête vers Morgan. Il l'avisa, un court instant. Puis se tourna vers la porte, l'ouvrit et s'engouffrit dans le couloir.


- Oublie pas que t'as une guitare à me ramener...

Un dernier coup d'oeil adressé à Morgan, pour lui rappeler qu'elle lui avait fait une promesse, pour lui demander de venir le retrouver, pour lui demander de ne pas l'abandonner dans cette sale situation. Puis, le détournant, son regard se tranforma. Plus déterminé. Plus noir. Plus mauvais. Refermant la porte, il rechargea son arme. Ils vérifia sa réserve de munitions. Puis il quitta le bar.
Les heures qui allaient suivre allaient être mouvementées, chargées de larmes, de haine, et de colère. Il savait qu'Alexis ne lui pardonnerait jamais pour ce qu'il était sur le point de faire. Et il savait que Julian le détesterait pour cette même raison.
Mais il n'était aucun homme assez puissant pour pouvoir prétendre au rôle de Dieu, dans cette ville. Aucun homme... qui ait le droit de vie ou de mort sur des citoyens qui n'étaient même pas les siens.
Et ça... Taylor allait le lui faire comprendre. Et le lui faire payer.




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Sephy Hunter
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MessagePosté le: Dim 25 Sep 2011 - 16:32    Sujet du message: [RP Sephy] Nameless Topic Répondre en citant


Ce flot de paroles brusques et blessantes pouvait attirer le courroux de n'importe qui. J'attendais ses coups, parce que je savais dès le moment où mes oreilles curieuses ont entendu ce qu'elles n'ont jamais du entendre, que toute la haine qu'il allait éprouver en apprenant une vérité si amère allait se déverser sur la personne qui l'a transmise. Je scrutais la rage dans toute son intensité dans ses yeux, pendant que le voile du doute qui avait tant pesé sur lui se levait, et la vérité, cruelle et dévastatrice apparaissait dans toute sa splendeur. J'y prenais plaisir, bien entendu, comment pourrais-je autrement lui raconter toutes ces conneries à propos de ses potes de clan ? J'attendais la démence prendre le contrôle de son corps ainsi que de son âme, et malgré moi, mes mains se sont mise à trembler au monde crucial. Je pense qu'il ne l'a pas remarqué, vu le caractère très aigu de ce que j'étais en train de dire. Mais mon audace m'est revenue aussi rapidement qu'elle m'a quittée, à l'instant où j'ai pensé à Morgan, et je lui ai relaté ce dont j'ai été témoin. Cette stupide Vanhaussen a osé s'attaquer à Morgan avec une telle brutalité, tandis qu'elle voulait uniquement trouver un terrain d'entente. C'était inadmissible, j'avais presque envie de lui éclater la cervelle à la main, mais mon revolver a été plus prompt. Ma vivacité d'esprit a marché une nouvelle fois de manière incongrue, et au lieu d'aider Livingston, je me suis cassée avec la ferme intention de tout ramener au Chef. Est-ce qu'elle me le pardonnera un jour ? Peut-être aura-t-elle la chance de se mesurer à l'impossible, si jamais je sors vivante de ce merdier ...

J'achevais mon long discours, préparée d'avance à la folie qui allait s'emparer de Taylor. Je demeurais de marbre, écoutant pour une fois Mère Patience que je n'ai jamais particulièrement appréciée. Mais son expression était différente de ce que j'attendais. La déception fleurissait peu à peu dans mon coeur, lorsque je remarquais que je venais de l'attrister plus que de l'exaspérer. Et le résultat ne se fit pas très long à attendre: j'éprouvais maintenant de la compassion à son égard ! Ce regard ... que voulait-il signifier ?! Où étaient les injures, les coups, et tout ce qui allait avec ? Je n'avais pas fait tout ce chemin pour ça ! Il est vrai que ce fut pour lui un coup terrible, mais visiblement trop terrible pour attiser sa colère. La pluie ne s'abattait pas sur mes blessures. L'orage ne me réconfortait pas de ses éclairs. Et le vent qui soufflait n'arrachait ni mes membres, ni même  mes vêtements. Zéphyr, imbécile borné, où est-ce que tu t'es encore perdu ?! Le pieu fut enfoncé dans le cœur du vampire déjà rôtissant aux éclats vaniteux du soleil à l'instant où Taylor a démontré un intérêt considérable pour ma santé.


- Est-ce que... Tu es en train de me dire que Julian a ordonné de te descendre... A cause d'une histoire de cul ?

Je l'avais sous-estimé ou surestimé, je savais plus quoi en penser. Je croyais que c'était un fourbe plus musclé qu'intelligent, mais voilà qu'à mon grand regret, je découvrais une partie différente de sa personne. Il comprenait très bien la situation, et commençait à me considérer en tant que victime ... Ce n'est pas si mauvais, finalement. Toutefois, je m'obstinais de pas lui répondre, tout à coup très souffrante. La fièvre qui s'était emparé de mon corps ne s'amenuisait aucunement. Je lui lançais un regard furtif sans expression distincte, puis tournais la tête vers la fenêtre, comme si j'étais vraiment intéressée dans la vue de cette ville pourrie. Il en profita pour rejoindre lui-même la fenêtre, et ramena un de ses hommes dans la pièce. Voulait-il me tuer sans se salir les mains ?

- Mettez-vous à deux valides par blessés, embarquez-les dans le pick-up de Louis, et rejoignez au plus vite le centre de soins. Julian a promis de s'occuper de nos blessés, mais je préfère que vous restiez pour surveiller leurs chambres, c'est compris ? Allez, file. Je passerai au Centre plus tard.

Il était si honnête, que j'en avais presque envie de vomir. Où était la rage ?! Je me mordais les lèvres, furieuse, tandis que l'autre boulet s'avançait vers moi pour me ramener dans un vieux pick-up avec des imbéciles qui puent la sueur et sont couverts d'un sang qui ne leur appartient que partialement.

- Non. Pas elle. Elle reste avec moi.

Comment ? Quelles étaient donc ses intentions ? Et quand allait-il m'en faire part ? Après un silence colossal, il me remercia de lui avoir fait part de ces informations. Muette, je ne parvenais pas à cracher quoique ce soit. Il m'avait remerciée. Je n'y croyais pas. Pendant ce fugace instant, je restais scotchée à ses yeux, comme hypnotisé par leur pureté. Mais c'était si évasif que je savais à peine capter leur signification. J'ai regretté d'avoir succombé à cette tendresse après avoir réalisé que je me trouvais enfermée dans sa cage de verre. Mais il était déjà trop tard pour revenir en arrière ...

- Voilà ce qui va se passer, maintenant: on va te dénicher quelqu'un pour t'accompagner. Tu vas rejoindre le quartier central. Là-bas, quelqu'un qu'on pourrait apparenter à un médecin va te prendre en charge. Considère-la comme une alliée du clan. Si elle t'interroge, tu es autorisée à lui dire la vérité, quelle que soit la question. Est-ce que ça te va ?

Interdite, je parcourais la pièce du regard plusieurs fois avant de réaliser ce qu'il venait de dire. Je me sentais vulnérable, et bientôt, j'apprenais que ce sentiment m'est aussi donné pour une autre raison, plus rationnelle. Ma blessure. Le sang qui s'écoulait de la plaie et qui avait en partie séché se retrouvait recouvert d'une nouvelle dose de liquide vital. J'appuyais ma main sur le garrot, et au lieu d'atténuer la douleur, je ne faisais qu'éveiller l'écoulement du sang.

- Je ... Oui, j'ai compris. Je levais le menton pour le fusiller du regard, plus par désespoir que par vilenie. Mais si jamais je ne le survis pas, ce sera sur ta conscience.

C'est à ma grande surprise que Morgan accourut dans la pièce, visiblement épuisée par une longue course. Je n'y croyais pas. C'était elle qui allait m'aider, alors que c'était à moi de le faire, lorsqu'elle était blessée ? Elle s'agenouillait près de moi et une incroyable bonté éclata dans ses yeux. Je ne l'avais encore jamais vu sous cet angle. C'était Halloween ou un truc du genre ?

- Morgan ! Je pensais te voir seulement après ma mort.

En dépit du cynisme amer qui avait saisi mon âme, ma carapace se brisait et un sourire faible mais décidé éclaira mon visage.

- Pardonne-moi, je ne voulais pas...

J'étais heureuse. Mais avant que je ne puisse expliquer quoique ce soit, voilà que la vraie Morgan revenait, avec son visage de marbre et ses intentions pas si bienveillantes que celles du Dalaï-lama.

- Voilà ce qui arrive quand on suit pas le plan.

Mouais. Je n'ai jamais trop apprécié les aliments trop sucrés, et j'ai en horreur les romans à l'eau de rose et autres bêtises relatives aux sentiments Bisounours. Le fameux duo d'amants dynamiques attendait déjà Taylor dans l'appart' d'Alexis. 

- Si on ne se dépêche pas, sa jambe est foutue. Qui est-ce qui va la soigner et où ?

Le regard de Taylor s'était nettement modifié depuis l'arrivée de Morgan. J'avais du mal à définir l'intensité de son chagrin, parce qu'une enveloppe de dure à cuire l'avait emporté une fois encore. 

- Pour ce qui est du qui, tu le sauras bien assez tôt. La seule chose que vous avez besoin de savoir, toutes les deux, c'est qu'il ne faut en aucun cas que vous lui accordiez confiance trop vite. Elle s'occupera de Sephy, plus que bien, mais en dehors de ça, vous ne pourrez pas compter sur elle. Et... Concernant le dû, si elle vous pose des questions, vous n'aurez pas le droit de lui répondre que vous ne pouvez pas lui répondre. Dites-lui ce qu'elle veut savoir. Même si c'est à propos du clan, et même si c'est à propos de choses qu'elle n'est pas censée savoir. Quant à l'adresse...

Il griffonna quelque chose dans un bloc-notes et le tendit à Morgan, impassible. Avant de partir, il me sortit une dernière réplique incompréhensible.

- T'as intérêt à te remettre... Parce que je vais peut-être pas pouvoir casser assez la gueule à Julian pour lui faire payer ce qu'il t'a fait. Alors... Reste en forme pour au moins lui faire l'affront d'être encore debout.

Je lui souris, nonobstant la souffrance dans laquelle j'étais plongée par ma propre faute.

- Si c'est une question d'obstination, je serais bien stupide de désobéir à mon chef. Mais tâche tout de même de ne pas le rater ...

Je ne savais pas encore que grâce à toute cette agitation, j'allais faire la rencontre d'une personne très singulière, qui malgré un long combat avec mon triste dessein, finira par succomber sous le poids de la nécessité ... Et tout ce qui s'était passé ce jour-là resterait gravé à jamais dans la mémoire des habitants. Je resterais toujours l'héroïne qui a sauvé le Chef des Sinewyers d'un tir mortel, et la vérité ne sera jamais entièrement diffusée au public. J'aurais le respect de tout un clan, mais une autre chose me sera enlevée. Et l'étendue de cette chose-là me donnera l'envie d'en finir, et de devenir une héroïne jadis honorée, aujourd'hui oubliée.

C'est le post le plus nul que j'ai écrit de ma vie. Désolée pour l'attente O_O.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:19    Sujet du message: [RP Sephy] Nameless Topic

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