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Pseudo City: Chapitre 2 - Dégats collatéraux
 
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Surplombons la ville (PV Morgan)

 
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Alexander Taylor
Chef des Sinewyers

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MessagePosté le: Mer 12 Jan 2011 - 13:39    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan) Répondre en citant

Quatre jour depuis qu'il était rentré chez lui, et quatre jours qu'il n'avait pour ainsi dire pas mis le nez dehors, refoulant les trois quarts des personnes qui venaient le voir. Il savait que c'était contraire à son rôle de chef, mais c'était ainsi, il n'avait pas la tête à se préoccuper des problèmes de son quartier dans l'immédiat.
Bien sûr, il avait remarqué l'état dans lequel on avait laissé son hangar, et bien sûr, il avait remarqué que les gens chuchotaient autour de lui sans jamais rien oser dire à voix haute. Mais quelle importance cela avait-il pour lui, à l'heure actuelle ?
Il savait qu'il devait mieux agir. Il le savait pertinemment, ça oui. Mais pour une fois, il était las de faire la loi.
Alors que par cette journée grisâtre il se décidait enfin à quitter son antre, il espérait qu'en chemin il ne rencontrait pas d'opportuns ou de problème quelconque. Mais bien évidemment, c'était sans doute trop espérer de la part de son amie Fortune.
Revêtant son trench, il dû en remonter le col lorsque le vent humide et froidement désagréable du dehors vint s'en prendre à son échine.
Pourquoi avait-il fallu que ce soit aujourd'hui qu'il décide de sortir...
Tirant une cigarette de son paquet, il la glissa entre ses lèvres tandis que ses pas le portaient vers des lieux où il savait qu'il croiserait peu de monde: d'abord des coins paumés, puis d'autres habituellement bondés en soirée et jusqu'au petit matin.
Inconsciemment, Taylor se dirigeait vers les zones désaffectées, celles où les immeubles étaient en tellement piteux état qu'il avait demandé à son clan d'éviter d'y traîner. Bien sûr, la moitié n'avait pas voulu l'écouter, y instaurant des QG et autres points de rendez-vous louches. Au fond, il se fichait bien qu'ils y aillent ou pas. S'ils voulaient se la jouer caïd et y crever, c'était leur problème.
S'avançant au milieu des immeubles et autres bâtisses en décomposition, il finit par tirer son zippo de la poche de son manteau, puis alluma sa cigarette déjà à moitié ramollie par l'atmosphère humide de cette matinée. Jouant un instant avec le clapet de l'engin en argent, il finit par tirer sa première bouffée de la journée, et, ravi, il se rendit compte que c'était beaucoup plus agréable de pourrir l'air frais, que celui, déjà pollué de son appartement.
Bientôt, il reprendrait ses véritables fonctions et reviendrait faire la loi. Mais pas maintenant... D'abord, il avait besoin d'un peu de temps. Bien sûr, rien ne l'empêcherait de garder sa couronne, car, s'il prenait quelques jours de repos, il n'en restait pas moins le Taylor sanguinaire et brutal que chacun ici connaissait bien.
L'espace d'un instant, ses pensées se tournèrent vers une personne qui, en revanche, avait la possibilité d'en douter. Morgan n'avait-elle pas été une des rares à découvrir quelques facettes différentes de la personnalité du caïd ?
Laissant échapper un vague soupir, il finit par rire de sa stupidité. C'est clair qu'elle lui en voudrait sûrement de s'être défilé alors qu'il avait prévu des choses pour elle, et qui sait, peut-être était-ce même elle qui avait fait crâmer son hangar, rageuse de n'avoir pas pu continuer ses entraînements avec le chef ?
Tirant une nouvelle bouffée sur sa cigarette, il finit par soupirer à nouveau, crachant avec délectation la fumée âpre qui enveloppait ses poumons. Morgan n'aurait jamais fait une chose pareille. Après tout... Elle se fichait bien que Taylor la soutienne ou pas. Elle était comme ça, indépendante de tout.
Jamais elle ne pourrait lui en vouloir pour s'être barré, ou sinon, simplement parce qu'il aurait quitté son clan dans un moment où celui-ci avait le plus besoin d'un chef.
Quelle ironie... Être le patron de tout un quartier, et n'avoir personne sur qui compter réellement... Morgan, Alexis, elles étaient les deux qui avaient un temps soit peu d'importance à ses yeux. Mais aucune d'elle n'était du genre à s'attacher à un type tel que lui. Et au fond, c'était sans doute pas plus mal. Car il ne les méritait pas.
Lui, qui avait lâchement abandonné son clan.

'' Que de futilités auxquelles tu penses, caïd... On dirait presque que t'es un mec normal...''

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MessagePosté le: Mer 12 Jan 2011 - 13:39    Sujet du message: Publicité

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Morgan Livingston
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MessagePosté le: Mer 12 Jan 2011 - 18:01    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan) Répondre en citant

S'installer avec Casse-Brique, un Brainstormer... Une idée incongrue mais qui avait du bon. Avoir quelqu'un chez soi qui veillait sur elle ou du moins faisait semblant, ça faisait du bien après tout ce qu'elle avait vécu. Et Morgan avait fini par se remettre, à guérir lentement. Peut-être qu'après tout c'était ça qui lui manquait : un ami, quelqu'un sur qui compter ? Mais tout était toujours trop confus dans la petite tête de l'adolescente qui était maintenant devenue une adulte sans s'en rendre compte.
Pour la première fois depuis des jours, elle en avait eu marre de rester enfermée chez elle : elle voulait sortir, elle voulait courir. Il était temps de reprendre, une bonne fois pour toutes. Et quand elle eut mis timidement le premier pied dehors, elle sut qu'elle allait mieux. Bien entendu, Morgan avait pris le soin de se déguiser. Pour le moment elle préférait toujours raser les murs, ainsi avait-elle pris soin d'enfiler une tenue qui ne lui correspondait pas : un énorme sweat rembourré de pulls pour lui donner une carrure d'homme, un large treillis militaire rentré dans de grosses rangers, une casquette passée par-dessus sa capuche et un kéfié sur son visage. Elle ressemblait tout simplement à un Sinewyer de base, et sa figure toujours pleine de bleues, cachée, elle était méconnaissable, car tout le monde savait que Morgan ne sortait jamais dans des vêtements aussi larges et sans une bonne paire de baskets, son casque et sa sacoche pleine de gadgets. Cela ne voulait pas dire, qu'elle était sans défense, non. Au contraire, elle était bien plus armée qu'à l'accoutumée : un flingue chargé dans la poche de son sweat et un stun gun dans la poche de son pantalon, ainsi qu'un de ses anciens portables tenant plus de la cabine téléphonique que du téléphone cellulaire pour prévenir Casse-Brique si les choses tournaient mal.

Morgan n'était pas sortie par les toits comme à l'accoutumée. Elle déambulait simplement dans les rues, appréciant le vent froid qui lui gelait les narines. Un pas, puis un autre... Elle se sentait plus forte que jamais et prête à revivre, mais inconsciemment ses jambes la menèrent vers le hangar calciné. Les bouts de cadavre avaient été enlevés mais l'intérieur était toujours dans un état lamentable. Les flammes avaient tout ravagé, ne laissant plus qu'un épais tas de cendre au sol et des bouts de tôle noircis et puants. C'était comme si, son moi intérieur lui avait intimé de revenir en ce lieu de cauchemar, faire le point sur ce qu'il s'était passé, tout dégager derrière elle. Ou alors, il y avait une autre raison qui l'avait poussée à revenir. Une raison bien plus terre-à-terre.
Elle déglutit. Elle se souvenait maintenant. En détails. Bien sur que ça lui faisait encore quelque chose. Son cœur se serrait au souvenir de tout ce qu'ils lui avaient fait subir dans cet infâme bâtiment désinfecté. Mais à quoi bon la colère, la haine ou la tristesse ? Tout avait brûlé, il n'y avait plus rien à faire maintenant. Alors elle ravala ce flot de sentiments qui l'avait prise à la gorge et s'avança.
Elle avait rabattu la capuche sur ses yeux, comme préférant ne pas revoir cet endroit insalubre. Peut-être était-il trop tôt pour elle ? Mais qu'importe, autant essayer. Ses doigts tâtaient la tôle, y cherchant visiblement quelque chose. Au bout de plusieurs minutes qui lui semblèrent des heures, elle sembla y reconnaitre quelque chose : des traces d'ongles. Ses ongles. Elle se laissa alors tomber les genoux dans la poussière noire et se mit à chercher frénétiquement quelque chose dans les cendres, jusqu'à ses doigts rencontrent quelque chose de dur. Balayant l'espace, elle souleva un bout de béton et ses yeux s'illuminèrent : c'était toujours là. La première chose qu'elle avait fait lorsqu'elle avait atterri dans cette prison infâme c'était trouver une cachette pour y planquer ses babioles de valeur. Il y avait la photo de Max, mais elle avait cramé. De toutes façons ce n'était pas ce qu'elle venait chercher. Ce qu'elle venait chercher était là : cette toute petit clef en argent. Celle que Taylor lui avait confié. Elle ne savait pas pourquoi, mais quelques jours après avoir réussi à sortir du hangar, elle s'en était voulue de ne pas avoir pris le temps de la reprendre. Parce que c'était la marque qu'il lui avait fait confiance.
Elle fourra l'objet dans sa poche puis sortit en courant, pressée de quitter cette atmosphère oppressante, ce lieu qui ne lui inspirait que de la douleur. Courir... Elle avait oublié à quel point cela faisait du bien. Et ce fut plus fort qu'elle. Il fallait qu'elle recommence, qu'elle grimpe, court, saute jusqu'à son cœur explose et que ses jambes se figent, que son corps entier lui dise qu'elle n'en pouvait plus. Car c'était pour ça que Morgan vivait : la course. Et rien d'autre ne pouvait lui procurer cette sensation d'euphorie et de liberté, rien d'autre ne pouvait la plonger dans cet état d'allégresse et de puissance dans lequel elle se sentait invincible, libérée de tous ses problèmes terrestres.
La voilà donc qui s'était remise à escalader les immeubles de la ville, à chercher le toit où elle aurait la plus belle vue sur Pseudo City. Son corps toujours blessé, ses vêtements peu pratiques pour la course, les flocons de neige qui commençaient à dégringoler sur la ville n'avaient aucune importance : rien ne comptait plus, car Morgan vivait de nouveau et rien ne pouvait l'arrêter dans sa course, rien sinon... cette silhouette.

Et la bulle dans laquelle s'était enfermée Morgan explosa soudainement. Elle dérapa sur le toit verglacé et tomba bêtement sur le derrière. Les sensations physiques lui revinrent, brutalement, et elle lâcha un petit cri d'animal blessé lors de sa chute. Son corps entier, toujours convalescent et plus habitué à un tel effort physique lui faisait mal. Mais ce n'était pas important car il était là. À plusieurs mètres et de dos mais c'était bien lui.
Décidément ses jambes lui jouaient de bien drôles de tour aujourd'hui. D'abord le hangar, puis lui.
Elle ne savait pas s'il l'avait repérée, mais au vu du bruit de sa chute, elle estimait que oui. Instinctivement, elle rabattit sa capuche sur son visage et se rendit compte que sa casquette s'était envolée pendant sa course. Allait-il la reconnaître dans un tel accoutrement ? Allait-il la reconnaitre, sous ses cicatrices toutes récentes et ce corps de jeune femme encore squelettique ? Depuis la dernière fois qu'ils s'étaient revus, elle avait un peu grandi, pas grand chose, à peine quelques centimètres mais quand même. Mais surtout, son visage avait mûri, prenant malgré elle des traits féminins et quittant doucement cette petite figure ronde d'enfant. Biensûr les changements étaient infimes et elle avait mis un temps à s'en rendre compte mais cela lui avait tout de même fait un choc de s'apercevoir que même sous les coups et la famine, dans les pires conditions possibles, elle continuait de se développer, elle qui aurait toujours voulu rester une gamine asexuée pour ne pas devenir une femme.
Reste pas bêtement le cul dans la neige. Bouge, ma vieille. Mais revoir Taylor avait été comme un coup dans son estomac, un coup si violent qu'il l'avait presque foutu K.O. Peut-être était-ce aussi sa folle course sur les toits qui l'avait épuisée au point de ne plus pouvoir se relever, mais le fait est, qu'elle était là, sottement assise dans la neige devant ce mec qui lui inspirait autant d'aversion que de sympathie.
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Alexander Taylor
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MessagePosté le: Jeu 13 Jan 2011 - 12:18    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan) Répondre en citant

Clic. Clac. Clic. Clac. Clic...
Inlassablement, Taylor fermait et rouvrait le clapet de son zippo en argent, le pas lent. Pourquoi était-il sorti, déjà ? Il ne s'en souvenait plus. Mais désormais il était là, à se traîner dans le froid, avec pour seul réconfort sa dose de nicotine.
Tandis qu'il avançait au milieu des immeubles en décomposition, la neige se mit à tomber, d'abord par petits flocons, puis à plus grosses giboulées.
Taylor ne s'était pas vraiment attendu à pareil temps, et pour cause, les fringues qu'il avait sur lui ne lui tiendraient plus chaud très longtemps. Il s'en voulait d'avoir agit sur un coup de tête - lui qui, pourtant, faisait ça pour ainsi dire tout le temps. A l'heure actuelle, il aurait préféré être chez lui à consommer ce qu'il lui restait de tabac, et à cogner sur un mur déjà complètement défoncé. Seulement, ce qu'il ne savait pas encore, c'est que dans quelques instants, sa propre condition ne serait déjà plus sa priorité.

Alors qu'il se plaignait à lui-même de s'être affligé une sortie si matinale sous ce ciel neigeux, un bruit sourd accompagné d'un petit cri amorti le sortirent de ses lamentations solitaires. Et, tandis que depuis le début de sa marche il avait calé ses pas sur les 'clic-clac' incessants de son zippo, il cessa tout à l'apparition de ce nouveau son étrange.
Stoppant sa marche désormais silencieuse, il tourna la tête pour apercevoir du coin de l'oeil une silhouette, à même le sol. Le regard froid et dur, il finit par se retourner complètement avant d'expulser du bout des doigts sa cigarette qui finit sa course dans la neige.
Dévisageant la personne de son regard noir, il tenta tant bien que mal de mettre un nom sur son visage. Mais... Quel visage ?
Arquant un sourcil, il se demanda qui pouvait bien être le Sinewyer assez débile pour se traîner par terre devant son chef sans oser faire montre de son identité. Et puis d'abord...


- Qu'est-ce que tu fous par terre ?, s'entendit-il maugréer à l'attention de l'inconnu.

Taylor s'attendait à tout, mais pas à voir un des siens se traîner dans la neige alors qu'il était dans le coin. Et puis d'ailleurs... Etait-il sûr d'avoir à faire à un Sinewyer ?
C'est alors qu'un détail le fit tiquer... La personne en question n'avait pour l'instant pas dit un mot, et il semblait désormais évident qu'elle dissimulait son visage, sous l'ombre de cette capuche qui était rabattue sur sa tête.
Le caïd sentit alors une once d'agacement monter en lui. Quel pouvait être l'imbécile qui osait se jouer de lui juste sous son nez... Taylor n'était pas du tout d'humeur à se battre et encore moins à se prendre la tête avec un abruti d'un autre clan qui se serait perdu à l'ouest.
Irrité, il se rua d'un pas rapide et énervé vers l'inconnu et se saisit de celui-ci par le col, le tirant à lui, pour mettre son visage à son niveau.


- Je t'ai posé une question, co--

C'est alors qu'il croisa son regard. Et qu'il sentit son sang ne faire qu'un tour à la vu de 'ça'.
Ce fut comme une énorme décharge électrique qui le paralysa, alors qu'au fond de lui il se sentait soudainement... Vide.
Morgan. Il pouvait jurer que c'était elle. Alors... Pourquoi ?
Il sentit sa poigne se relâcher sans qu'il ne puisse rien y faire, et vit la gamine s'effondrer à nouveau sur le sol, libérée de son emprise.
Qu'était-ce donc que cet accoutrement ? Et... Qu'était-ce donc que ces marques sur son visage ?
En un instant, Taylor retira tout ce qu'il s'était dit jusqu'à maintenant, se maudissant d'avoir quitté les lieux si longtemps. Comment s'était-elle fait ça ? QUI lui avait fait ça ?!
Il sentit un flot de colère monter en lui, quelque chose d'irrépressible et dont il savait qu'il ne pourrait le contenir bien longtemps. Son coeur battait à foison dans sa poitrine, et chacune des veines de son corps pulsait à en éclater. Les poings serrés, il tentait tant bien que mal de retenir ce trop-plein de rage dont il n'avait nullement besoin à ce moment précis.
Mais c'était trop dur. Il ne pouvait pas laisser passer ça. Il serrait si fort ses poings qu'il sentit chacune de ses phalanges craquer sous la pression. Il serrait si fort ses poings, qu'il sentait la peau de sa paume s'enfoncer sous ses ongles, se tirailler, se déchirer.
Il sentait la haine et la rage le submerger, si bien qu'il peinait à l'ignorer.
Mâchoire serrée, il tentait tant bien que mal de contenir encore ce trop-plein de colère. Le regard fuyant, il se força à prononcer ces quelques mots à l'égard de la gamine, sur une tonalité qui ne lui était pas familière. Il voulait rester neutre, mais sa voix tremblait d'elle-même, submergée par des émotions rageuses qu'il peinait à contenir, et il semblait désormais évident qu'il allait avoir besoin de quelque chose, ou de quelqu'un, pour les déchaîner toutes.


- Qui t'as fait ça.

Mais avant-même qu'elle n'eut le temps de répondre, il se sentit éclater, et alors qu'il plongeait un regard mauvais dans celui de la gamine, il s'entendit hurler, telle une bête devenue incôntrable.

- QUI T'AS FAIT CA, MORGAN !!!!!!
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Morgan Livingston
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MessagePosté le: Jeu 13 Jan 2011 - 14:34    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan) Répondre en citant

C'était comme un rêve, un mauvais rêve. Il lui sembla qu'il se tournait au ralenti vers elle tandis que quelque chose d'inconnu l'écrasait au sol, l'empêchant de bouger, sinon pour trembler. Le regard de Taylor était si noir et Morgan était si confuse, que pour la première depuis que Casse-Brique avait emménagé chez elle, elle prit peur. Pas une peur de gamine qui craint le monstre sous son lit, une vraie peur : celle d'un animal dont les pattes auraient été brisées et qui sent le chasseur s'avancer vers lui, prêt à lui tordre le cou.
Cours, cours, cours, cours, cours ! Le cerveau de la jeune femme était sur le point d'exploser. Son esprit lui hurlait de prendre la fuite, ses sens ayant senti le danger que représentait un mec comme Taylor énervé, mais paradoxalement ses jambes refusaient de bouger.
Qu'est-ce qu'il y a Morgan ? Pourquoi tu restes comme ça devant un mec ? Qu'est-ce qu'il a de plus que les autres pour te foutre dans un état comme ça ?
Les paroles qui sortirent de sa bouche n'étaient qu'une suite de mots qui résonnèrent dans ses oreilles sans pour autant prendre un sens. Tout ce que la Sinewyer comprit, c'était qu'il était de très mauvaise humeur. Ne pouvant supporter son regard assassin, elle tourna la tête tandis qu'il s'avançait vers elle.
Il va te réduire en bouillie Morgan ! Il va te cogner comme l'ont fait ces porcs dans le hangar ! Alors barre-toi ! Sauve ta peau !
Mais il était déjà trop tard : elle sentit ses jambes décoller du sol, pas parce qu'elle parvenait enfin à se lever, mais parce qu'il la saisit par le col avec une aisance déconcertante. Son réflexe fut de placer ses bras contre son visage pour se protéger, pour se protéger des coups à venir, de son regard meurtrier et parce qu'il ne voulait pas qu'il la voit. Pas dans cet état de faiblesse, pas dans ce corps encore convalescent. Mais la rapidité, pourtant sa meilleure allié, lui fit défaut et ses petits yeux bruns se heurtèrent aux pupilles d'acier du Chef.
Silence. Elle retomba lourdement dans la neige, grelottante. Ses joues étaient en feu et son souffle haletant : la faute à qui ? Au froid et à ta course endiablée ou à la présence de cet homme qui arrive à te rompre les jambes d'un seul mot ? Il te regarde toujours et toi, tu t'es remis à le dévisager car c'est plus fort que toi : tu n'y crois pas tes yeux ou alors, peut-être que tu cherches à voir la mort en face. Mourir de la main de Taylor, le caïd de l'Ouest. Ça craint mais c'est toujours mieux que de se laisser crever de détresse sous ses draps.
Merde ! Je veux pas mourir ! Reprends-toi ma vieille !
Mais elle avait beau faire des efforts de volonté surhumains, la colère de Taylor qu'elle pouvait lire sur son visage, sur ses mains, sur chaque parcelle de son corps la clouait au sol. S'il voulait il pourrait la broyer d'un geste de la main et elle serait incapable de se défendre. Elle n'avait jamais vu le Chef pris d'un tel accès de rage, pourtant elle en avait essuyé des colères, mais jamais des pareilles. Et d'habitude, ça la laissait ou ça l'amusait, parce qu'elle, elle était impassible, totalement stone à tout. Sauf que là, elle avait l'impression que cette fureur qui le prenait tout à coup était dirigé vers elle et quoiqu'elle fasse, elle ne pourrait échapper à ce flot de rage qu'il s'apprêtait à déverser vers elle.

- Qui t'as fait ça.

C'était la première vague. Celle où il arrivait encore à se contenir, mais à grande peine et elle le sentait.

- QUI T'AS FAIT CA, MORGAN !!!!!!

Ce fut comme une bourrasque, comme un raz de marée qui s'abattit tout à coup sur la tête de la pauvre Sinewyer. Jamais, dans ses souvenirs, on ne lui avait parlé comme ça. Elle était si terrorisée qu'elle voulut se noyer sous les hurlements de Taylor, mais elle ne parvint qu'à boire la tasse, à suffoquer, comme si quelque chose en elle voulait toujours se battre et se refuser à se soumettre aux humeurs de cet homme.
Qu'est-ce qui te prend Taylor ? Pourquoi tu me gueules dessus comme ça ? Je suis pas ton punching-ball humain ! Tu me demandes qui m'a mise dans cet état, mais c'est toi qui me mets dans cet état ! T'as beau gueuler, tu fais que m'effrayer encore plus et tu t'es tellement empêtré dans cette rage sourde et absurde que tu t'en rends même compte ! T'es gonflé de m'adresser la parole comme ça ? Un simple "Salut, Morgan, ça fait un bail !", ça te tuerait peut-être ? Tu me prends pour qui ? Pour une gamine squelettique et muette ?
Ses poings à elle aussi se serrèrent.
J'ai vécu autant de crasses que toi ! Peut-être même encore plus ! Alors qu'est-ce qui te permets de me parler comme ça ?
Elle tremblait, mais ce n'était plus la peur qui agitait son corps mais un nouveau flux d'émotions plus fortes, plus violentes. Elle aussi pouvait se mettre en pétard et peut-être même plus que ce type. Les mots lui brûlaient la gorge et elle serrait les dents pour ne pas laisser sa propre haine exploser comme celle de Taylor, parce qu'elle ne voulait pas s'abaisser à son niveau.

- TA GUEULE !
Ses jambes avaient encore bougé toutes seules. Elle avait bondi et son poing serré était venu se planter dans le bas-ventre de Taylor avec une force non contrôlée. D'habitude, elle aurait retenu son coup, mais là c'était comme si elle avait réveillé une bête dans le ventre de l'eurasienne. Une bête qui lui bouffait les entrailles, plongeait ses griffes dans son cœur, cherchait à lui faire péter le thorax tant elle était en colère. Elle avait besoin d'expulser cette bestiole sauvage et folle, que cette dernière trouve la véritable cible dans laquelle planter ses crocs et cette cible c'était Taylor. Car la bête c'était lui qui l'avait créée ou du moins déchainée.
- T'étais où bordel ? T'étais où tout ce temps ? Tu crois que tu peux disparaître comme ça, d'un coup, sans prévenir personne et te pointer comme si de rien n'était ? Et après tu m'aboies dessus comme si j'étais responsable de ton absence, comme si c'était ma faute si j'suis dans cet état ! Tu crois que ça m'amuse ? HEIN ?
Ses mains mouillées par la neige s'étaient agrippées aux épaules de Taylor et ses yeux brillant d'une soudaine lueur folle s'étaient plantés dans ceux de Taylor. Elle voulait qu'il la regarde, qu'il comprenne sa propre colère. Les mots et les cris n'avaient pas d'importance, de toutes façons ils n'avaient aucun sens. Ce qui avait de l'importance c'était qu'il voit ce mélange de détresse et de rage dans son regard : RÉPONDS TAYLOR ! Tu penses que je l'ai fait exprès, que j'ai demandé à ce que tes encu*és de pantins m'enferment dans ce PUTA*N de hangar ? NON !
Crac. Quelque chose se brisa en elle. La bête avait fini son travail et partit soudain. Elle relâcha Taylor sans se rendre compte que ses ongles s'étaient enfoncés dans ses épaules. Ses poings étaient encore serrés, elle avait encore envie de lui foutre une au beau milieu du visage, mais n'en avait plus le courage.
- Alors... Elle ne criait plus. Sa voix était redevenue celle d'une gamine, de la pauvre gamine qu'elle était dans le fond. Pourquoi tu te conduis comme ça ?
Chiale pas, Morgan ! Chiale pas, bordel !
Comment pouvait-elle en vouloir à Taylor ? Il n'y avait rien entre eux, rien d'officiel, rien qui fasse qu'il était le responsable de ce qu'il lui était arrivé. Mais c'était plus facile de rejeter la faute sur quelqu'un d'autre que de la garder pour soi-même. Peut-être que ce qu'elle avait gueulé, c'était avant tout pour elle. Parce que si elle aussi disparaissait, est-ce qu'elle aurait prévenu Taylor ? Parce que dans le fond, elle ne pouvait s'en vouloir qu'à soi-même, à refuser de s'attacher aux choses, aux gens, par cette crainte stupide de se voir abandonnée.
Et pourtant, sous les coups et les insultes, elle avait espéré qu'il vienne lui porter secours.
C'est bien fait pour toi Morgan, pourquoi tu jettes les gens et tu les refuses pour ensuite espérer qu'ils vont t'aider quand t'auras besoin d'eux ? Pourquoi tu fous ta fierté en avant ? Pourquoi tu te conduis toujours comme une gamine égoïste ? Grandis, merde et arrête de chouiner comme une mioche ! Mais quelques larmes perlaient tout de même le long de ses joues. Après tout, elle restait une gamine bien paumée sous ses airs de garçon fier et indomptable.
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Alexander Taylor
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MessagePosté le: Jeu 13 Jan 2011 - 16:24    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan) Répondre en citant

Je me sens renouer avec mes potes les pavés... Cela dit c'est pas super complet, y a pas grand chose de neuf dans ce post, plus de la description vis-à-vis de ton post à toi. J'espère que ça te posera pas trop de problèmes. Au pire, je peux toujours y retoucher, tu le sais.


Taylor se sentait comme une bombe qu'on venait tout juste d'amorcer et qui était sur le point d'exploser et de faire de nombreux morts. Et en ces termes, c'est exactement ce dont il avait besoin.
Voir le visage meurtri de sa petite Morgan lui avait asséné un coup critique, et il était hors de question qu'il laisse passer telle chose. Il aurait espéré qu'elle lui donne simplement des noms, mais à la place de ça, sa réaction avait été toute autre.
En un rien de temps, elle s'était redressée sur ses jambes, si peu de temps, pour que Taylor se rende finalement compte d'une soudaine douleur dans le bas ventre. Il était résistant et encaissait bien, mais les coups étaient d'autant plus douloureux lorsqu'ils étaient assénés à l'improviste, et par une personne que l'on estime.
Ne l'ayant pas vu venir, il dû se plier en deux sous le choc de ce bras menu venu s'enfoncer dans son ventre avec une force qu'il ne lui soupçonnait pas.
Il était en colère, ça oui. Mais la colère de Morgan semblait être bien plus forte que la sienne. Ses mots, et ses gestes suffisaient comme seulstémoins.


- T'étais où bordel ? T'étais où tout ce temps ? Tu crois que tu peux disparaître comme ça, d'un coup, sans prévenir personne et te pointer comme si de rien n'était ? Et après tu m'aboies dessus comme si j'étais responsable de ton absence, comme si c'était ma faute si j'suis dans cet état ! Tu crois que ça m'amuse ? HEIN ?

Plus il l'écoutait parler, plus il se sentait minable. C'était vrai ça... Où avait-il été pendant tout ce temps ? Qu'est-ce qui avait pu être plus important que son clan, que la sécurité des siens ? Qu'était-ce donc, cette raison, qui lui avait empêché d'éviter à Morgan de se faire tabasser comme un vulgaire punching-ball... Etait-il donc complètement incapable de porter secours à ces femmes qui l'entouraient et qui subissaient des sévices dont elle ne devraient jamais être la cible !
La colère faisait peu à peu place à la honte, mais, encore, il continuait de projeter un sacré massacre.
Il pensait que Morgan lui avait tout dit, que c'était terminé. Pourtant, il sentait ses ongles se planter dans son cuir et attaquer sa peau. Non, elle n'avait pas du tout fini. Il le lisait dans ses gestes, dans son regard. Ce regard sombre qu'il avait adoré voir 'ravi' lors de leurs dernières escapades, ce regard qui, aujourd'hui, hurlait sa rage, sa détresse, plus grandes encore que tout ce que Taylor aurait pu imaginer. Et puis, alors que la douleur de son ventre s'estompait à peine et qu'en surgissait une nouvelle au niveau de ses épaules, il s'en découvrait une nouvelle, là, juste devant lui. Une douleur que seule Morgan pouvait lui affliger, car elle était seule à la connaître.


- RÉPONDS TAYLOR ! Tu penses que je l'ai fait exprès, que j'ai demandé à ce que tes encu*és de pantins m'enferment dans ce PUTA*N de hangar ? NON !

Et d'un coup, le regard du caïd se figea sur le visage de la jeune Sinewyers qui lui faisait face.
" Qu'est-ce que tu viens de dire ?"
Et peu à peu il sentait la colère remonter en lui. La colère d'avoir été à la fois trahi, et impuissant. Pourquoi auraient-ils fait ça ? Par jalousie parce que d'un coup Morgan était devenu un des centres d'intérêts de Taylor ? Ou... Quoi d'autre ?
Il ne comprenait rien. Tout devenait flou, et il était tellement désolé qu'il ne savait même plus comment formuler ses phrases pour l'exprimer.
Il connaissait toute la colère qu'elle avait dû amasser en elle depuis que les propres gars de Taylor avaient fait ça, et il se doutait qu'elle avait dû sacrément lui en vouloir. Et bien entendu, il comprenait. Comment pouvait-elle ne pas vouloir lui arracher les os...


- Alors... Elle ne criait plus. Sa voix était redevenue celle d'une gamine, de la pauvre gamine qu'elle était dans le fond. Pourquoi tu te conduis comme ça ?

Que pouvait-il bien lui dire ? Il n'avait aucune excuse... Il était parti pour une affaire des plus égoïstes, avait essayé de se donner bonne conscience en tentant un acte un peu moins égoïste en chemin sans parvenir à ses fins, et en revenant, il trouvait celle qu'il aurait protégé sans réfléchir, meurtrie, laissée à l'abandon dans une souffrance qu'il peinait à imaginer dans son exactitude tant elle dépassait les limites du supportable.
C'est alors qu'il aperçut les larmes qui perlaient au coin des yeux de la jeune fille. Non... Ca, c'était trop, bien plus que ce qu'il pouvait supporter. Pas ça, pas de la part de Morgan, pas de la part de la fille qui faisait toujours tout pour ne pas en être une !
Tandis qu'elle avait relâché son étreinte douloureuse sur ses épaules, il se redressa, sans jamais la quitter du regard. Il avait, à de nombreuses reprises, voulu le faire, fuir sa dose de culpabilité. Mais il n'en avait pas le droit.


- Morgan...

Il avait adoré la voir sourire par le passé. Et il ne pouvait pas se laisser penser que cela n'arriverait plus. Sans rien ajouter de plus dans l'immédiat, il leva un bras vers elle, agrippa sa nuque, et tira la jeune fille tout contre lui. Peu importe qu'elle lui en veuille, peu importe qu'elle souhaite de tout son coeur le voir mourir, peu importe même qu'elle profite de l'occasion pour lui faire à nouveau du mal.

- Tu peux pas pleurer comme ça devant moi. Cache-toi au moins, pour le faire.

A ces mots, prononcé avec un soupçon de tendresse peu commune, il porta son second bras autour d'elle, et l'étreignit avec force. Juste assez fort pour s'assurer qu'elle ne se débattrait pas. Même si c'était ceux de quelqu'un qu'elle haïssait, elle avait besoin de bras dans lesquels se conforter.
Regardant droit devant lui, il se demanda alors si quelqu'un serait capable un jour de réparer cette enfant meurtrie.
Elle avait besoin de s'accrocher à quelqu'un, et Taylor se surprit à souhaiter être celui-là. Baissant la tête pour l'observer, il finit par prononcer à nouveau quelques mots.


- Je suis désolé d'être parti, Morgan...

Il repartirait, sans doute. Mais cette prochaine fois, il le lui dirait, plutôt que de s'en aller sans rien dire. Au final, c'était ça l'abandon. C'était exactement ce qu'il lui avait fait subir. Il ne connaissait pas les raisons qui avaient poussé ses hommes à s'en prendre à elle. Mais il savait qu'ils le paieraient d'une façon ou d'une autre.

- Je sais que ça voudra pas dire grand chose pour toi, mais... Je ne t'abandonnerai plus. Je te le promets.

Il voulait lui demander pardon. Mais il était intimement persuadé que même si elle le lui accordait, de toute façon, il ne le méritait pas...
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MessagePosté le: Ven 14 Jan 2011 - 12:18    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan) Répondre en citant

Voilà, c'était fait, c'était dit. Il n'y avait plus de retour en arrière possible. Morgan s'était donnée, elle avait tout craché à la figure de Taylor... Encore une fois. Il fallait croire que ce type n'avait vraiment pas de chances pour qu'il soit deux fois de suite celui sur lequel elle gueulerait ce tout ce qu'elle avait dans les tripes.
Elle ne savait pas si elle devait avoir honte ou craindre la réaction de Taylor. Elle restait juste là, plantée comme un I, raide, les poings serrés à trembler comme une feuille, elle-même abasourdie par sa propre attitude. Elle avait de nouveau baissé les yeux, n'osant pas affronter Taylor avec son regard mouillé de mioche. Elle pleurait oui, pas beaucoup heureusement, mais il y avait bien quelques larmes qui coulaient le long de ses joues rondes. Et le pire c'était qu'elle ne savait pas pourquoi elle chouinait comme ça.

- Morgan...
Elle était incapable de déchiffrer le ton de sa voix. Elle remarqua tout simplement que c'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom. D'habitude c'était toujours « Livingston », ou au mieux « gamine ». Elle ne savait pas qu'est-ce que cela signifiait, en supposant que cela signifiait réellement quelque chose. Mais elle aurait préféré, qu'il l'appelle tout simplement « gamine » parce qu'en ce moment elle avait vraiment l'impression d'en être une et elle ne voulait pas que les choses entre eux deux changent. Rester une gamine lui suffisait.
Elle sentit qu'il l'attirait vers lui et ne se débattit pas. Elle n'en avait plus tellement la force, ni l'envie d'ailleurs. S'il voulait la cogner, il pouvait car elle pensait qu'il en avait le droit légitime. Taylor avait le droit de gueuler, Taylor était le chef. Elle, elle n'avait pas le droit tout jeter sur ses épaules. Ses histoires d'adolescente à problèmes devait être le cadet de ses soucis. C'était injuste qu'elle se décharge ainsi sur lui. Elle n'était responsable que d'elle-même.
Mais elle se rendit compte qu'il ne souhaitait pas lui faire du mal, seulement l'étreindre. Et ce fut pire que s'il lui avait rendu son coup dans le ventre, parce qu'elle ne comprenait pas pourquoi il pouvait lui donner un tel geste d'affection. Elle méritait une bonne paire de baffes, une bonne claque pour la faire revenir à la réalité, pas un câlin. Pourquoi cette soudaine tendresse ? Morgan, qui n'avait jamais étreint personne, sinon son frère, ne savait pas comment se comporter. C'était trop soudain, trop inattendu, et pourtant c'était apaisant. Inconsciemment, c'était la marque de réconfort qu'elle avait toujours désiré.


- Tu peux pas pleurer comme ça devant moi. Cache-toi au moins, pour le faire.
- Je pleure pas bordel de merde. Grinça-t-elle de mauvaise foi en hoquetant, toujours estomaquée de se retrouver là, contre le torse de Taylor. Elle aurait voulu essuyer ses larmes d'un revers de manche mais il la tenait si fort qu'il lui faisait presque mal. Elle n'avait pas d'autre choix que de blottir sa petite tête contre son corps chaud, prenant de grandes inspirations pour se calmer.
Vlam, retour en arrière de 7 ans. Elle s'était dit qu'il fallait qu'elle arrête de penser à Max, de comparer Taylor à Max mais la situation lui rappelait trop cette scène pour qu'elle puisse en faire abstraction, cette fois où Max était venue la secourir quand elle avait été failli être violée par un des amants de sa pétasse de mère. Elle était toute tremblante, toute petite, toute fragile et il l'avait prise dans ses bras pour la calmer.
Ça lui faisait presque le même effet : du bien. Et paradoxalement, elle n'aurait jamais laissé un mec la toucher ainsi, surtout après ce qu'elle avait vécu. Si ça avait été quelqu'un d'autre que Taylor, elle l'aurait sans doute battu à mort. Depuis le départ de Max, elle n'avait jamais pensé que ce genre de geste pouvait toujours lui être agréable.

- Je suis désolé d'être parti, Morgan...

Elle s'était détendue. Son corps frêle ne tremblait presque plus et de même, les larmes avaient arrêté de couler.
Encore son prénom, précédé d'un « désolé » qui plus est.
Dans le fond, Morgan en avait probablement voulu à Taylor même si elle s'obstinait à se répéter qu'elle n'avait pas à l'impliquer dans sa vie. Qu'il puisse prendre autant de place dans son cœur, même en dépit de ses efforts pour se protéger des sentiments qu'elle pouvait éprouver face à autrui, ça lui faisait peur.
Mais aussi niais que cela puisse paraître, le fait qu'il soit parti n'était pas important, l'important c'était qu'il soit revenu sain et sauf. Morgan était consciente que Taylor avait ses humeurs mais n'était pas totalement irresponsable. S'il s'était absenté aussi longtemps c'était qu'il avait ses raisons et elle n'avait pas à le juger.
Néanmoins, ces quelques mots la soulagèrent un peu plus sans qu'elle n'eut su dire pourquoi.
Elle voulait elle aussi passer ses bras autour de Taylor mais hésitait. Est-ce qu'elle pouvait ? Est-ce que ce ne serait pas un peu abuser de la tendresse du Chef ?

- Je sais que ça voudra pas dire grand chose pour toi, mais... Je ne t'abandonnerai plus. Je te le promets.
C'était plus violent que les coups. Elle réalisait qu'il était sincère. Alors ça supposait que quelque part, lui aussi s'était un pris d'affection pour elle. Ou alors à lui aboyer dessus elle l'avait rendu coupable. Mais en tout cas, il avait tort : ça signifiait énormément. Et elle retint la phrase, parce que peut-être que plus tard elle pourrait lui faire tenir cette promesse. Mine de rien, elle ne voulait pas qu'il disparaisse comme Max, même si elle avait appris qu'ils étaient deux personnes différentes. Elle ne voulait pas se retrouver à nouveau comme un POULPE échoué tout seul sur une plage (omd)
Merde Taylor, c'est moi qui suis désolée. Je voulais pas te faire culpabiliser. J'veux pas que tu me traites comme une mioche, j'préfère te voir en dur. C'est moi qui vais culpabiliser maintenant. C'était ce qu'elle voulait lui dire mais elle était encore trop fière pour le faire et d'un côté, ça la tuait de l'admettre, mais en ce moment même, être traitée en vraie gamine lui convenait.
Alors tant pis si ça faisait fille ou morveuse. Tant pis s'il le prenait mal. Elle en était plus à ça près. Elle posa timidement une main, puis deux sur le dos de Taylor en prononçant quelques phrase d'une voix étouffée.

- Je m'en fous. C'est pas grave. T'excuse pas.
Et la froideur de ses mots contrastait réellement avec son attitude. Si elle ne pouvait plus se conduire en dur, elle pouvait toujours parler en dur.
Calée contre Taylor, elle était tout simplement bien et ne put retenir un petit soupir. Elle se surprit à espérer qu'il en était de même pour lui, qu'il ne se forçait pas, que ce n'était pas une corvée, une obligation, sinon elle s'en voudrait et l'étreinte n'aurait plus aucun sens.

Au bout d'un moment, elle osa alors lever les yeux et se rendit compte qu'il l'observait. Ses joues s'empourprèrent encore plus quand elle prit conscience du grotesque de la situation.
Réveille-toi ma vieille, tu réalises que t'es en train de câliner un mec ? Rattrape-toi, rattrape-toi, rattrape-toi.
Elle baissa très vite les yeux, cherchant quelque chose de stupide à dire pour faire semblant, faire semblant de ne pas avoir un cœur de guimauve fondue. Une idée lui traversa l'esprit et un petit sourire taquin se dessina sur les lèvres de la jeune femme :

- Chef...
Petit moment de silence. Suspens. En fait... Nouvelle courte pause, comme si elle s'apprêtait à sortir un truc sentimental à souhait. T'es un bisounours !
Badam ! Puisqu'elle ne savait pas comment elle devait se comporter face à ce débordement mutuel de tendresse, elle le taquinait comme elle aimait le faire.
Si, comme la première leçon de tir où elle s'était laissée allée, ils pouvaient ensuite rire tous les deux ensemble comme au bon vieux temps, alors ça lui convenait.
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MessagePosté le: Lun 17 Jan 2011 - 16:46    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan) Répondre en citant

Le temps semblait comme arrêté. Tenant la jeune fille contre lui, il espérait en silence qu'elle ne relève pas tout de suite les yeux vers lui et qu'elle ne lise pas la colère qu'il réprimait encore au delà de la compassion qu'il avait pour elle.
Et tout aussi silencieusement, il se demandait comment il était parvenu à la blottir contre lui, elle qui semblait être comme le plus libre des osieaux, le plus indomptable des chats sauvages. Peut-être que malgré tout ce qu'elle pouvait laisser paraître et dire, elle n'était finalement rien d'autre qu'une jeune fille qui voulait se croire forte, et grande. Peut-être que parce qu'elle avait trop accordé sa confiance, elle avait appris à ne plus jamais croire en cette notion. Et peut-être qu'à trop s'être attachée, elle avait finit encore et toujours par souffrir. Il y avait tant de choses que Taylor ignorait à son sujet. Tant de choses qui pouvaient expliquer le mystère que Morgan était à ses yeux.
Il pensait pouvoir la comprendre, mais savait paradoxalement qu'il ne serait jamais complètement en mesure de le faire. Et ce, peu importe ses efforts.


- Je pleure pas bordel de merde.

Et pourtant, il la sentait prendre de grandes inspirations pour paralyser ses spasmes, puis se laisser aller, petit à petit, au jeu du réconfort. Et lui, derrière tout cela, s'en voulait de n'avoir pas été là pour la protéger quand elle en avait eu besoin. Désolé. Ca oui, c'était sûr, il avait de quoi l'être.
Et alors qu'il lui promettait que jamais plus il ne l'abandonnerait, lui qui pensait qu'elle ne s'en soucierait pas plus que cela, il sentait deux petites mains se déposer timidement dans son dos. Sans qu'il ne put rien faire pour l'en empêcher ce fut alors une image de la seule femme qui avait compté pour lui qui fit irruption dans sa tête: sa mère, si douce, si tendre, elle qui était la seule à tenir son petit garçon dans ses bras, peu importe que douleur que les coups avaient laissé sur son corps l'empêche parfois de lever les bras. Inconsciemment, il avait resserré son étreinte sur la jeune Morgan. Elle aussi comptait à ses yeux désormais. Et elle, il ne la laisserait pas tomber, il serait là pour la protéger désormais.


- Je m'en fous. C'est pas grave. T'excuse pas.

Froide, tranchante, sèche. Tout un contraste avec son attitude. De quoi attiser un petit sourire sur le visage du caïd.
Au bout d'un moment, alors qu'il l'observait, il la vit lever les yeux vers lui. Le visage neutre, il se contenta de soutenir son regard, de lui faire comprendre que peu importe ce qu'il avait fait auparavant, tout ce qu'il lui avait dit dernièrement, tout cela était vrai. Et alors qu'il se surprit à la trouver mignonne lorsque les joues de la gamine s'empourprèrent, elle baissa les yeux, dissimulant à nouveau son visage de la vue du Sinewyer.


- Chef... Petit moment de silence. Suspens. En fait... Nouvelle courte pause, comme si elle s'apprêtait à sortir un truc sentimental à souhait. T'es un bisounours !

Il fallait avouer que pour le coup, il ne s'attendait pas à quelque chose de ce genre. Cela dit, il ne s'attendait pas à non plus à quelque chose de bien différent. Après tout... Morgan restait Morgan, même cachée sous un pull trop épais pour elle et quelques bleus.
C'est alors qu'il sentit un sourire tout aussi taquin qu'elle, naître sur ses lèvres. Elle ne voulait pas s'éterniser dans le sentimentalisme. Elle ne voulait sans doute pas qu'il ait le temps de la prendre en pitié. Ce qu'elle voulait, et ce que lui-même voulait aussi, c'était que tout redevienne comme avant qu'il s'en aille. Des sourires, des insultes, des bagarres. Rien de plus que des jeux enfantins, car, il fallait le croire, c'était là-dedans que tout deux préféraient baigner.
Alors, il allait se relancer là-dedans. Finies les histoires prise de tête. Pour l'instant, il voulait oeuvrer pour revoir ce petit bout de femme sourire sincèrement.
C'est alors que subitement, il se mit à vaciller de droite à gauche, tenant toujours la gamine contre lui, la retenant, pour être plus précis. Et alors que sa démarche prenait soudainement l'allure de celle d'un ivrogne invétéré, il s'enfonça encore plus dans sa stupidité, par la parole cette fois-ci.


- Oooh, non, c'est-horrible ! Mes jambes ! Mes jambes ne me portent plus ! Je crois bien que... Oh mais oui, c'est ça ! Je vais m'effondrer ! Oaah....!

Et sans relâcher son étreinte sur Morgan, il se laissa tomber de tout son poids sur elle, la forçant de fait à se laisser tomber par terre, dans le fin tapis de neige qui avait finit par s'installer.
La chute ne fut pas très longue, et beaucoup moins douloureuse que ce qu'aurait pu prévoir la gamine, car, en fait, Taylor l'avait amortie du mieux qu'il le pouvait, évitant aussi de fait de s'écraser de tout son poids sur elle.
Quoiqu'il en eut été, le résultat restait le même. Une fois encore, tous deux se traînaient par terre.
Quelques longues secondes, il fit le mort sur elle, juste histoire de l'embêter et de lui faire - encore - prendre l'eau. Puis, après un instant, il releva la tête vers elle et l'observa un instant.
Morgan... Ce petit bout de femme. Aurait-elle au à subir tout ce dont elle avait été victime s'il n'était pas parti ? Et d'ailleurs... Qu'avait-elle eu à subir, exactement ? Ces enflures de types qui étaient supposés être sous ses ordres, l'avaient-ils seulement battue, où avaient-ils aussi profité de la situation ? Dans quel état était-elle, maintenant... Il en avait eu un aperçu, déjà, mais... Etait-elle meurtrie sur ton son pauvre petit corps ? Son quotidien en avait-il été différent dès lors ? Dans quelles mesures les choses avaient-elles changé pour elle, après cet impardonnable incident...
Et puis, il se rendit compte que perdu dans ses pensées il ne l'avait pas quittée des yeux. Quelle délicate situation... Et que pouvait-il bien lui dire désormais ? Reprendre sur le ton de la plausanterie comme ils étaient si bien partis pour le faire ? Non, bien sûr que non... Pas tout de suite. Elle devait bien avoir vu qu'il pensait à une toute autre chose bien plus sérieuse.
C'est alors qu'il se releva et laissa à Morgan sa liberté de mouvement, s'asseyant dans la neige à ses côtés - sur son trench en cuir... Faudrait pas avoir le cul trempé quand même.
Repliant une jambe contre lui pour y déposer un bras, il glissa son autre main sur un des genoux de la gamine tant qu'elle était encore allongée. Il savait qu'elle n'aimait pas la proximité et qu'il avait déjà dépassé les limites en la prenant contre lui un peu plus tôt. Mais quelle importance, si elle voulait s'en débarasser, elle savait déjà comment faire.
Puis, l'avisant, il prononça alors quelques mots pour justifier ce moment où il s'était égaré quelques instants auparavant. Sa voix n'était pas celle, habituellement froide ou sèche que Morgan lui connaissait. Désormais, au point où ils en étaient, il se fichait de lui montrer qu'il tenait à elle. Car les choses semblaient tout simplement évidente.


- Ca ne te va pas du tout ces fringues, tu sais. Tu devrais remettre tes anciennes fringues. Tu étais plus... Toi.

Ce qu'il voulait dire par là, c'est qu'il voulait que Morgan redevienne celle qu'elle était auparavant, ou du moins, qu'elle ne continue pas d'être celle qu'elle était aujourd'hui. Il savait que ce ne serait pas mince affaire... Mais la voir ainsi faisait du mal à l'égo du caïd.
Puis, comme pour détendre à nouveau l'atmosphère, il ajouta sur le ton de la plaisanterie:


- Et puis c'était plus facile de voir à travers tes t-shirts mouillés quand ils étaient pas cachés par un pull en peau d'ours.
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Morgan Livingston
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MessagePosté le: Mar 18 Jan 2011 - 02:18    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan) Répondre en citant

Il y eut comme un court moment de silence, un moment de malaise dans lequel le petit sourire de Morgan faillit s'effacer. Avait-elle froissé le Chef ? Était-elle allée trop loin ? Elle craignait qu'au final il ne la rejette, que Taylor n'était pas ce qu'elle croyait être. Peut-être qu'au fond, il n'était pas aussi tendre que ce qu'elle avait cru penser, qu'il prendrait mal la plaisanterie. Mais très vite le monde se mit à tanguer, à se balancer de droite à gauche et le petit corps de l'eurasienne fut entrainé dans cette espèce de valse grotesque, tanguant sous les mouvements du caïd qui n'en était plus un. Et elle comprit que c'était reparti, que tout reprendrait comme avant et le sourire sur ses lèvres s'élargit encore tandis qu'elle s'agrippait allégrement au grand corps de Taylor pour ne pas tomber au sol, oubliant complètement l'aversion qu'elle pouvait avoir dans les contacts physiques.

- Oooh, non, c'est-horrible ! Mes jambes ! Mes jambes ne me portent plus !
- Aaaah ! Au secours ! Un bisounours complètement bourré me séquestre. A l'aiiide !

Ils étaient deux, à hurler des sottises sans se soucier du reste du monde comme au bon vieux temps. Si elle n'était pas trop occupée à être heureuse, Morgan se serait surprise à se plonger dans une telle allégresse, après tout ce qui lui était arrivé. Mais encore une fois, elle était revenue en arrière, dans le temps de son enfance. Morgan n'avait jamais été une gamine insouciante, la vie ne l'ayant épargnée dès son plus âge, mais c'était bien en arrivant à Pseudo City, en perdant Max qu'elle avait appris à ne plus sourire, à ne rien laisser paraître d'elle-même. Elle avait toujours été un tantinet réservée, méfiante, mais une fois larguée seule dans le clan des Sinewyers, s'enfermer dans une prison d'impassibilité n'avait pas été un choix mais une nécessité. Et d'un coup, il faisait exploser toutes les chaines qu'elle avait pu poser sur son cœur et curieusement, cela ne la gênait plus. Et elle redevenait une enfant, la tête vide de problèmes et les épaules libérées de toute la pression qu'elle s'auto-affligeait en se forçant à ne rien ressentir.

- Je crois bien que... Oh mais oui, c'est ça ! Je vais m'effondrer ! Oaah....!
- Nooooon !

Elle avait prédit la chute, mais poussa quand même un cri faussement étonné, se laissant emporter par le poids de Taylor pour finir étalée dans la neige. Bien entendu, il ne comptait pas se relever immédiatement, préférant rester immobile pour la taquiner un peu plus. Elle sentit qu'il l'avait retenue et qu'il s'abstenait de l'écraser, toujours attentif. Cela ne l'empêcha pas de se débattre, sachant pourtant parfaitement qu'elle n'avait aucune chance dans cette position. Elle agitait ses bras dans tous les sens en braillant comme une gamine, tentant vainement de se dégager en se tortillant comme un petit vers :

- Raaah ! T'es toujours aussi lourd qu'un âne mort !


Elle se rendit compte qu'il ne répondait pas et se contentait de la regarder avec un air qu'elle trouvait curieusement songeur.
Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Tu ne veux plus jouer avec moi ? J'ai un truc sur le visage ?
Elle s'arrêta alors, gênée. Faire la mioche toute seule, ça n'avait pas grand intérêt. Ce soudain retour à la réalité fut douloureux et l'obligea à reprendre tout sérieux. Déjà ? C'était déjà fini ce moment d'euphorie ? Elle ne put s'empêcher d'être un peu déçue : c'était trop court ! Et elle craignit de nouveau que Chef ne se rende compte de son propre ridicule, qu'il s'aperçoive qu'il était allé trop loin en se trainant par terre avec une jeune femme qui jouait les attardés. Le sourire de Morgan s'effaça alors, son visage reprenant brusquement des traits graves mais dans lesquels on pouvait tout de même y lire de la confusion. Il se leva et elle en profita pour se redresser, le dos recouvert de neige fondu. Elle ne sentait pas le froid, à vrai dire ses joues étaient en feu et avec toutes les couches de fringues qu'elle avait passé pour se donner une carrure de mec, elle ne sentait même pas l'humidité non plus. Tandis qu'il étendait son trench sur le sol pour s'asseoir à côté d'elle, l'Eurasienne secoua la tête à la manière d'un chien trempé, dégageant quelques flocons de neige blancs qui s'étaient collés à sa chevelure noire comme le pelage d'un corbeau. Alors qu'elle passait une main sur ses vêtements pour y enlever le surplus de neige qui s'y était collé, elle sentit une main posée sur ses genoux et le contact la fit, malgré elle, frissonner. Mais elle ne bougea pas. Pourquoi est-ce qu'elle retirerait cette main alors qu'à peine quelques secondes plus tôt, il était allongé sur elle ? Seulement, ne pas dire qu'elle était gênée serait mentir car autant, quelques secondes plus tôt, ils plaisantaient, là c'était un vrai geste d'affection.
Alors Morgan ne se tourna pas vers Taylor, se doutant que si leurs regards se croisaient, il pourrait y lire de l'embarras. Toutefois, elle ne dit rien, attendant qu'il brise le silence qu'il avait créé, ne sachant pas s'il allait lâcher une vanne ou quelque chose de sérieux et donc ne sachant pas quel comportement adopter.

- Ça ne te va pas du tout ces fringues, tu sais. Tu devrais remettre tes anciennes fringues. Tu étais plus... Toi.

Son ton était toujours chaleureux et cela la rassura. Mais elle ne comprit pas tout de suite ce qu'il voulait dire par là. Qu'est-ce que ça pouvait lui faire la façon dont elle pouvait bien s'habiller ? Puis elle réalisa à quel point elle avait pu changer. C'est vrai... Ce style de vêtements différait grandement de ce qu'elle pouvait bien mettre d'habitude et en même temps, c'était volontaire, le but étant que personne ne la reconnaisse.
Elle se refusa alors à regarder Taylor. Oui, elle avait changé, contre son gré et même si elle se remettait, il lui faudrait encore du temps pour effacer les séquelles physiques de ce qu'elle avait pu subir. Toutefois, elle ne voulait pas qu'il s'attarde sur cet incident, qu'il se préoccupe de son sort. Cette histoire, c'était fini. Et pour bien marquer le coup, elle ne répondrait pas à une telle remarque, ne voulant pas s'attarder sur elle, sur ce qu'elle était actuellement, ce qu'elle avait pu être, ce qu'elle devrait être.
Sauf que...

- Et puis c'était plus facile de voir à travers tes t-shirts mouillés quand ils étaient pas cachés par un pull en peau d'ours.

Son visage fut alors à nouveau illuminé par un grand sourire. S'il plaisantait, alors tout allait bien. Elle pourrait sortir n'importe quoi. Elle se tourna alors, glissant dans la neige pour être face à Taylor et croisa les jambes avec un air moqueur :

- Ah oui ? Je ne savais pas que tu avais un faible pour mes T-Shirts d'Alien sexy ! C'est bon à savoir ça.

Elle avait posé ses mains derrière son dos, faisant semblant de s'appuyer dessus alors qu'en réalité elle préparait un coup fourré à la Morgan, rassemblant de grosses poignées de neige dans ses petites mains sans s'arrêter de parler :
- Au final je retire ce que j'ai dit. T'es pas un bisounours juste un... GROS PERVERS ! Pam ! Elle tira ! La première boule de neige atterrit dans la figure du Chef et la deuxième sur son torse. Profitant de l'effet de surprise, elle bondit sur Taylor, le renversant en arrière pour le faire tomber de tout son long dans la neige avec un rire cristallin, très satisfaite de son attaque surprise. Comme pour l'autre fois, elle avait pris soin d'agripper sa nuque pour éviter qu'il ne se la fracasse sur le sol.
Elle était maintenant à quatre pattes sur lui toute proche, savourant cette petite victoire sans aucune conséquences. Après tout il l'avait prise sur son dos, jetée dans les flaques puis dans la neige. C'était de bonne guerre. Elle aurait pu s'allonger sur lui et jouer les cadavres, mais il n'aurait eu aucun mal à se libérer. Alors elle se redressa fièrement et contempla Chef. Pour une fois, c'était elle qui pouvait le regarder de haut, c'était pas si mal. Tout en repassant quelques mèches de cheveux qui lui entravaient la vue, elle croisa les bras et lança triomphante :
- Alors ça fait quoi de se faire maîtriser par une gamine avec un pull en peau d'ours ?

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MessagePosté le: Jeu 20 Jan 2011 - 09:58    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan) Répondre en citant

Comme je le disais, le meilleur pour la fin Wink


Taylor n'avait pas voulu faire disparaître le sourire de sa petite Morgan. Mais il savait aussi que ça avait été une nécessité: il devait lui dire les choses. Elle qui était si forte, si fugace, comment pouvait-elle décider d'effacer son existence de la sorte, de nier qui elle était. Certes, les événements avaient joué en sa défaveur. Mais n'était-ce pas fuir la réalité que de se substituer ainsi à une autre 'elle' ?
Elle ne le réalisait peut-être pas, mais cela faisait du mal à Taylor de voir ce petit bout de femme meurtrie non seulement physiquement mais aussi au plus profond de son être. Il ne cessait de se demander encore et encore si les choses auraient pu être différentes s'il avait été là, si tout cela aurait pu lui être épargné. Mais comment savoir à l'avance ce que la vie vous prévoit ? Lui-même n'avait eu de cesse de perdre ses paris face à
'elle'.
Mais malgré cela, malgré sa colère et son mal-être de voir sa protégée dans cet état, il souriait, il se montrait chaleureux. Pourquoi aurait-il agit différemment ? Il voulait revoir la Morgan qu'il avait connu et pour qui il avait tant d'affection, celle avec qui il pouvait être l'enfant qu'il n'avait que trop rarement eu l'occasion d'être. Il voulait la guider à sa guérison, tout en sachant que cela prendrait du temps. Mais il lui avait fait une promesse, celle qu'il ne l'abandonnerait plus. Alors du temps, il en aurait.

" Tu parles, caïd... Il te reste même pas deux ans à vivre à Pseudo City, pour peu que tu y survives... "

Et encore une fois sa rancoeur envers Mighan gagna en puissance. Il n'était même pas sûr que la ville voie le printemps, surtout avec ce que lui avait dit cette Haughter qu'il avait croisé au dehors... Une telle réalité, si lourde et écrasante, même Taylor ça le terrorisait.
Mais l'heure n'était pas aux divagations pragmatiques. Sa petite Morgan était là, toute à côté de lui, et si elle ne le laissait pas voir son regard, il pouvait deviner qu'elle lui en voulait d'avoir mis un terme si vite à leurs gamineries. C'était ce pourquoi, sans doute, il avait sorti cette phrase débile. Quoiqu'il en soit, Morgan avait l'air d'avoir apprécié, et il était content de pouvoir à nouveau relancer ces enfantillages qui leur tenaient tant à coeur.


- Ah oui ? Je ne savais pas que tu avais un faible pour mes T-Shirts d'Alien sexy ! C'est bon à savoir ça.

Taylor ne put s'empêcher de rire. Sur ce point, elle n'avait pas tort, qui plus est, ses t-shirts étaient rarement blancs, et quand bien même il l'aurait voulu, il aurait fallu la déshabiller pour pouvoir voir au delà.
"La dé... Hum !" Mauvaise idée. Même s'il n'était pas un courreur, Taylor n'en restait pas moins un homme, alors mieux valait oublier ces images fugaces qui s'insinuaient dans son esprit. Plus facile à dire qu'à faire... Heureusement que Morgan était là pour lui changer les idées. Heureusement ? Pas tant que ça, en fin de compte...


- Au final je retire ce que j'ai dit. T'es pas un bisounours juste un... GROS PERVERS !

Et Taylor n'eut pas même le temps de penser, qu'il se retrouvait avec une boule de neige dans la figure, et une autre dans le torse. Il remercia le ciel que la neige soit fraîche - parce que mine de rien, ça peut faire très mal des boules de neige dans la tronche >_< - avant de se retrouver, une fois de plus, les quatre fers en l'air. Morgan s'était ruée sur lui, profitant de l'effet de surprise, et l'avait mis à terre, accompagnant son geste d'un rire cristallin qui, il faut le dire, eut l'effet d'une enveloppe de chaleur sur le caïd. C'était à la fois surprenant, et agréablement réconfortant. Comme quoi, même ce petit bout de femme pouvait agir en tant que telle, douce, attentionnée et charmante.
Il se retrouvait à se traîner dans la neige, Morgan ayant une fois de plus évité à son crâne de s'écraser lourdement sur le sol, la jeune fille à quatre pattes au dessus de lui. Comme au bon vieux temps. Il fallait toujours au final que l'un se retrouve sur l'autre, c'était comme une lutte incessante pour le pouvoir, mais un pouvoir que Taylor aimait partager avec elle.
Elle se retrouvait si près de lui. Ca n'avait rien d'exclusif, après tout, il avait souvent été en contact rapproché tous les deux. Mais cette fois c'était différent. C'était elle qui avait été cherché ce contact, et c'était aussi elle qui l'avait provoqué.
Taylor était fichtrement bien, où il était, et quand bien même il aurait eu à se battre avec elle pour se dégager de son emprise, il aurait feint une faiblesse qui n'était pas sienne pour rester encore un peu. Parce qu'elle était là, cette Morgan, celle qu'il voulait revoir. Elle était là, et dieu que c'était bon de la retrouver... Il souriait, sans cesse, sans s'en rendre compte, sans se forcer. Il nageait en pleine allégresse, une allégresse dont elle était la source.


- Ah, gamine, tu es bien trop forte pour moi... Je m'avoue vaincu.

Bien sûr, c'était loin d'être le cas, et elle le savait aussi bien que lui ; il suffirait de pas grand chose pour qu'il la fasse basculer et qu'il reprenne l'avantage de la situation. Mais... Il était bien, ainsi. Très bien, même.

- Alors ça fait quoi de se faire maîtriser par une gamine avec un pull en peau d'ours ?

Ce que ça faisait ? Il aurait bien volontiers répondu ce qu'il pensait, mais... Il eut soudainement une autre envie. Celle, incongrue, de se prendre à son jeu.
Affichant alors un sourire pervers, il anima son regard d'une lueur singulière que Morgan connaissait par coeur: celle du désir de la taquiner, de l'embêter et de reprendre, d'une certaine façon, l'avantage.
Mirant alors la fière allure de sa protégée, il feignit un rire carnassier, effrayant, avant de reprendre sur un ton semblable :


- Je dois avouer que... C'est très excitant, pour un pervers comme moi, hin-hin... Twisted Evil Tu joues avec le feu, gamine !

Et en un instant, il avait retourné la situation à son avantage. Se redressant avec vitesse, il s'était agrippée à la taille de Morgan et l'avait à son tour faite basculer en arrière, tout aussi précautionneusement qu'elle l'avait fait avec lui. C'était désormais lui qui se retrouvait sur elle, bloquant ses mouvements en lui maintenant les bras au sol de ses larges mains.
C'est à ce moment qu'il avait laissé tombé son nouveau côté 'pervers', pour afficher un sourire tout simplement amusé, et pour rétorquer, d'une voix chaleureuse et amicale :


- Le seul problème, c'est que les ours ne sont pas vraiment ce que je préfère, s'enquit-il, accompagnant ses paroles d'un clin d'oeil entendu.
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MessagePosté le: Jeu 20 Jan 2011 - 15:01    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan) Répondre en citant

L'entendre rire de nouveau lui suffisait. Si Taylor aussi, le grand caïd de l'Ouest, riait alors tout allait bien. Ce n'était pas seulement elle qui baissait les armes, montrant le côté à la fois vulnérable et attendrissant de sa personnalité, c'était lui aussi qui consentait à lui dévoiler sa facette de môme sympathique. Ils jetaient respectivement les masques de froideur et de violence derrière lesquels ils s'étaient dissimulés pour s'adapter à la vie de Pseudo City. Ou du moins c'était ce que Morgan croyait, ou ce qu'elle voulait croire. Parce que ce rire si joyeux qui sortait de la gorge de Chef lui était si agréable. Comment croire que cet homme, soudainement devenu si tendre et joueur n'était pas une partie même de Taylor ? Oui, aussi bizarre que cela puisse paraître, derrière cette brute colérique et insensible de Sinewyer, se cachait réellement un être sensible, joueur qui avait consenti à se rouler avec elle dans la neige, voir pire, à se laisser maitriser par une gamine couverte de bleus.
Taylor... Peut-être avait-elle commencé à lui accorder sa confiance parce qu'il lui rappelait Max ? Il lui avait fallu un temps pour faire le deuil de son frère et quand elle avait commencé à trainer avec Chef, elle était toujours en pleine crise, refusant d'admettre que la personne qui était tout pour elle, un frère, un guide, un mentor, un ami, était partie. Alors forcément, elle avait fait le rapprochement entre les deux hommes. Et au final, il lui avait fallu un temps pour se rendre compte qu'ils n'avaient rien en commun, sinon qu'ils étaient maintenant les deux seules personnes devant lesquelles elle avait totalement révélé cette facette secrète de son caractère. Et quelque part, Taylor était en train de prendre la place que Max avait abandonné lorsqu'il était mort. Il était désormais son professeur, son ami, son soutien, celui envers lequel elle était capable de projeter toute l'affection qu'elle avait pu refouler depuis la mort de Max ou tout simplement une des, sinon la seule, personne qui avait su la dompter, la faire capituler. Parce qu'en ce moment même, elle capitulait oui, balançant sans l'once d'un regret toute sa fierté de garçon manqué libre et indépendant à laquelle elle tenait pourtant tant. Et en guise de victoire, il avait gagné sa confiance, une place dans son cœur et sa loyauté la plus sincère, parce que c'était décidé, à partir de maintenant, il serait son Chef. Pas parce qu'il était le leader du clan auquel elle appartenait, mais parce qu'elle réalisait qu'il comptait à ses yeux. Ce n'était pas à une bande que Morgan jurait fidélité mais à une personne. Et cette promesse de ne pas l'abandonner. Elle marchait dans les deux sens, même si la sienne, Morgan l'avait faite en silence et inconsciemment.

- Je dois avouer que... C'est très excitant, pour un pervers comme moi, hin-hin... Twisted Evil Tu joues avec le feu, gamine !


C'était une blague bien-sur, mais elle rougit tout de même, se raidissant avec un air embarrassé. L'eurasienne se reprit rapidement, fronçant les sourcils pour feindre le mécontentement.

- Ah oui ? Et qui te dit que je suis une...

Elle n'eut pas le temps de finir qu'en un instant, les rôles furent de nouveau inversés. Elle se retrouvait à nouveau sous Taylor, ce dernier lui maintenant solidement les mains. Elle aurait pu voir le mouvement venir, mais le sourire carnassier qu'il lui avait lancé l'avait déstabilisée pour une raison qu'elle ignorait et il en avait profité pour prendre l'avantage.

- Le seul problème, c'est que les ours ne sont pas vraiment ce que je préfère.
Lança-t-il avec un clin d'œil.
Les joues de la jeune femme s'enflammèrent encore un peu plus. La situation était décidément trop étrange pour elle. Si ça n'avait pas été Taylor, s'il n'était pas en train de la taquiner, elle aurait sans doute paniqué, se démenant comme un diable pour se libérer, sa phobie des contacts physiques lui interdisant une telle position. Mais même si c'était Chef, même s'il s'amusait avec elle, elle était mal à l'aise.
Elle essaya bien, par réflexe, de bouger les bras, mais ceux-ci étaient fermement maintenus par Taylor. Instinctivement, son cœur se mit à accélérer. Mais elle ne bougea pas plus, pour ne pas montrer que cette-fois, il intimidait. C'était ridicule, car ce n'était sûrement pas la première fois qu'ils étaient si proches. Mais c'était bien la première fois qu'il la maitrisait totalement, parce que même si elle l'avait voulu, Morgan aurait été totalement incapable de se défaire de son emprise, pas forcément comme les autres fois où elle avait toujours eu l'usage de ses bras.
T'enflamme pas ma vieille, il plaisante c'est tout. Peut-être, peut-être pas... Peut-être la testait-il, essayant de voir jusqu'où elle l'autorisait à aller sous le prétexte du jeu. Mais il ne devait sans doute pas se rendre compte des efforts surhumains qu'elle faisait pour accepter ce contact. Et une partie d'elle-même avait toujours du mal qu'il la prive ainsi de toute liberté de mouvement. Elle était toujours convalescente, toujours à craindre qu'on essaye à nouveau d'abuser d'elle. Et l'autre partie abandonnait, se prêtant au jeu, se prêtant à Taylor.
Et après un moment d'hésitation, elle surmonta la gêne qui l'avait momentanément paralysée pour répliquer avec un sourire moqueur :

- Alors qu'est-ce que tu aimes vieux pervers ? Les gamines ? Méfie-toi, si ça se trouve je suis peut-être vraiment un ours ou pire, un Alien prêt à te dévorer, ou encore un vrai garçon. Après tout, je ne me souviens pas t'avoir dit être un être humain de sexe féminin.

Malgré ses joues qui étaient toujours rouges, son regard avait pris de l'assurance et elle tira la langue, le provoquant comme une enfant, ou un enfant... Te prends pas la tête avec des niaiseries Morgan. Te prends pas non plus la tête avec tes craintes de mioche... Oui. Elle était un garçon manqué, une ceinture marron de jiujitsu, pourquoi être gênée, donc ? Mais il lui fallut tout de même en rajouter une autre couche pour dissimuler encore son malaise :
- Ça va ? C'est confortable d'être assis sur un ourson sans défenses ? Tu comptes laisser libre cours à tes pulsions zoophiles ou j'ai le droit de ravoir mes bras ?
C'était peut-être Taylor mais elle était encore trop fière pour le supplier de la libérer.
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MessagePosté le: Ven 21 Jan 2011 - 11:39    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan) Répondre en citant

Taylor avait repris le dessus sur Morgan, et la savoir complètement sous son emprise l'emplissait d'un sentiment étrange qu'il peinait à décrire. Se tenant ainsi au dessus d'elle, il pouvait détailler son petit minois - bien qu'amoché par les bleus - autant qu'il le voulait. Et ça, ça n'était pas rien. Il appréciait le regard noir de la jeune fille, ses petites joues rondes, ses cheveux couleur de jais. Et étrangement, il appréciait tout autant si ce n'était plus de voir ses petites pomettes s'empourprer lorsqu'il franchissait la limite de son intimité.
Pourtant, cette fois-ci, tout semblait différent d'auparavant. Il sentait une certaine réticence, peut-être même de la peur dans le regard de Morgan.

'Taylor, mais à quoi tu joues ?'

Lui qui ne pouvait cesser de penser à la violence qu'il laisserait émaner de lui lorsqu'il irait trouver les coupables de l'état de Morgan, lui qui se laissait ronger par la culpabilité de n'avoir pas été présent pour éviter tout cela, lui qui, désormais, voulait voir le bonheur de Morgan passer avant le sien... Comment pouvait-il agir de la sorte, avec un tel détachement ?
C'est alors que la vérité éclata devant lui, et ce fut comme un énorme coup de massue qu'il recevait sur la tête. Il s'était posé la question, plus tôt, quand il la tenait tout contre lui. Et la réponse, effrayante, semblait s'imposer à lui comme une évidence.
Ces connards en qui il avait placé une certaine confiance n'avait certainement pas fait que cogner sur sa chère Morgan.
Bienvenue à l'Ouest, Alex...

Et pourtant, malgré cette lueur étrange qui brillait dans les yeux de Morgan, elle souriait, d'un sourire moqueur et certainement forcé, certes, mais elle souriait. Il ne savait pas quoi lui dire, et quand bien même il avait su, il ne savait pas s'il aurait été capable de parler tant il se sentait maladroit. Mais elle, forte, fière, savait pertinemment quoi faire, alors que c'était elle la victime de la stupidité de son chef.


- Alors qu'est-ce que tu aimes vieux pervers ? Les gamines ? Méfie-toi, si ça se trouve je suis peut-être vraiment un ours ou pire, un Alien prêt à te dévorer, ou encore un vrai garçon. Après tout, je ne me souviens pas t'avoir dit être un être humain de sexe féminin.

Comment répondre à cela. Il maintenait Morgan fermement contre le sol, réalisant à peine son erreur, et elle, elle s'efforçait d'agir comme si de rien n'était.
Souris, Taylor. Force-toi. T'es qu'un gamin idiot, assume.
Et après un court silence, il apparut, ce sourire carnassier qu'il avait arboré plus tôt. Il n'était pas si difficile de se forcer. Taylor l'avait fait toute sa vie, pour sa mère. Et ce genre d'habitude, il n'était pas si difficile de les oublier.
Il approcha son visage de la jeune fille, pas de beaucoup, juste quelques centimètres à peine, pour ne pas renforcer encore plus son sentiment d'insécurité.


- Et moi, je ne me souviens pas t'avoir dit que je préférais forcément les humains, de sexe féminin, qui plus est ! Twisted Evil

Comment s'arranger pour dévier la situation, pour qu'ils repartent sur autre chose et qu'elle lui pardonne cet écart dont il se serait volontiers passé.
Il prévoyait de relacher l'emprise qu'il avait sur elle. Doucement, il desserra la poigne de ses mains sur ses petits poignets, mais avant qu'il ne puisse la relâcher, elle parla de nouveau.


- Ça va ? C'est confortable d'être assis sur un ourson sans défenses ? Tu comptes laisser libre cours à tes pulsions zoophiles ou j'ai le droit de ravoir mes bras ?


- Tss !, fut sa seule réponse, accompagnée d'un sourire tendre.

D'un geste doux il relâcha son étreinte sur les bras de la demoiselle et se redressa, observa sa proie délicate trônant toujours au-dessous de lui. Petite Morgan, si forte et fragile à la fois. Il ne pouvait pas s'empêcher de tenir à elle, il ne pouvait pas s'empêcher de vouloir la voir sourire, lui, la brute sanguinaire de l'Ouest, celui que tout le monde haïssait.
Sans rien ajouter de plus, il se releva, puis tendit sa main à Morgan, pour l'aider à faire de même, même s'il se doutait qu'elle n'avait pas besoin de ça pour se relever.


- T'as déjà petit-déjeuné, gamine ? Ton Chef t'offre de manger un truc à ses côtés. Qu'est-ce que t'en dit ?

Ramassant son trench qui était par terre, il le jeta en vrac sur ses épaules et observa Morgan, un sourire aux lèvres. Elle n'aurait certainement pas envie d'aller se fourrer dans un endroit bourré de monde. Mais la question n'était pas là. Il y avait des tas d'autres endroits tranquilles où ils pourraient se retrouver pour grignoter un truc tous les deux. Quoiqu'il en soit, il ne voulait pas la laisser partir maintenant. Il fallait qu'il passe encore un peu de temps avec elle. Parce que plus il verrait son petit visage sourire, mieux il se porterait... Et pire serait sa vengeance sur les caïds qui avaient oser lui faire subir cela. Et pour une fois, le Chef se fichait de se mettre son clan à dos, de plonger son quartier dans un véritable bain de sang. En fait, il avait déjà tout prévu, au détail près... Et ça, peu importe que Morgan soit d'accord ou pas.
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Morgan Livingston
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MessagePosté le: Ven 21 Jan 2011 - 13:54    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan) Répondre en citant

Enfin, il consentit à la relâcher. Elle ne put s'empêcher de pousser un petit soupir de soulagement en reprenant l'usage de ses bras. Morgan releva les yeux, dévisageant Taylor, cherchant à savoir s'il était conscient de la gêne qu'il avait pu occasionner, mais elle ne vit qu'un sourire tendre sur les lèvres du caïd, un sourire qui dissipa immédiatement toutes ses craintes. Alors, elle sourit à son tour et posa ses deux mains sur le buste du Sinewyer, le poussant doucement :

- Bon allez grosse brute bouge, l'ourson est en train de prendre l'eau.

Leur posture ne la gênait plus tellement, mais si elle consentait à ce que Taylor prenne le dessus sur elle il ne fallait pas non plus qu'il abuse. Le jeu marchait dans les deux sens, les positions étant toujours inversées. Et puis c'était vrai, malgré les nombreuses couches de pulls et de sous-pulls qu'elle avait pu enfiler, elle sentait la neige fondue s'immiscer dans son dos. Mais elle n'avait pas froid, pas encore. À vrai dire, sous l'effet de l'allégresse, elle avait presque oublié qu'elle était étalée dans la neige sur un toit abandonné au milieu de nulle part.
Elle suivit silencieusement Chef du regard, cherchant ses mots, cherchant un phrase susceptible de le titiller de nouveau. Mais elle ne trouva rien à jouter et se contenta donc de se redresser sans une parole. L'eurasienne passa une main dans ses cheveux, secouant sa tignasse noire pour en faire tomber quelques flocons. Puis, elle frissonna. Au final, la température l'avait rattrapée. Oui, c'était vrai qu'on était en hiver après tout et étrangement il faisait beaucoup plus froid quand on était assise seule dans la neige qu'allongée avec le corps chaud de Taylor contre le sien. Mais ce n'était rien de très grave, Morgan en avait vu des pires. Le froid restait le cadet de ses soucis. Elle n'allait pas interrompre ses retrouvailles parce qu'elle tremblait comme une feuille sous la neige. D'ailleurs elle ne tremblait pas comme une feuille !
Morgan leva à nouveau les yeux vers Taylor. Wow, d'en bas il faisait vraiment grand. De quoi devait-elle avoir l'air le cul par terre vue d'en haut ? Elle se saisit de la main qu'il lui tendait, par politesse, et se releva avant de secouer son sweat, cherchant à se débarrasser de la neige gluante qui y été collée.

- T'as déjà petit-déjeuné, gamine ? Ton Chef t'offre de manger un truc à ses côtés. Qu'est-ce que t'en dit ?

- Wahou quel honneur. Mon Chef m'invite à manger, moi la pauvre petite gamine de l'Ouest... ou gamin. Répliqua-t-elle sur un ton volontairement provocateur. Je serais vraiment stupide de refuser une telle proposition.
À vrai dire, elle n'avait pas spécialement faim, s'étant gavée de crêpes avec Casse-Brique au petit matin. Mais elle trouverait bien un peu de place pour Chef parce que elle non plus, voulait rester encore un peu, profiter de ce moment à tous les deux. Puis, il fallait dire que malgré toute sa fierté de runneuse increvable, elle n'était pas contre un bon truc chaud.
Elle avisa le trench qu'il avait posé sur ses épaules et souffla, sa voix baissant d'un ton, reprenant un peu de son sérieux :
- Tu vas chopper la mort comme ça, Superman...
Elle était certes mal placée pour faire des commentaires de ce genre mais tant pis. Maintenant qu'elle se rendait compte que Taylor comptait pour elle, elle ne pourrait s'empêcher de veiller sur lui... À sa façon. Tant pis si ça le froissait ou non, c'était comme ça. Et puis, s'il le grand caïd de l'Ouest attrapait froid elle s'en voudrait un peu, même si dans le fond c'était rien du tout.

- Bon où tu veux aller ?
Question cruciale, parce que si, Morgan avait bien envie de rester un peu avec son Chef, elle n'avait pas forcément envie de trainer n'importe où, en particulier dans un bar malfamé comme Chez Louis. Elle se fichait que les gens les voient de nouveau ensembles, après tout, c'était inévitable : le quartier serait bientôt au courant qu'elle trainait dans les pattes du Chef. Mais elle ne tenait pas particulièrement à faire irruption dans un lieu bondé en compagnie de Taylor. Elle voulait toujours faire un peu profil bas, pour l'instant.
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MessagePosté le: Dim 23 Jan 2011 - 09:36    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan) Répondre en citant

La relation qu'entretenaient ces deux-là avait si vite évolué... Après tout, qui aurait pu penser qu'il finirait par s'attacher autant à une fille. Tout n'avait commencé que par une rencontre au bar et une proposition d'apprentissage. Et désormais, il en était là, à accepter de se faire cogner et hurler dessus pour la laisser passer ses humeurs, à accepter de se faire mettre à terre et maîtriser par elle; à accepter de ne lire qu'une chose sur son visage: le bonheur.
Il ne savait rien d'elle, et pourtant, il avait l'impression de la connaître par coeur. Etait-ce parce que d'une certaine façon elle était comme lui ? Sans doute...
Quoiqu'il en soit, désormais, il savait qu'il avait fait un nouveau pas en avant dans sa direction. Et elle, avait fait des efforts pour ne pas reculer.
Et c'était comme si soudainement, le contact n'effrayait plus Morgan, ou, du moins, l'effrayait moins qu'avant. Et cete impression, Taylor la ressentit lorsque les deux mains de la jeune fille vinrent se poser sur son torse. C'était certes pour le repousser, mais la délicatesse qui animait ce mouvement n'avait rien de l'expression d'un rejet. Et bien étrangement, ces deux mains l'emplirent d'un profond sentiment de chaleur, bien qu'elles eussent été gelées par le froid.


- Bon allez grosse brute bouge, l'ourson est en train de prendre l'eau.

Il n'avait suffit de rien de plus pour qu'il se relève. Il se sentait tellement bête d'avoir ainsi jouer avec le feu, avec elle. Et il la trouvait tellement forte d'avoir fait mine de rien, continuant dans le jeu, peut-être pour oublier sa gêne.
D'une certaine façon, Alex admirait cette petite gamine.
Il l'aida à se relever, plus par courtoisie que par nécessité, et l'observa de son franc regard. Si le froid les clouait sur place, ça n'était pas pour autant une raison de se séparer ici. S'il avait le pouvoir de la retenir toute la journée pour la garder à ses côtés, alors il en ferait usage, sans avoir besoin d'y réfléchir à deux fois.


- Wahou quel honneur. Mon Chef m'invite à manger, moi la pauvre petite gamine de l'Ouest... ou gamin. Répliqua-t-elle sur un ton volontairement provocateur. Je serais vraiment stupide de refuser une telle proposition.

Taylor gratifia cette remarque d'un rire désabusé, mais aussi et surtout amusé.

- Tu serais stupide, ça c'est clair. Je suis LE Chef, quand même ! Cool On rate pas une occasion pareille quand elle se présente !

Et encore, il se tournait en ridicule. Mais devant elle quelle importance ? Elle avait déjà maintes et maintes fois pu constater la propre auto-dérision du chef. C'était son truc à lui...
Il observa un moment la gamine dont les fringues avaient finalemenet et malgré tout pris l'eau, et en vint à se demander si elle n'allait pas mourir congelée avant qu'ils n'aient pu avaler quoi que ce soit de chaud. Cette simple idée le fit sourire. Il ne la laisserait certainement pas crever, toute seule, dans le froid. D'ailleurs, en parlant de froid...


- Tu vas chopper la mort comme ça, Superman...

Son trench sur l'épaule, il avisa la jeune fille, sourcil arqué. Elle était pas plus au chaud que lui, malgré ses diverses couches de pulls. Et pire, il pensait même qu'elle devait avoir plus froid avec des fringues mouillées. Amusé, il esquissa alors un large sourire chaleureux et reconnaissant.

- Tu devrais plutôt penser à ta santé d'abord, ma grande. Garder des fringues trempées sur soi avec un froid pareil, c'est pas seulement la mort que tu vas attraper, mais des engelures.

Et on y revenait encore... Il s'attendait presque à ce qu'elle lui rebalance le "Pervers !" de toute à l'heure. Mais sur ce point, il s'en fichait bien. Elle pouvait le faire passer pour ce qu'elle voulait, il n'en démordrait pas. Tant qu'elle ne serait pas au sec et au chaud, il ne serait pas tranquille.
Et visiblement ce sentiment était partagé, car en y repensant, le ton qu'avait utilisé la jeune fille pour lui faire remarquer qu'il risquait la mort vêtu de la sorte n'en faisait pas une remarque désobligeante, loin de là. C'était comme si, à sa façon, elle s'inquiétait de la santé de son chef et préférait l'en avertir pour mieux le protéger.
Machinalement, il vint déposer sa main sur la tête de la jeune fille. C'était tel un remerciement silencieux pour avoir pris soin de lui.


- Bon où tu veux aller ?

- Eh bien étant donné que ni toi ni moi n'avons envie de nous amasser à la foule, je me disais que... Le pervers que je suis pourrait te traîner chez lui ?

Il s'arma d'un sourire désinvolte avant de s'éloigner un peu de la gamine. Il était vrai qu'il avait finit par remettre son appartement en état et qu'il était enfin apte à recevoir du monde. Cela dit, il craignait que cela ne fasse trop d'un coup pour Morgan. Même si rares étaient les personnes autorisées à pénétrer son antre, il ne voulait pas qu'elle perçoive l'invitation comme malsaine et pleine d'arrière-pensées. Car quand bien même il n'était pas le pervers auquel elle l'associait, elle, était le genre de fille à se sur-protéger, chose qu'il pouvait parfaitement concevoir, surtout en vue des récents événements.
Tournant son visage vers elle, il posa son regard dans le sien. Il ne voulait pas qu'elle croie qu'il lui ferait du mal. Il ne voulait pas qu'elle croie qu'à ses yeux il était de ses idiotes qu'on peut traîner chez soi et dont on peut abuser. Et surtout... Il voulait qu'elle croie en cet attachement profond qu'il avait pour elle, et en ce désir de la voir sourire, de la voir toujours heureuse.
Alors, si son regard lui exprimait déjà tout cela, il préféra le lui dire de vive voix. Une voix douce et chaleureuse, pour une attention délicate qu'il ne voulait pas voir mal interprétée.


- Mais si tu ne te sens pas à l'aise avec cette idée, on peut tout aussi bien se prendre quelque chose de chaud à la supérette ou au bar et aller le boire ailleurs ; dans un endroit calme où on pourra se réchauffer et éviter de tomber malade...
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MessagePosté le: Dim 23 Jan 2011 - 15:40    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan) Répondre en citant

C'était étrange de voir que le grand leader de l'Ouest était capable de se tourner en ridicule. Le caïd se fichait maintenant de sa réputation de grosse brute violente : il lui souriait maintenant tendrement, mieux il riait. Et du côté de Morgan c'était la même chose. Elle n'était plus la Morgan que tout le monde connaissait, la runneuse solitaire et efficace mais une simple adolescente qui avait peut-être grandi un peu trop vite... Une fille comme les autres en somme. Et ce n'était pas grave. Parce qu'au fond c'était ce qu'elle était et même si elle avait toujours du mal à l'accepter, elle restait une jeune femme comme les autres avec un cœur en marshmallow. Rester seule... Tout le temps... Elle avait pensé en être capable mais la réalité l'avait rattrapée et quand les problèmes étaient arrivés elle avait du se rendre compte qu'elle ne pouvait pas tout affronter toute seule.
Casse-Brique... Puis Taylor. Ça lui faisait bien. Sentir qu'elle était capable d'avoir de l'affection pour quelqu'un lui donnait la sensation d'être vivante. Et pourtant, ça lui faisait toujours un peu peur. Parce que quelque chose en elle lui disait que si jamais sa confiance était trahie, elle ne s'en remettrait peut-être pas.
Mais c'était plus fort qu'elle. Cela pouvait paraître niais, mais elle sentait maintenant qu'ils partageaient quelque chose en commun bien qu'elle n'aurait su dire quoi. Peut-être qu'au final, ils n'étaient pas si différents que cela. Elle croyait, peut-être à tort, qu'il y avait bien de la singularité dans leur relation. C'était sûrement égoïste de voir les choses ainsi, de prétendre être quelqu'un de spécial aux yeux d'une autre personne mais c'était ce qu'elle voulait croire. Morgan n'accordait pas sa confiance et encore moins son amitié à n'importe qui et encore moins à une personne qui la considère que comme une vulgaire Sinewyer. Et puis, en y repensant, c'était bizarre que les événements se soient déroulés ainsi, qu'elle accepte aussi vite, aussi facilement de céder une part, importante qui plus est, de son affection envers quelqu'un. Elle avait d'abord pensé que cela était du au fait que Taylor lui rappelle Max, puis réalisait qu'ils étaient bel et bien deux hommes sans grandes similarités. Alors qu'est-ce qui pouvait justifier ce lien étrange qui désormais les unissait ?

- Tu devrais plutôt penser à ta santé d'abord, ma grande. Garder des fringues trempées sur soi avec un froid pareil, c'est pas seulement la mort que tu vas attraper, mais des engelures.

Je prends soin de toi et tu prends soin de moi. Elle estimait que les choses marcheraient comme cela dorénavant.

- Les ours-aliens ne craignent pas le froid.
Rétorqua-t-elle avec un sourire malicieux.
Puis elle sentit la main du Chef se poser sur sa tête.
Hein ? Qu'est-ce qu'il traficotait encore ?
Elle leva les yeux vers Taylor, se préparant à une nouvelle taquinerie mais ce dernier s'éloigna.
Attends... Venait-il de réellement lui tapoter la tête comme un vulgaire animal ? Était-ce un geste d'affection ou une plaisanterie ? D'après le sourire chaleureux qui illuminait le visage du Sinewyer, elle penchait pour la première option. Oh, bien. Elle n'allait pas se vexer pour si peu, n'empêche que cette grande perche profitait bien du fait d'être le plus grand et le plus âgé des deux. À sa place elle aurait fait la même chose. Plutôt que de prendre la mouche, elle émit un petit rire. Parce que c'était drôle, qu'il la prenne inconsciemment réellement pour une gamine. Après tout, il avait de quoi : elle venait de chouiner dans ses bras. Elle riait d'elle-même, mais sans arrières pensées amères. C'était elle qui se tournait en ridicule. Quelque part, elle acceptait une de ses faiblesses. Celle de n'être qu'une mioche sous un masque d'impassibilité, d'être capable de pleurer devant quelqu'un.

- Eh bien étant donné que ni toi ni moi n'avons envie de nous amasser à la foule, je me disais que... Le pervers que je suis pourrait te traîner chez lui ?

Son regard se reposa sur Taylor, intrigué. Comment était-elle censée prendre une telle invitation ? Elle savait pertinemment que le Chef n'était pas un coureur de jupons, ni même un type débordant d'idées malsaines. En effet, il ne fréquentait pas les trainées du quartier comme la plupart des autres membres du clan. Mais elle était confuse. Pas parce qu'elle pensait qu'il pourrait abuser d'elle. Non. L'idée ne lui avait même pas traversé l'esprit car s'il avait vraiment voulu profiter d'elle, il l'aurait fait depuis longtemps et il n'aurait pas besoin d'utiliser les mots : il avait assez de force et d'influence pour la contraindre. Mais, elle ne savait pas comment prendre une telle invitation. Elle lui faisait confiance, c'était sûr, mais elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un peu de gêne. Après tout, ils n'avaient jamais été tous les deux seuls dans un lieu vraiment intime ou tout simplement dans un lieux clos. Alors forcément, ça la mettait dans l'embarras, bien qu'elle s'efforçait encore une fois de cacher son trouble.
Puis elle sentit que le regard du Chef s'était posé sur elle.

- Mais si tu ne te sens pas à l'aise avec cette idée, on peut tout aussi bien se prendre quelque chose de chaud à la supérette ou au bar et aller le boire ailleurs ; dans un endroit calme où on pourra se réchauffer et éviter de tomber malade...

Et cela la suffit à la rassurer, à faire disparaitre la timidité qui venait de la prendre. Elle comprit instantanément qu'il n'y avait pas de malentendus, qu'il ne souhaitait pas la plonger dans l'embarras. Quoi ? Moi, Morgan intimidée par un pervers comme toi ? Non mais oh, je suis pas une gamine sans défenses quand même !

- C'est comme tu veux !
Lança-t-elle avec un nouveau sourire amusé. J'avoue que je suis curieuse de voir dans quelle grotte peut bien se terrer la grosse brute qui me sert de Chef. Et puis pour qui tu me prends ? Tu crois vraiment me faire peur avec tes airs de grand méchant loup ? Tu devrais plutôt te méfier de moi, qui sait si j'en profiterais pas pour essayer de te bouffer ? Et elle tira la langue avec un clin d'œil moqueur, cherchant à montrer qu'il en fallait plus pour la terroriser, qu'elle n'avait pas peur de s'aventurer dans la tanière du caïd de l'ouest qu'était Taylor. Non, non, elle lui montrait déjà bien trop ses faiblesses, il faudrait corriger ça avec le temps. Enfin du moins essayer.
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Alexander Taylor
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MessagePosté le: Mar 25 Jan 2011 - 12:19    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan) Répondre en citant

Voir Morgan rire aussi naturellement, c'était fabuleux. Taylor ne comprenait pas vraiment d'où cela lui venait, aussi soudainement, mais ce dont il était sûr, c'est qu'il aurait pu tomber amoureux tant cette spontanéité lui faisait chaud au coeur.C'était quelque chose qu'il ne s'expliquait pas. Il adorait la voir ainsi. La voir heureuse. C'était la plus belle des récompenses, pour lui.
Et si pour revoir ce visage chaleureux il suffisait d'une main déposée sur son petit minois, alors il réitérerait, même s'il doutait de pouvoir la revoir dans une telle allégresse de si tôt.
Alors bien sûr, il souriait. Un sourire perceptible et difficile à supprimer. Et puis encore, elle prononça des mots qui ne lui donnèrent qu'une envie, celle d'élargir ce sourire.
Cette petite Morgan était un véritable phénomène. Et aussi étrange que cela puisse paraître, ce phénomène avait dompté la bête qui se terrait en Taylor pour en faire ressortir le meilleur côté. Un côté que même Alexis ne soupçonnait pas. Un côté qu'au final, elle seule, petite Morgan, avait su découvrir.
Face à cela, Taylor aurait pu se sentir faible, amputé d'une carapace qui faisait de lui le caïd tant craint qu'il était. Pourtant, ça n'était pas le cas. Parce que Morgan était Morgan. Et parce que Morgan avait sa confiance, son affection, et même son admiration, il ne craignait pas de se dévoiler à elle. Ou du moins, ne le craignait plus...
Leur relation avait fait un tel pas vers l'avant, que Taylor se trouvait surpris de cette proximité nouvelle qu'il avait avec elle. Et lorsqu'elle lui annonça, contre toute attente, qu'elle acceptait de venir chez lui, il resta bouche bée, pantois de longues secondes durant, mirant la jeune fille.
Il fallait dire qu'il ne s'attendait pas à ce qu'elle même fasse un si grand pas en avant dans son propre combat contre ses craintes. Et s'il était surpris de cette réponse, il l'était très agréablement.


- Woaw. Je t'avoue que l'idée de me faire bouffer me rend presque heureux si c'est de toi qu'elle vient.

Bien entendu, il plaisantait encore. Mais la surprise restait encore présente tant elle l'avait choqué.S'armant d'un fin sourire, il finit par laisser glisser son trench de ses épaules et l'enfiler. C'était qu'il faisait vraiment froid, mine de rien, et qu'après s'être traîné dans la neige, peut-être était-il plus sage de se mettre au chaud sans rechigner.
Avisant alors une fois de plus la jeune Morgan -qu'il n'avait pas vraiment quitté du regard-, il l'invita à le suivre d'un signe de tête.


- Ca sert à rien de s'éterniser plus ici. Si t'es d'accord pour visiter ma grotte, alors allons-y avant que le froid nous empêche de faire le moindre pas.

Et sans rien ajouter de plus, il avait entamé sa marche qui n'était désormais plus solitaire vers le coeur du quartier. Et tandis que leurs pas les éloignaient toujours un peu plus de la zone désaffectée, il se perdait dans d'insensées réflexion. Il se surprit à se demander si Morgan aimerait son antre, si elle s'y sentirait bien, à l'aise, et si, à l'avenir, elle y reviendrait sans qu'il n'ait besoin de l'y inviter.Il voulait pouvoir lui offrir le réconfort qu'elle méritait, à défaut de n'avoir pas pu lui venir en aide au moment où elle en avait le plus besoin. Et par réconfort, il entendait taquineries incessantes, bastons amicales, et chaleur humaine si, une fois encore, elle devait en avoir besoin. Il voulait pouvoir faire toutes ces choses débiles qu'il s'était interdit de faire à l'adolescence, il voulait pouvoir avoir, enfin, quelqu'un sur qui compter, une véritable figure amicale, quelqu'un sur qui réellement se reposer quand le besoin s'en faisait ressentir. Et qui sait, peut-être que Morgan serait celle qui apprendrait à connaitre et comprendre encore plus Taylor, celle à qui il raconterait son histoire et qui l'aiderait à se libérer de cette culpabilité qui le rongeait depuis toujours et dont il savait pourtant qu'il n'était en rien responsable.



Je fais un petit post ici, parce que je vais mettre la suite directement chez Taylor, à moins que tu n'aies une objection à émettre, du genre "Tombe dans un fossé en route, se retrouve dans un nid de ptérodactyles troglodytes, et se fait manger par des oeufs carnivores". Le cas échéant, bah... Je poste à l'appart Very Happy .

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 07:51    Sujet du message: Surplombons la ville (PV Morgan)

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