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Pseudo City: Chapitre 2 - Dégats collatéraux
 
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De la salive à l'eau, comment la mer a salivé ?

 
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Camille la Baltringue
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MessagePosté le: Ven 11 Fév 2011 - 20:42    Sujet du message: De la salive à l'eau, comment la mer a salivé ? Répondre en citant


Le port était vide. Les premières lueurs du soleil réchauffaient la pierre et dansaient sur l'eau calme et reposée. Les bateaux étaient tous alignés et laissaient place à un paysage toujours fascinant, celui de la mer rejoignant le ciel. Camille n'avait pas dormi de la nuit. Il avait erré ça et là, déversant un peu plus de sa personne dans les quatre coins de la ville. Et ce chien était toujours là, à la suivre, depuis bientôt deux semaines.

Ça doit faire quatre mois peut être cinq... Six même ? Putain, et si elle était morte ? Et si, à cause d'une de mes mauvaises drogues, elle avait fait une overdose ? Mais j'lui donnais ce que j'avais de meilleur... Peut être qu'elle a oublié qu'on est censé se voir à l'aube... C'est bien l'aube pour passer inaperçu. Même si elle avait oublié elle le saurait. Elle sait tout cette fille... Ça fou les boules même. Je vais rester toute la journée s'il le faut. Même si on me tourne autour. Il faut que je sache... Tu sais toi, chien ?
  

Assit sur le rebord en pierre, les pieds dans le vide au dessus de l'eau, Camille tourna la tête pour questionner l'animal du regard. Ce dernier était assis juste derrière lui, au sol, et se mit à secouer la queue dès que l'homme planta ses yeux dans les siens.

On m'a toujours dit qu'il fallait jamais regarder un chien dans les yeux. Quelle connerie.
T'as de beaux yeux en plus. Eh mais ils ont l'air jaunes avec la lumière du soleil !
Et moi je suis éclaté.

  

Il garda sa cigarette en bouche et ébouriffa le poil noir de son compagnon sans pouvoir s'empêcher de sourire. Puis son regard repartit vers l'horizon, suivant sa fumée. Il observa sa main entourée d'un bandage puis son pantalon noir. Le jeune homme portait une chemise claire avec des chaussures italiennes et un pantalon noir, il semblait contrarié par le bandage qui ne collait pas vraiment à son style. Il allait le retirer pour le jeter à la mer mais entendit son chien s'agiter. Le jeune homme sentit une présence derrière lui, vous savez, ce sentiment mystérieux de se sentir observé. Son cœur battait la chamade... C'était une présence qu'il avait espéré croiser depuis cinq mois déjà.

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MessagePosté le: Ven 11 Fév 2011 - 20:42    Sujet du message: Publicité

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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Sam 12 Fév 2011 - 08:28    Sujet du message: De la salive à l'eau, comment la mer a salivé ? Répondre en citant

Je te réponds un peu à la va-vite, alors ne m'en veux pas si ce n'est pas très complet Wink


Six heures du matin. L'aube ne pointe pas encore que la jeune femme est pourtant déjà levée.
D'où lui venait cette habitude constante, ce désagréable mécanisme d'être toujours si tôt éveillée ? Elle ne s'en souvenait même plus... Mais ça faisait partie de sa vie, de son quotidien, bien incapable qu'elle était d'ouvrir les yeux sur un ciel déjà baigné de lumière.
En cette fin de nuitée, le temps était froid, sec. Au dehors, les pare-brise étaient gelés et ci et là sur le sol quelques plaques de givres persistaient, se craquelant en d'infinis petits cris sous les pas de la jeune Haughter. Déjà dehors. Oui.
Emmitouflée dans son manteau et son écharpe, elle évoluait au gré des rues, n'allant que là où ses pas la guideraient.
Et puis, au bout d'une heure, peut-être un peu plus, le premier rayon de soleil perça au travers du brouillard matinal. Et ce fut comme le réveil d'une long coma.

" Mais qu'est-ce que tu fiches, Elizabeth ? Tu as déjà oublié tes habitudes ? "

Comment savoir pourquoi ça lui était sorti de l'esprit. Peut-être cette fascination pour sa chère ville retrouvée l'avait-elle complètement aveuglée, au point de lui faire oublier jusqu'à même ce qui faisait son quotidien.
Non, bien sûr que non... C'était bien plus profond que cela. Elizabeth n'oubliait pas ce genre de choses. Elizabeth n'oubliait rien. Elle s'était simplement égarée, l'espace de quelques jours, dans le vide de son esprit. Dans le carpe diem, que les dernières informations qu'elle avait découvertes l'avaient plongée.
Glissant ses mains pâles et graciles au chaud dans ses poches, elle changea alors d'itinéraire ; le Port.
Mais... Et s'il n'y était pas ? Après tout, pourquoi aurait-il continué à venir après cinq rendez-vous manqués ?

" Ne te fais pas de mauvais sang, Elizabeth... S'il n'est pas là, eh bien contente-toi de continuer ta route. Tu iras le trouver à ses points de visite habituels plus tard. "

Le bruit de ses pas raisonnaient dans le vide du quartier tel un échos insatiable. De longues bottes à talons ornant ses fins mollets, une petite jupe flottante pour attiser les regards, et ce manteau noir descendant avec finesse sur ses hanches graciles. De longs cheveux bruns flottant au vent, et ce regard, le plus inoubliable de tous, teinté des couleurs d'un océan qui s'y serait réfugié dès sa plus tendre enfance.
Elizabeth était là. Gracile silhouette élancée se dirigeant avec grâce vers cet homme assis sur le rebord en pierre du port.
Comment détailler toutes les sensations étranges que la jeune Haughter avait senti naître en elle à la vue de ce personnage qu'elle avait été si accoutumée à retrouver, et qui, du jour au lendemain, n'avait plus eu aucun signe d'elle. Que lui dirait-il ? Que lui dirait-elle ?
S'approchant encore davantage de cette présence familière, elle se dévoila finalement à son regard, le tirant non sans peine de lointaine pensées. A ses côtés, un grand chien se tenait, mirant lui aussi la jeune femme avec une certaine... curiosité.
Ôtant de sa poche une de ses longues mains blanches, elle la plongea dans sa chevelure, et émit un sourire à la fois désolé et ravi à l'attention de son "fournisseur".

" Bonjour, Camille. "

Cela faisait si longtemps, qu'elle se demandait presque s'il ne l'avait pas oubliée. Jetant un coup d'oeil au molosse, elle s'accroupit presque immédiatement auprès du jeune homme, et l'observa un instant.
Il était toujours aussi beau, et il n'avait pas encore l'air à moitié mort. Les lèvres de la jeune femme s'étirèrent en un fin sourire tendre.
Elle n'aurait pas cru qu'une présence qu'elle pensait aussi insignifiante que celle de Camille puisse finalement tant lui manquer.
Se terrant dans un silence léger, elle vint glisser ses doigts fins sur la joue du jeune homme, redessinant ses pommettes, les cernes tombant sous ses yeux, avant de dériver vers de simples et délicates caresses.

" On dirait que tu n'as pas dormi depuis des jours... "

Une voix calme et posée, comme à son habitude.
Sans rien ajouter, elle vint s'assoir aux côtés du jeune homme, laissant elle aussi ses jambes aller au vide au-dessus de l'eau. Ses jambes mirent un instant à s'accoutumer du froid de la pierre, mais très vite elle ne le sentit plus. Le soleil commençait à se lever de l'autre côté du lac. Agréable et douce sensation que c'était de sentir sa douce et chaleureuse lumière s'empreindre de vous, lentement, délicatement...

Elle n'en laissait rien transparaître, bien sûr, mais elle était réellement heureuse de revoir Camille. C'était quelque chose d'étrange, d'inhabituel. D'un côté, cela signifiait qu'Elizabeth était enfin de retour, bel et bien là, et ce sentiment la confortait d'une chaleur agréable. Mais de l'autre, ça voulait surtout dire que bien malgré elle elle avait fini par s'attacher à une présence étrangère à son clan.
Qui l'aurait cru...


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Camille la Baltringue
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MessagePosté le: Sam 12 Fév 2011 - 20:42    Sujet du message: De la salive à l'eau, comment la mer a salivé ? Répondre en citant

La même silhouette, quelque peu plus féminine...
Mais c'est bien elle, reconnaissable parmi toutes les autres. Liz. Putain ses yeux!

     

I
l est vrai que le paysage glacé auquel s'ajoutait ce soleil d'hiver faisait parfaitement ressortir ce bleu si caractéristique qui devenait électrique. La Baltringue ne réagit pas directement, il inclina simplement son visage en guise de salut et posa un regard indéfinissable sur Elizabeth. Ni surpris, ni interrogateur. Quelque chose entre le soulagement et la tendresse. Une douceur froide. Il lança un regard vers le chien qui restait assis mais qui paraissait assez agité par cette nouvelle présence. Il pivota pour se trouver en face d'elle et la regarda encore, afin de capter ce sourire rassurant.


" Bonjour, Camille. "

Ce même geste et ce même sourire...
     

Automatiquement, Camille discerna cette pointe de culpabilité dans sa voix. La relations entre les deux protagonistes n'avait rien de très clair depuis le début, mais certains détails trahissaient leur affection. La jeune femme se baissa à sa hauteur et un parfum frai se propagea dans l'air enfumé. Et pendant qu'elle promenait ses doigts sur son visage, ce dernier en profitait pour observer le sien. Il aimait ça. Regarder, fixer, sans gêne ni pudeur. Pour capter, analyser, décrypter la profondeur qui se cachait derrière les traits, les expressions et les façons d'êtres. Car l'image qu'on renvoie de soi reste incontrôlable, le corps trahit l'esprit.
En tant normal, Camille ne se laisserait jamais toucher. Il détournerait la tête, repousserait comme un animal sauvage pour partir ailleurs.
Mais tout ça n'avait pas grand chose de normal...


" On dirait que tu n'as pas dormi depuis des jours... "

Il laissa la jeune femme s'asseoir, avant de se remettre dans sa position initiale. Il s'avança un peu dans le vide pour poser ses coudes sur ses genoux, il souffla dans l'air pour créer une buée et fixa l'eau quelques secondes. Le trafic lointain prenait peu à peu vie tandis que les deux personnages gardaient le silence. Il jeta son mégot dans l'eau avant de se redresser pour murmurer d'une voix enrouée :

- Tu sais, l'exigence du métier... Dealer, transsexuel et criminel c'est pas ce qu'il y a de plus reposant...

Il la regarda avec gravité avant de laisser apparaître un sourire. Son regard repartit au lointain avant de revenir se poser sur elle :

- Et toi, les Haughters t'ont gardé en captivité pour que tu disparaisses de la circulation ?

Cette phrase aurait pu paraître provocante mais c'était le ton naturel du jeune homme. Irritant et malicieux, à son habitude. Sa voix rauque et cassée et annonçait le début d'une bonne angine mais Camille était immortel ; il sortit donc une clope et l'alluma avant de poser le paquet et le briquet sur le rebord, en guise de proposition à la jeune femme. Il regardait avec attention son profil, la jeune femme avait l'air plus calme qu'à l'ordinaire. Elle avait toujours représenté un point fixe dans un monde assourdissant pour l'adolescent et pourtant, elle réussissait à maintenir cette sorte de mystère autour de sa personne qui les gardait en distance. Il passa sa main bandée dans ses cheveux pour dégager ses yeux clairs et tira sur sa cigarette, avant de créer des ronds de fumée dans l'air froid...


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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Jeu 17 Fév 2011 - 19:54    Sujet du message: De la salive à l'eau, comment la mer a salivé ? Répondre en citant

Le regard insistant du jeune homme sur le visage de la jeune Haughter aurait pu paraître gênant, indiscret, désagréable. Mais il n'en était rien. La jeune femme connaissait ce regard, et pas seulement parce qu'il était propre à Camille. Elle-même en faisait souvent usage. Elle-même passait son temps à mirer, observer, dévisager dans un silence de plomb. Elizabeth voyait en chaque regard une parcelle d'âme, et chacun des siens était comme l'unique moyen qu'elle avait de jauger en conservant le silence, de lire en l'autre sans avoir à faire connaissance.
Quelque chose d'inexplicable... Mais à ses yeux, le regard valait parfois mieux que la parole.

Losqu'elle vint prendre place à ses côtés, il ne dit rien, se contentant de plonger cet improbable duo dans un silence réconfortant. Ils n'avaient pas tant besoin de parler. C'était comme si la simple présence de l'autre suffisait à leur complaisance.
Le regard porté vers cet horizon qui, encore au loin, se perdait dans un fin brouillard persistant, elle aperçut Camille du coin de l'oeil jeter son mégot à l'eau avant de se redresser. Il murmura quelque chose à l'attention de la jeune femme, d'une voix rauque témoignant d'une nuit glaciale passée à la belle étoile, ou d'une soirée trop arrosée, trop enfumée, passée à crier, chanter et s'exhiber.

- Tu sais, l'exigence du métier... Dealer, transsexuel et criminel c'est pas ce qu'il y a de plus reposant...

Un léger sourire naquit sur les lèvres d'Elizabeth. Lentement, elle tourna la tête vers Camille et l'avisa, tandis que lui-même l'observait déjà avec gravité. Elle appréciait toujours autant ses remarques désabusées. Il n'avait pas changé.
Elle observa le sourire qui s'esquissait cette fois sur les lèvres de son interlocuteur, se surprenant à se demander à quoi il pouvait bien penser, le regard tourné de nouveau vers l'horizon.
" Tu es complètement à l'ouest, hein... Tu as encore fumé à en vider des stocks. On ne te changera pas, pas vrai ? "
Oui. Il était sans doute déjà bien déchiré malgré l'heure avancée de la journée. Inutile d'essayer de deviner à quoi il pourrait bien penser. A moins d'être dans le même état que lui, ce serait peine perdue, ma chère Lili...

- Et toi, les Haughters t'ont gardé en captivité pour que tu disparaisses de la circulation ?

Toujours cette même franchise, ce même air parfois désobligeant. Elizabeth sourit. Une fois encore la remarque lui plaisait. Camille... Cher Camille. Peu importe que le ciel te tombe sur la tête, tu resteras toujours le même, hein ?

" Moui. Shinji a soudainement cru qu'il pouvait avoir une idée de génie et a décidé de faire des essais génétiques sur moi. Ils m'ont mise en cellule et m'ont piquée, jour après jour. Je suis sûre que tu aurais adoré... "

Pas une once de taquinerie dans ces propos. Juste calme, posée, grave. Pourtant, il était évident que cette histoire n'avait rien de logique. Jouant au même jeu que Camille, elle reposa le regard sur lui, puis esquissa un fin sourire.
Sans rien ajouter dans l'immédiat, elle déposa sa main sur le paquet de cigarette, et l'ouvrit pour en examiner le contenu. Fumer ? Elle ne le faisait presque jamais. D'ailleurs, les seules fois où elle s'était laissée aller avaient été avec Camille, maintenant qu'elle y pensait.
Silencieuse comme une tombe, gracieuse dans ses mouvements, elle se saisit d'une des cigarettes qui y trônaient, avant de la coincer entre ses lèvres. Un léger cliquetis, et une flamme orangée s'éleva du briquet pour venir brûler sans vergogne ce fin bâtonnet empli de tabac séché.
Conservant le briquet en main, elle tira une première fois sur cette chose ignoble qu'elle n'appréciait pas tant que cela. La fumée âpre s'éprit de ses poumons fragiles avant de s'échapper à nouveau entre ses deux fines lèvres rosées.

" J'avais quitté la ville. Pour... le travail. "

Les mots s'étaient détachés d'elle avec une désinvolture singulière. Pourquoi lui disait-elle ça, à lui, alors même qu'il était d'un autre clan, alors même qu'il n'avait rien d'un proche. Ou du moins, rien de flagrant... Peut-être parce que malgré elle, elle voulait que quelqu'un sache ce qu'elle faisait, que quelqu'un l'épaule silencieusement, discrètement. Camille savait qu'Elizabeth était la personne qui savait tout sur la ville... Peut-être ferait-il le rapprochement, qui sait...
Levant un instant son visage vers le ciel, elle mira les quelques nuages avant de clore ses yeux, s'abandonnant, sensible, aux bruits ambiants - le clapotis de l'eau s'écrasant contre la roche froide du rebord du port, les grondements des navires au loin, s'éloignant du rivage, le chant des rares oiseaux osant affronter le froid -, aux sensations procurée par le dehors - le froid prenant du vent frais du matin, la dureté coriace et glaciale de la pierre sous ses jambes, la chaleur de la flamme de ce briquet qu'elle continuait encore et encore d'ouvrir et refermer...

" Tu m'as attendu chaque jour où nous étions convenus de nous retrouver... "

L'interrogation n'en était pas une tant sa question prenait les airs d'une affirmation. Elizabeth se doutait qu'il avait dû venir chaque mois, à ce jour indiqué auquel ils étaient habitués à se retrouver. Sinon... Pourquoi lui aurait-il demandé, aussi implicitement que ce soit, ce qu'elle était devenue ces cinq derniers mois où elle n'avait plus existé pour Pseudo City - où elle avait encore moins existé, même, pour la plupart...

Elizabeth avait quitté la ville, oui. Là où peu savaient que c'était possible. Et pour aller où ? Dans un endroit dont elle était revenue changée... Sans qu'elle ne laisse son interlocuteur le remarquer. Peut-être l'avait-il déjà fait, cela dit... Car après tout... N'avait-il pas appris à la connaître un temps soit peu, après toutes ces années à la rencontrer mensuellement pour cette même commande inchangée et inexpliquée ?

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Camille la Baltringue
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MessagePosté le: Dim 27 Fév 2011 - 23:04    Sujet du message: De la salive à l'eau, comment la mer a salivé ? Répondre en citant

- Moui. Shinji a soudainement cru qu'il pouvait avoir une idée de génie et a décidé de faire des essais génétiques sur moi. Ils m'ont mise en cellule et m'ont piquée, jour après jour. Je suis sûre que tu aurais adoré...

Baltringue se marra doucement à cette réplique parce qu'il n'avait aucun mal à imaginer Shinji en fou furieux. Et son imagination ne manqua pas de rajouter du piment à la scène... Il allait répliquer comme un con mais médita sur cette phrase quelques secondes. Il sourit avant que sa première interrogation reprenne le dessus et qu'il se mette à fixer la jeune femme avec insistance, s'adressant silencieusement à elle :

Sérieusement... Qu'est-ce qui s'est passé Liz ?
  

Et tandis qu'il l'observait elle et ses gestes graciles la belle paraissait chercher le meilleur moyen d'expliquer ce qu'elle avait à dire. Comme si la fumée l'avait aidée à cracher un morceau pas évident à sortir, elle lâcha sur un ton franc :


- J'avais quitté la ville. Pour... le travail.

La ville ? Pseudo-City ? Mais si tu quittes Pseudo ça implique que tu aies rejoins Mighan ?
Oh bordel ça fait beaucoup pour ma petite gueule de défoncé...
En plus Liz je suis sûre que c'est le genre de nana qui s'implique dans les plans tordus...

  

- Faut dire qu'il était bien placé pour dire ça... - Ce que Camille ne voulait pas reconnaître c'est qu'il était heureux qu'Elizabeth soit là. A côté de lui. Parce que si elle s'était bel et bien rendu à Mighan ç'aurait pu mal tourner... Carrément mal tourner. Il n'aimait pas les tendresses qui se transformaient en sucreries mais il n'arrêtait pas de la reluquer pour bien se rassurer de sa présence. Ça lui apportait une putain de satisfaction béate de savoir que même après cinq mois d'absence elle était revenue. Et que le monde pouvait bien crever sous ses yeux, Liz était là. Sur quoi elle abandonna son esprit en abandonnant son corps... Fermant ses yeux et laissant se dessiner une expression de sérénité sur son visage aussi doux que celui d'un agneau ( ça c'était la comparaison personnelle de la Baltringue qui, d'après le maître, avait tout de mélioratif ). Plus sérieusement  il s'abandonna, lui aussi, à la regarder, elle, et chaque parcelle de son visage et de son corps...


- Tu m'as attendu chaque jour où nous étions convenus de nous retrouver...

Il savait déjà qu'il ne pouvait pas lui cacher ça. Son attachement était devenu clair pour lui le jour où il l'avait attendu jusqu'à la tombée de la nuit. Personne ne restait longtemps dans la tête de Camille et Liz ne faisait pas exception à cette règle qui était presque fatale. Sauf qu'une fois le moment des retrouvailles débuté elle réussissait à monopoliser à elle seule tout l'attention du jeune homme. Pourtant si détaché naturellement. Et ça même quand elle n'était pas présente... Comme si ces moments étaient destinés, réservés à elle.
Elizabeth avait quelque chose d'inexplicablement attractif.

Camille se pencha spontanément vers elle et, en guise de réponse, effleura sa joue du bout de son nez avant de l'embrasser sur la joue. Il n'aurait jamais agit de cette façon quelques mois plus tôt avec Liz et pourtant, cette séparation avait changé quelque chose en elle, ou entre eux. Peut être c'étaient-ils rendus compte ainsi qu'il ne s'agissait plus seulement d'un rendez-vous entre un dealer et sa cliente. Peut être aussi que la distance obligeait les gens à mettre leur fierté de côté pour s'abandonner à une tendresse naturelle. Doucement, il déposa plusieurs baisers sur la peau parfumée de la jeune femme et se fraya un passage jusqu'à son cou, tandis que sa main froide remontait le long de sa cuisse fine. Camille était du genre à papillonner à gauche à droite, mais il ne s'abandonnait jamais avec des connaissances sur longue durée pour ne pas compliquer les choses. La vie était assez compliquée. Il était donc non seulement étrange de voir comme Camille changeait ses habitudes, mais aussi de voir une Haughter bécotée par un Dashin. Et tandis que l'excitation montait, que les frissons n'étaient plus seulement dus à la température basse, que le cœur valsait, deux hommes haughters s'approchaient de là, ayant reconnu de loin une Baltringue avec laquelle ils avaient des comptes à régler...

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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Mar 8 Mar 2011 - 12:05    Sujet du message: De la salive à l'eau, comment la mer a salivé ? Répondre en citant

La brise matinale faisait valser avec grâce les mèches de la jeune fille sur son son visage clair. Elle se saisissait de chaque instant, craignant l'éphémère, craignant la fin. Depuis peu, elle avait appris à regarder le monde dans lequel elle vivait d'une toute autre façon. Chaque petit détail avait désormais son importance, chaque petite chose usuelle devenait unique. Cette peur permanente qui lui nouait l'estomac jour et nuit, la faisait aussi vivre au jour le jour. Elle jouissait du moindre instant de liberté, d'égarement, pour ne plus avoir à penser à toutes ces ignominies qu'elle avait découvertes au dehors.
Et c'est lors d'un de ces égarements qu'elle fut tirée de sa rêverie par le nez froid de Camille, venu se blottir contre sa joue.
Elle avait d'abord était surprise, avant qu'un vague sourire ne naisse sur ses lèvres. Elle voulait lui demander à quoi il jouait, lui faire remarquer qu'il n'avait jamais été aussi proche d'elle, auparavant, qu'il était d'ailleurs tout simplement inhabituel de le voir papillonner ainsi avec quelqu'un qu'il connaissait depuis longtemps et qu'il allait certainement revoir encore et encore, mais les mots ne sortirent tout simplement pas. Il venait de déposer un baiser sur cette même joue, et lui en offrait d'autres sur son cou blanc. Des baisers d'une chaleur à faire pâlir l'été tant ils contrastaient avec ce froid tenace qui s'était épris de ce début de journée.

# Qu'est-ce qu'il t'arrive, Camille... ? #

Elle voulut lui poser la question, mais la réponse s'imposa en elle comme une évidence. Qu'est-ce qui pouvait faire changer le comportement de Camille vis-à-vis d'elle du tout au tout, de cette façon ? Qu'est-ce qui avait changé en lui, pour qu'il agisse de la sorte ? Ou plutôt, qu'est-ce qui avait changé entre eux...

# Je t'ai tant manquée que ça... ? #

Elle avait chamboulé le quotidien du jeune homme en ne se présentant plus à leurs rendez-vous. Peut-être avait-il pris le temps de penser à elle. De réfléchir à la situation. D'imaginer ce qui pouvait bien lui être arrivé. Peut-être cette absence lui avait-elle permis de se rendre compte de certaine chose. Peut-être avait-il fini par réaliser une certaine forme d'attachement vis-à-vis d'elle.

# Après tout... N'en a-t-il pas été de même pour toi ? #

Oui, après tout... Elizabeth avait fini par prendre ses marques, sur Pseudo City, par s'attacher à quelques habitudes quelconques, et il était vrai que lorsqu'elle avait dû les renier toutes pour rejoindre Mighan, elle s'était d'abord sentie mal à l'aise, perturbée, comme perdue dans un monde qui n'était décidément plus le sien. Et elle avait vite regretté ses petites habitudes simples qui constituaient son quotidien. Elle avait regretté son Chef, les fêtards de son clan, les lamentations stridentes de son violon, les longues discussions de Julian, l'orgueil des dashingers, la violence des sinewyers, les tintements métalliques des instruments des artisans du coin, ses esquisses sur coin de table de tout ce petit monde auquel elle s'était attachée, et puis Camille. Sa Baltringue. Son précieux Camille au regard sondeur et perçant.
Au fond d'elle, une petite pointe de chaleur, une petite étincelle naissait. Oui... Camille lui avait manqué. Et peut-être en était-il de même pour lui.
Il restait silencieux, et même si elle savait qu'il devait être défoncé, elle savait aussi que dans sa tête il devait être sacrément bavard. Les pensées devaient se bousculer pour tenter de se mettre en ordre. Essayait-il de lui faire comprendre qu'il ne voulait plus qu'elle s'en aille ? Que cette main qui se glissait subrepticement sur sa cuisse blanche n'avait d'autre but que de s'assurer que la Elizabeth qui siégeait à ses côtés était bel et bien là, de retour parmi les adolescents, vivante, en bonne santé... Là, tout simplement.

Fermant un instant les yeux, pour se noyer sous la chaleur de ses baisers et les frissons de cette main glacée posée à nu sur sa cuisse, elle finit par les rouvrir, glissant sa main sur la nuque de Camille, puis la remontant doucement dans ses cheveux.


" Tu vas m'attirer des ennuis, Camille... On est sur mon territoire, ici... "

Les murmures de ses mots sonnaient comme une étreinte à la fois douce et déchirante. Elle avait posé un baiser sur le front du bellâtre et l'avait délicatement détaché d'elle. Pas comme ça, pas ici. Elle ne voulait pas que de fausses rumeurs commencent à courir à son sujet alors qu'elle revenait de longs mois d'une absence restée inexpliquée pour la plupart des gens.
Pourtant, les bruits de pas qui résonnaient derrière elle semblaient annoncer le début des ennuis. Lorsque ceux-ci s'arrêtèrent, juste derrière eux, la jeune fille resta calme, posant son regard sur l'eau. Et puis sans rien dire, elle finit par tourner la tête et aviser les deux jeunes hommes qui se tenaient debout derrière eux, à quelques mètres de là.
Replaçant une mèche derrière son oreille, elle les fixa sans rien dire. Laissant libre court aux pensées qui fluctuaient dans son esprit.
Ces deux types, elle les connaissait - même si la réciproque n'était pas vraie -, et elle savait qu'ils étaient de véritables fouteurs de merde.

# Nick Grayson, et Gary Miller... Me cherchez pas d'ennuis, les garçons... J'aspirais à une matinée calme. Ne me forcez pas à vous faire chanter... #

Elizabeth se doutait qu'ils étaient là parce qu'ils avaient reconnu la Baltringue. Soit il leur devait quelque chose, soit ils refusaient qu'il papillonne avec une des leurs - option en laquelle elle doutait, il faut bien se l'avouer.
Curieuse, elle se demandait quelle serait la réaction de Camille. Elle avait déjà sa petite idée, mais, ma foi... N'était-elle pas une pauvre fille incapable de se battre ou se défendre après tout ? La laisserait-il dans la merde ? Ou alors compterait-il, comme elle, sur sa capacité à connaître les secrets troublants des familles Pseudo-citoyenne, et à faire chanter les gens qui lui cherchaient des noises...

# Ce serait plutôt faible de ta part, Camille, il faut bien se l'avouer... #

Pas un seul moment elle n'avisa Camille, ni ne dit mot. Son regard océan fixait, impassible, les deux belligérants qui leur faisait face. Elle attendait. Patiente. Elle attendait que l'orage n'éclate...



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MessagePosté le: Dim 13 Mar 2011 - 00:09    Sujet du message: De la salive à l'eau, comment la mer a salivé ? Répondre en citant

Il eu l'impression de chuter de plusieurs mètres quand il vit les deux garçons qui venaient là. Pas eux. Pas maintenant. Pas ici. Pas devant elle. L'histoire remontait à un mois environ. Il devait leur procurer de la coke pour une somme versée en avance, mais il n'avait pas pu récupérer son bien, ce qui avait entraîné la perte du leur. Alors il s'était présenté au rendez-vous avec un pochon trafiqué, qu'il  leur avait donné en se cassant bien vite. Pas un demi gramme de poudre, de la farine et du sucre, quelques gouttes de citron et un peu de sel. Il n'avait rien trouvé de mieux et n'avait plus l'argent qu'il avait dépensé pour de la peinture et des toiles. Ouais, Baltringue s'était trouvé une nouvelle passion. Son hangar s'était transformé en atelier, il dormait entre les tubes d'acrylique et les pinceaux, se frayait un passage entre les toiles encore humides. Des toiles roses et vertes, mélangées à du violet et du cyan. Des toiles psychédéliquement structurées qui l'aidaient un peu à sortir ce qu'il avait dans le dedans.

- Tu vas m'attirer des ennuis, Camille... On est sur mon territoire, ici...

C'est à ce moment là qu'il s'était calmé, et qu'il avait compris pour les silhouettes. Il s'était tourné vers la terre ferme pendant que le chien observait les Haughters, la tension au le corps. Il avait regardé les deux gars droit dans les yeux, à la fois sûr de lui et courbé comme à son habitude, tel un vieillard à qui faut pas faire chier. Les deux mecs avaient l'air un peu sadiques et c'était pas super rassurant... Parce que bien que la violence physique n'intimidait pas notre gamin, il n'aimait pas particulièrement ce genre de sourire dégueulasse sur une gueule d'adolescent qui prenait son pieds à se croire puissant. Deux raisons pouvaient expliquer ce sourire :

1- Ils avaient retrouvé Camille et voulaient lui faire bouffer la merde qu'il leur avait vendu cher.

2- Ils surprenaient un Dashin pelotant une des leurs et ils trouvaient pas ça à leur goût.

3- Ils surprenaient un Dashin pelotant une des leurs et ils trouvaient pas ça à leur goût.
Et en plus de ça, c'était la Baltringue qui leur vendait de la merde.

   

- Eh les mecs, le gars là bas il vient pas vous casser la gueule par hasard ?

Comme des cons ils s'étaient retournés. Là, on voyait s'ils étaient des vrais durs ou des merdeux. Un couple de vrais durs aurait procédé de la façon suivante : la premier se serait retourné pendant que l'autre surveille leur proie. Mais ces deux s'étaient retournés en même temps. Pas complètement parce qu'ils s'étaient rendus compte à mi-chemin que c'était une pauvre feinte. Mais cette fraction de seconde était suffisante. D'un geste fort et sec, il leur donna simultanément un coup de poings dans les couilles. Parce que il n'avait pas beaucoup de force et que c'était l'endroit qui en nécessitait le moins... Il prit la main de Liz et l'entraîna dans une course rapide vers les immeubles. Le chien suivait en aboyant comme un dingue. Peut être qu'il ressentait cette adrénaline saisissante, lui aussi. Le cœur battant, la tête tournée vers l'horizon la règle suivante était que, lorsque vous cherchez à fuir quelqu'un, il ne faut pas se retourner avant d'avoir changé de direction.

Le froid lui brûlait la gorge et son souffle était saccadé, il avait envie de rire quant il voyait Liz à ses côtés en train de fuir, elle aussi, comme une baltringue. Camille c'était un sacré connard quand même parce qu'involontairement, il tirait le monde entier vers le fond. Il était le premier dans le classement des gens qu'il faut mieux ne jamais rencontrer. Ils arrivèrent essoufflés à proximité des bâtisses et Camille tourna à gauche, entraînant sa belle. Ils arrivèrent dans une rue où des entrées d'immeubles se succédaient. Il s'arrêta et fit défiler son doigt sur chaque numéro de l'interphone en même temps. Le temps paraissait long et des menaces jaillissaient au loin. Une voix féminine répondit :

- Publicités!

Le bruit d'ouverture se fit entendre et ils pénétrèrent enfin dans la cage d'escalier avec le chien. Camille referma rapidement mais silencieusement la porte d'entrée avant de s'accroupir et de coller son dos au métal froid. La porte était faîte à demi en vitrage et ils étaient visibles de l'extérieur, mais sa partie inférieure était opaque. Il fit un signe de main à Liz pour lui dire de venir à côté de lui, tandis que les bruits de pas des deux hommes résonnaient déjà dans la ruelle. Il regarda le profil de la jeune femme et un sourire naquit sur son visage en voyant la voyant accroupie entre lui et le chien. La cage était complètement silencieuse et on entendait juste les respirations saccadées des trois personnages. Celle d'Elizabeth, dont la bouche était entrouverte. Celle de Camille, nasale. Et celle du chien, certainement la plus bruyante. Une odeur de renfermé mélangée à un parfum frai de brioche baignait dans l'air. Bientôt, on entendit les voix d'hommes qui délibéraient quant à l'endroit où nos protagonistes pouvaient-être. Puis des silhouettes sombres apparurent au dessus de leurs têtes, de l'autre côté de la cloison. Camille se tourna discrètement vers Liz, lui jetant le genre de regard qu'on donne quand on veut communiquer sans pouvoir parler. Le temps paraissait suspendu et une possibilité s'offrait au couple : attendre. 

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Elizabeth Hidwell
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MessagePosté le: Ven 25 Mar 2011 - 11:44    Sujet du message: De la salive à l'eau, comment la mer a salivé ? Répondre en citant

Là, c'était le moment où Elizabeth commençait à regretter de pas avoir demandé à Camille de lui filer sa came et de partir. Ce type était un aimant à ennuis. C'était simple, quelle que soit la personne qui était avec lui, si elle restait trop longtemps à ses côtés, il finissait par l'embarquer avec lui dans la spirale infernale des problèmes à répétition. C'était tout simplement plus fort que lui. Elizabeth avait toujours adoré observer ce phénomène sur lui et les autres, mais c'était bien la première fois qu'elle se faisait prendre au jeu.

Camille s'était relevé, et la jeune fille lisait bien l'agacement dans son attitude. Il avait fixé les deux types avec une insistance telle, qu'elle se demandait presque si ceux-ci n'allaient pas s'embraser sur le coup. C'était évident, la Baltringue préparait quelque chose. Curieuse de voir ce qu'il comptait faire, Elizabeth se releva à son tour, toute en grâce et en finesse. Alors que jusque-là elle n'avait pas quitté des yeux les deux Haughters, elle détourna le regard pour aviser sa Baltringue.

# Alors ? Qu'est-ce que tu comptes faire, trésor ? #


- Eh les mecs, le gars là bas il vient pas vous casser la gueule par hasard ?

A ces propos, d'une simplicité étonnante, Elizabeth ne put que pouffer vaguement de rire. Je dis bien vaguement, parce qu'en réalité, elle n'eut presque pas le temps de le faire.
En un rien de temps, Camille avait déjà fichu les deux colosses à terre - et de la façon la plus lâche mais efficace qui soit, il fallait le dire -, et s'était saisi du poignet de la jeune femme avant de partir en courant, la traînant derrière lui.


" Hey ! Tu vas où là ? "

Il fallait l'avouer, Elizabeth avait été plus que surprise pas la tournure des événements. Mais malgré tout, elle se laissait embarquer, comme si, de toute façon, elle ne craignait pas grand chose, quoi qu'il se passe.
Et Camille l'entraîna ainsi dans sa fuite, sans jamais regarder en arrière, se contentant simplement de toujours fixer l'horizon - et ce même s'il n'était pas visible. Et après une course effrénée, il bifurqua dans une rue résidentielle qu'Elizabeth connaissait bien - quelle partie de son quartier ne connaissait-elle pas, d'ailleurs ? - où ils s'arrêtèrent enfin.
La jeune femme, bien loin d'être une grande coureuse de fond, haletait, essoufflée par cette course impromptue. Mains sur les genoux, elle regarda la Baltringue s'avancer vers les sonnettes d'une des résidences, et lui demanda entre deux inspirations :


" Et maintenant ? "

Et maintenant, quelle question... Il appuya sur toutes les sonnettes possibles, avant de s'écrier joyeusement au premier qui lui répondit : "Publicités ! "

La Haughter ne put qu'émettre un sourire amusé à ces propos, alors qu'à nouveau il la traînait à l'intérieur du bâtiment, tandis qu'au loin, on entendait bon nombre d'insultes fuser à leur égard.
Une fois dans le hall, Camille s'accroupit contre la partie opaque de la porte, invitant son molosse et la jeune femme à faire de même. S'asseyant à même le sol entre Camille et le chien, Elizabeth en profita pour tenter de reprendre son souffle, un sourire vague et amusé flottant toujours sur son visage.
Elle voulut lui dire qu'il était fou, et qu'elle adorait ça, mais les silhouettes sombres des deux gars de toute à l'heure se dessinèrent alors sur la vitre opaque du hall de l'immeuble, et Elizabeth finalement, ne dit rien. Camille échangeait des regards complices avec elle, et l'adrénaline procurée depuis peu ne rendait la jeune Haughter que plus heureuse d'être revenue à Pseudo City.
Ils restèrent ainsi un instant, sans bouger, patientant simplement que ces deux-là s'en aillent.
Puis Elizabeth jeta un regard différent à Camille. Un regard non plus complice, mais un regard de défi. Lui qui savait si bien se mettre dans la merde tout seul... Et si elle l'aidait à s'y enfoncer encore plus.
Alors qu'un sourire taquin naissait sur les lèvres de la jeune fille, elle prit appui sur le sol de ses deux mains, s'accroupit, puis vint poser son front contre celui de Camille, puis lui murmura.


" Je vais t'apprendre à me détester, tu vas adorer."

Et les choses s'enchaînèrent de nouveau. Elle se releva brusquement et esquissa quelques pas en arrière, massant d'une main son poignet opposé avant de s'écrier :

" Putain, fous-moi la paix, la Baltringue !"

Elle se rua ensuite sur la porte de l'immeuble, prête qu'elle était de l'ouvrir aux deux chiens enragés qui attendaient dehors.
Il était clair qu'elle jouait la comédie, elle qui rarement, voire même jamais ne jurait à haute voix. Mais dieu qu'elle la jouait bien la comédie. Un talent inné.
Et la nouvelle agitation dans le hall de l'immeuble eut pour effet de faire aussi s'agiter le molosse de Camille, et d'attirer l'attention de ses deux ex-clients.

# Allez, lève-toi, Camille, on va jouer un peu avec eux, tu vas voir, ça va être amusant #

Parce qu'Elizabeth n'agissait jamais sans un plan précis, elle comptait bien profiter de sa nouvelle rencontre avec la Baltringue pour foutre un peu le bordel et vivre pleinement pour une fois.




Bon, je te pondrai pas mieux aujourd'hui. Faudra t'en contenter XD

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MessagePosté le: Mar 29 Mar 2011 - 10:00    Sujet du message: De la salive à l'eau, comment la mer a salivé ? Répondre en citant

Une garce Lili, mais qu'est ce qu'elle était belle dans le rôle de la méchante. Camille n'en cru pas ses yeux quand il vit se dessiner un sourire malsain sur le visage de la douce Elizabeth. Atrocement séduisant par ailleurs ; c'est qu'il aimait les trucs malsains le garçon. Elle s'éloigna de lui et s'approcha de la porte avec un minois de victime incroyablement crédible. Il y aurait cru lui même, à sa comédie.

- Putain, fous-moi la paix, la Baltringue !

Trois secondes seulement défilèrent, des secondes qui donnent une impression de ralenti ; le cœur de Baltringue s'arrêta l'espace d'un sourire provocateur qu'il renvoya à Liz. Mais ses yeux étaient émerveillés par cette impulsivité complètement irrationnelle, et étonnamment étonnante. La main sage et meurtrière de la maligne se rabattit sur la poignée et Baltringue décolla son dos de cette porte froide pour se précipiter vers les marches sans réfléchir. Le clébard se mit à aboyer comme un fou et paru comprendre la situation ; il prit de l'avance et monta les marches avec précipitation, manquant de glisser sur les marches. Baltringue fila lui aussi comme un voleur en enjambant les marches trois par trois, s'aidant de la rambarde qui tremblait sous ses mouvements brusques et rapides. Il ne fit pas attention à l'échange entre Elizabeth et les deux molosses et atteignit rapidement le troisième étage.

C'est que ces gars là n'étaient pas si cons ; seule la course d'un homme se faisait entendre, ce qui laissait supposer que le deuxième prenait l'ascenseur. Juste histoire de mettre toutes les chances de leur côté pour chopper ce connard de Baltringue qui se faisait la malle. De temps en temps il prenait les chaussures des habitants, tranquillement posées sur les paliers, pour les jeter sur le Haughter qui courait un étage au dessous. Le temps passait vite mais la montée paraissait interminable. Camille atteignit tout de même le douzième étage, et le dernier, avant de s'arrêter deux secondes pour reprendre son souffle. Mais il se rendit vite compte qu'il était comme un rat sans issue...

Y'avait bien une trappe qui ouvrait sur le toit mais il n'irait pas bien loin. Trois portes d'appartement s'offraient à lui... le numéro 11, 12 et le 13. Et pendant que la montée de l'ascenseur sonnait comme le décompte d'une bombe et que le souffle du Haughter se rapprochait dangereusement, il ouvrit la trappe qui donnait sur le toit après avoir descendu l'échelle. Puis, silencieusement, descendit la poignée de la porte 13 et pénétra dans l'appartement en tenant son chien par la fourrure du cou.

Une jeune femme était assoupie en face d'une télé et une voix féminine chantante émanait d'une pièce à côté. Baltringue reconnu une odeur de bouillon de poulet et essaya de rester silencieux, tapi dans un petit couloir sombre. Bien qu'il fut essoufflé et qu'il avait le feu aux joues il se concentra pour rester le plus discret possible, une main qui fermait le museau du chien et l'autre qui lui caressait la tête. Fallait juste qu'il reste calme, lui aussi, et tout paraissait miraculeusement fonctionner. C'était vraiment étrange comme sensation, il avait déjà fait ce coup là une fois mais ça lui donnait toujours l'impression d'être un voyou ou un fou à lier. Il regarda à travers le Judas de la porte et vit avec soulagement que les deux Haughters étaient en train de monter sur l'échelle. Son plan avait marché. Une fois que le pieds du deuxième Haughter disparu dans la trappe, Baltringue ouvrit la porte et sorti de l'appartement avec moins de discrétion. Peu importait, il ne lui restait pas grand chose à faire... Il ferma doucement la trappe et remonta l'échelle avant de prendre l'ascenseur pour rejoindre le rez-de-chaussée.

Une fois qu'il fut sorti de l'ascenseur son regard alla droit sur la porte d'entrée. Il pouvait voir la silhouette d'Elizabeth qui était restée devant l'immeuble et la regarda quelques secondes en se demandant à quoi elle pensait. Est-ce qu'elle se disait que Baltringue allait sortir en conquérant avec les dents des Haughters attachées autour de son coup en guise de trophée, ou bien allait-il revenir la gueule pleine de sang ? Si ça se trouve, elle avait oublié que ce bon vieux dealer se tapait une course poursuite dans une cage d'escalier et qu'il avait du se taper exactement 12 étages. Il se demanda un instant quel était l'équivalent en nombre de marches...
Il finit par sortir comme une furie de l'immeuble, suivit de son chien qui partit gambader, et se dirigea vers Liz. Il la prit par les épaules et n'hésita pas à la plaquer brusquement contre la porte d'entrée avant de coller son front au sien et de murmurer un :

- T'es complètement dingue Lili.

Sur quoi il se détacha d'elle et s'éloigna de quelques mètres de l'immeuble tout en s'allumant une clope. La ville était animée à présent et il regarda un instant vers l'ouverture de la rue qui donnait sur une route. Puis il se tourna vers elle :

- Si tu veux ta came ma chérie, il va falloir que tu me suives.

A son tour de s'amuser un peu...

Tu déconnes j'ai adoré ton post précédent, par contre je ne sais pas si ma réponse était à la hauteur... J'ai un peu du mal à mettre mes idées en place ces derniers jours, mais je sais que tu me pardonnes chouchou.


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MessagePosté le: Mer 30 Mar 2011 - 13:21    Sujet du message: De la salive à l'eau, comment la mer a salivé ? Répondre en citant

Un sourire provocateur dessiné sur les lèvres de la Baltringue, en réponse à ce jeu sadique qui promettait de le faire courir.
La poignée de la porte s'abattit sous la pression de la main de la jeune femme, et ce fut comme si ce simple geste avait annoncé le départ d'une course olympique.
Elizabeth se rua au dehors, déboulant devant les deux molosses. Derrière elle, elle entendait la Baltringue commençait à grimper les escaliers. Son regard s'arma d'abord d'une expression de surprise, puis en un instant, elle feignit le soulagement, hurlant à l'attention des deux types :


" Ce salopard veut m'faire payer sa came en nature ! Vieux pervers qui a osé poser ses mains sales sur moi ! "

Colère, égarement, confusion. Tout était là, dans ces deux yeux bleus. Sa voix tremblait et sa respiration était courte : on aurait dit qu'elle venait de vivre l'enfer. Et en un rien de temps, les deux types se précipitaient au-dedans.
Les sachant complètement idiots et dépendant l'un de l'autre, elle se saisit de l'épaule de l'un d'eux lorsqu'il passa à côté d'elle, et le somma de prendre l'ascenseur, parce que séparés, ils auraient plus de chances de le choper.
Puis ils disparurent, l'un dévalant les escaliers ,l'autre s'embarquant dans l'ascenseur sans même savoir à quel étage monter.
Lorsque plus personne ne fut visible, la jeune Haughter pouffa de rire. Elle imaginait déjà la Baltringue se faire courser par ces deux colosses qui n'avaient que les muscles, ou presque. Le connaissant, il trouverait sans doute mille et une façon de leur faire regretter de l'avoir suivi. Les coups fourrés, la Baltringue, il connaissait bien. Il était très fort pour se foutre dans la merde, mais sa spécialité, c'était quand même d'y entraîner les autres.
Elle se retrouva donc seule en bas de la résidence, avec pour seul but celui d'attendre le retour de sa Baltringue. Parce qu'il allait revenir, c'était certain. On parlait de Camille, tout de même. Il avait beau se foutre dans les emmerdes, ce type arrivait toujours à s'en sortir inopinément. Comme par miracle. Il y avait toujours quelques séquelles, mais ça paraissait toujours insignifiant à ses yeux. Ce type était un miracle en lui-même. Un mec fabuleux. Qui ne redescendait toujours pas.
L'espace d'un instant, elle se surprit à se demander s'il avait réussi à se débrouiller pour éviter les deux haughters; à s'inquiéter. Et puis il réapparut, déboulant de l'intérieur du bâtiment directement vers elle. Elle ne put s'empêcher de sourire lorsqu'elle le vit se rapprocher d'elle comme une furie. Il l'attrapa par les épaules et la plaqua non sans violence contre la prote vitrée de l'immeuble.
Elizabeth se laissa aller à un rire, léger, ravi, amusé.
Il colla son front au sien, et leurs regards se croisèrent encore. Elle savait qu'il était énervé, pourtant, elle savait aussi qu'il avait adoré ça.


- T'es complètement dingue Lili.

Elle glissa une main sur le ventre de Camille et esquissa un sourire en coin. Et dans le même murmure que lui, rétorqua :

" Mais tu adores ça. "

Elle agrippa son pull de sa main fine, pour le forcer à rester encore un peu, et vint poser un rapide et furtif baiser au coin de ses lèvres. Et avant qu'il n'ait le temps d'en profiter, elle le repoussait de cette même main posée sur son ventre, arborant fièrement ce même sourire provocateur.
Il se détacha d'elle et s'éloigna de quelques mètres, avant de s'allumer une clope. Les gens commençaient à aller et venir dans les rues, et Elizabeth se rendit alors compte qu'elle n'avait même pas vu le temps passer.
Puis Camille se tourna vers elle, et prononça des mots qui surprirent la jeune femme.


- Si tu veux ta came ma chérie, il va falloir que tu me suives.

Elle arqua un sourcil, étira ses lèvres en une petite moue mutine, et s'approcha de lui à pas de loup. Son regard semblait se vouloir à la fois charmeur et taquin, et ses mains étaient étrangement glissées derrière elle.

" Mon papa m'a toujours dit de ne pas suivre les inconnus. Et les gens bizarres. Ou louches. Je devrais peut-être l'écouter... "

Elle s'approchait de lui, et déjà elle se retrouvait presque collée à lui. Elle soutenait son regard, avec cet air taquin mais aussi indéchiffrable, mystérieux, peut-être même agaçant.
Et puis elle glissa ses mains dans le dos de Camille, sur la courbure de ses reins, puis, subrepticement, dans les poches arrières de son jean, en profitant pour plaquer celui-ci contre elle.


" Je pourrai aussi bien user de mes charmes pour te dépouiller sans que tu t'en rendes compte. Parce que tu ne remarques rien, n'est-ce pas ? Sur ces mots elle retira ses mains du fessier de la Baltringue, tenant entre ses doigts tout ce qui s'y trouvait, avant de se détacher rapidement du jeune homme et de se reculer un peu. Hop ! Ni u ni connu, je suis une voleuse professionnelle... "

Riant de ses propres propos, elle observa son butin, non sans fierté, avant de se rendre compte qu'il n'y avait rien pour elle là-dedans. Vieux papiers décolorés et moisis depuis longtemps, un briquet, et une petite pochette plastifiée contenant des choses que Camille vendait ou gardait pour sa consommation personnelle, mais qui n'avait rien à voir avec la came d'Elizabeth.
Ses lèvres s'étirèrent en une moue mutine, déçue.


" Dis, tu me violeras pas si je te suis, hein ? "

Un sourire taquin, encore. Puis elle lui rendit ce qu'elle lui avait pris, consentante à finalement suivre sa Baltringue adorée.




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MessagePosté le: Mer 30 Mar 2011 - 18:42    Sujet du message: De la salive à l'eau, comment la mer a salivé ? Répondre en citant

Il sentait encore ses mains froides sur sa peau, et ce visage, et ces paroles résonnaient dans sa tête comme un tambour. Des battements jouaient dans ses tempes ; ils apparaissaient puis disparaissaient et réapparaissaient de nouveau. Mais Baltringue avec le sens du contrôle, et se disait qu'il était bon de ne rien laisser paraître. Sa clope l'aidait bien, comme d'habitude.

- Mais tu adores ça.
- Mais tu adores ça.
- Mais tu adores ça.


Ouais, cette phrase passait définitivement en boucle. Il marchait en regardant ailleurs, revoyant encore et encore les expressions drôlement changeante et aguicheuses d'Elizabeth. Elle savait bien s'y faire avec les hommes, faut dire. Il sentait sa présence à côté de lui et se calma un peu en profitant d'un vent frai qui passait par là :

- Mon papa m'a toujours dit de ne pas suivre les inconnus. Et les gens bizarres. Ou louches. Je devrais peut-être l'écouter...


Il lança un regard en coin que ses prunelles bleues intercéptèrent. Son expression maligne et ses paroles le firent sourire à pleines dents et tandis qu'il retirait sa cigarette d'entre ses lèvres pour expirer et lui répondre, il sentit à nouveau la caresse de Lili. Un putain d'objet de désir, un véritable objet du Diable qui provoquait une tentation sans pareil. Il plaça sa main sous son menton avant de relever délicatement ce dernier et de se plonger dans un face à face :

- Dis à ton papa que je suis un homme tout à fait respectable et que j'arriverais à te tirer des situations les plus glauques, si elles se présentent.

Deux secondes puis son regard fuit à nouveau celui d'Elizabeth, tandis qu'elle glissait sa main furtive dans ses poches. Camille sentait ce corps féminin et la chaleur qui en émanait contre chaque parcelle du sien et ne pouvait s'empêcher d'afficher un léger sourire qu'il cachait tant bien que mal, continuant de souffler sa fumée éternelle.

- Je pourrai aussi bien user de mes charmes pour te dépouiller sans que tu t'en rendes compte. Parce que tu ne remarques rien, n'est-ce pas ? Hop ! Ni vu ni connu, je suis une voleuse professionnelle...


Il allait hocher la tête pour prendre un air désolé et lui dire que personne ne dépouille une Baltringue, mais voilà qu'elle l'abandonnait déjà, taquine. Il regarda mieux ce qu'elle tenait en main avant de se rendre compte qu'elle lui avait fait les poches en attirant son attention sur ses caresses. Ouais, c'était futé. Cette nana était une experte en comportement masculin. Il lâcha un rire en voyant la déception flagrante dans ses yeux. Il aimait regarder chacune des expressions de sa Lili, parce que bien qu'elle soit plus âgée et beaucoup plus mûre que lui, elle avait gardé ce côté enfantin que bien des femmes perdent. Celui de la spontanéité. Alors il avait l'impression de lire en elle comme dans un livre ouvert, en quelques secondes tous les sentiments les plus fascinants et antagonistes modifiaient merveilleusement ses traits qui restaient esthétiquement beaux et intéressants.

- Dis, tu me violeras pas si je te suis, hein ?

Il se plaça derrière elle et jeta son mégot, entremêla ses doigts dans les siens et l'obligea à placer ses mains derrière son dos avant de l'entraîner dans sa marche et de répondre dans un sourire :

- Hm... Ce serait pas exactement du viol de toute façon.

Il sortit un lacet de sa poche et lia les mains d'Elizabeth tout en continuant de la faire avancer. Puis il lui lâcha les mains et dénoua le bandana noir qu'il avait à son poignet avant de le replier soigneusement. Après lui avoir conseillé de fermer les yeux, il plaça la surface la plus opaque et la plus épaisse du bandana de sorte à ce qu'elle ne puisse plus voir, et ferma d'un double nœud le foulard en s'assurant d'abord qu'aucun cheveux ne s'était coincé dedans. Une fois qu'il eu terminé, il accéléra le pas après avoir passé une main autour de la taille de la jeune femme, gardant l'autre sur son épaule. Il tourna dans une ruelle pour ne pas croiser de Haughters avec lesquels il n'était pas spécialement proche. Il demanda d'une voix à peine perceptible tant elle était éraillée :

- Tu m'fais confiance, pas vrai ?

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MessagePosté le: Mar 5 Avr 2011 - 21:16    Sujet du message: De la salive à l'eau, comment la mer a salivé ? Répondre en citant

- Dis à ton papa que je suis un homme tout à fait respectable et que j'arriverais à te tirer des situations les plus glauques, si elles se présentent.

La jeune femme ne put qu'esquisser un sourire amusé à ses propos. Bien sûr, elle savait que malgré sa propension à attirer tout le monde dans ses propres ennuis, il restait un type tout à fait capable de venir en aide. Camille était de ces gens qui se cachaient derrière leur excentricité. Dans le fond, il était quelqu'un de bien, et ce, même s'il faisait tout pour qu'on pense le contraire.

" Tu as oublié que tu dealais ? Je doute qu'il apprécierait de savoir que sa chère petite Elizabeth si brillante et magnifiquement bien élevée traîne avec un malfrat dans ton genre. Va falloir être plus convaincant. "

Un clin d'oeil pour souligner son amusement, puis un petit rire, simple, enjoué. Ce qu'elle pouvait être bien, là, avec Camille. C'était d'ailleurs un fait étrange, étant donné qu'ils n'avaient jamais passé leur temps à faire autre chose que discuter et se taquiner vaguement avant aujourd'hui. Il était si bon de se laisser à croire que la distance pouvait finalement rapprocher les gens.

Elizabeth s'amusait de la situation ; elle jouait avec Camille, et elle se doutait bien qu'il ferait de même avec elle par la suite. Agir comme une femme, user de ses charmes, taquiner, observer les réactions. Finalement, elle regrettait presque de n'être pas devenue un être véritablement féminin plus tôt. Le pouvoir que conférait la séduction... C'était exaltant. Et l'avantage qu'elle avait avec Camille, c'était qu'il était un être volage et que jamais il ne prendrait un simple jeu de séduction pour une possibilité d'histoire sérieuse. C'était qu'elle n'avait pas vraiment le droit de toucher à la marchandise, désormais... Simplement regarder, et éventuellement tâter du bout des doigts.

Alors qu'elle mettait un terme à ce petit jeu ridicule et se résignait après avoir constaté son échec fulgurant quant à sa tentative de vol à la tire, Camille se glissa derrière elle, entremêlant ses doigts aux siens. C'était une sensation d'une agréable chaleur, un contact doux et pourtant menaçant.


- Hm... Ce serait pas exactement du viol de toute façon.

Il plaça ses mains dans son dos, l'entraînant dans une marche qui les mènerait dieu-seul-savait où.
Aux propos du jeune homme, Elizabeth tourna la tête vers lui, et l'avisa un instant. Elle s'arma d'un sourire supérieur, alors qu'une once d'amusement se reflétait encore dans son regard.


" Et bien, quelle présomption, jeune homme... Je ne me souviens pas avoir déjà dit que je faisais dans le détournement de mineur. "

Elle leva les yeux au ciel, affichant un sourire amusé, satisfait, qui disparut presque aussitôt qu'il eut lacé ses mains entre elles.
Elle le regarda faire un instant, puis détourner les yeux pour aviser un point inconnu devant elle. Elle fronça les sourcils, émit un vague petit rire, puis demanda :


" Hey... A quoi tu joues ? "

Bien sûr, elle savait qu'il ne lui ferait pas d'immondes crasses, mais elle craignait tout de même la revanche qu'il comptait prendre sur elle quant au mauvais coup qu'elle lui avait fait avec les deux Haughters. Et puis... Lui lier les mains... Était-ce vraiment nécessaire ? Cette impression d'étouffement, cette sensation d'être prisonnière, ça n'était pas ce qu'il y avait de plus rassurant. Surtout quand on avait déjà eu de mauvaises aventures amorcées de cette même façon.
Et puis il plaça quelque chose - un bandana ou je-ne-sais quoi - sur ses yeux. La cécité, c'était encore plus glauque et bien loin de la rassurer davantage. Pourtant, le soin et l'attention avec laquelle il avait fait d'Elizabeth sa prisonnière ne lui laissait pas présager de coup véritablement foireux, du genre qui pourrait lui donner envie de détruire la Baltringue une bonne fois pour toute.
Pas franchement rassurée, elle faisait cependant confiance à Camille, peut-être à tort. Mais après tout, il avait toujours su garder secret le fait qu'elle se fournissait chez lui, il lui avait toujours donné les informations qu'elle lui demandait quand il les avait, et pas une seule fois il ne lui avait fait de tort, d'une quelconque façon que ce soit. Parce qu'après tout, Camille était une type bien, malgré ses airs de junkie dérangé.

- Tu m'fais confiance, pas vrai ?

Confiance ? Elle laissa un petit silence planer. Bien sûr qu'elle avait confiance. Enfin... Il lui semblait qu'elle avait confiance en tout cas.
Une petite moue se dessina sur ses lèvres. Où l'emmenait-il ? Que comptait-il lui faire ? Pas la droguer, hein... Elle avait beau se fournir chez lui tous les mois, pas une seule fois elle n'avait consommé ce qu'elle lui achetait. Alors s'il se mettait à vouloir tester son endurance à l'ingurgitation, il allait pas s'amuser longtemps...
Puis ce fut un nouveau sourire taquin qui fit irruption sur ses lèvres rosées.


" Pas le moins du monde. Et encore moins en ce moment ! Mais c'est ce qui rend le jeu d'autant plus drôle, n'est-ce pas ? "


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:18    Sujet du message: De la salive à l'eau, comment la mer a salivé ?

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